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Arts du cirque - Une tente au soleil et le Soleil sous la tente

Deux ou trois choses que l'on sait du cirque à Montréal

Stéphane Baillargeon   19 janvier 2007 15h31  Actualités culturelles
Et ça continue. La série rose du Cirque du Soleil (CDS) se poursuit avec un succès confirmé pour la toute première présentation d'un de ses spectacles dans un pays du Proche-Orient. Le CDS y présente Quidam depuis le début du mois et vient tout juste d'annoncer des prolongations jusqu'au 10 février, ajoutant une vingtaine de nouvelles représentions et quelque 2600 spectateurs à la fois sous la grande tente plantée dans le désert.

La compagnie ne cesse d'accumuler les premières, les records et les succès. Cet hiver, elle plante simultanément ses chapiteaux en Europe, en Asie, en Océanie (en Nouvelle-Zélande) et bien sûr en Amérique.

Montréal aura encore droit à la primeur de la nouvelle création de tournée le 26 avril prochain. Le spectacle, intitulé pour l'instant Cirque 2007, est dirigé par le clown américain David Shiner. Les informations glanées autour de la très secrète compagnie laisse deviner une volonté assumée de revenir aux sources de la tradition circassienne maintenant bien établie par la multinationale de la piste, après les écarts de conduite plus théâtrale de Corteo, le dernier show de tournée, lancé il y a deux ans.

Entre-temps, du 20 février au

3 mars, la Tohu, la Cité des arts du cirque de Montréal aura présenté Le Vertige du papillon par la troupe belge Feria Musica, fondée en 1995 par un trapéziste et un musicien. Le spectacle s'annonce comme le délire contrôlé, «entre harmonie et turbulence», de sept acrobates-voltigeurs et quatre musiciens. La production promet des jongleries, du tissu ballant, un mât chinois et des voltiges. Le Vertige du papillon est présenté dans le cadre du festival Montréal en lumières.

Proposition alléchante

La compagnie pourrait très bien tenir le niveau de qualité atteint par la Tohu depuis une année et demie. Le Vertige du papillon est sa troisième production dans une mouvance résolument contemporaine, celle d'un cirque d'avant-garde en quelque sorte. Les documents officiels annoncent précisément une troupe de recherche qui ne veut pas simplement «enchaîner habilement» les numéros, mais plutôt «créer, au travers d'une dramaturgie et d'une chorégraphie baignées dans un univers musical, une tension entre les personnages et avec le public». On y annonce aussi un spectacle qui «forme un tout» et encore un «événement collectif».

À la création du spectacle il y a deux ans, le quotidien Le Soir de Bruxelles parlait d'un «ballet magique et poétique où les gestes les plus réalistes semblent soudain sortir d'un rêve éveillé». Le critique ajoutait que l'humour, la complicité, la maîtrise du mouvement et de l'espace sont quelques-uns des éléments de base de cette construction «à la fois délicate et parfaitement architecturée jusque dans son utilisation d'une scénographie astucieuse réservant nombre de surprises». La proposition semble donc très alléchante, à l'image de ce que propose la Tohu depuis quelque temps.

II faudra tout de même attendre jusqu'au 7 juin pour revoir du cirque dans la grande salle spécialisée, ce qui ne fait que deux propositions de scène pour la première moitié de l'année. La Tohu présentera alors le spectacle annuel de l'École nationale de cirque, qui elle-même fête son premier quart de siècle. L'exercice marque la fin de la sévère et très exigeante formation pour les artistes-acrobates et le début de leur carrière professionnelle, qui se poursuit parfois sous les chapiteaux du CDS. En plus (ou en moins), les billets de la production scolaire, habituellement de haut niveau, se vendent 25 $ et moins, à peine 13 $ en tarifs réduits, c'est-à-dire le prix d'une place au cinéma.

Les billets VIP de Cirque 2007 coûtent 10 fois plus, mais les moins chers se vendent environ 45 $, enfin s'il s'en trouve encore, la compagnie étant également abonnée au succès d'estime, de critique et de commerce dans son fief originel...
 
 
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