vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 13h38


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Dans l'antichambre de l'amertume

Gilbert Rozon dit déplorer l’inertie qui prévaut au Québec: «Tout le monde autour de nous avance.»
Photo : Jacques Grenier
Gilbert Rozon dit déplorer l’inertie qui prévaut au Québec: «Tout le monde autour de nous avance.»
Après le maire de Montréal, accusé de manquer de leadership, c'est au tour du Québec au grand complet de subir les foudres du président fondateur du festival Juste pour rire, Gilbert Rozon. Paralysé par la peur, par l'«aplaventrisme» des élus, des décideurs et par la chape moralisante qui est tombée sur la société «dans les 20 dernières années», ce Québec se trouverait aujourd'hui dans un vide inquiétant et avancerait doucement vers une crise majeure, selon lui. Et il compte à l'avenir engager une partie de son empire du rire pour forcer les gens à réfléchir et à se questionner sur leur avenir. En rigolant un peu.

«Aujourd'hui, nous ne faisons plus rien, nous sommes collectivement bloqués et le contexte devient insoutenable pour tout le monde, lance-t-il, assis sur la grande terrasse de son bureau du centre ville de Montréal où Le Devoir l'a rencontré il y a quelques jours. Le Québec est devenu trop consensuel, trop effrayé aussi par les nouveaux projets politiques, économiques et sociaux. Si l'on ne donne pas un coup de barre rapidement, c'est la crise qui nous attend. On peut continuer à se fermer les yeux, mais à ce rythme-là, cette crise ne pourra pas être évitée.»

À la tête d'une multinationale de l'humour, Rozon, qui vient tout juste de lâcher ses clowns en ville pour la 25e édition de son célèbre festival, n'a plus beaucoup le goût de rire. «Je suis dans l'antichambre de l'amertume, dit-il, mais j'ai aussi la chance, comme personnalité publique, de pouvoir sonner l'alarme. Et si je le fais, c'est pour, entre autres, m'assurer de laisser à mes enfants un Québec plus audacieux que celui que l'on connaît maintenant.»

Récemment chauffé par l'intransigeance de la ministre fédérale du Patrimoine, Bev Oda — elle a refusé de devancer la mise en place d'un programme de soutien aux festivals — ainsi que par le manque de coopération des fonctionnaires de la Ville de Montréal, Gilbert Rozon semble finalement en avoir bien plus sur le coeur. «Je voyage beaucoup et cela force la comparaison, dit-il. Or, je déplore l'inertie qui prévaut au Québec. Au lieu d'entreprendre, nous avons choisi depuis quelques années le statu quo. Le problème, c'est que le statu quo nous fait reculer, alors que tout le monde autour de nous avance.»

Pris en otage

En scrutant ce vide idéologique qui l'agace, Rozon montre d'ailleurs du doigt les groupes sociaux et autres représentants communautaires qui auraient pris le contrôle des débats publics et du même coup, la société en otage. «C'est fascinant: de plus en plus, la minorité parle pour la majorité et la majorité ne répond pas», dit-il.

L'échec, au cours des derniers mois, de la construction d'un nouveau casino à Montréal en collaboration avec le Cirque du Soleil est d'ailleurs un signe révélateur de cette équation, délétère à moyen et à long terme pour le Québec, selon l'homme d'affaires. «C'est un grand actif touristique qui nous est passé sous le nez, résume Rozon. Guy Laliberté a été envoyé promener pour un projet qu'il va pouvoir réaliser n'importe où ailleurs dans le monde. C'est triste. C'est comme si on avait refusé de faire le Mont-Tremblant. Et au final, les gens vont continuer de jouer au casino, mais dans un endroit moins grandiose qui ne va pas attirer l'élite internationale.»

L'idée de construire, de créer de la richesse et de réformer des structures afin de les inscrire dans l'air du temps n'est de toute évidence pas à l'ordre du jour politique et social, déplore d'ailleurs le grand manitou de l'humour dont l'empire rayonne un peu partout sur la planète. Avec «40 % de la population qui ne paient pas d'impôts, que voulez-vous faire, demande-t-il? Dans ce contexte, notre démocratie se retrouve affaiblie, c'est sûr. Nous avons besoin de réformes, mais nous ne pouvons pas demander à ces gens-là de changer un système comme celui-là qui est à leur avantage. En même temps, tout le monde va devoir faire des sacrifices. Mais encore une fois, on ne peut pas demander à ces 40 % de personnes d'en faire puisqu'elles ne sont pas habituées à ça.»

