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Le Cirque du Soleil comme machine à sous

Stéphane Baillargeon   22 août 2005  Culture
Les dirigeants de l’empire MGM Mirage souhaitent utiliser le spectacle KÀ (notre photo) et celui sur les Beatles pour drainer des touristes vers des attraits revus et améliorés.
Photo : Agence Reuters
Les dirigeants de l’empire MGM Mirage souhaitent utiliser le spectacle KÀ (notre photo) et celui sur les Beatles pour drainer des touristes vers des attraits revus et améliorés.
Le spectacle sur les Beatles que prépare le Cirque du Soleil (CDS) va servir de moteur à la revitalisation du complexe MGM Mirage de Las Vegas. Le programme de rénovation comprend aussi l'ajout de nouveaux restaurants et d'un night-club.

La transformation de la salle de spectacle devant accueillir la nouvelle production du CDS avance rondement. Les quatre cinquièmes du travail sont déjà terminés selon des journalistes de Las Vegas qui ont pu visiter le chantier évalué à plus de 120 millions de dollars.

La salle du MGM qui accueillera les Beatles servait jusqu'à il y a deux ans à la présentation du spectacle animalier Siegfried & Roy, qui a été sabordé après l'attaque du dompteur Roy Horn par un de ses grands tigres blancs, en octobre 2003.

MGM Mirage et Apple Corps Ltd, la compagnie des Beatles, assument les coûts de la mutation. Le Cirque du Soleil prend en charge la production du spectacle comme tel, dirigé par le metteur en scène québécois Dominic Champagne. Il a notamment fait appel aux services de son bon ami le comédien et dramaturge Alexis Martin, le complice de l'adaptation scénique de L'Odyssée. Ce spectacle théâtral, présenté au TNM au tournant de la décennie, a ouvert la très lucrative voie lasvégassienne à M. Champagne.

La plupart de ses collaborateurs sont maintenant choisis et à l'oeuvre, mêmes les jeunes qui joueront les Beatles enfants. Si l'équipe respecte l'horaire de travail, les premières représentations prendront l'affiche dans moins d'un an, au début de l'été prochain. Il s'agira de la cinquième production du CDS pour Las Vegas, toutes présentées à moins de trois kilomètres l'une de l'autre. KÀ, lancé l'an dernier et dirigé par Robert Lepage, a coûté environ 200 millions à installer dans une salle de plus de 2000 places.

Les dirigeants de l'empire MGM Mirage souhaitent utiliser ces deux nouveaux aimants spectaculaires pour drainer des touristes vers des attraits revus et améliorés, au goût du jour, des restaurants plus chics et un immense club branché. Il faut dire que la concurrence met les bouchés doubles à Las Vegas. Le tout nouveau Wynn compte des villas, des suites décorées à la dernière mode et des bars spécialement conçus pour attirer la clientèle des 25-45 ans.

KÀ plaît particulièrement aux habitués des films bourrés d'effets spéciaux. Le spectacle musical représente l'autre nouvelle voie royale du succès en salle à Las Vegas. Dans les dernières décennies, les tentatives pour y implanter des comédies musicales (comme Fidler on the Roof ou Starlight Express) ont misérablement échoué. Le vent tourne avec la diversification des clientèles touristiques comprenant maintenant assez d'amateurs du genre. Mamma Mia! basé sur les succès du groupe Abba, les Beatles des années 1970, fait tinter la caisse sans relâche depuis deux ans et We will rock you, inspiré du groupe Queen, casse la baraque depuis une année.

Les puristes du musical dénigrent ces productions mettant l'accent sur les hits et les effets visuels, plutôt que sur une histoire racontée avec de nouvelles partitions. Le CDS répète que son spectacle sur les Beatles va proposer le même et l'autre, un spectacle bourré de succès mondiaux, mais aussi une dérive multimédia inspirée par l'aventure des Fab Four.

Une autre production tirée de ce riche matériau vient de prendre l'affiche sur Broadway, à New York. La comédie musicale intitulée Lennon, lancée il y a deux semaines, raconte la vie de l'ancien Beatle assassiné en 1980.

Elle a reçu des critiques mitigées à San Francisco, où elle a été jouée pour la première fois. Elle devait ensuite être présentée à Boston, mais cet engagement a été annulé afin de remanier le spectacle en vue de la première new-yorkaise. Peine perdu: les critiques new-yorkais ont également tiré à articles rouges sur la production.

Selon son producteur Allan McKeown, Lennon a été modifié au moins à 40 % depuis sa première mouture sur la côte ouest. L'ex de John Lennon, l'artiste Yoko Ono serait intervenue pour gommer certaines révélations sur son défunt mari, par exemple sa relation extraconjugale avec une autre artiste asiatique dans les années soixante-dix. Au bout du compte, les producteurs ont tenu tête à la veuve censureuse.

La comédie musicale comprend seulement une chanson originale des Beatles, The Ballad of John and Yoko et deux reprises jouées par un groupe de filles incarnant les Fab Four, devant un public masculin en délire, clin d'oeil ironique à la légende. Le CDS lui, a obtenu le droit d'utilisation de plus de 200 chansons originales du groupe.






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