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Un jour, un jour...

Jean Dion   27 avril 2007  Actualités culturelles
Brigitte et Jean Dion, six ans et demi et quatre ans et demi, à l’Expo 67.
Photo : Jacques Nadeau
Brigitte et Jean Dion, six ans et demi et quatre ans et demi, à l’Expo 67.
La question est fascinante, et l'absence de réponse encore plus. Pourquoi, par-delà les années, se souvient-on d'une chose d'une insondable banalité alors que quantité d'autres, soit marquantes, soit elles aussi complètement insignifiantes, sont évacuées pour préserver l'espace-mémoire? Par quel prodige traîne-t-on toute sa vie avec soi des images et des sons qui ne servent à rien, sinon à nous mettre en contact trompeur avec un passé toujours plus beau qu'il ne l'était en réalité?

J'avais quatre ans et demi quand Expo 67 s'est offerte au monde. On me dit que j'y suis allé huit ou neuf fois; je n'ai aucune raison d'en douter. C'est ce que j'en ai gardé: des images, en forme d'instantanés. Des flashs flous, dont vous pourriez me psychanalyser sans succès jusqu'à demain matin pour savoir pourquoi ceux-là. Le sommet du pavillon de la Grande-Bretagne, dont la tour à l'effigie de l'Union Jack ressemblait à une énorme salière. Celui des États-Unis, imaginez, un building en boule, en plein ventre duquel entrait un train. Ce Minirail qui, du reste, me terrorisait: trop haut perché, survolant des espaces aussi franchement dangereux que des plans d'eau, muni d'une simple barre séparant le passager du vide. J'étais persuadé qu'il allait s'écrouler d'une minute à l'autre, ou alors pencher à tel point dans un virage que j'en serais projeté sans espoir de rémission sur la foule compacte occupée à faire la queue 30 pieds plus bas.

Des images, et deux mots compliqués: «kaléidoscope», un bâtiment mais aussi ce petit tube à miroirs qu'on pouvait acheter sur place et dont j'apprendrais longtemps après qu'il devait produire le même effet visuel que les meilleures substances en vogue à cette époque psychédélique, et «biosphère». Pouvait-on vraiment savoir à ce moment que la nature était effectivement une boule, dans laquelle nous serions en passe de nous étouffer par sottise quelques décennies plus tard?

Voilà du moins ce que je croyais avoir emmagasiné, appuyé par quelques cartes postales et autres photos conservées au fond d'une boîte au fond d'un placard. Mais je dus me détromper il y a trois ou quatre ans. Déambulant au hasard sur quelque trottoir, je m'adonnai à passer devant un restaurant. L'odeur de cuisson qui s'en dégageait me happa instantanément et le lien fut automatique. «Heille, ça sent l'Expo.» Saint Paul sur le chemin de Damas n'avait sans doute pas été frappé plus violemment, et si j'avais été à cheval, j'aurais sans doute chuté de ma monture, bouclant la boucle de la hantise du Minirail et pouvant enfin mener une vie de plénitude, défait à jamais de cette bibitte enfouie dans l'enfance. C'était donc ça aussi, et peut-être d'abord, l'Expo: une senteur. Une formidable collection de senteurs. Il paraît que nos souvenirs les plus tenaces et les plus latents sont ceux d'odeurs; j'en goûtais la preuve à plein nez dans l'air du temps.

Et qu'est-ce que ça sentait, au juste? L'inhabituel. Replaçons-nous dans le contexte: en 1967, à part peut-être dans certains coins de Montréal, le Québec carbure au steak haché, aux patates pilées et au fromage jaune orange. Le couscous, le shish taouk sont de parfaits inconnus, et les mets dits chinois consistent en un assemblage commodément anglicisé d'egg rolls, de spare ribs et de chicken quelque chose. À l'Expo, c'est une autre histoire, l'ouverture au monde passe aussi par le palais. Certains racontent que la saucisse à hot-dog y avait gardé sa prééminence, mais il y avait aussi autre chose. Et dans la zone des restaurants, une odeur perpétuelle de nouilles style asiatique flottait, imprégnait.

Peut-être la cause en était-elle un délice de l'Orient prêt à prendre d'assaut les papilles ignares d'une société qui sortait tout juste de deux siècles de repli, peut-être s'agissait-il de vulgaire chop suey. Peu importe, ça sentait le plaisir d'aller à l'Expo. Je ne suis pas entré dans le restaurant pour voir ce qu'ils mijotaient ainsi, de crainte d'être déçu. J'ai préféré voyager dans le temps et me faire accroire que ma vie de citoyen du monde avait commencé par le fumet de nouilles frites. On a les exotismes qu'on peut, et ces nouilles sont bien plus romantiques qu'un spaghett.