Dettes publiques en hausse, «infrastructures décrépites», système de santé par endroit «à la limite tiers-mondiste», système scolaire sclérosé, les corollaires sont faciles à contempler un peu partout au Québec, estime Rozon. Ils devraient aussi forcer la réflexion et imposer la remise en question d'un «modèle de société qui pendant longtemps a fait école», mais qui peine aussi à se renouveler, poursuit-il. «En même temps, la montée du conservatisme vient révéler un peu cette peur du questionnement. C'est comme si on était en train de construire un mur pour se protéger, pour ne pas regarder ce qui se fait ailleurs, pour ne pas se comparer.»

Rire et réfléchir

Ce conservatisme, le patron des clowns espère s'en tenir loin et inciter du même coup les comiques de son écurie à en faire autant. «Juste pour rire n'est pas un parti politique, dit-il. Mais comme citoyen, j'ai des opinions et aussi une responsabilité sociale» qui le placerait désormais dans de bonnes dispositions pour faire émerger un type d'humour plus réflectif, plus revendicateur et pourquoi pas plus engagé, histoire de passer par le rire pour brasser la cage.

«La programmation du 25e anniversaire [du festival Juste pour rire] n'a pas été faite en ce sens, avoue-t-il tout en coupant pour la énième fois le sifflet à son téléphone cellulaire qui n'arrête pas de sonner. Mais en même temps je considère, dans l'apathie ambiante, qu'Yvon Deschamps [dont les monologues seront présentés pour une dernière fois sur scène lors des galas] est un service essentiel. Il va pouvoir réveiller le monde et, un peu comme une boussole, donner le nord.»

D'autres gagneraient aussi à emboîter le pas au patriarche de l'humour, dit Rozon, qui reconnaît que, sous la pression d'un discours moralisant excessif alimenté par certains groupes de pression, certaines institutions et certains médias, l'humour s'est un peu «empantouflé» «dans des formes et des trucs» consensuels pas toujours sains. «Depuis 20 ans, il y a une forme d'"aplaventrisme" généralisé qui fait que ceux qui parlent plus fort deviennent plus mielleux pour plaire à tout le monde et surtout pour ne pas déplaire à quelques prélats qui ont décidé ce qui était bon pour nous», résume-t-il. «La peur de déranger fait que l'on devient un peu lisse et l'on finit par passer entre le mur et la tapisserie.» Un drame dans un monde, celui de l'humour, qui devrait normalement «regarder les choses autrement, casser les dogmes, repousser les frontières et surtout ne pas avoir peur de dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas», poursuit Rozon.

L'homme donne d'ailleurs le ton et l'exemple en n'hésitant plus à ruer publiquement dans les brancards pour dénoncer les travers d'un Québec où «l'arbre que j'ai planté a ses racines», dit-il. «Je ne peux pas d'un côté dénoncer la langue de bois et user de cette langue de bois», résume-t-il. «Je m'attends à payer le prix pour mes prises de position, mais j'espère aussi que d'autres [personnalités publiques de sa trempe, mais aussi des notables moins médiatiques], pas juste dans le domaine de la culture, vont faire le même genre de sortie. Le temps est arrivé de mettre enfin les pendules à l'heure.»






