Compressions au Cirque du Soleil: au moins 400 employés seraient touchés

Le Cirque du Soleil (CDS) s’apprête à remercier entre 400 et 600 de ses employés, selon des «rumeurs persistantes» relayées par le site Lesnews.ca. Les mises à pied toucheraient principalement le siège social montréalais de la compagnie où travaillent environ 2700 de ses quelque 5000 employés répartis dans le monde.

Les travailleurs du quartier général de l’arrondissement Villeray-Saint-Michel–Parc-Extension sont convoqués mercredi. Il se feront expliquer les tenants et aboutissants du projet de réorganisation baptisé Revamp.
 

Une autre source consultée par Le Devoir, nie que la direction profite de cette rencontre pour annoncer des compressions toute en ajoutant qu’elles viendront inévitablement. À l’interne, des employés parlent de mises à pied qui pourraient toucher jusqu’à 20 % de tous les effectifs.


Une première vague de compression lancée en décembre avait entraîné l’élimination d’une trentaine de postes au siège social. Trois vice-présidents ont alors été congédiés ainsi que du personnel lié au marketing et à la distribution des rôles.


Daniel Lamarre, président du Cirque du soleil, avait annoncé que d’autres changements devraient être apportés sous peu «pour soutenir la pérennité» de l’entreprise, la plus grande compagnie mondiale des arts de la scène.


Il expliquait que la situation ne paraissait pas catastrophique avec un chiffre d’affaires annuel dépassant le milliard. Il ajoutait toutefois qu’après une décennie de «croissance fulgurante», la conjoncture économique mondiale forçait à revoir le «modèle d’affaires».


Les mauvaises nouvelles se succèdent. Le CDS a annulé ou retiré de l’affiche cinq spectacles en 2011-2012, soit Z et Zaya en Asie, Saltimbanco en tournée, Viva Elvis à Las Vegas et Iris en Californie. Ce dernier spectacle, présenté au Dolby Theater de Los Angeles a été euthanasié en décembre, faute de public suffisant, malgré une réception critique positive.


Les spectacles restants à l’affiche connaissent aussi leur lot de problème. Les tourniquets ne fonctionnent plus autant qu’avant. Le CDS habitué à des taux d’occupation oscillant autour de 90 % devrait maintenant se contenter de salles pleines aux trois-quarts, voire à 70 % seulement.


Ces échecs se combinent au fiasco prévisible du film Le Voyage imaginaire. «Le film a coûté 30 millions $ à produire, et cela prendra 100 millions de revenus aux guichets pour atteindre le seuil de la rentabilité», explique une autre source citée par LesNews.


D’où l’idée d’alléger la structure administrative. Il a cependant été impossible de savoir si les compressions allaient affecter les départements liés à la création de spectacles et de produits dérivés.


Le Cirque du Soleil n'a pas voulu commenter ces nouvelles informations. Il a plutôt déclaré ceci au Devoir, par courriel: «nous avons annoncé avant Noël que nous étions à revoir l'ensemble de nos opérations pour mieux refléter notre nouvelle réalité de production et de diffusion de près de 20 spectacles.  C'est ce que nous faisons. Nous avons effectivement une rencontre annuelle avec nos employés. Celle-ci se déroulera cette semaine et est réservée à nos employés». 


10 commentaires
  • Jocelyn Roy - Abonné 14 janvier 2013 14 h 58

    Salles pleines au trois-quarts

    Des salles pleines au trois-quarts ? Pas de difficulté à le croire. Pourraient-ils songer à réduire le prix des billets ?

  • sarah Benmaza - Inscrit 14 janvier 2013 15 h 17

    Une nouvelle bien difficile

    Vraiment dur de croire qu'un fleuron de la réussite québecoise a échoué dans la gestion de sa croissance et de ses couts.

    Vous citez en source un article dont voici le lien pour ceux que cela interesse: http://lesnews.ca/business/35180-le-cirque-du-sole

    • Michel Richard - Inscrit 14 janvier 2013 16 h 01

      pourquoi parlez vous d'échec ? la croissance que connaissait le cirque ne pouvait pas continuer pour toujours. Si certains spectacles ne fonctionnent pas, on les ferme. C'est juste normal.
      Le cirque demeure rentable, il continue, je ne vois pas d'échec.
      C'est sûr que s'il y a des mises à pied, ce sera une mauvaise nouvelle. Mais je répète, cette nouvelle ne montre pas un échec.

    • sarah Benmaza - Inscrit 14 janvier 2013 16 h 18

      Bonjour Michel... Certes, mais je parlais plutot dans la gestion de la croissance et de ses couts plus précisement. Je pense qu'ils ont sous-estimé la fatigue du public mais aussi et surtout, la viabilité de certains marchés tels que Los Angeles.

    • Michel Richard - Inscrit 14 janvier 2013 16 h 44

      D'accord. Mais ajuster le tir quand on a mal jugé un marché, ou quand le marché change un peu, c'est juste de la bonne gestion.
      Enfin, je crois bien qu'on s'entend.

  • Leclerc Éric - Inscrit 14 janvier 2013 18 h 03

    Beaucoup de talent, produit du Québec, mais beaucoup trop cher

    Daniel Lamarre est un brillant homme d'affaires, il a voulu permettre au cirque du Soleil de se faire une renommée internationale, mais lorsque l'ont jette un rapide coup d'oeil sur le prix des billets, même le prix de deux admissions générales pour une partie de sucre coûte pas mal moins cher... par ailleurs, comme la priorité de nombreux ménages pour cette année est de diminuer leur taux d'endettement, il faudrait repenser une formule qui offre un bon rapport qualité-prix; même s'il faut couper dans les frais administratifs.

  • Serge Desjardins - Abonné 14 janvier 2013 18 h 38

    prix

    Le prix des billets est tout simplement pas abordables...Pour le commun des mortels.

  • Marie Labonté - Inscrite 14 janvier 2013 19 h 46

    Se faire désirer et surprendre

    «Ce dernier spectacle, présenté au Dolby Theater de Los Angeles a été euthanasié en décembre, faute de public suffisant, malgré une réception critique positive.»

    ________________

    J'ai assisté à plusieurs spectacles du Cirque du Soleil depuis sa fondation. Depuis presque 10 ans je me dis qu'ils ne se font pas désirer. Ils sont partout, tout le temps. Le Cirque du Soleil ne sait pas se faire désirer. De là, la fatigue des spectateurs et j'en suis. Se faire désirer et nous surprendre aussi. Cela va de pair.

    Triste quand même pour tous ceux qui se retrouveront sans travail. On a gonflé la baloune au max, elle crève maintenant. La direction aurait pu prévoir un atterissage plus en douceur pour ses employés.