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Soirée inaugurale du nouveau Palais Montcalm - «L'art n'est pas élitiste», plaide Andrée Boucher

Isabelle Porter   19 mars 2007  Culture
Québec — Dans un discours aux accents réconciliateurs, la mairesse de Québec, Andrée P. Boucher, a profité de l'inauguration du nouveau Palais Montcalm, samedi soir, pour répliquer à ceux qui voient dans les investissements culturels le reflet de la seule volonté des élites de la capitale.

«Cessons de dire que l'art, c'est élitiste! Il n'y a rien de plus faux», a-t-elle déclaré lors d'un discours dans la salle Raoul-Jobin où venaient de se produire les Violons du Roy. «L'art, ça émane du peuple. [...] On n'a pas besoin d'être le fils d'un ancien premier ministre, d'un avocat ou d'un notaire pour être artiste. [...] Le peintre Albert Rousseau était barman pour faire vivre sa famille. Raoul Jobin habitait le quartier Saint-Sauveur, non pas la Grande Allée.»

La mairesse faisait allusion à la réaction a posteriori d'une certaine droite à Québec contre les nombreux investissements en culture effectués sous la gouverne du maire Jean-Paul L'Allier, dont le projet du nouveau Palais Montcalm (Maison de la musique) que l'on inaugurait samedi soir.

Des tensions bien résumées par ces propos de l'animateur de radio Sylvain Bouchard tirés d'un reportage du Devoir sur le fameux «mystère de Québec»: «Moi, je suis un gars de sport et de rock. Je ne peux pas comprendre pourquoi la mairesse et les autres me disent que jamais ils ne vont mettre une cenne d'argent public dans le Colisée par exemple. Par contre, mettre 30 millions dans le Palais Montcalm [en fait, 23 millions] pour 900 personnes, c'est correct parce que ça, c'est de la culture.»

De surcroît, les délais dans l'aboutissement du projet de transformation du Palais et les dépassements de coûts (de 18 à 23 millions) qu'il a occasionnés lui ont donné, ces dernières années, une bien mauvaise image.

Louangeant le caractère «extraordinaire» de la nouvelle salle de concert, la mairesse a donc plaidé que la Ville avait bien fait «de ne pas abandonner» dans ce dossier en dépit de ses difficultés de parcours. «Il faut distinguer les difficultés de l'échec», a-t-elle lancé en invitant la population à être moins sévère avec les Fêtes du 400e qu'avec le Palais Montcalm.

Ovation pour Jean-Paul L'Allier

La mairesse a par ailleurs pris la peine de rendre hommage à son prédécesseur, Jean-Paul L'Allier, qui était présent dans la salle. «L'idée, c'est le premier magistrat de l'époque qui l'a eue», a-t-elle déclaré, déclenchant une longue ovation à laquelle elle n'a d'ailleurs pas eu droit à la fin de son propre discours.

Et de souligner que cet équipement municipal était la propriété de tous. C'est en outre dans cet esprit qu'une part des billets avaient été distribués gratuitement dans la population par l'entremise des médias locaux.

Le programme des Violons du Roy présenté samedi soir comprenait des pièces de Haendel, Vivaldi et Geminiani. L'ensemble était accompagné à merveille par la mezzo soprano torontoise Krisztina Szabo. La chanteuse Julia Migenes assumait quant à elle la seconde partie avec des interprétations lyriques du répertoire pop.

Rencontré quelques minutes après sa performance, le directeur artistique des Violons, Bernard Labadie jubilait: «Je suis très, très heureux. C'est la salle dont nous rêvions. Pas juste pour les Violons, mais pour Québec.» Et de renchérir sur les propos de la mairesse Boucher: «Il faut arrêter de dire que les concerts de musique classique, ça coûte cher. Au contraire, ça coûte moins cher que bien des shows d'humoristes. [...].»

À ceux qui soutiennent que l'argent public investi dans des équipements comme le nouveau Palais Montcalm devrait plutôt être injecté dans les hôpitaux, M. Labadie rétorque «qu'une société en santé, c'est aussi une société ouverte à l'art» et que la musique est «une autre façon de prendre soin des gens».