1967. Quelques jours avant l'ouverture officielle de l'Expo, les Maple Leafs de Toronto ont surpris le Canadien de Montréal et enlevé la coupe Stanley. Les pauvres, ils ne savent pas qu'au cours des 40 prochaines années minimum, ils ne passeront même pas proche de passer proche d'en gagner une autre. C'est la fin de l'ère des six équipes. Ce n'est que du hockey, mais la très conservatrice Ligue nationale va s'étendre. Go West. L'optimisme est dans l'air. Je suis trop petit pour savoir ce que peut bien signifier l'«année de l'amour», qui de toute manière n'a pas encore été ainsi nommée. Mais l'Expo est tout entière taillée dans cette assurance que l'avenir est radieux. Elle propose la Terre des Hommes de cet incorrigible rêveur de Saint-Exupéry (sans se douter que quelques années plus tard, elle aurait été bien obligée de présenter la Terre des Personnes). Donald Lautrec chante Un jour, un jour, qui n'hésite pas à tutoyer le visiteur. Dans son sens étroit, la toune parle du jour où tu iras dans les îles, mais au fond, elle évoque le moment pas si lointain où le monde, ça ne peut pas faire autrement, vivra la grande harmonie. Le maire Drapeau, lui, parle de faire de Terre des Hommes rien de moins qu'une «cité mondiale permanente».

En toile de fond, une foi inébranlable en la technique qui, à défaut de sauver l'humanité, achèvera son épanouissement. C'est bien beau, l'amour, mais il faut avoir du temps pour le faire, et cette liberté viendra de l'ingéniosité. Bien sûr, le bambin de quatre ans et demi ne saisit rien à toutes ces choses, mais la graine est irréversiblement semée dans son esprit et dans celui de tous ceux de son âge: rien n'est mécaniquement impossible, y compris l'aménagement d'une île artificielle en plein milieu du fleuve. Personne ne sait comment ça marche, mais tout le monde est convaincu que ça peut marcher.

On n'est pas nostalgique quand on est vieux si on ne l'a été quand on était jeune. Ce regard que l'enfant devenu grand porte sur ses instantanés évanescents, il est embelli. Et il tombe un peu de sa chaise quand la perfection (sauf le Minirail) et l'intensité (dégagée par le Minirail) de l'événement trouvent, au fil de ses lectures, un écho discordant. Un des romans qu'il a le plus aimés de sa vie est le délicieux et désopilant Ostende, de François Gravel. Page 73:

«Nos professeurs, nos parents et les journaux nous avaient répété à satiété que rien ne serait plus extraordinaire que l'Exposition universelle de 1967, où nous aurions de multiples occasions d'apprendre tout en nous divertissant, d'enrichir notre culture et de nous ouvrir sur le monde. Je dois admettre qu'ils n'avaient pas tout à fait tort, pour autant évidemment que l'on considère comme enrichissant de faire la queue pendant deux heures sous un soleil de plomb à la porte du pavillon de la Pologne pour avoir le privilège insigne d'y contempler de magnifiques photos noir et blanc des derniers modèles de tracteurs et d'attendre encore une heure devant la salle de projection où nous nous extasierions devant un diaporama utilisant, merveille de la technologie moderne, non pas un seul mais trois projecteurs fonctionnant simultanément pour nous montrer les mêmes tracteurs traçant les sillons du progrès. Ensuite, ébahi et comblé, le visiteur ferait encore la queue pour qu'un commis blasé veuille bien estampiller son passeport, après quoi il courrait vite à un autre pavillon où on lui montrerait tellement de diapositives que, pour le reste de ses jours, il ne pourrait plus voir un projecteur sans se découvrir des envies assassines.»

Ah ben dis donc. C'est peut-être un avantage que d'avoir été trop petit...

***

La cité mondiale permanente aura duré deux ou trois ans; il en reste un casino. La Terre est tellement celle des Hommes qu'ils ont la capacité, et certainement la folie, de la tuer. On a cru au doux rêve, on n'y croit plus, peut-être se remettra-t-on à y croire envers et contre tout, un jour, un jour que personne ne connaît. Il est bon d'avoir quatre ans et demi.
Brigitte et Jean Dion, six ans et demi et quatre ans et demi, à l’Expo 67. Brigitte et Jean Dion, six ans et demi et quatre ans et demi, à l’Expo 67.
 
