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Nouvelle gouvernance culturelle à Montréal - Un projet d'agence culturelle qui inquiète

Le projet de créer une agence qui regrouperait tous les services et fonctions liés à la culture, au patrimoine et au design à Montréal alerte certains fonctionnaires municipaux.

L'idée d'un guichet unique plus efficace, qui puisse mettre à contribution les milieux d'affaires, peu engagés pour l'instant en matière de culture, poserait des problèmes d'éthique publique si ce guichet est distinct de la Ville.

«Il y a une tendance qui se dessine à utiliser une agence pour privatiser en quelque sorte certaines fonctions municipales, affirme une source municipale qui souhaite conserver l'anonymat, en citant l'exemple du Quartier international maintenant responsable du dossier du Quartier des spectacles. Si on crée une entité corporative avec un conseil d'administration où la Ville devient une voix parmi d'autres, comment sera-t-elle imputable, quelle reddition de comptes y a-t-il par rapport à la population?»

Pour l'instant, toutes les options restent ouvertes quant à la nature de l'organisation qui rassemblera ces fonctions culturelles et à son lien avec l'administration centrale.

«Il y a différentes options juridiques qu'il faut regarder, tout est possible, de l'obnl [organisme à but non lucratif] à la paramunicipale, a indiqué au Devoir Benoit Labonté, responsable de la culture, du patrimoine, du centre-ville et du design au comité exécutif de la Ville, en citant les exemples de la Société d'habitation et de développement de Montréal et du Conseil des arts de Montréal.

Il refuse d'y voir une forme d'impartition des services municipaux, bien qu'il reconnaisse que la nouvelle entité pourrait à la fois être à l'intérieur et à l'extérieur du périmètre corporatif de la Ville.

«On ne privatise pas les services de la culture. C'est une meilleure organisation, une meilleure synergie entre toutes les composantes. Si on veut être à la hauteur de nos prétentions de métropole culturelle, il faut se rendre là.»

Lancée par Culture Montréal dans le cadre des travaux préparatoires au prochain sommet de Montréal, qui aura lieu en novembre, l'idée d'une agence métropolitaine de développement des arts et de la culture distincte de la Ville vise à concentrer les actions culturelles, pour l'instant disséminées en une multitude de services et organismes, en une seule et même organisation. Le Conseil des arts de Montréal a proposé d'élargir sa mission afin de remplir ce nouveau mandat. Un point sur lequel toutes les instances s'entendent: il faut protéger les sommes actuellement dévolues aux artistes et le principe de l'attribution des subventions par les pairs.

La semaine dernière, le maire Tremblay a accueilli «favorablement» la proposition du groupe de travail formé en vue du sommet et a même donné le feu vert à la recherche d'un modèle viable et à l'élaboration d'un plan d'action pour cette nouvelle entité.

«On passe à la phase d'implantation, a confirmé M. Labonté, le mandataire désigné par le maire. Celui-ci ne cache pas ses ambitions de rapprocher la culture des milieux d'affaires, afin de «définir l'avenir de Montréal par la culture», mission du Rendez-vous novembre 2007 - Montréal métropole culturelle.

«Il faut créer un véhicule qui puisse permettre une association financière du secteur privé dans les projets ou les initiatives culturelles à Montréal, dit-il. Treize pour cent du financement est assumé par le secteur privé, ce qui est l'un des plus faibles taux en Amérique.»






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  • Michel Mongeau
    Inscrit
    mercredi 27 juin 2007 08h31
    Et si on parlait d'autre chose?
    « ''Guichet unique,entité corporative, reddition de comptes, plan d'action,rapprocher la culture des milieux d'affaires, treize pour cent''...Tout un langage pour parler, somme toute, de ce qui devrait avoir rapport avec la créativité, l'imprévisibilité, le touchant, le secouant, le ce qui déclenche la réflexion...Est-ce à dire que ce qu'on nomme avec un vague, navrant et plein de déni ''la culture'', s'éloigne de plus en plus de ''l'art'', c'est à dire une pratique créatrice qui vise l'exploration des formes sensibles à des fins humanistes, celles qui suscitent les belles''questions sans réponse' et qui nourissent la vie, la découverte, le sens critique, le refus du conditionné, de l' amolissant, de même que tout ce qui nous enlise paresseusement dans l'îlot stérile de l'égo jouisseur narcissique? »