Lui aussi très enthousiasmé par la nouvelle salle, l'ancien maire Jean-Paul L'Allier a rappelé au Devoir le rôle clé joué par Bernard Labadie dans ce projet. «L'idée de la Maison de la musique a fait son chemin avec Bernard Labadie», a-t-il raconté tout en soulignant que la Ville souhaitait aussi empêcher la construction en lieu et place d'un casino, comme le proposait alors Loto-Québec. «L'idée c'était d'ancrer Bernard Labadie et les Violons du Roy à Québec, au même titre que Robert Lepage», a-t-il poursuivi.

Collaboratrice du Devoir






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  • Richard Desrochers
    Inscrit
    lundi 19 mars 2007 05h28
    Bouchard a raison
    « Je ne suis pas contre la culture. Mais il est vrai de dire que QUébec a pris un virage 100% culturel, particulièrement du temps de Jean Paul L'Allier. Toute l'ère L'Allier fut consacrée à la culture et soyons clairs, avant son entrée en scène en 1989, Québec pouvait se mesurer et se comparer à une ville comme Ottawa par exemple, et ce sur tous les plans. Maintenant, Ottawa est à des années lumières avant nous, sans pour autant avoir mis de côté l'aspect culturel de son développement. Je pense que c'est cela qui choque les gens ordinaires, à savoir que tous les efforts de développement furent mis au niveau de la culture et non au développement de l'économie et encore moins au niveau du sport et de son Colisée vieillot. Certes, il n'était pas dans l'intérêt de la ville de s'impliquer financièrement dans la construction d'un nouveau Colisée, mais si on avait juste fait une démonstration d'ouverture d'esprit envers des investisseurs éventuels, peut-être que ce dossier se serait réglé. Par contre, le Colisée actuel est devenu une véritable farce de par sa désuétude et à ce que je sache, aucun budget tel celui accordé à la rénovation du Palais Montcalm n'est disponible actuellement. Et pour ceux qui croient au développement du transport en commun par des moyens autres que les autobus tels que nous les connaissons actuellement, aucun plan précis n'est encore sur les planches. Alors, il n'est pas faux de dire qu'une grande partie des budgets furent octroyés à la culture au détriment de d'autres secteurs d'acitivités. »

  • Nicole Poirier
    Abonné
    lundi 19 mars 2007 06h59
    Diversité
    « Je m'inscris en faux des propos tenus par l'animateur Sylvain Bouchard. Il faut promouvoir la diversité dans les loisirs. On peut aimer voir une partie de hockey, un show rock, un spectacle d'humoriste et assiser à un concert, à une pièce de théâtre, visiter une exposition, etc. Ceux qui se cantonnent aux activités nommées se briment de plaisirs certains.

    Nicole Poirier »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    lundi 19 mars 2007 08h22
    De l'immobilier
    « Lorsque la mairesse Boucher parade ces créations de mode qui attirent tant l'attention, elle ne fait pas de la culture; elle la porte.

    De même cette nouvelle salle de concert, en son ventre devra produire quelque chose ou ne sera que de l'immobilier.

    Jouer Haendel et Vivaldi, à Québec, n'est pas faire de la culture.

    Je ne sais pas moi; que nos artistes créent un opéra ou musical original sur Évangéline, par exemple (elle brûla Montréal pour son amour à un Québécois). Ou un hymne national pour le 400emme.

    Ce n'est pas les sujets qui manquent au Québec. On a encore rien fait.

