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À l'angle des rues Saint-Pierre et Saint-Paul dans le Vieux-Montréal, je suis allée voir si le chantier, en cours depuis deux ans, avançait, mais tout est placardé. On n'entre pas.
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Ces scènes avaient jailli de ma télé au début des années 1990, en plein conflit de Balkans: la désintégration du vieux pont de Mostar en Bosnie et le pilonnage de Dubrovnik en Croatie, ce joyau de l'Unesco. Crac! Boum! Des endroits superbes dont les couches de civilisation plusieurs fois séculaires explosaient comme dans un jeu vidéo. Les guerres font ça, mais celle-là, encore récente, demeurait imprimée dans mon esprit.
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La décennie 1960 a vu la mode des couturiers descendre dans la rue au grand dam de certains d'entre eux. Coco Chanel, surnommée à l'époque la reine du genre pauvre, qui avait jadis fait figure de pionnière et de révolutionnaire en libérant le corps de la femme dès les années 1930, s'insurgeait pourtant dans sa suite du Ritz à Paris, au milieu des années 1960, contre la vulgarisation du prêt-à-porter proposée par certains de ses illustres compétiteurs. André Courrèges, Pierre Cardin, Paco Rabanne et Yves Saint Laurent, notamment, de jeunes loups décidés à démocratiser la mode et à la rendre plus accessible, allaient ensemble changer la donne de la mode grâce aux événements de Mai 1968 et de la vague hippie qui déferlait alors sur la société bien-pensante. Condescendante à l'extrême, mademoiselle Chanel, en lançant sa boutade de sa tour d'ivoire «Les modes ne sont bonnes que lorsqu'elles descendent dans la rue et pas quand elles en viennent», allait subir un désaveu affligeant de toute la société parisienne. Et pourtant, cette réflexion en apparence méprisante ne semble-t-elle pas de nos jours on ne peut plus d'actualité?