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La symphonie des millions

Kathleen Lévesque   24 octobre 2008  Culture
Le gouvernement du Québec a fait sauter le plafond budgétaire prévu pour la construction de la nouvelle salle de concert de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) à la demande des futurs partenaires public-privé, a appris Le Devoir.

La symphonie des millions a débuté son crescendo en juin 2006. C'est à ce moment que le projet a été annoncé à 105 millions de dollars par Jean Charest. Six mois plus tard, le projet avait bondi à 266 millions. Puis, le 2 septembre dernier, le Conseil du trésor a décidé d'éliminer l'exigence qu'il avait face aux soumissionnaires de présenter une proposition ne dépassant pas ce plafond budgétaire.

«Effectivement, le projet n'est plus capé à 266 millions. On voulait se donner la liberté d'analyser un projet qui dépasserait ce niveau. Il n'y a donc plus de plafond», a confirmé Hugo Delaney, porte-parole de l'Agence des partenariats public-privé.

Cette décision découle des discussions avec les trois consortiums qui sont dans la course pour obtenir le lucratif contrat de partenariat public-privé (PPP) sur une période de 30 ans (conception, construction, financement et entretien). Des analyses détaillées de la faisabilité du projet et les investissements nécessaires réalisés depuis que l'appel de proposition a été lancé, en décembre 2007, auraient convaincu le gouvernement d'accorder ses violons avec ceux des soumissionnaires.

Jusque-là, seules les propositions de 266 millions et moins auraient été jugées conformes. Cette exigence n'existe plus mais, afin d'encourager les consortiums à retenir leurs ardeurs, le Conseil du trésor n'a pas changé pour l'instant le budget officiel destiné à la salle de concert. «Si l'on choisissait un projet de plus de 266 millions, il faudrait faire approuver le budget par le Trésor», a précisé M. Delaney.

De plus, l'évaluation des propositions tiendra compte de chaque dollar supplémentaire qui devra être justifié, a ajouté le porte-parole de l'Agence des PPP.

La décision du gouvernement libéral de prendre la voie des PPP devait permettre d'alléger la facture de la salle de concert de l'OSM. Sous le précédent gouvernement du Parti québécois, le projet était un complexe culturel et administratif de 281 millions. La salle de concert aurait jouxté les conservatoires de musique et de théâtre ainsi que des bureaux pour loger des fonctionnaires. Rien n'indique maintenant que le projet libéral ne pourrait pas nécessiter le même niveau d'investissement.

Chose certaine, l'OSM est en attente d'une salle de concert digne de ce nom depuis au moins trois décennies. De projet en projet, celui qui est en route, l'Adresse symphonique, comme l'appelle officiellement l'Agence des PPP, devrait accueillir ses premiers spectateurs pour la rentrée automnale de 2011 avec la promesse d'une acoustique exceptionnelle.

Les trois consortiums devront déposer leur proposition respective sous peu. La semaine prochaine, ils présenteront le volet technique de leur projet. Par exemple, le choix d'installer la future salle de concert sur l'esplanade de la Place des Arts exigera un renforcement de la dalle de béton puisque sous le futur édifice se trouvent des stationnements.

À la mi-novembre, les consortiums dévoileront leur montage financier. À partir de ce moment, l'Agence des PPP étudiera les dossiers et prévoit annoncer le choix du partenaire en janvier prochain. Ce n'est qu'à ce moment que l'on connaîtra le détail du projet sous ses différents aspects, dont architectural.

Dans les mois qui suivent, le chantier pourrait débuter. Durant les travaux, on prévoit fermer 384 places de stationnement.

Busac «retiré» du dossier

Depuis le printemps dernier, une modification dans la composition d'un des consortiums est intervenue. Le 2 juin, le Groupe Ovation a proposé à l'Agence des PPP le retrait du promoteur immobilier Busac, qui était partenaire de SNC-Lavalin, ainsi que des firmes Aedifica, Diamond and Schmitt Architects, Groupe Aecon, Solotech et Gala Systems.

«Busac a été retiré du dossier», a confirmé M. Delaney. Selon les informations qui ont été transmises à l'Agence des PPP, il n'y avait pas vraiment lieu de mettre à profit l'expertise de Busac puisque le projet n'aura pas de composantes commerciales.

Deux jours plus tard, le vérificateur général du Québec rendait public son rapport sur le scandale financier et immobilier de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), auquel est associé Busac. C'est ce promoteur immobilier qui a orchestré avec les hauts dirigeants de l'UQAM le projet de l'îlot Voyageur. Le gouvernement du Québec tente depuis plus d'un an de casser les liens contractuels entre l'UQAM et Busac afin de reprendre l'îlot Voyageur et de le redévelopper. Mais les négociations sont au point mort.

À l'Agence des PPP, on fait toutefois valoir qu'il n'y a aucun lien entre ces deux dossiers. Le retrait de Busac dans le projet de l'OSM a été officialisé le 17 juin.

