Les flâneurs

Illustration: Le Devoir

Odile
Tremblay

Porter l’homme éléphant

À voir au théâtre du Rideau vert pour l’intense interprétation de Benoît McGinnis dans la peau du poignant Joseph Merrick, cet homme difforme exhibé dans les foires puis recueilli par un médecin londonien au XIXe siècle, histoire adaptée au cinéma par David Lynch en 1980. Si la pièce de Bernard Pomerance a vieilli, sur une mise en scène ici bien classique, la trame demeure immortelle, avec sa cohorte humaine où la grandeur, le calcul, la bassesse et la dignité se répondent. Le duo McGinnis et Sylvie Drapeau, en actrice au grand coeur, est brûlant.


Caroline
Montpetit

Un anthropologue chez les Innus

Adolescent, Serge Bouchard croyait, naïvement dit-il, que le mot « indien » était parmi les plus beaux du monde. Cette passion pour le monde autochtone, demeurée intacte aujourd’hui, nourrit Le peuple rieur. Hommage à mes amis innus, paru chez Lux. Le conteur érudit nous accompagne, des premiers contacts entre Blancs et Amérindiens jusqu’aux réalités innues d’aujourd’hui. Il séjournait entre autres chez les Innus de la communauté de Mingan, aujourd’hui Ekuanitshit, dans les années 1970, alors qu’il récoltait le savoir innu sur la zoologie. Le peuple qu’il nous fait rencontrer est accueillant, attachant, et aime rire, par-dessus tout…


Manon
Dumais

Un horrible plaisir coupable

C’est plus fort que tout : je ne peux résister à l’envie de regarder sur Netflix le nouvel épisode de la série Riverdale, très librement inspirée des bandes dessinées Archie. La réalisation est tape-à-l’oeil, la direction artistique, d’un mauvais goût clinquant et les acteurs rivalisent de médiocrité. Et que dire des ridicules enquêtes criminelles que mènent Archie, Veronica, Betty et Jughead dans ce Riverdale glauque peuplé de motards et de mafieux ? Chaque fois que je crois qu’on a atteint un sommet du ridicule arrive un rebondissement encore plus risible, d’où ma fascination morbide. Vivement que je rattrape Babylon Berlin pour oublier ça !


Philippe
Papineau

Rondeur et richesse de Milk & Bone

Avec son plus récent disque Deception Bay, le duo montréalais Milk & Bone continuera certainement d’être un des fiers porte-drapeaux du talent d’ici à l’international. Sur ce deuxième album, les deux claviéristes et chanteuses Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin gardent un son électro indie, mais l’approche est plus confortable, moins dans les harmonies à tout prix et davantage dans la rondeur et la richesse instrumentale. Agréable à la première bouchée — malgré la pochette rébarbative —, Deception Bay gagne aussi au fil des écoutes. Sur scène à Montréal le 5 avril, à Québec le 3 mars.