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 03h26
    UNE MONTÉE DE LAIT DE PRIMA DONA...
    « L'heure est à la vendetta des divas et aux coups bas des marrés du bidonville de la grosse farce qui titille une certaine populace, celle du gras rire jaune que tente d'alimenter le festival du fou-rire ridicule de Montréal. Au lieu de menacer de tout saborder, pourquoi «Gilbert Rozon 2007», devenu le promoteur de JUSTE POUR BRAILLER, ne s'attaque-t-il pas aux citoyens montréalais dont se préoccupe prioritairement et intelligemment leur maire, au lieu de s'en prendre si agressivement et si démesurément au Premier Magistrat dont l'ouverture à la critique a des limites? On en n'a rien à foutre des montées de lait de cette CULOTTÉE PRIMA DONA GONFLABLE, branchée sur la piastre. Au lieu de payer coin-coin Patrick Huard, ce pitre de l'humour trash, pour «sa job de gueule», c'est à dire pour insulter et cracher ses postillons atrabilaires au visage du Premier Magistrat de la Métropole qui se trouvait alors sur place, le châtelain-chasseur du Manoir Rouville-Campbell ne devrait-il pas s'en prendre aux sous-doués des ébats de ruelle, à cette gang des bas-fonds du sot rire et des podiums de règlements de comptes commandités? Gilbert Rozon dirige d'ores et déjà une entreprise de BAS DE GAMME. Pour le grossier affront festivalier 2007 qu'a dû subir le Maire de Montréal et qui semble devoir s'éterniser, la «gang à Rozon» se mérite l'indifférence des fins vacanciers et futés touristes, un coup de barre magistral de Patrimoine Canada, le prix Citron de la Nation et le petit lait de 7 années de vaches maigres.

    Enfin, au lieu de faire le procès du Québec qu'il ne réussit pas à exploiter dans le seul but de son enrichissement personnel, que l'insulaire séparatiste frustré s'installe alors en Tchétchénie, au paradis des poutines... »

  • Sylvain Racine
    Abonné
    mercredi 11 juillet 2007 05h03
    ENFIN MERDE!
    « Il n'y a pas un politicien qui arrive à la cheville de Gilbert Rozon. C'est une vision comme la sienne à laquelle je m'attends des autres politiciens au Québec. Il résume à LA LETTRE ma pensée. Bien sûr, il faut avouer qu'en Octobre 2005, avec le "Manifeste pour un Québec lucide", les Québécois et les Québécoises ont quelque peu levé leurs têtes de l'oreiller, mais ça na pas duré longtemps. Après un bref moment, tout le monde à pris son oreiller pour se la remettre bien coller sur les deux oreilles. ATTENDONS POUR VOIR !!! (voilà le slogan des partis politiques au Québec, ATTENDONS POUR VOIR!)

    Concernant le statu quo du Québec, c'est bien évident que la génération qui à plus ou moins 30 ans aujourd'hui est laissée pour compte, dans une sorte de fatalisme. Pour moi, qui suis souverainiste, rien d'autre qu'un pays me donnera l'envie de construire quelque chose de durable. Je préfère rester à loyer au Canada, apprendre l'anglais, frayer un jour avec le conservatisme, l'autre avec la gau-gauche, voler un peu à Ottawa, un peu à Québec, être gentil avec tout le monde et au bout du compte, mon loyer, s'il est trop nauséabond, devient trop petit, laid, une sorte de quartier de l'indifférence, et bien, même en étant souverainiste, j'irai vivre en Alberta et oublier tranquillement le français...

    Vous savez bien que je rigole, mais n'est-ce pas ce que beaucoup de Québécois et Québécoises prônent? En fait, pour cette raison, l'aplatventrisme de celles-ci et ceux-ci, leur girouettisme, leur niveau d'indifférence alarmant, de découragement, etc, c'est ça qui m'a convaincu que j'en aurais jamais de pays.

    Alors, quoi de mieux que d'en chercher un comme celui qu'on rêve. Pas obligé d'en construire une maison, on peu en trouver un à notre goût. (D'autres tôtons préfèrent le genre "Sainte-Julie sur le bord de la Trans", mais bon...

    Croyez-moi, j'ai aussi voyagé en Europe, et il est vrai qu'on ne peut pas s'empêcher de comparer et de se rendre compte à quel point le Québec est derrière, loin, attaché à la mentalité Nord-américaine, une mentalité qui me désole, qui me pue au nez.

    Je ne vous dis pas où je vis maintenant, mais j'aimerais quand même partager quelques petits détails de ma vie quotidienne ici qui me font pratiquement jouir:

    - Ici, toute la population composte, recycle, c'est dans leur mode de vie et ça se fait naturellement. Les installations sont là, partout. Et ça fait longtemps.

    - Ici, les piétons sont rois. Tu peux presque marcher les yeux fermés, quand tu arrives à une intersection pour piétons (y'a presque juste ça), les automobilistes arrêtent sur le champs pour te laisser passer. En plus, il le font souvent avec le sourire.

