Les jeux vidéo entrent à BAnQ

C'est par un don de Warner Bros. Games Montréal (WB Games) que les jeux vidéo entreront, en mars, à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). WB Games s'est engagé à donner 150 titres, en films DVD, Blu-ray et en jeux vidéo. L'entreprise donnera aussi à l'avenir des exemplaires de ses prochains jeux.

Si certaines bibliothèques offrent déjà le prêt de jeux vidéo, c'est une première pour BAnQ. «Compte tenu de notre position de bibliothèque nationale, il est nécessaire de consacrer la place du jeu vidéo au sein des productions culturelles d'une société, a expliqué hier le p.-d.g. de BAnQ, Guy Berthiaume. C'est le 10e art, l'art ludique.»

Martin Carrier, vice-président et chef du studio de WB Games, avait déjà annoncé en novembre dernier l'intention du studio de contribuer à la revitalisation de l'est du Quartier des spectacles, secteur où sont sis ses bureaux. Ce don, d'une valeur 5000 à 10 000 $, est un premier geste. «On est subventionné par l'État comme entreprise et on n'est pas juste là pour en profiter. On va travailler à bonifier le quartier.»

Les jeux de la Grande Bibliothèque seront offerts d'abord en prêt seulement. «J'ai un double problème, explique M. Berthiaume. Le budget, qui ne se pose pas ici grâce au don de WB, mais surtout l'espace. On reçoit trois millions de visiteurs par an alors que la prévision était d'un million et demi. Ce n'est pas inconfortable, mais pour créer un espace de jeux vidéo, là, c'est pas évident.»

Batman: Arkham City, Lego Harry Potter, Sesame Street: Once Upon a Monster sont des titres qui se retrouveront sur les rayons de BAnQ. «Ce sont des produits grand public, il ne faut pas s'en cacher, indique Martin Carrier. Nos premières productions montréalaises ne sont pas encore sorties. Elles sont prévues pour 2012 et on va se dépêcher d'aller porter une copie de l'autre côté de la rue, à la Grande Bibliothèque.»

Ce matin, Martin Carrier a invité les autres studios montréalais de jeux vidéo à bonifier la collection. Ubisoft en sera, a confirmé le directeur des communications Cédric Orvoine. «Ubisoft fera des dons de jeux vidéo. Faudra voir les quantités, je dois encore parler à M. Berthiaume.»
  • camelot - Inscrit 18 janvier 2012 12 h 35

    Douteux

    Je ne vois pas en quoi les jeux vidéos peuvent servir la culture, l'information et l'éducation, les trois mamelles de la Grande Bibliothèque. Au contraire, à mon sens c'est aider à éluder le plaisir d'apprendre, de découvrir et d'évoluer. À moins qu'on oblige ces gens à emprunter un livre avec chaque jeu...

  • Jean-René - Abonné 18 janvier 2012 13 h 59

    Un peu trop tôt

    Étant moi-même un amateur de jeu vidéo, je comprends que l'on puisse donner une place au vidéo ludique, où une prouesse graphique n'attends pas l'autre. La production d'un seul jeu peut nécessiter la participation d'une ou deux centaine d'artiste. La complexité de l'exercice, soit la création d'un jeu, lorsqu'on s'y attarde, est indéniablement remarquable.

    Par contre, il sera grand temps que l'on offre une place de choix à de vrais auteurs au sein de la production de jeux vidéo. Bien entendu, l'action prime toujours puisqu'il s'agit avant tout d'un jeu mais pour l'instant, cela reviendrait au même que s'il n'existait qu'une sorte de cinéma: le cinéma d'action blockbuster américain. Ainsi, je crois qu'il est peut-être un peu tôt pour faire une place au vidéo ludique dans la Grande Bibliothèque, cet art étant encore très jeune et de visée purement commerciale. Mais il reste intéressant de continuer à s'intéresser à son évolution fulgurante.

  • hyde - Inscrit 18 janvier 2012 21 h 23

    @camelot

    Les jeux vidéos forment un véritable art et une très forte valeur culturel.

    Un jeu vidéo à la même teneur intellectuel qu'un roman quelconque et ils peuvent être très éducatifs.

    La saga Assassin's Creed en est un excellent exemple.