Tir groupé au Club Soda
On attendait beaucoup de monde hier au Club Soda: les quelque 950 places n'ont en effet pas été suffisantes pour accueillir tous les spectateurs s'étant déplacés. On attendait sinon un concert unanime de critiques contre les conservateurs: c'est exactement ce qu'on a trouvé.
L'humoriste Daniel Lemire — invité-surprise de l'événement — a d'emblée résumé l'état d'esprit prévalant hier soir. Saluant les politiciens qui s'étaient déplacés, M. Lemire a fait rire la foule en affirmant avoir vu un candidat conservateur dans la salle. «C'est celui avec un sac brun sur la tête», a-t-il lancé avant de placer quelques gags sur les vrais problèmes de la présence canadienne à l'étranger: Maxime Bernier et l'armée.
Mieux valait donc ne pas afficher ses couleurs conservatrices à l'événement mis sur pied dans la foulée des compressions annoncées par Ottawa. Tout au long de la soirée qui s'est étirée sur près de trois heures, les participants ont confié leur peur de voir émerger un gouvernement conservateur majoritaire le 15 octobre au matin, dénonçant le «vent de droite» qui suivrait.
Mais on a aussi beaucoup — et surtout — parlé de culture au Club Soda et à la S.A.T., qui accueillait quelque 200 personnes. Plusieurs des invités ont ainsi répondu directement aux propos de M. Harper et aux critiques émises contre ces «artistes gâtés».
«C'est la première fois de ma vie que j'ai peur de parler, parce que j'ai peur d'être mal compris», a lancé le comédien et animateur Vincent Graton, avant d'expliquer qu'il prenait la parole non pas pour se plaindre de son sort, mais «par solidarité avec tous ces artistes qui font partie des gens ordinaires décrits par Stephen Harper» et qui vivent de la culture dans un anonymat quasi complet, un peu partout au Québec.
Michel Rivard a aussi voulu clarifier cet aspect du débat. Avant de présenter une version longue de la désormais célèbre capsule Culture en péril — visionnée plus de 550 000 fois depuis jeudi sur Youtube —, il s'est dit «triste» de voir que les gens ne comprenaient pas que lui et ses collègues qui appartiennent aux nantis de la profession se mettaient au service de ceux qui sont directement touchés. «Nous sommes là par solidarité pour cette relève qui ne verra pas le jour», a indiqué le chanteur sous les applaudissements nourris de la foule. Plusieurs des intervenants ont autrement tenté de rendre compte de la réalité du quotidien des artistes qui vivent, dans une proportion de 50 %, avec moins de 20 000 $ par année.
La version longue du vidéo a constitué un moment fort de la soirée, le public rigolant franchement de la satire. La soirée a, sinon, été inégale sur le plan artistique, avec plusieurs longueurs (quelques discours très appuyés répétant les mêmes thèmes), mais aussi de solides moments musicaux, livrés notamment par Ariane Moffatt, Mes Aïeux, Rivard et Louise Forestier.
La foule était composée autant d'artistes que d'amateurs, bien souvent dans la trentaine. Un public campé bien à gauche et dans le camp souverainiste, si l'on en juge par l'accueil chaleureux réservé aux gens du Bloc et du NPD, alors que Denis Coderre a été hué lorsque présenté. Des représentants de tous les secteurs culturels étaient aussi présents... mais personne en habit de gala, néanmoins.
L'humoriste Daniel Lemire — invité-surprise de l'événement — a d'emblée résumé l'état d'esprit prévalant hier soir. Saluant les politiciens qui s'étaient déplacés, M. Lemire a fait rire la foule en affirmant avoir vu un candidat conservateur dans la salle. «C'est celui avec un sac brun sur la tête», a-t-il lancé avant de placer quelques gags sur les vrais problèmes de la présence canadienne à l'étranger: Maxime Bernier et l'armée.
Mieux valait donc ne pas afficher ses couleurs conservatrices à l'événement mis sur pied dans la foulée des compressions annoncées par Ottawa. Tout au long de la soirée qui s'est étirée sur près de trois heures, les participants ont confié leur peur de voir émerger un gouvernement conservateur majoritaire le 15 octobre au matin, dénonçant le «vent de droite» qui suivrait.
Mais on a aussi beaucoup — et surtout — parlé de culture au Club Soda et à la S.A.T., qui accueillait quelque 200 personnes. Plusieurs des invités ont ainsi répondu directement aux propos de M. Harper et aux critiques émises contre ces «artistes gâtés».
«C'est la première fois de ma vie que j'ai peur de parler, parce que j'ai peur d'être mal compris», a lancé le comédien et animateur Vincent Graton, avant d'expliquer qu'il prenait la parole non pas pour se plaindre de son sort, mais «par solidarité avec tous ces artistes qui font partie des gens ordinaires décrits par Stephen Harper» et qui vivent de la culture dans un anonymat quasi complet, un peu partout au Québec.
Michel Rivard a aussi voulu clarifier cet aspect du débat. Avant de présenter une version longue de la désormais célèbre capsule Culture en péril — visionnée plus de 550 000 fois depuis jeudi sur Youtube —, il s'est dit «triste» de voir que les gens ne comprenaient pas que lui et ses collègues qui appartiennent aux nantis de la profession se mettaient au service de ceux qui sont directement touchés. «Nous sommes là par solidarité pour cette relève qui ne verra pas le jour», a indiqué le chanteur sous les applaudissements nourris de la foule. Plusieurs des intervenants ont autrement tenté de rendre compte de la réalité du quotidien des artistes qui vivent, dans une proportion de 50 %, avec moins de 20 000 $ par année.
La version longue du vidéo a constitué un moment fort de la soirée, le public rigolant franchement de la satire. La soirée a, sinon, été inégale sur le plan artistique, avec plusieurs longueurs (quelques discours très appuyés répétant les mêmes thèmes), mais aussi de solides moments musicaux, livrés notamment par Ariane Moffatt, Mes Aïeux, Rivard et Louise Forestier.
La foule était composée autant d'artistes que d'amateurs, bien souvent dans la trentaine. Un public campé bien à gauche et dans le camp souverainiste, si l'on en juge par l'accueil chaleureux réservé aux gens du Bloc et du NPD, alors que Denis Coderre a été hué lorsque présenté. Des représentants de tous les secteurs culturels étaient aussi présents... mais personne en habit de gala, néanmoins.
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