Spectacle - Broadway à la chinoise
Terracotta Warriors, une fresque scénique mêlant danse et arts martiaux
Source Place des Arts
Le récit de Terracotta Warriors reprend des faits historiques agrémentés d’amours fictives, à grands coups de décors majestueux, de 300 costumes authentiques et d’effets visuels élaborés.
C'est un croisement inédit: une grosse production à la manière Broadway, mais traitant d'un sujet essentiellement chinois, développé à partir de la danse, du chant et des arts martiaux de l'empire du Milieu, arrive dans la métropole. De quoi rappeler l'époque où le théâtre du Monument-National voyait fleurir l'opéra chinois...
Les Québécois aiment leurs comédies musicales — le retour de Don Juan en fait foi —, mais jamais autant que les voisins torontois et new-yorkais qui en produisent et en diffusent à la pelle tout au long de la saison. Alors comment le public d'ici réagira-t-il au théâtre musical d'action né du croisement entre la manière de Broadway et l'histoire culturelle chinoise?
Dennis K. Law, l'auteur et producteur de Terracotta Warriors, est le premier à se poser la question. À la veille de présenter sa production dans la métropole, il se fait plutôt optimiste. «Les gens qui ont un bagage biculturel [comme les Montréalais] tendent à être plus ouverts aux arts des autres cultures», dit au bout du fil celui qui a lui-même dû métisser sa culture à celle des États-Unis où il vit depuis 40 ans. Chirurgien réputé et grand mécène, il a troqué le bistouri au faîte de sa gloire pour le chapeau de producteur, cherchant à promouvoir les arts chinois sous une forme attrayante.
Guerriers de pierre
Il en est à sa cinquième production à grand déploiement, dans laquelle 80 interprètes, danseurs et spécialistes des arts martiaux donnent corps et voix à la dynastie de l'empereur Qin (qui a donné son nom à la Chine), aussi brève que pompeuse. Les milliers de guerriers sculptés dans la pierre qu'on a excavés dans la province chinoise de Shaanxi en 1974 et qui avaient été fabriqués pendant son règne pour veiller sur son sommeil éternel, sont reproduits en peinture dans la pièce.
Durant son court règne (il devient roi en 247, puis empereur de 221 à 6 av. J. C.), Qin Shi Huangdi a unifié le pays, ses frontières, sa langue, sa monnaie comme son système de mesure, son réseau routier et d'aqueduc. Ses grandes réalisations ont toutefois été accompagnées de répression massive, alors qu'il ordonnait la destruction de tous les livres pour faire table rase du passé.
«C'est la première révolution culturelle de l'histoire; il a fait détruire tous les livres et traces du passé parce qu'il avait peur des confucéens [disciples de Confucius], de voir son héritage jugé par eux. Alors, il a détruit toutes les oeuvres littéraires pour réécrire sa propre histoire.»
Qin est aussi celui qui a lancé la construction de la grande muraille pour défendre son pays unifié des tribus barbares du nord. Et que dire du mausolée couvrant 56 km2 qui requit des décennies à réaliser et de sa tombe encore vierge de fouilles parce que les technologies ne permettent pas encore de le faire sans dommages — le mythe veut que des pièges, voire des poisons aient été répandus pour le défendre.
À cette démesure répond celle de Terracotta Warriors, dont le récit reprend l'essentiel de ces faits historiques agrémentés des amours (fictives) de l'empereur avec une concubine, à grands coups de décors majestueux (signés par le concepteur des décors du film L'Empereur et l'assassin), de 300 costumes authentiques et d'effets visuels élaborés. Sept chansons sont interprétées en mandarin (avec sous-titres) pendant qu'un percussionniste bat la mesure. Mais le genre — action-musical — que M. Law a inventé, se distingue de la comédie musicale typique de Broadway.