Outre le Groupe Ovation, on compte deux autres soumissionnaires: un consortium nommé Accès symphonique Montréal (avec l'entreprise Pomerleau) et Axor-Dalkia (avec notamment l'entreprise Axor).






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 24 octobre 2008 07h06
    PPP pour Musique, musique, musique
    « C'est la symphonie du PPP Libéral très provincial PLQ Charest-Jérome-Forget. »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 24 octobre 2008 07h28
    266 million c'est le cout d'un nouveau Colisée à Québec
    « Combien d'abonnés a l'OSM?
    Les Nordiques en avaient 15,000.... »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 24 octobre 2008 07h43
    Une orgie de dépassement de coûts signé PPP.
    « Encore une fois, ce gouvernement est en train de nous concocter un projet qui pourrait coûter beaucoup plus cher que prévu, grâce aux bons soins des PPP. Ce gouvernement en a fait sa marque de commerce. Imaginons maintenant ce que coûteront les méga-hôpitaux, dont un seul aurait suffi, n'eût été les ego des groupes de médecins qui n'arrêtent plus de poser leurs conditions pour avoir l'hôpital dont ils rêvent. »

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 24 octobre 2008 08h19
    Subventionner une musique boudée ??
    « Est-ce à tous les citoyens de subventionner un type de musique qui vit sur le respirateur artificiel depuis des décennies? J'écoute de la musique classique contemporaine tous les matins,mais ne vais jamais aux concerts puisque les versions présentées la pluspart du temps sont inférieures à d'autres endisquées. Ce sont toujours la même poignée de personnes qui vont voir ces concerts et réécouter pour la ième fois les même pièces de musique, des mêmes compositeurs,la pluspart du temps tiré de la même période musicale..IL faudrait quelqu'un comme FRank Zappa pour secouer les puces à ces fonctionnaires de la musique..

    En ces temps ou l'on réfléchit sur la pertinence de dépenser des fonds publics en subventions artistiques pour des formes d'art marginales, cette question me semble pertinente.Après tout les orchestres symphoniques ne sont la pluspart du temps que de "gros bands de covers classique"..ils ne créent presque rien, et bien souvent il existe des versions meilleures sur qui furent déjà endisquées. Faudrait-il subventionner ainsi tous les bands de covers d'autres styles?
    Combien de musiciens pourraient vivre avec le budget d'un seul orchestre classique ? »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 24 octobre 2008 09h35
    À Montréal "Sky is the limit" ou la grenouille qui veut être plus grosse que le boeuf
    « À Montréal tous les projets coûtent largement les estimés. Que se passe t'il? A t'on des bougons comme administrateurs de projets ?

    Pourquoi une granfde bibliothèque qui a coûté 100 millions tombe sur la tête des usagers?

    Pourquoi deux supers hôpitaux de 6 milliards ? Est-ce un bel exemple de l'échec de l'intégration des deux peuples fondateurs sur un même territoire, l'île de Montréal ?

    Pourquoi le centre des Congrès coûte des centaines de millions pour s'agrandir et qu'il faut éponger les déficits annuels alors qu'à Québec on a limité à 30 millions l'agrandissement de son centre des congrès et qu'il doit faire ses frais lui-même ?

    Pourquoi le TQ investi 155 millions soit 150 millions à Montréal et 5 millions pour le reste de la province?

    Pourquoi faut des fonds publics pour sauver le grand prix tout comme les Expos qui sont partis avec notre argent ?

    Pourquoi avoir dépensé plus d'un milliard pour un stade olympique qui n'en fini plus de coûter des centaines de millions en entretien sans être opérant et achalandé ? C'est une ruine dispendieuse qui démontre le génis des affaires montréalaise...

    Et si on y allait au pourcentage de l'effort fiscal des régions ? On verrait que Montréal qui est le paradis de l'évasion fiscale aurait beaucoup moins de fonds publics. D'ailleurs au fédéral, il n'ont même pas de représentant au pouvoir...

    S'il y a une séparation à faire, de grâce séparez nous de cette île maudite... »

  • Anne Elisabeth Selles
    Inscrite
    vendredi 24 octobre 2008 10h54
    completement stupide...
    « comment se fait il que les prix changent si souvent pour quelque chose de bien reel ? pourquoi investir autant d argent pour l'OSM alors que cet argent fait cruellement defaut dans d autres domaines comme la sante, l education, les transports (liste non exhaustive) ? est ce que l'OSM n avait pas deja une salle ? faut pas s etonner apres cela que Harper coupe sur le budget de la Culture quand il voit ce qu on fait des deniers publics. »

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    vendredi 24 octobre 2008 15h06
    HEP! 30 ans c'est une génération!
    « Moins cher avec le PPP!?!?!?!??!?!?!?!?!?!?!?!?

    Pour qui ?

    Ce que le gouvernement ne déboursera pas.... le PPP va vous le demander. Ça se paie l'entretien!

    Dans 30 ans, on s'en souviendra plus! »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 24 octobre 2008 17h03
    À André Michaud
    « Attendez-vous à un appel de Stephen prochainement. Il a besoin de député conservateur qui pensent conservateur.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

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