 
 
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  • Gilles Baillargeon
    Inscrit
    vendredi 27 avril 2007 07h08
    Terre des hommes
    Nous sommes bien l'espèce supérieur. Nous croyons pouvoir faire mieux grâce à la technologie, la mécanique et la construction. Nous sommes convaincus d'être la seule espèce importante. Nous ferons de notre planète La Terre des Hommes, il n'y restera que nous...mais pour combien de temps?

  • Zach Gebello
    Inscrit
    vendredi 27 avril 2007 08h41
    Bêtise des Hommes
    C'est à peu près le même sentiment qui me revenait tantôt lorsque j'entendait Michel Viens de RDI tenter de trouver des moments "innoubliables" d'Expo 67.
    J'avais 10 ans, et tout ce que je me rappelle c'est aussi une odeur; l'odeur de l'asphalte bouillante et puante sous mes pieds. Dire que de tous ces milliards il ne reste qu'un petit film documentaire d'une heure montrant des milliers de tarés marchant sur de l'asphalte puante pour aller voir des milliers d'autres petits films documentaires.
    Le Québec entrait enfin, comme les autres avant lui, dans la "modernité". Tout serait dorénavant réglé comme une horloge; la Terre et ses Hommes.

    Tic tac...tic tac...

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    vendredi 27 avril 2007 08h58
    Terre des Hommes
    J'avais dix ans en 1967. Nous avions préparé le projet à l'école. Après avoir monté une maquette des îles, nous avons fait des présentations avec une exposition des thèmes devant les parents. L'Exposition Universelle de 1967 a été la concrétisation de l'ouverture du Québec moderne sur le Monde.

    A peine sorti de la révolution tranquille, Montréal a acquis ses lettres de noblesse et est devenu, le temps d'une saison, le centre de l'Humanité. C'était quelques années après la mort de John Kennedy, avant celle de Robert et de Martin Luther King.

    C'était l'ouverture aux autres langages, aux autres musiques, aux autres cultures culinaires et à l'Humain au Sens large. C'était le premier réveil du Québec au sentiment planétaire, à l'environnement, à la politique internationale, à l'exploration de l'Espace, à la révolution médiatique à venir. C'était le premier regard sur le développement des sciences et de la médecine.

    C'était le métro de Montréal avec son odeur de cuirette encore neuve. C'était le passage en tunnel sous le fleuve. C'était l'ascenseur du pavillon du Québec, c'était la rencontre dans les îles de toutes les nations avec en fond de toile sonore la radio transistor qui jouait Sergeant Peppers des Beatles qui sortait le monde de la Pop des ornières du muzak. C'était la beauté des femmes en mini juppes et la découverte de la libération de la femme.

    C'était le portrait de Marguerite Van Eyck de Jean Van Eyck sorti directement du musée Groeninge de Bruges avec ce choc incommensurable avec la beauté de l'art gothique engouffré dans les plis de dentelle de la coiffe.C'était le choc avec le monde de la Mésopotamie avec la statue sans tëte en diorite de Gudéa, prince de Lagash qui datait de 2150 années avant Jésus-Christ. C'était la statut Égyptienne de Amménémhat-ankh en grès silicieux ocre et orangé sorti du Louvre et celle d'Amenhotep en scribe accroupi venu du Musée du Caire. C'était la beauté du nu masculin, un Kouros datant de 480 avant J.C. provenant du British Museum.C'était la rencontre avec l'Étrurie avec les personnages provenant de la Villa Giulia de Rome, avec l'homme accroupis et son chien étouffant sous les gaz du Vésuve et transportés des Ruines de Pompéi. C'était le premier visage de la civilisation Mochica du Pérou grâce au prêt du Museum of Primitive Art de New York. C'était le personnage de la civilisation pré-khmère prêté par le musée Guimet de Paris et la découverte des Upanishad et des Védas à travers la danse sacrée de l'Inde expliquée en détail et exécutée par les meilleurs danseuses de ce pays : tabla, tampura, sitar ... des mots nouveaux et des instruments jusqu'alors inconnus à Montréal. C'était la Stèele du Guerrier de Sibérie provenant du musée d'État historique de Moscou en pleine guerre froide. C'était la statue du prêtre lisant du Temple Rokuharamitsu-Ji de Kyoto au Japon (la première fois que j'entendais le nom de cette ville) et la découverte du bouddhisme, de la méditation de la musique de koto, du shakuhaki, du goüt de la cuisine japonaise.C'était le portrait le plus connu de Christophe Colomb venu du Metropolitan Museum de New-York. La découverte du peintre Lucas Cranach le vieux, le portrait de vieil homme de Lorenzo Lotto de la Pinacothèque de Milan, l'autoportrait de Rembrandt parvenu du musée de la Haye, le buste flamboyant et maniériste de l'Emoereur Léopold 1er du Kunsthistorisches Museum de Vienne, c'était le saisissant portrait de Dostoïevsky de la galerie Trétiakov de Moscou, la première fois que j'entendais parler de lui. C'était le portrait du docteur Gauchet de Van Gogh, la femme aux yeux bleus de Modigliani, la prise de conscience des angoisse existentielles des grands artistes, la femme en pleurs de Picasso parvenu de Londres, le contrat de mariage de William Hogarth du National Gallery de Londres et ma première compréhension d'une scène de genre. La place du Théatre Français de Camille Pissaro du Minnesota Institute of Arts.La joie de découvrir mon premier Corot, mon premier John Constable, la toile fulgurante de Caspar Davud Friedrich de l'homme et la femme contemplant la lune de la Galerie Nationale de Berlin.la pourvoyeuse de Chardin, Edgar Degas, Saint Pierre Reniant le Christ de Rembrandt, les paysages de Venise de Francesco Guardi venu du Louvre, la découverte de Louis le Nain, George de la Tour. La découverte des petites scènes sculptées de la nativité des crèches populaires de Pologne, de la dentelle de Bruges, les boîtes de miniatures sur laque de Fedoskino, Mstiora, Palek et l'Icône Russe. La fois ou un vieux géologue soviétique m'a pris sur ses genoux et m'a mis dans les mains les plus beaux cristaux des minéraux du monde avec le regard respectueux et admiratif que l'on porte sur un enfant du monde libre. C'était la Ronde et ses manèges.