    - Il y a des tramways partout, rapides, propres, plusieurs lignes qui vont partout dans la ville, avec des autobus "vertes".

    - Je n'ai pas vu de VUS depuis que je suis arrivé ici, encore moins de Hummmer.

    - La droite en politique ici c'est notre (le vôtre en fait) centre-gauche au Québec. Les gens ne votent pas avec leurs pieds, ils ont un scrutin proportionnel à date fixe.

    Mais, le Québec, c'est un locataire du Canada avec les "bidous $$$" qui viennent maintenant de l'Alberta, avec des politiciens pas très intelligents et une population qui vote avec ses pieds.

    Non, je n'ai pas peur de m'affirmer. Ceci n'était pas de la langue de bois.

    Gilbert Rozon devrait vraiment déménager, dans une autre ville comme Toronto, et rire des Québécois et Québécoises... ce serait tellement pissant :) »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 07h04
    On s'ennuie encore de la croupière....
    « On se rappelle encore de lui, les menottes aux poings. Le monsieur était tellement modeste à l'époque qu'il avait disparu du décor pendant tout le Festival. C'est Pierre-Marc qui l'avait remplacé...

    C'est fou ce que le fric peut donner d'arrogance. Qui était Rozon avant que son festival, subventionné généreusement au début par les mamelles de l'État, devienne multimillionnaire? »

  • Sammy Dalva
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 07h24
    Vision de nos politiciens
    « Je crois que M. Rozon vise juste en exprimant sa déception du Québec après sa sortie contre M.Gérald Tremblay; le problème que vit Montréal est généralisé non seulement au niveau de la ville mais au niveau de la province et ça s'appelle un manque de vision et de leadership de nos politiciens.

    En effet, des politiciens de la trempe de Jean Drapeau, René Lévesque, Pierre Elliot Trudeau ou Jacques Pariseau font gravement défaut de nos jours; il me parait assez curieux d'entendre M.Tremblay quémander l'accompagnement des gens influents pour demander des pouvoirs additionnels du Québec, Jean Drapeau aurait défoncé les portes et exigé les mêmes pouvoirs.
    Pour revoir le dynamisme des années Drapeau de Montréal il suffit de se rendre au Centre Canadien de l'Architecture; certes il nous a coûté beaucoup trop mais son dynamisme et sa vision de la ville nous avait bien servi de même que René Lévesque, Pierre Elliot Trudeau et Jacques Pariseau. Qu'on soit d'accord ou pas avec leurs idées, leur vision avait le mérite d'être clair et surtout bien communiqué.
    Pour en revenir à Montréal, comment se fait-il que le MOTEUR de la province qui est Montréal perds autant d'influence au profit de, j'allais dire les régions mais dans les faits, personne!
    L'autre jour, j'entendais un intervenant au R-C. se plaindre de la programmation des festivals en plein mois de juillet et qui avait selon lui, un effet de cannibaliser le tourisme aux régions au profit de Montréal.
    Le comble de la stupidité serait maintenant de prendre au sérieux ce genre d'argument pour affaiblir d'avantage Montréal et exacerber la frustration de M. Rozon. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 11 juillet 2007 07h46
    Bravo M. Rozon ! Pauvre Montréal défusionnée
    « Tout passe mieux par l'humour et M. Rozon, champion mondial de l'industrie du rire qui l'a si bien développé, mérite notre admiration et un grand nombre de nos rires à travers les humoristes qu'il a découvert et mis en valeur.

    La Ville de Montréal, handicapée par les défusions de notre gouvernement très provincial LIBÉRAL, ses trop nombreux élus et cols bleus prêts à tout et ses parcomêtres, même les dimanches, va se faire encore plus devancée par Toronto pendant que le West Island et Westmount, chouchou de M. Charest, qui y réside, se replient sur eux. Il ne leur manque qu'un haute clôture et une demande de faire partie de l'Ontario, pour compléter leur plaisir. »

  • Jean St-Jacques
    Abonné
    mercredi 11 juillet 2007 08h07
    Après Rozon, c'est la fin du monde
    « D'autres ont dit la même chose mais venant de lui, c'est ridicule...

