François-Marc Gagnon - Art et idéologie
Ex-professeur émérite de l'Université de Montréal, directeur de l'Institut de recherche en art canadien de l'université Concordia, François-Marc Gagnon a fait partie du comité scientifique du Traité de la culture, comité dont le mandat était de veiller à ce que soient abordés tous les aspects de la culture, tout ce qui lui est «anthropologiquement lié, dit-il, qu'il s'agisse de son économie, du cirque ou des modes vestimentaires». M. Gagnon a également contribué au chapitre sur les beaux-arts en déposant un «état de la recherche» sur la peinture, la sculpture et la photographie, de la Nouvelle-France au début du Régime anglais, et de 1930 à aujourd'hui.
«Nous avons une immense créativité au Québec, affirme M. Gagnon. Le milieu artistique n'est jamais soumis; il est très politisé et conscient qu'il faut changer l'art pour changer la société. Au Québec, c'est de la peinture que vient l'évolution. Dès 1948, Borduas dit: "Au diable le goupillon et la tuque!" C'est un véritable cri pour la modernité!»
Cette créativité se manifeste aussi dans la recherche sur les arts, selon M. Gagnon, qui manifeste au passage son admiration pour le Vedute de René Payant. N'empêche, cette recherche obéit à des cycles capricieux et plusieurs champs demeurent à explorer. La période ancienne en est un exemple parmi d'autres. «À l'époque de la montée du nationalisme, on pouvait écrire un traité sur les poignées de porte à Saint-Joachim et faire fureur. Aujourd'hui, on s'intéresse davantage à ce qui est international. Il faudrait pourtant séparer les aspirations politiques de la recherche. Il reste beaucoup de recherche à faire sur cette période. Antoine Plamondon par exemple, un portraitiste et artiste religieux du XIXe siècle, n'a jamais eu droit à un livre ou à une exposition reflétant tous les aspects de son art. En raison de l'étendue de sa production, même s'il était académique et copiait les grands maîtres, il mériterait des recherches aussi poussées que celles de Laurier Lacroix sur Suzor-Côté.»
Étudiant la production artistique des siècles précédents, il constate qu'on n'a pas non plus épuisé la diversité des approches théoriques possibles. «On se rend compte par exemple qu'il existe au Québec une pléthore de représentations de Sainte-Anne. Une approche psychanalytique serait passionnante, appliquée à ce symbole maternel, sans pour autant perdre de vue l'angle historique.»
M. Gagnon évoque en tant qu'éventuels champs d'investigation de cette époque les liens entre l'imaginaire et les valeurs idéologiques: «Les peintres qui ont illustré l'histoire canadienne ont fait oeuvre de fiction puisqu'ils ne possédaient pas de documentation. Le portrait de Samuel de Champlain qu'on connaît s'inspire en réalité des traits d'un contrôleur des finances sous François 1er, un type plutôt méchant. Ça pourrait susciter d'intéressantes analysesÉ»
«Nous avons une immense créativité au Québec, affirme M. Gagnon. Le milieu artistique n'est jamais soumis; il est très politisé et conscient qu'il faut changer l'art pour changer la société. Au Québec, c'est de la peinture que vient l'évolution. Dès 1948, Borduas dit: "Au diable le goupillon et la tuque!" C'est un véritable cri pour la modernité!»
Cette créativité se manifeste aussi dans la recherche sur les arts, selon M. Gagnon, qui manifeste au passage son admiration pour le Vedute de René Payant. N'empêche, cette recherche obéit à des cycles capricieux et plusieurs champs demeurent à explorer. La période ancienne en est un exemple parmi d'autres. «À l'époque de la montée du nationalisme, on pouvait écrire un traité sur les poignées de porte à Saint-Joachim et faire fureur. Aujourd'hui, on s'intéresse davantage à ce qui est international. Il faudrait pourtant séparer les aspirations politiques de la recherche. Il reste beaucoup de recherche à faire sur cette période. Antoine Plamondon par exemple, un portraitiste et artiste religieux du XIXe siècle, n'a jamais eu droit à un livre ou à une exposition reflétant tous les aspects de son art. En raison de l'étendue de sa production, même s'il était académique et copiait les grands maîtres, il mériterait des recherches aussi poussées que celles de Laurier Lacroix sur Suzor-Côté.»
Étudiant la production artistique des siècles précédents, il constate qu'on n'a pas non plus épuisé la diversité des approches théoriques possibles. «On se rend compte par exemple qu'il existe au Québec une pléthore de représentations de Sainte-Anne. Une approche psychanalytique serait passionnante, appliquée à ce symbole maternel, sans pour autant perdre de vue l'angle historique.»
M. Gagnon évoque en tant qu'éventuels champs d'investigation de cette époque les liens entre l'imaginaire et les valeurs idéologiques: «Les peintres qui ont illustré l'histoire canadienne ont fait oeuvre de fiction puisqu'ils ne possédaient pas de documentation. Le portrait de Samuel de Champlain qu'on connaît s'inspire en réalité des traits d'un contrôleur des finances sous François 1er, un type plutôt méchant. Ça pourrait susciter d'intéressantes analysesÉ»
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