    Après l'Expo 67, je n'étais plus barbare, j'ai cessé de pisser sur les sièges de toilette et je savais qu'au delà de Pont-Viau et de Bois des Filions, il y avait une infinité de manières d'être humain sur cette Planète et que le Monde avait un passé et un avenir si on en prenait soins.

    Pierre Castonguay
    Laval

  • Gérard Lépine
    Abonné
    vendredi 27 avril 2007 09h34
    souvenirs souvenirs
    Administrateur des théâtres jadis, je suis l'un des rares à avoir un passeport à 100% complet, même avec le visa du pavillon qui a fermé presque à l'ouverture de l'Expo. Ces temps sont révolus hélas!

  • Venne,Stéphane
    Abonné
    vendredi 27 avril 2007 09h35
    Enfantin, rêver?
    Ce n'est pas parce que la principale activité intellectuelle des enfants tient du rêve qu'on peut dire qu'il est enfantin de rêver. Pas plus qu'on peut dire que de jouer est puéril puisque le jeu est l'activité physique préférée des enfants. C'est normal que dans le cerveau d'un enfant, où la vie n'a pas encore eu le temps de consigner des faits, des expériences, et les leçons de l'expérience sous forme d'idées, tout l'espace soit occupé non pas par des "hard facts" mais par une réalité virtuelle: le rêve.

    En revanche, le monde adulte (et le monde tout court) ne saurait avancer, évoluer, s'il n'est pas capable de voir ce qui n'existe pas encore, pas capable de concevoir des projets, des plans, des modèles, des ambitions, des idéaux, autant de mots adultes pour "rêves".

    Si les années soixante (y compris l'Expo et Apollo XI) furent créatrices, c'est qu'elles savaient que 2 + 2 peuvent faire 5 si on y ajoute la créativité, l'effort, la synergie, si on s'arrange pour que l'intangible et l'intellect aient préséance sur le matériel.

    Selon cette lecture, ironiser sur le rêve (notamment en infantilisant la notion de rêve) nous rabat au niveau des choses et de la plate comptabilité linéaire des choses, donc nous fait régresser. On n'arrangera pas l'environnement comme ça, on ne guérira pas le Sida comme ça. Faut le rêver avant de le faire. Faut toujours rêver avant de faire quoi que ce soit. C'est ça qu'il y avait dans ma toune.

  • Réal Gingras
    Inscrit
    vendredi 27 avril 2007 11h30
    le pavillon de la Pologne...?
    J'avais 14 ans en 1967 et, mon anniversaire étant le 25 avril, j'avais reçu un passeport de saison en cadeau pour y aller durant l'été. J'y suis allé plus de 50 fois et je peux mettre à votre disposition mes archives que j'ai conservées sous forme de journal de bord.
    Ni mon passeport, ni mon journal de bord ne mentionne l'existence du pavillon de la Pologne.