    Comme si à par le festival du rire, rien n'existait. Les régions attendent que ses activités qui se déroulent à Montréal cessent pour qu'eux puissent opérer les leurs.
    Montréal accapare le monde et fait la fête. Lui et ses copains se remplissent les poches et se plaignent encore qu'ils n'en ont pas assez. Il voudrait que les gens se mettent à genou pour les adorer.

    J'en reviens de leur jazz (sauf des spectales en salle) qui ne fait que du bruit. Le rire mérite une meilleure place et on a augmenté le niveau. Les français nous apportent de la nouveauté. Il voudrait que le monde arrête de vivre parce que M. n'est pas content. Il se plaint le ventre plein.

    S'il n'est pas satisfait, qu'il se présente en politique et mette ses projets sur la place publique. Il va voir que critiquer ou agir, ce n'est pas pareil.

    Il est le chef des "chiâleux". Il se fait des choses merveilleuse au Québec mais pas seulement dans son domaine.
    Le théâtre, le cinéma, la littérature et les industries sont florissants sans parler de la belle musique que le festival de Lanaudière nous offre.

    Rozon peut aller se rasseoir et réfléchir un peu s'il en est capable encore. »

  • Raymond Vaillancourt
    Abonné
    mercredi 11 juillet 2007 08h26
    Rire pour ne pas pleurer !
    « Sans endosser l'angle sous lequel Monsieur Rozon s'exprime, je crois sincèrement que nous allons vers une crise grave de leadership à partir du moment où nos élites politiques ne sont plus en mesure de décoder les signaux avant-coureurs dont les dernières élections ne sont qu'un exemple. Nous manquons d'hommes et de femmes politiques (sans vision) mais nous avons énormément de politiciens et de politiciennes (à la recherche du pouvoir). C'est quand la mer est grosse qu'il faut au bateau un bon capitaine et alors si ce dernier a eu son poste uniquement parce que son père connaissait quelqu'un à la marina (!) nous sommes en de très mauvaises mains.

    Les lendemains ne chanteront plus...

    Raymond Vaillancourt
    ProspectGestion »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 08h41
    Rozon a raison
    « Le Québec se dit NON, Non à tout ce qui est créateur d'emploie, Non à tous ce qui enrichi, Non aux investissements.
    Les raisons: C'est pas beau, c'est pas bon pour les pauvres, quelqu'un va devennir riche, il y aura augmentation un tant soit peu de la pollution.

    Ou est passé le temps des grands projets, de la fiereté, de l'EXPO67.
    Depuis 40 ans au lieu de construire on démoli, on a démoli les olympiques, avec la crasserie des syndicat et des employés corrompu. quand ce n'était pas les jaloux du succes potentiel. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 08h48
    Les clowns à la rescousse!
    « Allez Bev, donnez-lui donc ce qu'il veut pour qu'il la ferme.

    Y pourrait lui passer dans la tête de financer le mouvement indépendantiste des Québécois, ou faire un show comique sur le CHUM de 1.5 milliard pour le 5% d'anglais du Québec.

    Donnez-lui donc sa carrotte qu'on en finisse. »

  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 09h32
    Les farces plattes de M.Rozon
    « Combien de millions M.Rozon a t'il reçu des contribuables durant toutes ces années passées, et combien il a mis de sa poche dans ce festival? M.Rozon veut encore plus d'argent des contribuables montréalais, qu'en pense ces derniers? Sont-ils prêt à payer plus de taxes pour satisfaire M.Rozon?
    Pendant que la ville a besoin de travaux gigantesque et doit faire face à plein de défis, la priorité que veut imposer M.Rozon est une vrai FARCE qui ne fait rire personne. »

  • Hugues Asselin
    Abonné
    mercredi 11 juillet 2007 10h26
    À qui la palme de la lucidité ?
    « Dans le coin droit, l'ex-champion lucide, totalisant un nombre fort impressionnant de sorties à l'emporte-pièce et une droite très directe dont nous n'avons aucune peine à nous souvenir: Lucien "Lucide" Bouchard !

