Tous sur la même fréquence: Haïti

Luck Mervil (à gauche) animait la soirée en compagnie de France Beaudoin.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Luck Mervil (à gauche) animait la soirée en compagnie de France Beaudoin.

«J'ai la tête qui éclate / J'voudrais seulement dormir / M'étendre sur l'asphalte / Et me laisser mourir» La soprano d'origine haïtienne Marie-Josée Lord a inauguré le spectacle Ensemble pour Haïti hier en répondant par les paroles de l'opéra rock Starmania à la douleur semée par le séisme du 12 janvier. Un cri du coeur auquel les québécois ont répondu avec des dons de près de 4 millions de dollars au moment de mettre sous presse.

«Pour moi, le don de ma voix, c'est une façon de contribuer de façon minime à amasser des fonds pour mon pays», a confié Marie-Josée Lord à RDI après sa prestation émouvante.

«Comme le roseau, nous plions, nous ne cassons pas», a lancé en créole la gouverneure générale avant le spectacle retransmis sur écran géant à la Tohu devant 400 personnes.

Les artistes ont aussi offert des messages d'espoir avec des chansons comme Somewhere Over the Rainbow, chantée par Stéphanie Lapointe et Ne tuons pas la beauté du monde, interprétée par Diane Dufresne. «Je suis certaine que je ne suis pas la seule à me sentir impuissante», a confié Stéphanie Lapointe. L'événement était diffusé par de nombreuses chaînes de télévision et de radio, qui ont mis la concurrence de côté pour un soir.

Des personnalités connues répondaient au téléphone. Le comédien Marc Labrèche rapporte avoir eu un don de... 15 000 $ de la part d'un couple, a-t-il dit à RDI, surpris par cette grande générosité. L'émission était animée par Luck Mervil et France Beaudoin. Les sommes amassées ont été remises à la Croix-Rouge et au CECI.

À Toronto, le spectacle d'une heure Canada for Haiti a mis en vedette Nelly Furtado en ouverture, avant de céder les ondes au grand téléthon américain Hope for Haiti Now. «Nous devons aider, nous devons nous rassembler, faites tout ce que vous pouvez», a lancé Céline Dion dans un message préenregistré. Le couple Dion-Angelil aurait donné un demi-million de dollars.

Ainsi, Canada for Haiti a recueilli quelque 3 millions de dollars.

Aux États-Unis, c'est dans un décor sobre et au son de la voix d'Alicia Keys que s'est ouvert hier soir le concert-bénéfice Hope for Haiti Now. Diffusé à partir de New York, de Londres, de Los Angeles et d'Haïti, le concert a rassemblé un grand nombre de vedettes de la chanson, du cinéma, du sport et même de la politique.

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Avec La Presse canadienne
5 commentaires
  • Michelle Bergeron - Inscrit 23 janvier 2010 02 h 51

    Bravo M.Merville!

    Excellent spectacle ce qui m'invita à donner pour la deuxième fois.
    L'enchainement des prestations sans trop de "!parlotte inutile" sauf Madame Jean en à fait un grand succès. Je déplore grandement que nos artistes francophones viennent chanter en anglais.MERCI À TOUT LES BÉNÉVOLES ET BRAVO.

  • Pierre Castonguay - Inscrit 23 janvier 2010 03 h 47

    Une réussite pour Haïti

    Il faut remercier les personnes suivantes :

    Les Torontois pour leur générosité d’hier 7,1 millions $ en 60 minutes. Les Québécois et les Montréalais : 5,5 millions $ en dons. Les artistes des deux villes dont Céline Dion avec un don personnel de $500,000.00.

    Les prix citrons vont à nos politiciens :

    M. Harper pour exclure le Québec de la conférence du sommet de Montréal, auquel participera notamment la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton afin de jeter les bases d'une conférence internationale pour la reconstruction d'Haïti, sous la direction de l'ONU et de la Banque mondiale. M. Harper aura fait dire par la voix de ses représentants : « Le Québec n’a pas à être invité, c’est une rencontre d’urgence entre les ministres des Affaires étrangères et les représentants des banques de développement des principaux pays donateurs ; c’est une rencontre fermée, il n’y a pas de protocole »

    Le Premier Ministre Jean Charest pour avoir profité de la misère en Haïti pour se faire du capital politique en s’associant à Luck Mervil pour annoncer une mesure fiscale en faveur des donations. Je rappelle à M. Charest que nous voulons deux commissions d’enquêtes publiques pour la perte excédentaire de 10 milliards à la caisse de dépôt et placement et pour la perte de 10 autres milliards dans le scandale de la construction et qu’il pourrait s’associer au Pape, au Dalai Lama ou à Luck Mervil, il n’en demeure pas moins que les Québécois se sont fait flouer de 20 milliards de dollars dont plusieurs montants auraient pu servir aux œuvres de charité plutôt qu’aux amis du Parti Libéral du Québec..

