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André Sauvé au Monument National - Angoisse, moutarde et patates pilées

Fabien Deglise   8 octobre 2008  Culture
Le public a été prévenu, dès le lever du rideau: «C'est pas grave si on comprend pas tout!» Mais il fallait s'en douter, André Sauvé a finalement été très facile à décoder hier soir, au Monument National, où la bibitte en phase ascendante dans le monde de l'humour a livré son tout premier spectacle solo. En terre montréalaise, du moins.

La barre était haute. Les attentes, élevées pour ce comique au regard médicamenté qu'Yvon Deschamps, patriarche du rire au Québec, ne cesse d'encenser, chaque fois qu'on lui en donne l'occasion. Et son protégé n'a pas déçu.

Au milieu d'un décor surdimensionné qui accentue dramatiquement le côté filiforme de l'artiste, Sauvé s'est dévoilé une fois de plus sous les traits de cet énergumène décalé qui en 2008 a été gratifié d'un Olivier de la découverte de l'année, comme ça, à 42 ans, avec une recette simple: des «r» qui roulent et un goût prononcé pour le surréel, comme mode d'appréhension du quotidien.

Oui, Sauvé semble avoir dix laveuses «à spin» montées en série dans une boîte crânienne surmontée d'une chevelure qui défie la gravité. Et oui, il en donne la preuve, intensément et d'entrée de jeu en annonçant: «On a tout un univers à l'intérieur de nous» avant d'inviter une fanfare à traverser la scène. Une vraie fanfare, symbole de la confusion et de l'hyperactivité qui semble rythmer son existence.

Au coeur du célèbre numéro — intitulé «La confusion» — qui l'a mis sur la carte du Festival juste pour rire il n'y a pas si longtemps, cet état d'esprit trouve également sa place dans une description déséquilibrée du monde des collections, dans une séance loufoque de psychothérapie par le siège — on y a apprend comment se lever d'une chaise en lançant le mot moutarde — ou encore dans un passage torturé à l'épicerie. Entre autres. Les confidences d'un testeur de médicaments, un travail «pour lequel il a eu la piqûre», sont du même acabit.

Dans une mise en scène en sandwich, avec d'un côté Michel Ledoux et de l'autre Pierre Bernard, l'ex-boss du Théâtre de Quat'sous, André Sauvé avait certainement les conditions gagnantes pour trouver rapidement ses marques à l'intérieur d'une proposition scénique qui allie numéros et capsules vidéos pendant lesquelles le drôle au plafond colonisé par pas mal d'araignées peut facilement recharger ses batteries. Seule ombre: à l'usage, on se rend très vite compte que l'expérience en solitaire n'en est pas vraiment une, étant donné le nombre élevé de baux que cet être multicéphale a fait signer dans les dernières années aux locataires de son cerveau.






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  • Richard Brin
    Inscrit
    mercredi 8 octobre 2008 05h10
    andre sauve
    « j'ai vu la bibitte avec marc labreche à son emission "3600 secondes d'extase" je l'ai vu à
    "tout le monde en parle". il te fait vivre ses bibittes, comme danseur et mime il est tres bon
    je l,aime beaucoup.
    richard brin ste-adele »

  • BERTRAND LEGER
    Inscrit
    mercredi 8 octobre 2008 09h20
    Le meilleur !
    « Sauvé est actuellement le meilleur humoriste québécois !
    Je plains ceux qui ne l'aiment pas....ils manquent quelque chose de grand. »

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