Montréal accueille sa première Nuit des idées

L’ex-ministre française de la Justice, Christiane Taubira, sera de l’événement. Elle est photographiée ici en avril 2015 à Ottawa.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne L’ex-ministre française de la Justice, Christiane Taubira, sera de l’événement. Elle est photographiée ici en avril 2015 à Ottawa.

Ce jeudi, le 25 janvier, de Java à Montréal et en passant par Paris, une Nuit des idées sera célébrée sur le thème très soixante-huitard de « l’imagination au pouvoir ».

 

Cette activité, amorcée en France il y a trois ans, a déjà fait des petits un peu partout dans le monde. À Montréal, où elle se tiendra pour la première fois, la Nuit des idées se déroulera sous la tutelle de la Galerie de l’UQAM et de sa directrice, Louise Déry.

 

Celle-ci a en effet saisi l’occasion pour proposer un regard sur l’art en même temps qu’un regard sur le monde, dans une perspective féministe et multidisciplinaire.

 

L’idée est de donner lieu à un échange d’idées, préférablement dans un lieu public, pour stimuler la réflexion dans le public. Tout en tenant compte du décalage horaire, les différentes Nuits des idées seront diffusées sur les réseaux sociaux, dans toutes les villes participantes. En plus d’être international, l’événement se veut interdisciplinaire et intergénérationnel.

 

À Montréal, les échanges se dérouleront sous forme de conversations entre différents invités, dans l’agora de la Grande Place du pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM.

 

L’ancienne ministre française de la Justice Christiane Taubira et la politicienne montréalaise Cathy Wong devraient aborder les questions de la justice sociale, des inégalités, des libertés, du respect des droits et d’autres sujets touchant l’immigration et le racisme. Auparavant, la poète Nicole Brossard et l’écrivaine Martine Delvaux auront eu l’occasion de discuter de féminisme et de pouvoir. « Est-ce que les femmes exercent le pouvoir autrement ? »demande Louise Dery. La commissaire en arts visuels Anne-Marie Ninacs et le cinéaste français et directeur du Fresnoy, Alain Fleischer, aborderont quant à eux le thème de l’art comme lieu de réflexion, mais aussi de changement dans le monde.

 

Alors que les facultés des arts accueillent des milliers d’étudiants se dirigeant vers les milieux artistiques, est-ce que les nouveaux venus ont l’ambition de mettre leur imagination au pouvoir pour changer les choses ?

 

Un autre tandem, plus scientifique celui-là, réunira Sophie Malavoy, la directrice du Coeur des sciences de l’UQAM, et Normand Mousseau. Ils discuteront d’environnement, de changements climatiques et, encore une fois, de pouvoir.

 

« Combien de rapports sur l’énergie électrique ou sur les changements climatiques ont été tablettés ? » demande Louise Dery.

 

Comme une invitation à regarder vers l’avenir, Louise Dery a aussi invité Fabienne Pilon, une jeune fille de 16 ans, à venir prendre la parole au nom de sa génération. « Elle renverse complètement l’image de l’adolescent flegmatique et introverti », dit Louise Dery.

 

La formule retenue par la Galerie de l’UQAM laisse une place limitée aux interventions du public, parce qu’on a voulu insuffler un certain rythme à la soirée, qui se déroulera de 19 h à 23 h. Pour la directrice de la galerie d’art, cet événement est une occasion de souligner le caractère intellectuel du centre-ville de Montréal, où l’on retrouve trois universités et un cégep.

 

Elle espère d’ailleurs que cette première édition de la Nuit des idées ne sera pas la dernière.

1 commentaire
  • Hermel Cyr - Abonné 24 janvier 2018 14 h 17

    Bien dit ! Nuit des idées !

    « Nuit des idées ». On ne pouvait trouver mieux comme titre pour ce qui s’annonce comme une « absence d'idées ».

    Un regroupement de tout ce qui, au Québec comme en France, représente la médiocrité philosophique. Une réunion de postmodernes d’une supposée gauche autoproclamée toute dévouée aux valeurs et à la morale d'une droite rectiligne dans sa rectitude.

    Toutes et tous seront bien au chaud, douillets, dans leur cocon petit bourgeois d'universitaires! Confortables dans leurs environnement douillets. Entre elles et eux, ayant interdit tout combat d'idée dans leur « safe space », bien à l’abri de toute contestation d’idées, bien à l’abri de toute réflexion, Elles et ils se raconteront leurs « récits » misérabilistes des minorités racisées, sexisées, « systématiquement stigmatisées » par le racisme de l’homme blanc, de la femme blanche, cette engeance qui est la lie de l’humanité !

    Misère de notre temps ! Ce que nous vivons une petite époque !

    Mais toute cette étroitesse idéologique n’aura qu’un temps. Espérons tout de même !