    Je rappelle à Luck Mervil ce qu’il a dit lorsque nous lui avions décerné le prix de Patriote de l’Année en 2004 : «C'est un avantage, mais qui implique aussi une grande responsabilité. Les gestes que l'on fait et les mots que l'on dit peuvent avoir un impact. Il faut donc s'en servir à bon escient.»

    Je comprend facilement qu’en considérant le drame humanitaire immense frappant Haïti et étant donné que Luck Mervil est né en Haïti, qu’il maîtrise le créole, et qu’il est une personnalité publique connue, il ait fait appel à la générosité des Québécois en tant que porte-parole actif du Centre canadien d'étude et de coopération internationale : le CECI. Cependant, j’invite M. Mervil à ne pas trop s’associer à M. Charest car il lui donne une publicité de plusieurs millions de dollars afin de redorer son image alors que Monsieur Charest opprime le peuple québécois.

    M. Mervil est un artiste attachant et je le félicite pour son implication pour son pays et ses concitoyens d’Haïti mais je l’invite aussi à un peu d’égard pour la plantation du Québec. Je ne crois pas qu’un refus de s’associer à Jean Charest aurait donné la latitude à ce dernier pour refuser la mesure fiscale. Donc le re-dorage du blason de Charest était non avenu. Je rappelle donc à monsieur Mervil, la devise du drapeau haitien : l'union fait la force!

    Ceci dit j’ai donné deux fois pour Haïti (Croix Rouge et Unicef). Je vais probablement faire un autre don à l’Unicef car selon de récents rapports, visiblement, des enfants se sont fait voler des hôpitaux et la traite de bébé est commencée.

  • Roland Berger - Inscrit 23 janvier 2010 12 h 29

    Aucune chanson en français à CBC-CTV

    Le show des réseaux anglophones ne comprenait aucune chanson en français, mais le show des réseaux francophones comptait au moins la moitié des chansons en anglais. Nous vivons dans un pays bilingue, mais au Québec seulement.
    À part Over the rainbow, qui transcende les langues et les cultures, aucune chanson en anglais n'aurait du être retenue pour le spectacle. Faut dire que France Beaudoin a ouvert le sentier à l'assimilation avec En direct de l'univers...Comme si le répertoire de chansons françaises et québécoises ne contenait aucune chanson de circonstance.
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Roland Berger - Inscrit 23 janvier 2010 21 h 44

    Record

    En direct de l'univers recevait ce soir Anne Dorval. L'émission a battu tous les records en nombre de chansons en anglais. Si je ne me suis pas trompé, sans un des succès d'Harmonium et une « tune » folklorique, toute l'émission a été chanté en anglais. Le Québec, une société distincte ? Oui, en tabar...
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Pierre Schneider - Abonné 25 janvier 2010 06 h 03

    Un bémol de taille

    Nos artistes ont été très généreux de leur talent, mais, malgré tout le bien que je pense de cet exercice humanitaire, il demeure un bémol de taille: 9 des 23 chansons ont été interprétées en anglais alors que le show s'adressait aux réseaux francophones du Québec. Quel manque de conscience et de fierté de ce que nous sommes. Quelle triste démonstration de notre état de colonisés. Même la grande finale était interprétée en anglais...Personne n'a pensé à
    y substituer "Quand les hommes vivront d'amour" de Raymond Lévesque ? Dommage que cet émouvant spectacle n'ait pas reflété la culture québécoise francophone. Ça a gâché ma soirée. En passant, tous ms hommages à la grande Marie-Josée Lord dont la voix m'a envoûté.
    Mais où est donc passée notre dignité et notre amour de notre belle langue ? Un succès financier, parfait.Mais, hélas, un désastre culturel.