    Dans le coin g... euh hum! l'autre coin droit, l'aspirant champion lucide, ne ménageant cette semaine aucun média de son crochet de droite et de ses directs sans équivoques tel que "pris en otage", "système de santé tiers-mondiste", "sonner l'alarme" et "mettre les pendules à l'heure" sans oublier ses fleurs de poète et/ou de clowns tel "antichambre de l'amertume", "le statu quo nous fait reculer" et "l'arbre que j'ai planté a ses racines", nommé as de l'esquive par l'ACCCACS et empereur Juste pour..., mesdames et messieurs, Gilbeeeeeeeert "petit lucide deviendra grand" Rozon ! »

  • Jean Riopel
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 10h33
    la complainte du businessman.
    « Revoilà M. Rozon qui dénonce l'immobilisme et l'emprise malsaine des groupes sociaux et communautaires sur le Québec sclérosé. Quel beau moment de lucidité et quel bel élan d'altruisme. Vous avez bien raison, vous le chantre de l'humour bien gras et bien payant. Notre province est pauvre et notre ville l'est encore plus. Montréal est devenue une ville en sursis mais je ne vois rien dans votre analyse qui puisse expliquer un situation aussi catastrophique. Les visées partisanes et les dérives électoralistes de notre gouvernement provincial sont passées sous silence et notre maire est crucifié par les humoristes qui font désormais de l'humour engagé. Après avoir ridiculisé monsieur et madame tout-le-monde le temps est venu de s'attaquer aux méchants qui ne veulent pas cracher les subventions ou aux gourmands qui osent facturer des services publics aux entreprises culturelles. Nous voilà entré dans une nouvelle ère, celle de l'humour au service des affaires. Vos voyages nombreux et instructifs vous donne le droit de comparer M. Rozon mais vous devriez faire preuve d'une rigueur à la hauteru de vos nobles intentions. Le cas de certaines villes comme Toronto est d'une brûlante actualité. Il s'agit d'une ville fusionné récemment et elle jouit d'un apport massif d'investissements privés (la cosntruction de son opéra en est un exemple récent). Voilà ce qui fait défaut ici M. Rozon car la richesse aujourd'hui n'est pas du domaine public mais du domaine privé. Le dossier du casino que vous ramenez sur le tapis est l'exemple parfait de ce qui m'exaspère, un projet démesuré entièrement financé par l'état, un porjet sans vision, sans originalité qui aurait bénéficié à une petite clique d'entreprises véreuses et qui aurait évidemment connu son lot de dépassement de coûts. Le Cirque du Soleil qui a été selon vous traité d'une manière cruelle, a déjà essuyé des échecs semblables dans d'autres grandes villes nourd-américaines (New York et Miami. Il faut voir dans ces revers l'attitude intransigeante de l'entreprise et de ses partenaires qui exigent des investissements massifs de fonds publics en échange de leur réputation et de leurs expertises. Vous aimeriez sonner l'alarme et donner des leçons M. Rozon mais votre sortie est lamentable et votre discours s'inscrit dans le seul consensus nuisible pour l'ensemble de notre société. Vous parlez la langue du commerce et votre propos est teinté de convoitise et d'égotisme. Vous avez le privilège de régner sur un empire que nous avons financé M. Rozon, un peu de gratitude serait appréciée. Personnellement j'ai toujours la chance de pouvoir payer des impôts mais ma situation précaire pourrait me faire basculer dans les statistiques que vous utilisez d'une manière malhonnête et honteuse. Les sacrifices les plus faciles sont toujours ceux que l'on exige d'autrui.

    Jean Riopel Montréal, le 11 juillet 2007. »

  • André Chamberland
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 12h11
    Et si l'argent du peuple allait vraiment pour les arts ?
    « L'argent du peuple (subventions) devrait aller directement aux petits artistes et non aux gros promoteurs qui s'enrichissent en produisant des festivals et des spectacles de plus en plus gros et techniques et couteux.

    Quand une si faible part du budget total d'une activité dite artistique va vraiment pour aider l'artiste, il faut s'interroger sur le bienfondé de la subvention.

    Appelons les choses par leurs noms : une petite commandite pour les amis qui feront des gros sous et en redonneront une petite partie aux politiciens.

