Dieudonné au National - Reculer pour ne pas sauter
Photo : Jacques Grenier
Comme à son habitude, Dieudonné n’épargne personne: les blancs, les noirs ou les jaunes.
La crise a été évitée. Questionné plus longuement que le commun des voyageurs par les douaniers de l’aéroport Montréal-Trudeau à son arrivée mardi dernier, l’humoriste français Dieudonné a finalement passé la frontière sans embûche pour présenter à temps, hier soir à Montréal, son nouveau spectacle.
Nouveau? Pas vraiment, en fait. C’est qu’après 10 années à cultiver la polémique — ce qui lui a permis de subir les foudres de la communauté juive, de l’intelligentsia parisienne et d’inciter les douaniers au zèle —, le trublion de l’humour, invité au Québec par le Grand Rire, semble désormais aspirer à une pause. Et rien de mieux pour ça qu’un «Best of» puisant dans le meilleur de sa production passée pour mettre finalement ses pendules à l’heure. Sans tabou mais sans offenses aussi.
Exit les commentaires surfant sur les limites du mauvais goût ou l’exposant à la critique, Dieudonné se donne désormais comme mission, à l’heure des bilans, de se montrer sous son véritable jour: celui d’un humoriste qui cherche finalement à dénoncer l’intolérance, la bêtise humaine, le racisme crasse, les atrocités commises au nom d’un dieu et les effets pervers du communautarisme. Point.
L’exercice l’a amené à déraper à plusieurs reprises dans le passé. Il en rigole d’ailleurs sur les planches du Théâtre National tout en faisant revivre ces gentils «conards» dont il n’aurait jamais dû trop s’éloigner, reconnaît-il indirectement.
Il y a le cousin de Michel, garagiste faux cul témoin d’un carnage dans son village, il y a Claude Stacinet, journaliste prétentieux envoyé dans les banlieues de Paris pour couvrir les émeutes. Il y a aussi la «fine escouade du 11» préparant l’atterrissage d’avions «sur des parois verticales» au nom d’Allah ou encore ces parents d’élèves discutant lors d’une réunion délirante du port du foulard islamique dans une école.
En deux heures, avec une maîtrise indéniable de la scène et un sac à blagues trempées dans le sulfure, l’homme n’épargne, comme à son habitude, personne, les blancs, les noirs ou les jaunes dont les paradoxes, le sectarisme parfois et les incohérences sont gentiment mis en relief.
La proposition est rythmée par l’apparition sur scène d’une greluche déguisée en cheerleader qui vient entre chaque numéro présenter le suivant et décrire naïvement le curriculum de Dieudonné, passé de «gentil comique» à bête noire à abattre, «après un truc chez Fogiel» [une émission de télévision française où le drôle n’a pas fait rire avec un mauvais sketch sur un colon juif].
En entrevue au Devoir il y a quelques semaines, l’artiste avouait vouloir, cette année, offrir une séance de pur rire mais aussi rompre un peu avec l’image de provocateur qui lui a valu de devenir un mal aimé. L’essai peut lui être accordé. Reste désormais à voir s’il va, dans les prochaines années, le transformer.
Nouveau? Pas vraiment, en fait. C’est qu’après 10 années à cultiver la polémique — ce qui lui a permis de subir les foudres de la communauté juive, de l’intelligentsia parisienne et d’inciter les douaniers au zèle —, le trublion de l’humour, invité au Québec par le Grand Rire, semble désormais aspirer à une pause. Et rien de mieux pour ça qu’un «Best of» puisant dans le meilleur de sa production passée pour mettre finalement ses pendules à l’heure. Sans tabou mais sans offenses aussi.
Exit les commentaires surfant sur les limites du mauvais goût ou l’exposant à la critique, Dieudonné se donne désormais comme mission, à l’heure des bilans, de se montrer sous son véritable jour: celui d’un humoriste qui cherche finalement à dénoncer l’intolérance, la bêtise humaine, le racisme crasse, les atrocités commises au nom d’un dieu et les effets pervers du communautarisme. Point.
L’exercice l’a amené à déraper à plusieurs reprises dans le passé. Il en rigole d’ailleurs sur les planches du Théâtre National tout en faisant revivre ces gentils «conards» dont il n’aurait jamais dû trop s’éloigner, reconnaît-il indirectement.
Il y a le cousin de Michel, garagiste faux cul témoin d’un carnage dans son village, il y a Claude Stacinet, journaliste prétentieux envoyé dans les banlieues de Paris pour couvrir les émeutes. Il y a aussi la «fine escouade du 11» préparant l’atterrissage d’avions «sur des parois verticales» au nom d’Allah ou encore ces parents d’élèves discutant lors d’une réunion délirante du port du foulard islamique dans une école.
En deux heures, avec une maîtrise indéniable de la scène et un sac à blagues trempées dans le sulfure, l’homme n’épargne, comme à son habitude, personne, les blancs, les noirs ou les jaunes dont les paradoxes, le sectarisme parfois et les incohérences sont gentiment mis en relief.
La proposition est rythmée par l’apparition sur scène d’une greluche déguisée en cheerleader qui vient entre chaque numéro présenter le suivant et décrire naïvement le curriculum de Dieudonné, passé de «gentil comique» à bête noire à abattre, «après un truc chez Fogiel» [une émission de télévision française où le drôle n’a pas fait rire avec un mauvais sketch sur un colon juif].
En entrevue au Devoir il y a quelques semaines, l’artiste avouait vouloir, cette année, offrir une séance de pur rire mais aussi rompre un peu avec l’image de provocateur qui lui a valu de devenir un mal aimé. L’essai peut lui être accordé. Reste désormais à voir s’il va, dans les prochaines années, le transformer.
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