    Commencez donc par faire quelque chose, avant de faire la boîte pour la mettre dedans. »

  • G. Dex
    Inscrit
    lundi 19 mars 2007 10h20
    elle en a nomme 2
    « et les autres etaient de quelles sources ?
    eille on n'est pas des cons! ce n'est pas parce que les politiciens se petent les bretelles qu'ils sont equitables... l'equite n'a JAMAIS existe quand il s'agit de gros sous et de luxe personne a jamais vu l'equite. Vive la veritable culture, c.a.d. celle du peuple de des gens vraiment talentueux. »

  • André Chamberland
    Inscrit
    lundi 19 mars 2007 10h24
    Aidons les arts et les artistes, pas les constructeurs d'édifices
    « Les commentaires de M. Gebello démontrent bien la différence de point de vue qu'on peut prendre pour dire s'occuper des arts. Les politiciens et la bourgeoisie pensent en termes de belles salles de spectacles où des gens bien vêtus et "de classe" iront parader à gros prix. Les financiers et promoteurs pensent en termes de gros spectacles qui leur rapporteront beaucoup d'argent. Le peuple pense en termes d'aide à la création individuelle et d'aide aux artistes et artisans du peuple. Ce peuple ne pourra jamais assister à ce genres de spectacles dans ce genre de salles. Il n'an a pas les moyens financiers. Et pourtant c'est le peuple, avec ses impôts et n'ayant droit à aucun crédit ni exemption d'impôts qui se voit égorger pour payer les plaisirs hautains et vaniteux de certains. Il est temps que la "Vanitart" ne soit plus considéré comme de l'art et que l'art et les artistes qui conservent et entretiennent la flamme de l'âme du peuple soit mieux valorisés et encouragés.
    André Chamberland, artiste peintre
    Lévis QC
    andre.cham@sympatico.ca »

  • Monique Désy Proulx
    Abonnée
    lundi 19 mars 2007 12h03
    Pour apprécier l'art
    « Pour apprécier les concerts de musique qui seront donnés au Palais Montcalm, il faut former les oreilles du public, et particulièrement celles des jeunes. Mais qui s'occupe de les former, ces oreilles ? Qui fait découvrir aux enfants les grandes oeuvres, qui pourront les nourrir toute une vie durant ? Qui les fait pénétrer dans ces cathédrales de sonorités, dans ces constructions abstraites que sont les oeuvres musicales ? Il faut un programme scolaire qui fasse de la place aux chefs-d'oeuvres produits par l'humanité. Le grand art appartient à tous, mais il faut y être initié. »

  • Richard Labbé
    Inscrit
    lundi 19 mars 2007 13h10
    Village ou capitale ?
    « En ce moment, je pense à l'agora du vieux port qui a été sacrifié mais qui avait vu sur son estrade des groupes comme Sum41 et SimplePlan... Groupes québécois perçant mondialement, mais oubliés chez eux...

    Et que dire du colisé à part ses plaintes pour vacarme de la part de ses voisins...

    Est-ce que Québec serait une ville de vieux fonctionnaires à la retraite ? Plus village que capitale? »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    lundi 19 mars 2007 14h27
    @Mme Désy Proulx
    « "Qui les (les jeunes) fait pénétrer dans ces cathédrales de sonorités, dans ces constructions abstraites que sont les oeuvres musicales ?" (Monique Désy Proulx)

    Nous ne sommes plus au XIXemme sciècle, Mme Désy Proulx.

    Les jeunes, aujourd'hui, ont des cathédrales de sonorités dans leur chambre à couché. Une poignée de jeunes Québécois auront l'occasion de s'assoir au Palais Montcalm.

    On ne forme pas les jambes d'un jeune skieur sur les pentes pour adultes expérimentés.

    Aujourd'hui, les jeunes reçoivent la musique de partout et d'une multitude de formes et d'expressions. Un de mes enfants, qui n'avait jamais démontré aucun intérêt pour la musique, a "allumé" en regardant, à 13 ans, son premier film de Star Wars. John Williams est devenu son musicien préféré. Il a tous les CDs. Cette musique correspond à son âge. Mais elle a la complexité pour lui former l'oreille aux grandes oeuvres, lorsque son expérience de vie lui aura formé le coeur.

    La musique n'a plus d'endroit. Elle est partout.

    Ce qui nous manque terriblement c'est NOTRE musique. Nous avons besoin de créations. Nous avons besoin de s'écouter.
    Nous avons toute la technologie pour se la distribuer.