    Si on est rendu que les grosses vedettes comme Barbara Streisand et Elton Jones doivent annuler des spectacles et des tournées par manque de spectateurs à cause du prix des billets ou des laisser-passer, est-ce encore une expression artistique ou une affaire de vautours de $$$.

    Revenons à l'art plutôt qu'à la technique, la technologie, le gros marketing, les promotions aux amis, les fla-fla, les salles de luxes, les spectacles monstres et les festivals de bière ou pour faire marcher les restaurants et les bars avec nos sous.

    Si les gens d'affaires ou en affaires veulent être en affaires et faire des $$$, qu'ils investissent eux-mêmes pour attirer une clientèle, comme le font toutes les entreprises des autres secteurs.

    Les petits chiâleux gâtés qui ne sont pas capables de réussir sans brailler pour avoir tout cuit des gouvernements n'auront qu'à cesser d'opérer.

    Ainsi on reviendra à l'art, aux vraies expressions artistiques, sans artifices, sans vautours.

    André Chamberland
    1315, Chemin du Sault
    St-Romuald , Lévis, (Québec)
    G6W 2M6
    418- 834-0891
    andre.cham@sympatico.ca »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mercredi 11 juillet 2007 12h37
    Enfin un peu de nuances...
    « En dépit de ses critiques virulentes, en partie justifiées, à l'endroit des divers paliers de gouvernements, Gilbert Rozon devrait au moins avoir la "décence" de reconnaître que sans les "généreuses subventions" qui lui furent jadis accordées sous l'influence de son "bon ami" Pierre Marc Johnson, son "Musée Juste pour rire" se dirigeait tout droit vers une faillite retentissante! Heureusement, il commence à réaliser que le Maire Tremblay, non sans défauts, mais au pouvoir tout de même limité dans un Montréal "vache à lait" de tous les "quémandeurs", ne peut être tenu pour seul bouc émissaire responsable de la "catalepsie" des gouvernements supérieurs! »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mercredi 11 juillet 2007 12h37
    Enfin un peu de nuances...
    « En dépit de ses critiques virulentes, en partie justifiées, à l'endroit des divers paliers de gouvernements, Gilbert Rozon devrait au moins avoir la "décence" de reconnaître que sans les "généreuses subventions" qui lui furent jadis accordées sous l'influence de son "bon ami" Pierre Marc Johnson, son "Musée Juste pour rire" se dirigeait tout droit vers une faillite retentissante! Heureusement, il commence à réaliser que le Maire Tremblay, non sans défauts, mais au pouvoir tout de même limité dans un Montréal "vache à lait" de tous les "quémandeurs", ne peut être tenu pour seul bouc émissaire responsable de la "catalepsie" des gouvernements supérieurs! »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 11 juillet 2007 14h26
    Et la peur de l'indépendance?
    « Monsieur Rozon parle de peur quand on refuse certains projets tel le casino et tout ce qui tourne autour de ses affaires et il laisse à Yvon Deschamps le soin de nous rappeler notre refus premier qui conditionne toutes nos autres peurs: créer l'État libre du Québec!

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Bruno Giroux
    Abonné
    mercredi 11 juillet 2007 18h36
    Quand on croit que tout tombe du ciel, on ne pense pas à travailler
    « J'ai adoré les prises de positions de monsieur Rozon dont l'analyse de la société québécoise me semble d'un réalisme élevé. Il a le grand mérite d'apporter un éclairage sur le modèle de société que les Québécois se sont donné au fil des ans sans évoquer les épithètes choquantes et inutiles telles que «paresseux».


    Je retiens particulièrement ses commentaires sur le vide idéologique. Tous nos dirigeants politique, actuels et aspirants, n'ont rien de motivant à présenter à la population. Nos dirigeants religieux regardent avec nostalgie le passé en oubliant une pensée rafraîchissante en psychologie : Régler ses problèmes plutôt que de les enfuir dans la pensée d'un dieu magicien.

    J'habite un quartier parmi les plus pauvres au Québec. Or, que voit-on dans les journaux communautaires publiés à coup de subventions? On ne veut pas de nouveaux venus, surtout pas de nouveaux venus qui auraient le malheur d'acheter un condo de milieu de gamme. On s'oppose à tout projet de développement mais on réclame des coopératives d'habitation et des loyer à prix modiques. Dans le dernier projet de coopérative d'habitation qui a été approuvé près de chez moi, chaque logement coûtera quelque 160 000 $ en grande partie payé par des subventions des divers paliers de gouvernement. C'est autant sinon plus que ce que le travailleur moyen peut consacrer à l'achat d'une résidence.

