L'«effet Cirque du Soleil» fait boule de neige
L'Université du New Hampshire crée le premier programme de danse aérienne, inspirée par les techniques de cirque
Photo : Agence Reuters
Un extrait du spectacle Saltimbanco du Cirque du Soleil.
Après avoir connu un succès planétaire, voilà que l'«effet Cirque du Soleil» continue de faire tache d'huile aux États-Unis. À preuve, l'Université du New Hampshire est la première université à créer un programme de danse aérienne, où les étudiants pourront se frotter aux techniques acrobatiques rendues célèbres par la compagnie circassienne québécoise.
En fait, c'est à la suite d'une rencontre entre Gay Nardone, professeure associée au programme de danse de l'Université du New Hampshire (NHU), spécialiste du jazz et du tap dance, et deux ex-trapézistes de la production Saltimbanco que les techniques aériennes du cirque ont pu faire leur entrée dans le grand monde universitaire.
«J'ai rencontré ces deux trapézistes pour suivre un atelier de formation et j'ai été frappée. J'ai tout de suite été convaincue qu'il fallait familiariser nos danseurs aux techniques aériennes et les intégrer au programme de danse», a expliqué hier au Devoir Gay Nardone, dont les cours connaissent aujourd'hui une popularité sans précédent.
Ces trapézistes par qui tout a commencé, ce sont Elsie Smith et Serenity Smith Forchion, deux jumelles identiques qui ont tourné pendant quatre ans avec la troupe Saltimbanco en y présentant un numéro de duo-trapèze. Les deux artistes, qui ont depuis lors créé leur propre école de cirque au Vermont, la Nimble Arts Trapeze and Circus School, sont maintenant appelées à transmettre leur savoir lors d'ateliers organisés par la NHU.
Non seulement les techniques de trapèze, de tissu, de hamac, de corde lisse, de sangles et de cerceaux aériens font désormais partie de l'entraînement offert dans le cadre de ce programme de danse universitaire, elles contribuent aussi à forger un tout nouveau langage chorégraphique, jusque-là étranger à la danse.
«La danse aérienne, ça demeure de la danse, ce n'est pas du cirque ou de la gymnastique. Sauf que la maîtrise de ces techniques acrobatiques permet de développer tout le haut du corps des danseurs et de les doter d'une force exceptionnelle qui permet de pousser plus loin l'art de la danse en faisant éclater les chorégraphies», affirme Gay Nardone.
La danse aérienne, illustre la danseuse, permet d'utiliser tout l'espace scénique plutôt que de ne travailler qu'en deux dimensions. «J'ai toujours cherché à occuper tout l'espace scénique, et la danse aérienne rend cela possible. C'est comme faire de la sculpture plutôt que de la peinture», explique-t-elle.
Danseurs aériens recherchés
Il faut dire que le coup de foudre de cette enseignante pour la danse aérienne n'est pas étranger au vent de popularité qui souffle sur l'Amérique, soulevé par le passage du Cirque du Soleil, et qui influence de plus en plus la forme et le contenu des productions artistiques à l'affiche sur les scènes américaines.
Selon Gay Nardone, les danseurs qui maîtrisent ces techniques de voltige sont de plus en plus convoités non seulement par les compagnies de danse contemporaine mais aussi par les producteurs de comédies musicales, de performances multimédias ou d'événements spéciaux.
«La plupart de mes étudiants formés à la danse aérienne ont été embauchés pour performer dans des comédies musicales aux États-Unis et au Canada. L'impact du cirque sur les spectacles de masse produits ici est immense», croit-elle.
À preuve, au cours de la dernière année, au moins cinq productions présentées sur la célébrissime avenue Broadway à New York intégraient des techniques de danse aérienne à leurs spectacles, ajoute-t-elle.
Même si la NHU est la première université à faire le saut, l'Université de Boulder, au Colorado, où se tient chaque année un festival international de danse aérienne, a aussi commencé à offrir un cours d'été aux danseurs attirés par ces techniques.
Bien qu'étonné de cette consécration universitaire, Bernard Petiot, vice-président au casting et à la performance au Cirque du Soleil, constate lui aussi un engouement grandissant pour le travail physique, inspiré des performances du cirque, dans plusieurs disciplines artistiques. «C'est sûr que cela n'est pas dû qu'à nous, mais nous avons eu une influence sur cette fusion des genres, qui est très intéressante. Nous travaillons d'ailleurs nous aussi à créer des alliances avec d'autres milieux, comme ceux de la danse», a-t-il commenté hier.