    Je n'ai aucun souvenir de l'existence d'un pavillon de la Pologne comme vous le dites ce matin dans votre article:
    http://www.ledevoir.com/2007/04/27/141041.html

    Je viens même d'aller faire un tour sur la carte d'époque d'expo 67 http://expo67.morenciel.com/les_cartes_sites.htm
    et je n'arrive pas à voir l'emplacement de ce pavillon.
    J'aimerais bien à ce moment là monsieur Dion, ou quelqu'un d'autre, que vous me dirigiez sur le lieu où se trouvait à l'époque le pavillon de la Pologne?
    Errare humanum est

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 27 avril 2007 11h30
    Les grands des grandes choses
    Les grands des grandes choses ont fait des merveilles technologiques pour éblouir le peuple ignare. Quarante ans plus tard, l'humanité pour laquelle ces grandes choses ont été faites risque fort de ne plus pouvoir habiter la planète qui l'a accueillie. Elle l'aura détruite. Où sont maintenant les grands qui font des grandes choses? À Ottawa? À Washington?
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 27 avril 2007 12h24
    on etait ben contents
    C est probablement le dernier evenement ou il ny a jamais eu personne emettant des reserves ou une opinion contre. Ni avant ni pendant ni apres. Oh un leger doute au debut en se disant que ca serait jamais pret a temps mais c est tout. Le reste n a ete que merveilles. Moi mon souvenir ce sont tous ces convois de motos de police qui trimballaient des rois et des princesses.

  • camelot
    Inscrit
    vendredi 27 avril 2007 14h14
    Une fois seulement
    J'avais 17 ans en 67. J'ai passé presque tout l'été à Terre des Hommes. Je n'ai jamais vu autant de spectacles de ma vie. Y compris ceux de la Place-des-Arts, de l'Expo-théatre et de la Place des Nations. Chaque jour apportait son lot de merveilles. Nous avons côtoyé des humains venus de toute la Terre. C'est grâce à l'Expo que De Gaule est venu à Montréal, et a lançé la célèbre phrase du balcon de l'Hôtel de ville. Par le plus pur des hasards, je me trouvais au pied de l'escalier lors de cet événement. Pour la première fois de mon existence, l'espoir est apparu. Le couvercle de la marmite a laissé place à l'espoir d'un ciel bleu. Tout devint possible. Aujourd'hui, grâce aux soins de Trudeau et de son multiculturalisme, et dans le but évident de diluer notre identité québécoise, le monde nous envahit, mais cette fois-ci, c'est sans notre invitation.

  • Gilles Doré
    Inscrit
    vendredi 27 avril 2007 16h52
    La Terre et l'eau
    1967, j'avais trois et demie.
    Mes premiers souvenirs, la Bioshère, le Minirail, l'architecture moderne, du monde partout, la barbe à papa, un coq multicolore, le téléphone de Michey Mouse...Apollo sur la Lune.
    ...ma fille elle, son premier souvenir, des avions dans des tours.
    mon fils, lui, il joue au soccer avec un petit algérien dans la ruelle d'en arrière...
    Mon oncle, avec qui on était allé voir l'Expo 67, est contre les accomodements raisonnables...

    Allez voir www.expozaragosa2008.es, le thème sera l'eau qui nous unis tous.

  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 27 avril 2007 17h44
    Que s'est-il passé ?
    Il y a quarante ans, le PQ n'existait pas, et le Québec avait un nom et une place dans le concert des nations. Le Québec avait un pavillon à lui, brillant et fier. L'aéroport international de Montréal aceuillait par millions les visiteurs, dignitaires et gens ordinaires. Les Québecois aceuillaient les étrangers à bras ouverts, ils y trouvaient même beaucoup de plaisir.
    Aujourd'hui ont fait des cauchemards alimentés par les accommodements et l'aéroport de Montréal se situe au 103ième rang, derrière tous ceux que fréquentent les Québécois à l'étranger et derrière Toronto, Vancouver et Calgary.

    Que s'est-il passé?

    Georges Paquet

  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 27 avril 2007 17h58
    À Jean-Marie Francoeur
    Cher monsieur,
    Vous ne pouvez pas dire que le monde nous envahit "cette fois sans notre invitation". Les 40,000 personne qui arrivent au Québec, chaque année, y sont invitées par votre gouvernement et pour de bonnes raions. Le Québec et le Canada invitent précisément ces gens, par toutes sortes de publicités, pour répondre à son besoin de main d'oeuvre et pour endiguer son déclin démographique qui, s'il se poursuivait sans contres mesures, ferait diminuer le poids du Québec dans la fédération canadienne et son poids objectif vis à vis tout autre interlocuteur.
    Les nécessaires accommodements ne sont que la suite logique de ces invitations qui sont faites aux quatre coins du monde.

    Georges Paquet

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