    De grâce, branchons le Palais à toutes les chambres et salons. Que tous les Québécois puissent apprécier la musique, le théâtre, les oeuvres visuelles, la dance, sur nos grands écrans et cathédrales sonnores électroniques chez sois.

    On en est plus à devoir prendre la calèche au Palais! »

  • Luc Gosselin
    Abonné
    lundi 19 mars 2007 21h29
    L'accessibilité à des prestations exceptionnelles
    « En réponse aux nombreux commentaires lu suite à l'article d'Isabelle Porter.
    L'accessibiité aux arts de la scène de qualité au plus grand nombre, repose en grande partie sur la volonté de nos citoyens d'y accéder. La construction et l'entretien d'équipements spécialisés à Québec, que ce soit d'une maison de la musique, d'un centre international du théâtre, de Musée ou centre d'art dynamique, de centre sportif de qualibre international reposent sur le dynanisme des professionnels, ce que la Ville de Québec abrite amplement. Mais, la réalisation de ces équipements doit être soutenue par le désir des citoyens de fréquenter ces lieux et de participer à leur essor.
    Il est vain d'opposer une pratique à une autre puisque Québec, Capitale Nationale, mérite un traitement à la hauteur de sa fonction de représentation nationale et internationale que ce soit sur les plans artistique, culturel, sportif ou scientifique. Les citoyens de Québec devraient être doublement fiers de participer à l'épanouissement de leur milieu de vie.
    L'accessibilité populaire doit nécessairrement être soutenu par les pouvoirs publics, donc par une répartition juste et équitable des fonds publics prélevés par des taxes ou des impôts, permettant aux organismes d'offrir des conditions de vie à la hauteur du talent et du travail de nos artites et artisans, accompagné de tarifications abordables pour le plus grand nombre de citoyens y compris les jeunes.
    Les grandes questions sont: comment permettre aux moins nantis d'être initié et d'accéder aux prestations des artistes?
    Pour que nos jeunes soient inititiés aux arts de la scène, les tarifs doivent être grandement soutenus par les pouvoirs publics, les artistes doivent avoir droit aussi à des conditions adéquates de travail, qu'ils travaillent pour les jeunes ou pour les adultes ( qui eux sont capables de payer leur billet); or qu'en est-il de la capacité du milieu scolaire de pourvoir à ce besoin essentiel d'éduquer, de préparer et d'initier les jeunes à une connaissance artistique et culturel suffisante pour relever les défis du futur ?
    Pour ceux qui disent que la précédente administration municipale a trop investit dans la culture, je vous invite à documenter vos affirmations, vous pourriez être surpris des résultats. Les citoyens de Québec donne-t-il suffisamment aux arts et à la culture en dehors des bibliothèques et du Patrimoine ?
    Il ne faut pas ommettre que les arts de la scène repose sur le capital humain, les artistes sont présents à chaque représentation et la rencontre humaine avec les publics en fait, à chaque représentation, un moment unique et exceptionnel.
    Aux détracteurs et défaitistes de notre monde, retrousser vos manches, ouvrez vos coeurs et vos esprits, participez à la vitalité de notre culture et de nos valeurs collectives.
    Donnez, participez et surtout demandez qu'on rende accessible la diversité et la qualité offertes par les nombreux artistes et organismes de notre région. Ainsi, des réalisations comme la Maison de la Musique au Palais Montcalm, des théâtres, des Musées, des centres scientifique ou sportif deviendront signifiantes et pertinentes pour l'ensemble des citoyens et même plus, toutes ces réalisations, et la capacité que les organisateurs auront d'animer ces lieux de rassemblement, seront des objets de fierté et de réalisation individuelle et collective. »

  • Luc Gosselin
    Abonné
    lundi 19 mars 2007 22h00
    article reçu par ce courriel
    « Concernant les réactions à l'article d'Isabelle Porter, dont le titre concerne l'accessibilité, cet article est signé Louise Allaire. Merci d'en tenir compte si publication »

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