  • Francois Piazza
    Inscrit
    mercredi 27 juin 2007 12h56
    La culture : comment s'en débarasser
    « Ce concept d'agence unique n'est ni nouveau, ni spécifique à Montréal. Il a déjà été expérimenté aux États-Unis, surtout dans les États du Sud, avec un succès foudroyant !
    Par exemple, dans le Tennessee , la culture est une industrie payante. Studios d'enregistrement, Hall of Fames, spectacles Honky Tonk ou musées privés ( quelques fois bizarres ) abondent. L'État et les villes ( Nashville, Memphis) accordent bien volontiers des subventions et des réductions de taxes.
    Mais à part «ze» bibliothèque à coté du Capitole à Nashville, allez donc en trouver une publique à Chattanooga (160.000 habitants ) ou dans la plupart des quartiers surtout pauvres de Memphis ! En dehors des éditeurs de musique, allez donc trouver une maison d'éditions, une maison de la poésie ou de la culture, hors de l'université
    Car la culture est devenue un nom générique pour un commerce rentable. Les conseils des arts locaux sont devenu des C,A style Jean Charrest : tout en PPP ! Or le PPP ne peut exister que les projets sont rentables - ou suscitant des bénéfices marginaux tels que les diminutions d'impôts étalés via une fondation -
    Si cette politique de partenariat avait été appliqué à Montréal, croyez-vous qu'il y aurait autant de compagnies de ballet, de théâtre. de musées à Montréal ? Le fait même de l'envisager risque de donner des idées à Patapouf ( Jean Charrest pour les intimes ) qui a déjà une esquisse de guichet unique via le C.A.L.Q.
    Il suffit de modifier quelques règlements, de permettre aux bienfaiteurs d'avoir voix au chapitre, non seulement pour les subventions et le produits des taxes culturelles, ce qui saurait tarder, mais pour aussi la planification de la politique municipale de la «culture » et le tour est joué, Si certains arrondissements veulent absolument des activités culturelles,ils n'ont qu'à les financer via leurs budgets propres...
    Finalement «le véhicule » de Mr Benoît Labonté, aussi pétulant et imaginatif qu'il soit, ira, non pas où les créateurs voudraient, mais où les patrons de la «pompe à phynance » le désirent. La dessus, cornecul! vive le Père Ubu !

    François Piazza, écrivain »

  • Julienne Vigneault
    Inscrite
    vendredi 29 juin 2007 06h51
    La Culture ne doit pas être dictée sous le joug du monde des affaires
    « «On passe à la phase d'implantation, a confirmé M. Labonté, le mandataire désigné par le maire. Celui-ci ne cache pas ses ambitions de rapprocher la culture des milieux d'affaires, afin de «définir l'avenir de Montréal par la culture», mission du Rendez-vous novembre 2007 - Montréal métropole culturelle.

    Les AGENCES sont des moyens détourneés dexcroquer les artistes et la culture au profit des promoteurs du secteur privé.
    La Culture ne doit pas être dictée sous le joug du monde des affaires. Les artistes et les entreprises culturelles (OSBL) et PME sont déjà trop dépendants des commanditaires corporatifs, qui exignet un retour en investissement cher payé, et imposentle ton d'une culture populiste de masse, parfois sans véritable valeur artistique professionnelle.

    Seulement 2% des dons aux arts des compagnies ; et 4% des dosn du public. pour un tl=otla de 6% des dosn aux arts, parmi tous les secreurs des dosn en philantopie. Le budget gouvernemental en culture est de MOINS 1% , du budget global du gouvernement.

    Il faut bonifier les avantages fiscaux des dons aux arts;
    et mieux soutenir les fondations artistiquee profesionnelles. »

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