Rendre à César..
Mais au-delà de l'«effet Cirque du Soleil» des dernières années, la rencontre de la danse et des techniques aériennes remonte à plus de 30 ans, lorsque la danseuse Terry Sendgraff, en 1974, eut l'idée d'intégrer un mouvement de trapèze à une de ses chorégraphies. Un nouvel art était né.
Depuis, l'attrait pour la danse aérienne a fait boule de neige, et cette forme d'art est devenue une discipline en soi, poussée à ses extrêmes limites par certaines compagnies de danse, flirtant parfois avec la haute voltige et l'alpinisme de haut niveau.
Au cours des dernières années, au moins une vingtaine de compagnies de danse aérienne ont vu le jour aux États-Unis et au Canada, dont la très spectaculaire troupe Bandaloop, qui performe en plein air dans des sites naturels vertigineux ou en zone urbaine, de préférence à plusieurs centaines de pieds d'altitude.
Dans une entrevue récente accordée à USA Today, Amelia Rudolph, directrice artistique de Bandaloop, expliquait récemment que le milieu de la danse a longtemps levé le nez sur cette nouvelle forme de danse, davantage assimilée au spectacle qu'à l'art avec un grand A.
Il faut dire que les créations de Bandaloop n'ont rien du Lac des cygnes. Harnachés comme des alpinistes, les danseurs de cette troupe se sont produits sur les parois des falaises du parc national Yosemite, à plus de 3000 pieds d'altitude, voltigeant et tourbillonnant au-dessus d'une chute.
Bandaloop s'est aussi produite avec l'Orchestre symphonique de Houston, à 350 pieds du sol, sur les parois vitrées d'un gratte-ciel, devant une foule de plus de 40 000 personnes. Lors du lancement de la nouvelle version de Windows Vista, en janvier dernier, ces danseurs volants, liés à leurs câbles de sécurité, s'élançaient sur les parois du Terminal Building à New York.
Aujourd'hui âgée de 67 ans, Terry Sendgraff, qui a fait de San Francisco la Mecque de la danse aérienne en y fondant sa propre compagnie, ignorait le mouvement qu'elle allait semer en se balançant sur son trapèze il y a 33 ans. Elle se doutait probablement encore moins que son idée saugrenue propulserait cet art nouveau sur les bancs des universités.
En fait, c'est à la suite d'une rencontre entre Gay Nardone, professeure associée au programme de danse de l'Université du New Hampshire (NHU), spécialiste du jazz et du tap dance, et deux ex-trapézistes de la production Saltimbanco que les techniques aériennes du cirque ont pu faire leur entrée dans le grand monde universitaire.
«J'ai rencontré ces deux trapézistes pour suivre un atelier de formation et j'ai été frappée. J'ai tout de suite été convaincue qu'il fallait familiariser nos danseurs aux techniques aériennes et les intégrer au programme de danse», a expliqué hier au Devoir Gay Nardone, dont les cours connaissent aujourd'hui une popularité sans précédent.
Ces trapézistes par qui tout a commencé, ce sont Elsie Smith et Serenity Smith Forchion, deux jumelles identiques qui ont tourné pendant quatre ans avec la troupe Saltimbanco en y présentant un numéro de duo-trapèze. Les deux artistes, qui ont depuis lors créé leur propre école de cirque au Vermont, la Nimble Arts Trapeze and Circus School, sont maintenant appelées à transmettre leur savoir lors d'ateliers organisés par la NHU.
Non seulement les techniques de trapèze, de tissu, de hamac, de corde lisse, de sangles et de cerceaux aériens font désormais partie de l'entraînement offert dans le cadre de ce programme de danse universitaire, elles contribuent aussi à forger un tout nouveau langage chorégraphique, jusque-là étranger à la danse.
«La danse aérienne, ça demeure de la danse, ce n'est pas du cirque ou de la gymnastique. Sauf que la maîtrise de ces techniques acrobatiques permet de développer tout le haut du corps des danseurs et de les doter d'une force exceptionnelle qui permet de pousser plus loin l'art de la danse en faisant éclater les chorégraphies», affirme Gay Nardone.