«On ne peut pas utiliser de dialogues ou de paroles de chansons comme à Broadway (à cause des barrières de la langue), alors on utilise l'action dans son sens le plus large — la danse, les arts martiaux, la magie, des acrobaties — tout ce qui implique la virtuosité du genre humain, explique le quinquagénaire sino-américain. C'est ce qu'on peut faire de mieux pour présenter en occident les arts de la scène chinois.» Rien de moins.
Les Québécois aiment leurs comédies musicales — le retour de Don Juan en fait foi —, mais jamais autant que les voisins torontois et new-yorkais qui en produisent et en diffusent à la pelle tout au long de la saison. Alors comment le public d'ici réagira-t-il au théâtre musical d'action né du croisement entre la manière de Broadway et l'histoire culturelle chinoise?
Dennis K. Law, l'auteur et producteur de Terracotta Warriors, est le premier à se poser la question. À la veille de présenter sa production dans la métropole, il se fait plutôt optimiste. «Les gens qui ont un bagage biculturel [comme les Montréalais] tendent à être plus ouverts aux arts des autres cultures», dit au bout du fil celui qui a lui-même dû métisser sa culture à celle des États-Unis où il vit depuis 40 ans. Chirurgien réputé et grand mécène, il a troqué le bistouri au faîte de sa gloire pour le chapeau de producteur, cherchant à promouvoir les arts chinois sous une forme attrayante.
Guerriers de pierre
Il en est à sa cinquième production à grand déploiement, dans laquelle 80 interprètes, danseurs et spécialistes des arts martiaux donnent corps et voix à la dynastie de l'empereur Qin (qui a donné son nom à la Chine), aussi brève que pompeuse. Les milliers de guerriers sculptés dans la pierre qu'on a excavés dans la province chinoise de Shaanxi en 1974 et qui avaient été fabriqués pendant son règne pour veiller sur son sommeil éternel, sont reproduits en peinture dans la pièce.
Durant son court règne (il devient roi en 247, puis empereur de 221 à 6 av. J. C.), Qin Shi Huangdi a unifié le pays, ses frontières, sa langue, sa monnaie comme son système de mesure, son réseau routier et d'aqueduc. Ses grandes réalisations ont toutefois été accompagnées de répression massive, alors qu'il ordonnait la destruction de tous les livres pour faire table rase du passé.
«C'est la première révolution culturelle de l'histoire; il a fait détruire tous les livres et traces du passé parce qu'il avait peur des confucéens [disciples de Confucius], de voir son héritage jugé par eux. Alors, il a détruit toutes les oeuvres littéraires pour réécrire sa propre histoire.»
Qin est aussi celui qui a lancé la construction de la grande muraille pour défendre son pays unifié des tribus barbares du nord. Et que dire du mausolée couvrant 56 km2 qui requit des décennies à réaliser et de sa tombe encore vierge de fouilles parce que les technologies ne permettent pas encore de le faire sans dommages — le mythe veut que des pièges, voire des poisons aient été répandus pour le défendre.
À cette démesure répond celle de Terracotta Warriors, dont le récit reprend l'essentiel de ces faits historiques agrémentés des amours (fictives) de l'empereur avec une concubine, à grands coups de décors majestueux (signés par le concepteur des décors du film L'Empereur et l'assassin), de 300 costumes authentiques et d'effets visuels élaborés. Sept chansons sont interprétées en mandarin (avec sous-titres) pendant qu'un percussionniste bat la mesure. Mais le genre — action-musical — que M. Law a inventé, se distingue de la comédie musicale typique de Broadway.
«On ne peut pas utiliser de dialogues ou de paroles de chansons comme à Broadway (à cause des barrières de la langue), alors on utilise l'action dans son sens le plus large — la danse, les arts martiaux, la magie, des acrobaties — tout ce qui implique la virtuosité du genre humain, explique le quinquagénaire sino-américain. C'est ce qu'on peut faire de mieux pour présenter en occident les arts de la scène chinois.» Rien de moins.
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