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Gilbert David - Le théâtre, parent pauvre

Denis Lord   2 novembre 2002  Actualités culturelles
Pour Gilbert David, professeur d'histoire du théâtre au Département d'études françaises de l'Université de Montréal, le milieu des années 1970 marque le début d'une recherche plus intensive et de plus grande qualité sur la dramaturgie québécoise. Coup sur coup naissent les Cahiers de théâtre Jeu et la Société d'histoire du théâtre du Québec, qui deviendra en 1992 la Société québécoise d'études théâtrales (SQET), et dont le mandat est de regrouper les chercheurs. La SQET fonde en 1985 L'Annuaire théâtral, qui identifie nombre de domaines de recherches. La même année, dans sa collection «Archives des lettres canadiennes », Fides publie un ouvrage de plus de 1000 pages consacré au théâtre canadien-français. «À partir de 1976, de dire M. David, il y a un développement sans précédent au niveau de la production de spectacles, qui engendre bon nombre d'études du côté universitaire.»

Il n'en demeure pas moins qu'en termes de recherche, le théâtre demeure le parent pauvre face à la littérature et aux arts plastiques. M. David regrette qu'il n'y ait que 12 universitaires se spécialisant en théâtrologie, ce qui, à son sens, se traduit par des ouvrages individuels d'une «qualité assez moyenne» et par une situation relativement précaire: «La structure universitaire fait en sorte que l'étude du théâtre s'est développée sur le tard et sous la tutelle des études littéraires alors que ça appelle certaines spécificités. Il y a une forme de déséquilibre qui favorise l'analyse du texte — plus tangible — au détriment de la mise en scène, du jeu, etc. En Europe et aux États-Unis, on a pourtant développé des outils à travers la sémiologie, l'histoire, l'esthétique; il y a depuis le XVIIIe siècle un corpus abondant. C'est un cercle vicieux. Tant qu'il n'y aura pas de département d'études théâtrales, le fossé va se creuser.»

M. David est en faveur de la création d'un musée des arts du spectacle: «Le théâtre est un des volets les plus dynamiques de la culture québécoise mais il est marqué du sceau de l'éphémère. Un musée nous assurerait qu'il ne tombe pas dans un gouffre d'oubli en archivant décors, affiches, programmes, costumes, etc.» Un groupe de travail représentant notamment des gens du théâtre et de l'opéra s'acharne depuis

10 ans à mettre sur pied un tel lieu, se heurtant à la difficulté de lever des fonds. M. David croit de plus en plus qu'un tel musée devrait avoir un miroir sur Internet, afin de rendre ses richesses accessibles à tous.
 
 
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