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    Le Planétarium menacé de fermeture

    Ottawa bloque depuis près de quatre ans le déménagement et la remise à neuf complète du jardin d'étoiles

    Vieux de 42 ans, le simulateur de voûte céleste est vétuste et menace de tomber en panne à tout moment.
    Photo: Pascal Ratthé Vieux de 42 ans, le simulateur de voûte céleste est vétuste et menace de tomber en panne à tout moment.
    Le Planétarium de Montréal pourrait bien voir le ciel lui tomber sur la tête. Aux prises avec des équipements désuets, l'institution scientifique menace en effet de fermer ses portes si son simulateur de voûte céleste, vieux de 42 ans, devait subir un autre bris au cours des prochaines semaines, prévient son directeur. Et Ottawa ne semble pas vouloir réagir à cette situation alarmante: en effet, le gouvernement fédéral bloque depuis près de quatre ans le déménagement et la remise à neuf complète de ce jardin d'étoiles.

    «L'équipement est de plus en plus fragile», a indiqué au Devoir Pierre Lacombe, directeur du Planétarium. «Notre planétaire Zeiss [le projecteur d'astres] date de 1965 et a des problèmes électriques récurrents [qui empêchent de temps à autre la projection d'un ciel étoilé en mouvement]. Avant, c'était une fois par année. Désormais, nous sommes confrontés à ce genre de chose cinq à six fois par an. On voit venir le moment où tout ça va s'arrêter. Et on se demande si ce planétaire [pièce centrale d'un planétarium] va finalement tenir le coup, le temps que le projet de déménagement se concrétise.»

    Envisagée depuis 2003, la rénovation du Planétarium de Montréal aurait normalement dû avoir lieu l'an prochain avec la construction d'un tout nouveau bâtiment près du Stade olympique. «Cela nous aurait permis d'être en activité en 2009, à temps pour l'Année mondiale de l'astronomie, qui va souligner le 400e anniversaire de l'utilisation d'un télescope par Galilée», a dit M. Lacombe. «Mais cette ouverture est compromise. Elle est même repoussée à 2010 ou peut-être plus loin», si, bien sûr, une entente avec Ottawa était signée. Ce qui n'est pas le cas.

    Un paiement en retard

    La relocalisation et la mise à niveau du Planétarium de Montréal, inscrites parmi les projets prioritaires du Programme triennal d'immobilisations 2005-07 de la Ville, sont accompagnées d'une facture totale de 31millions de dollars. Depuis 2003, Montréal et le gouvernement du Québec se sont engagés à verser neuf millions chacun. L'entreprise Alcan va également injecter quatre millions dans ce projet, avec une condition toutefois: que l'aluminium — en plus des étoiles — soit mis à l'honneur dans le nouveau bâtiment.

    Selon les discussions préliminaires entre la municipalité et les gouvernements fédéral et provincial, Ottawa devrait également débloquer neuf millions de dollars pour la construction de ce nouveau planétarium. Le hic? Depuis quatre ans, le chèque se fait toujours attendre, empêchant ainsi les pelles mécaniques de se mettre en marche et retardant du même coup le moment où Pierre Lacombe pourra enfin magasiner un planétaire numérique pour remplacer le modèle obsolète de 1965, «qu'on retrouve encore dans des collèges américains et dans des pays d'Amérique du Sud», a-t-il résumé.

    En début de semaine, le cabinet de Michael Fortier, ministre fédéral responsable de la région de Montréal, a refusé de justifier l'inertie à l'origine du retard dans le financement du nouvel équipement scientifique consacré aux astres et d'indiquer quand les cordons de la bourse fédérale devraient être déliés pour donner le feu vert au déménagement.

    «Il n'y aura pas de commentaire», a simplement indiqué au Devoir Frédéric Baril, attaché de presse du ministre Fortier.

    Une cure de jouvence

    Après plus de 40 ans de bons et loyaux services sur la rue Saint-Jacques, à Montréal, le Planétarium, en déménageant comme prévu au parc olympique, devrait prendre plus d'envergure. Au-delà de l'incontournable théâtre d'étoiles pour simuler la voûte étoilée et permettre les voyages dans l'espace et dans le temps, le nouvel équipement scientifique a été imaginé avec deux salles d'exposition, une médiathèque ainsi qu'une boutique et un restaurant.

    Selon une étude menée en 2003 par la Ville de Montréal, ce changement d'emplacement, jumelé à une cure de jouvence, doit permettre de doubler la fréquentation — actuellement de 140 000 visiteurs par année — de cette installation scientifique, propriété de la municipalité, dont le budget de fonctionnement s'est élevé à deux millions de dollars l'année dernière.

    Le nouveau planétarium pourrait aussi facilement réduire les maux de tête des astronomes qui mettent en scène les spectacles présentées à l'heure actuelle. Et pour cause. Outre les problèmes électriques du planétaire, qui forcent la fermeture des lieux pendant plusieurs heures lorsque le projecteur s'arrête, les balades dans l'espace se font aussi à l'aide de projecteurs de diapositives, une technologie surannée, remplacée par des projections vidéo numériques dans les plus récents planétariums.

    «On est ainsi confronté à un drôle de problème, a dit M. Lacombe. À Montréal, il y a de moins en moins d'entreprises qui développent les diapositives.» Sans compter que les pièces de rechange pour les projecteurs se font très rares elles aussi, induisant du même coup un étrange paradoxe: en voulant plonger la tête dans les étoiles, le Planétarium fait de plus en plus face à des problèmes beaucoup trop terre à terre pour lui.
     
     
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