    Les groupes sociaux qui s'opposent à tout mais qui demandent toujours plus des gouvernements sont très bien organisés et savent se faire entendre. Et l'oreille des dirigeants leur est grande ouverte. Je suis parfaitement d'accord avec monsieur Rozon quand il dit que les groupes sociaux et autres représentants communautaires ont pris le contrôle des débats publics et, du même coup, la société en otage. Je le cite: «C'est fascinant: de plus en plus, la minorité parle pour la majorité et la majorité ne répond pas».

    J'aime bien qu'il rappelle qu'au nom de la justice sociale, 40% de la population ne paie pas d'impôt tout en profitant de divers programmes sociaux. Ce n'est pas politiquement correct de le dire mais je le fais: Quand on reçoit tout cuit dans le bec sans avoir rien à faire en pensant que tout tombe d'un ciel quelconque, comment peut-on vouloir le développement et l'enrichissement de la société et désirer être participant et non éternel quémandeur.

    Je n'ai malheureusement pas de solutions à proposer si ce n'est, comme le fait monsieur Rozon, souhaiter que ceux qui peuvent parler à la population et avoir une influence sur elles «devraient forcer la réflexion et imposer la remise en question d'un modèle de société qui pendant longtemps a fait école, mais qui peine aussi à se renouveler».

    Que d'autres Rozon se lèvent et parlent haut. »

  • André-Jean Deslauriers
    Inscrit
    mercredi 11 juillet 2007 18h58
    M. Le Bouffon en chef!
    « Si vous êtes de cette race d'entrepreneurs que le Québec étouffe, à vous entendre, qu'avez-vous besoin de subventions?
    Pour payer grassement des niais d'humoristes qui n'ont rien à rire?
    L'humour sévit déjà un peu trop beaucoup si vous voulez mon avis et c'est le même prix si vous ne le voulez pas!
    Vous déplorez que 40% de la population du Québec ne paie pas d'impôts!
    Vous vous en désolez sans doute, car ça occassionne moins de rentrées fiscales
    dont vous pensez que votre entreprise serait en droit de prélever sa part.
    Vous même à quel type d'échappatoires fiscales vous adonnez-vous?
    Il serait intéressant de le savoir!

    André-Jean Deslauriers (Mont-Laurier) »

  • Michel Breton
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 00h33
    Le dit et le non-dit...
    « Monsieur Rozon a tout à fait raison dans ce qu'il affirme. Le Québec est immobile, sclérosé devrais-je dire depuis 1995. Or ne pas bouger c'est reculer, reculer dans notre cas c'est éventuellement disparaître. Nous avons prouvé avec tout ce qui a émergé du Québec depuis la révolution tranquille que nous avons tout ce qu'il faut pour nous distinguer et conquérir le monde. Richesse du territoire, imagination et j'en passe. Cela demande de la foi en soi et de se relever les manches. Monsieur Rozon est un exemple à ce titre. Par contre, ce que monsieur Rozon se garde bien de révéler, malgré sa prétention de briser la rectitude politique, ce sont les causes de cette sclérose. Nous n'avons pas les couilles de nous séparer. Nous le voyons avec la situation du français à Montréal ou l'anglais se répand à vitesse TGV, la dégration des finances publiques et de toutes nos institutions qui sont le reflet du manque de vision généralisé de nos dirigeants. Je ne leur lance pas complètement la pierre. On a les dirigeants qu'on mérite. Les québécois ont le cul trop bien assis sur leur confort. Trois siècles de luttes pour notre survie comme peuple, tout ça pour finir comme ça... Pitoyable.
    P.S. Je ne vous pardonne pas Monsieur Rozon de servir votre festival (qui est aussi le nôtre, votre existence depuis 25 ans nous est garante) sur un plateau d'argent aux torontois. Vraiment con! Voilà où vous parlez des deux côtés de la bouche. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
19 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres

Articles les plus commentés

Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009