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L'église Saint-Marc-de-Rosemont et son patrimoine mis en vente

Un orgue unique condamné au silence?

L’organiste Renald Tremblay aux commandes de l’orgue de l’église Saint-Marc-de-Rosemont.
Photo : Jacques Grenier
L’organiste Renald Tremblay aux commandes de l’orgue de l’église Saint-Marc-de-Rosemont.
Comme bien d'autres églises désaffectées, la majestueuse église Saint-Marc-de-Rosemont, dont les clochers s'élancent rue Beaubien, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Son curé parti, elle sera fermée sous peu et vendue. Or on s'inquiète du sort réservé à l'orgue magistral qui en orne la nef, un instrument unique à Montréal.

Renald Tremblay, organiste, n'en a plus pour très longtemps à faire courir ses doigts sur l'impressionnant clavier. Depuis que la paroisse a décidé de mettre la clé dans la porte, il craint que l'église ne soit bradée au plus offrant et l'imposant instrument, démantelé, ou tout simplement détruit.

«Il n'y a qu'un orgue de ce type à Montréal, avec deux buffets ouverts et fermés. Je me désole de ne rien savoir encore du sort de cet instrument magnifique, alors que l'église est fermée depuis déjà un moment», affirme-t-il.

Construit par la maison Casavant vers 1960, l'orgue de l'église Saint-Marc-de-Rosemont, qui n'est donc pas très ancien, serait toutefois d'une facture exceptionnelle, avec ses 40 jeux et ses deux buffets ouverts et fermés. Une partie de cet instrument néoclassique allemand a en effet été construit à même l'église, puisque deux des quatre buffets, dissimulés derrière les murs, s'élancent dans les clochers. En raison de cette facture inhabituelle, l'instrument aurait une résonance toute particulière, mais il serait en revanche pratiquement inamovible, assure le musicien.

«Il devra être démonté et vendu en pièces à des Américains. C'est arrivé dans bien des églises. C'est épouvantable de laisser aller un instrument de cette valeur. Ce sont tout de même les gens d'ici qui ont payé pendant des années pour cela», déplore Renald Tremblay.

La décision de cesser les activités paroissiales à l'église Saint-Marc, une grande église très coûteuse à entretenir, remonte à plusieurs mois. Faute de fidèles, le curé a quitté la paroisse l'hiver dernier et les marguilliers ont tous remis leur démission depuis. Un acheteur est recherché, mais aucun projet concret n'a encore été accepté par la fabrique.

À l'archevêché de Montréal, Mgr Jean-Jacques Martin, économe diocésain et responsable des affaires financières, a indiqué que ce sont les paroissiens qui ont choisi de fermer leur église, faute de revenus. «On ne peut maintenir une église ouverte s'il n'y a plus de vie paroissiale», a-t-il dit. Aujourd'hui, il n'y a plus d'offices à Saint-Marc, sinon quelques rares funérailles, célébrées par des prêtres itinérants.

Selon Mgr Martin, il n'y a pas lieu de s'inquiéter indûment du sort de l'instrument et de l'église, qui seront entretenus tant que la paroisse en sera propriétaire. Ce dernier a rappelé qu'une entente signée avec Québec en février dernier favorisait la protection du patrimoine religieux à Montréal. «Le cardinal Turcotte a signé une lettre qui donne un droit de premier refus à la Ville ou à l'État lors de la mise en vente d'une église», a-t-il souligné.

Mais cela ne rassure guère Renald Tremblay, puisqu'un changement de vocation pourrait tout de même signer la mort de l'instrument. «Si l'église est convertie et la nef subdivisée, la caisse de résonance disparaît, plaide-t-il. Aussi bien dire que l'orgue deviendra inutilisable.»
 
 
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  • Yves Lanthier
    Abonné
    mercredi 29 août 2007 08h11
    Vie de quartier
    À deux pas de l'église Saint-Marc-de-Rosemont, le cinéma Beaubien est né des cendres du cinéma Dauphin.
    Espérons que l'église et son orgue unique connaîtront un sort comparable : une salle de concert?

  • Jean Régnier
    Abonné
    mercredi 29 août 2007 11h41
    Une nouvelle maison de la culture?
    L'Église St-Marc serait un lieu de choix pour une nouvelle maison de la culture dans l'arrondissement Rosemont - La Petite-Patrie, qui en grandement besoin. C'est au coeur de l'arrondissement, et à côté de l'école St-Marc dont les jeunes élèves (et leurs parents et éducateurs) pourraient profiter grandement. Ce pourrait aussi être l'occasion, avec cette nouvelle maison de la culture, d'aller plus loin que la traditionnelle salle de diffusion, mais d'en faire un lieu de création artistique et de rassemblement véritablement ouvert à la population. Un beau projet à construire!

  • Louis Cousineau
    Abonné
    mercredi 29 août 2007 12h44
    45 ans !
    Le premier septembre prochain, soit dans trois jours, nous célèbrerons notre 45e anniversaire de mariage. Cet événement s'est passé à Saint-Marc de Rosemont. Nous sommes triste que l'église et surtout l'orgue pouraient être abandonnés.
    Nous, les Québécois, à travers nos politiques ne semblont pas sensibles à la survie de notre patrimoine. Tout ce qui touche notre identité nous laisse de glace. Peut-être trouvons-nous là un autre éléments qui annonce notre disparition...
    Noëlla et Louis Lacasse Cousineau

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    samedi 1 septembre 2007 11h16
    Une Maison de la Culture...
    Quelle excellente idée, monsieur Régnier !

    Je ne me suis pas fait de tête définitive à la lecture de cette nouvelle, mais ayant habité dans le quartier avoisinant toutes les années '90, je crois que la perte de St-Jean-De-La-Croix à l'autre bout du quartier et sa transformation en condos, une autre appropriation d'un bien public (payé par les paroissiens) par les übercitoyens turbofriqués, est inestimable.

    Alors de ce seul point de vue, la conversion d'un temple religieux monumental comme celui-ci en Maison de la Culture s'impose et semble appropriée.

    Mais les visionnaires myopes municipaux qui nous gouvernent sauront-ils voir et saisir cette opportunité ?

    L'avenir très prochain nous le dira bien assez vite et clairement.

    P.S.: Au fait, Mr le maire Lavallée, à quand la démolition finale de cet autre monument antinomique de l'identité de Rosemont, ce chancre historico-industriel rappelant la période délirante des Trente (insouciemment) Glorieuses, le notoire et hideux incinérateur Des Carrières ???

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