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Un écosystème en 40 clichés

Laurence Clavel   14 septembre 2007  Actualités culturelles
Photo: Allen McInnis
Photo: Allen McInnis
Sur l'île Sainte-Hélène, entre la Biosphère et la station de métro Jean-Drapeau, la forêt boréale s'étend dans toute sa splendeur. L'exposition Respect: au coeur de la forêt boréale, conçue par Reporters Communication, propose en effet, jusqu'au 28 février 2008, 40 photographies de la forêt boréale canadienne prises à vol d'oiseau, permettant ainsi aux visiteurs de découvrir l'écosystème forestier et de jeter un nouveau regard sur les enjeux qui y sont liés.

Entre le 1er octobre 2006 et le 1er juillet 2007, Louise Larivière, directrice de Reporters Communication et chef de la mission Respect, accompagnée d'un pilote et de photographes canadiens de différentes provinces, a survolé la forêt boréale à bord d'un Cessna 182 afin d'en raconter l'histoire en images et en mots.

Du Québec au Yukon, les huit photographes professionnels montés dans le petit appareil ont tenté de capturer, le moment d'un cliché, l'essence de cette forêt qu'on néglige trop souvent et qu'on connaît peu, bien qu'elle recouvre 58 % du territoire canadien.

L'exposition gratuite tente de sensibiliser le public à la préservation de l'environnement naturel, celui de la forêt boréale en particulier. Parfois furtives et toujours uniques, les images ont été capturées en temps réel, «dans l'urgence», explique Louise Larivière.

Chaque photo est accompagnée d'un court texte écrit par la chef de mission, décrivant le paysage et les conditions, parfois difficiles, dans lesquelles le cliché a été pris. Parallèlement à l'exposition, des fiches informatives donnent de plus amples renseignements sur l'écosystème forestier.

Le message dans l'image

Au premier coup d'oeil, le visiteur est d'abord ému par la beauté des paysages. Comme l'explique Mme Larivière, «ce n'est pas parce que le sujet de la photo est triste que la photo elle-même doit être triste». Mais le but est tout de même de provoquer une émotion, voire, ultimement, d'obtenir une réaction de la part du public.

Passé la beauté esthétique de l'image, c'est en effet en y regardant de plus près et en prêtant attention aux légendes qu'on est véritablement touché. Touché par la photo de ce caribou, seul dans un si grand espace; bouleversé par les trous creusés dans le paysage par les coupes à blanc.

Et ces arbres orangés qu'on prend d'abord pour des feuillus en automne et qui forment en fait une forêt morte, tuée par le dendroctone du pin, qui affecte particulièrement les pins gris d'Amérique.

Les images capturées par les photographes Allen McInnis, Kazuyoshi Ehara, Jim Ross, John Woods, Todd Korol, Dan Riedlhuber, Andy Clark et Jeff Basset portent toutes un message.

Et c'est bien souvent au passant un tantinet observateur de déchiffrer celui-ci, dans le reflet du soleil sur un boisé ou dans les méandres d'une rivière.

Dix-sept autres photographies prises dans le cadre du projet Respect sont également exposées aux abords du canal de Lachine. Et une exposition semblable, mais deux fois plus importante, a lieu jusqu'au 9 octobre au lieu historique national canadien de la Fourche, à Winnipeg.

D'autres villes canadiennes accueilleront l'exposition au cours de l'année 2008.

Louise Larivière, qui a déjà participé à plusieurs photoreportages qui l'ont menée notamment en Chine, en Afghanistan et au Sri Lanka, a encore plusieurs projets en tête. Un de ceux qui lui tiennent le plus à coeur pour le moment: se réapproprier l'avenue McGill College avec la suite de l'aventure photographique au-dessus de la forêt boréale.

Rappelons que Reporters Communication avait présenté au centre-ville, il y a quelques années, les expositions de photos Je suis Montréal et Les Faiseurs de paix. Louise Larivière travaille également à un court métrage, réalisé dans le cadre du projet Respect et intitulé My Land, qu'elle espère pouvoir présenter au public d'ici la fin de septembre.

***

- Respect: au coeur de la forêt boréale. Jusqu'au 28 février 2008 à la Biosphère de l'île Sainte-Hélène, www.biosphere.ec.gc.ca, www.reporters.qc.ca.
Photo: Allen McInnis Photo: Kazuyuoshi Ehara
 






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  • Michel Thibault
    Abonné
    samedi 15 septembre 2007 13h08
    Principaux arbres et productivité de la forêt boréale du Québec
    « Cette forêt est aussi appelée forêt de l'épinette noire. Elle forme une zone biologique qui traverse le Québec d'ouest en est vers les latitudes 49 et 51 degrés nord. Dans cette zone, l'épinette noire occupe plus de 90% des couverts forestiers.

    Le feu y est un élément important de la dynamique. Le sapin baumier est souvent mélangé à cette espèce surtout dans les régions montagneuses et aux climats plus humides de l'est de la province. Le feu limite la propagation de cette espèce alors qu'il favorise celle de l'épinette noire.

    Le pin gris provient souvent de feux également et s'installe surtout sur sols sablonneux ou minces et secs de l'ouest de la province.

    L'épinette noire, et dans une moindre le sapin baumier et le pin gris, forment la quasi-totalité des forêts à dominance de résineux. À celles-ci s'ajoutent les forêts de mélèze laricin en terrains humides ou organiques.

    Parmi les forêts à dominance de feuillus, prospèrent les tremblaies, les groupements de peupliers baumiers et les bétulaies à bouleau blanc. Ces groupements de feuillus ne représentent que quelques pourcentages du couvert total.

    Les forêts de sapin baumier forme une zone écologique distincte au sud de la zone de l'épinette noire. Elles caractérisent notamment la forêt Montmorency de l'Université Laval du parc des Laurentides.

    Certains auteurs associent la zone du sapin baumier à la forêt boréale alors que d'autres la voient plutôt comme appartenant à une zone de forêts mixtes située entre les forêts feuillue et boréale.

    Quant à la productivité globale (en volume) de la zone boréale de l'épinette noire, elle est plus élevée en Abitibi qu'à l'est vers le mont Groulx et le réservoir manic V. Là est y est la moins élevée de toute la zone, toutes espèces confondues.

    A l'ouest , la productivité plus élevée de la forêt est due notamment à des groupements où le tremble et le pin gris occupent une plus grande place qu'ailleurs dans la zone.

    Le sapin baumier contribue à la productivité relative des forêts de l'est mais ces dernières reçoivent moins de chaleur que certaines des régions de l'Abitibi, où la fréquence des feux y est d'ailleurs plus élevée. »

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