La danse aérienne, illustre la danseuse, permet d'utiliser tout l'espace scénique plutôt que de ne travailler qu'en deux dimensions. «J'ai toujours cherché à occuper tout l'espace scénique, et la danse aérienne rend cela possible. C'est comme faire de la sculpture plutôt que de la peinture», explique-t-elle.
Danseurs aériens recherchés
Il faut dire que le coup de foudre de cette enseignante pour la danse aérienne n'est pas étranger au vent de popularité qui souffle sur l'Amérique, soulevé par le passage du Cirque du Soleil, et qui influence de plus en plus la forme et le contenu des productions artistiques à l'affiche sur les scènes américaines.
Selon Gay Nardone, les danseurs qui maîtrisent ces techniques de voltige sont de plus en plus convoités non seulement par les compagnies de danse contemporaine mais aussi par les producteurs de comédies musicales, de performances multimédias ou d'événements spéciaux.
«La plupart de mes étudiants formés à la danse aérienne ont été embauchés pour performer dans des comédies musicales aux États-Unis et au Canada. L'impact du cirque sur les spectacles de masse produits ici est immense», croit-elle.
À preuve, au cours de la dernière année, au moins cinq productions présentées sur la célébrissime avenue Broadway à New York intégraient des techniques de danse aérienne à leurs spectacles, ajoute-t-elle.
Même si la NHU est la première université à faire le saut, l'Université de Boulder, au Colorado, où se tient chaque année un festival international de danse aérienne, a aussi commencé à offrir un cours d'été aux danseurs attirés par ces techniques.
Bien qu'étonné de cette consécration universitaire, Bernard Petiot, vice-président au casting et à la performance au Cirque du Soleil, constate lui aussi un engouement grandissant pour le travail physique, inspiré des performances du cirque, dans plusieurs disciplines artistiques. «C'est sûr que cela n'est pas dû qu'à nous, mais nous avons eu une influence sur cette fusion des genres, qui est très intéressante. Nous travaillons d'ailleurs nous aussi à créer des alliances avec d'autres milieux, comme ceux de la danse», a-t-il commenté hier.
Rendre à César..
Mais au-delà de l'«effet Cirque du Soleil» des dernières années, la rencontre de la danse et des techniques aériennes remonte à plus de 30 ans, lorsque la danseuse Terry Sendgraff, en 1974, eut l'idée d'intégrer un mouvement de trapèze à une de ses chorégraphies. Un nouvel art était né.
Depuis, l'attrait pour la danse aérienne a fait boule de neige, et cette forme d'art est devenue une discipline en soi, poussée à ses extrêmes limites par certaines compagnies de danse, flirtant parfois avec la haute voltige et l'alpinisme de haut niveau.
Au cours des dernières années, au moins une vingtaine de compagnies de danse aérienne ont vu le jour aux États-Unis et au Canada, dont la très spectaculaire troupe Bandaloop, qui performe en plein air dans des sites naturels vertigineux ou en zone urbaine, de préférence à plusieurs centaines de pieds d'altitude.
Dans une entrevue récente accordée à USA Today, Amelia Rudolph, directrice artistique de Bandaloop, expliquait récemment que le milieu de la danse a longtemps levé le nez sur cette nouvelle forme de danse, davantage assimilée au spectacle qu'à l'art avec un grand A.
Il faut dire que les créations de Bandaloop n'ont rien du Lac des cygnes. Harnachés comme des alpinistes, les danseurs de cette troupe se sont produits sur les parois des falaises du parc national Yosemite, à plus de 3000 pieds d'altitude, voltigeant et tourbillonnant au-dessus d'une chute.
Bandaloop s'est aussi produite avec l'Orchestre symphonique de Houston, à 350 pieds du sol, sur les parois vitrées d'un gratte-ciel, devant une foule de plus de 40 000 personnes. Lors du lancement de la nouvelle version de Windows Vista, en janvier dernier, ces danseurs volants, liés à leurs câbles de sécurité, s'élançaient sur les parois du Terminal Building à New York.
Aujourd'hui âgée de 67 ans, Terry Sendgraff, qui a fait de San Francisco la Mecque de la danse aérienne en y fondant sa propre compagnie, ignorait le mouvement qu'elle allait semer en se balançant sur son trapèze il y a 33 ans. Elle se doutait probablement encore moins que son idée saugrenue propulserait cet art nouveau sur les bancs des universités.
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