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Complice du vide

La récréation est terminée. À 32 ans, l'humoriste Patrick Groulx a décidé finalement de mettre au rancart les personnages absurdes, loufoques et souvent dérisoires qui ont fait sa réputation.

Résultat? Simon Perron, l'idiot et l'idole d'une génération qui aimait bien «fourrer les écureuils», ne s'est pas pointé sur la scène du Théâtre Saint-Denis hier soir à Montréal où l'artiste à la voix éraillée a présenté pour un deuxième et dernier soir sa nouvelle création: Pat Groulx et les Bas blancs.

Pas de doute. La page semble avoir été tournée sur ce passé ridicule, et étrangement rassembleur, pour faire place désormais à un nouveau Groulx, sans flafla, mais toujours avec quelques blagues en dessous de la ceinture, dont le nouveau registre s'exprime maintenant en mode stand up comique. Simple et simpliste.

L'homme dit avoir grandi. Tout comme son public qu'il donne l'impression de très bien connaître et que les observations du quotidien, livrées maintenant par l'ex-animateur de l'émission Le Groulx Luxe: c'est n'importe quoi, qui a cartonné pendant quelques années sur les ondes de Musique Plus, arrivent très bien à rejoindre.

Recherche de la reconnaissance publique, besoin d'amour, sentiment d'infériorité au contact d'intellos — il est question ici d'une discussion sur la littérature —, haine viscérale du «frais chier», anecdote sur le «lichage d'un cornet», remise en question des titres professionnels (maitre, docteur, honorable, alouette) et réflexion gluante de gynécologue... Tous les ingrédients sont là pour un spectacle sans relief conçu dans les règles de l'art où les blagues ne peuvent certainement pas tomber à plat puisque tout le monde s'attend, et se prépare, à les voir tomber.

Dans ce cadre prévisible, Groulx arrive malgré tout à installer une certaine complicité avec ses admirateurs — et surtout admiratrices — avec un savoir-faire largement éprouvé à l'époque il invitait un peu partout au Québec ses fidèles dans des parcs pour des séances de câlinage collectif. Preuve qu'en délaissant l'absurde et le situationnisme — pourtant très à la mode de nos jours — le bon gars n'a pas perdu de son pouvoir d'attraction. Pouvoir qu'il essaye de renforcer en dévoilant sur scène un côté rockeur dans une deuxième partie de spectacle — trop tardive pour être commentée dans cette page.

Au final, la clientèle-cible va sans doute être comblée. Quant aux autres, ils risquent de rester autant ridés et malheureusement toujours perplexes.
 
 
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