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    Patrimoine - Montréal manifeste son intérêt pour la maison LaFontaine

    L'arrondissement Ville-Marie envisage de créer une réserve foncière sur l'édifice historique

    La maison Louis-Hippolyte-LaFontaine est le seul témoin subsistant de la période historique qui a vu naître le gouvernement responsable au Canada.
    Photo: Jacques Grenier La maison Louis-Hippolyte-LaFontaine est le seul témoin subsistant de la période historique qui a vu naître le gouvernement responsable au Canada.
    Nullement démonté par le refus d'Ottawa et de Québec de se porter au secours de la maison Louis-Hippolyte-LaFontaine, l'arrondissement Ville-Marie a décidé de prendre le taureau par les cornes. L'arrondissement est en effet à mettre la dernière main à un projet visant l'acquisition de cette maison sise dans l'îlot Overdale, à titre de seul témoin subsistant de la période historique qui a vu naître le gouvernement responsable au Canada.

    Dans une lettre publiée la semaine dernière, la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, a expliqué que son gouvernement était prêt à intervenir si — et seulement si — la Ville de Montréal ou l'actuel propriétaire du 1395, rue Overdale manifestait «la volonté de sauvegarder» la maison dans laquelle le politicien Louis-Hippolyte LaFontaine a vécu de 1849 à sa mort, en 1864. S'estimant directement interpellé, l'arrondissement Ville-Marie a pris la balle au bond et concocté son plan d'action.

    La stratégie retenue sur sa table à dessin consiste à créer une réserve foncière sur la maison LaFontaine, un procédé qui lui permettra d'empêcher toute «altération ou changement à cet édifice sans la permission de l'arrondissement», a expliqué le maire de Ville-Marie, Benoit Labonté. Cette mesure est «transitoire» et devrait permettre à tous les paliers de gouvernement interpellés de «bâtir une solution viable pour sauvegarder cet édifice historique», a-t-il estimé dans un communiqué.

    Sitôt que ledit projet aura reçu l'aval du Conseil du patrimoine, le Conseil d'arrondissement sera invité à se prononcer sur cette acquisition, a confirmé Jacques-Alain Lavallée, chargé de communications à l'arrondissement. Le montant de la transaction n'a pas été révélé. On sait cependant que l'évaluation municipale pour le quadrilatère délimité par les boulevards René-Lévesque et Lucien-L'Allier et les rues Overdale et MacKay s'élève à 6 088 800 $ pour le terrain et à 702 000 $ pour ses bâtiments.

    Pour mener à bien son opération de sauvegarde, l'arrondissement pourra demander une aide financière à Québec, qui, avec son tout nouveau Fonds du patrimoine culturel, dispose désormais de la «latitude juridique et financière nécessaire pour accompagner la Ville dans ses démarches», assure Véronik Aubry, l'attachée de la ministre Beauchamp. La maison LaFontaine aura bien besoin de cette aide, car elle accuse aujourd'hui deux décennies de négligence et d'abandon.

    La sauvegarde de cette maison est réclamée par plusieurs groupes, parmi lesquels on compte un lord, un ancien prince consort et une poignée d'universitaires. Ceux-ci ont également reçu l'appui du sénateur libéral Serge Joyal, qui milite ardemment pour que la maison LaFontaine soit désignée monument historique national, afin de l'utiliser comme centre d'interprétation du gouvernement responsable au Canada.

    Aux yeux de ces militants, cet édifice n'est pas seulement la résidence du premier ministre de l'époque, mais aussi une demeure où s'est écrite l'histoire à grands coups de soulèvements populaires. La maison a été prise d'assaut à deux reprises par la foule en colère contre LaFontaine et son gouvernement, en 1849, à la suite de la Loi d'indemnisation des insurgés de 1837-38.

    Héritage Montréal souscrit à ces démarches, l'organisme ayant récemment demandé au premier ministre Harper de faire le nécessaire pour sauvegarder cet édifice. Pour le directeur des politiques de l'organisme, Dinu Bumbaru, la création d'une réserve foncière, quoique bien accueillie, n'occulte nullement la responsabilité de chacun dans ce dossier. «Ce n'est pas un objet local, c'est un objet national. [...] Ce serait bien que les trois paliers de gouvernement travaillent ensemble pour mettre en valeur ce site.»












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