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Le disque, une industrie modèle

Geneviève Otis-Dionne   2 novembre 2002  Culture
L'industrie du disque au Québec «est un des modèles les plus impressionnants au monde d'une industrie du disque local qui fonctionne très bien», affirme William Straw, directeur du programme d'études supérieures en communication à McGill. «Les différentes parties de l'industrie sont très bien intégrées. Entre le secteur de détail, les magasins, les distributeurs et les compagnies qui produisent des disques, l'industrie du spectacle et la radio, il y a beaucoup de liens.»

«Au Québec, il y a plusieurs émissions de variétés où les musiciens, les chanteurs, sont invités», leur permettant de faire la promotion de leur nouveau disque ou de se faire connaître du public. «Le show-business est spécial au Québec. Quand un disque sort, il y a plusieurs façons de faire parler de lui», constate M. Straw.

Les radios québécoises «jouent ce qui est actuel, alors ça stimule les ventes». Selon M. Straw, la crise du disque aux États-Unis, «ce n'est pas juste des sites Internet comme Napster ou Kazaa. La cause principale de la crise dans la vente de disques, c'est que la radio américaine est devenue très conservatrice. Elle est de moins en moins intéressée à faire jouer les nouveaux disques. Alors ce qu'on entend ne stimule pas les ventes».

La base de l'industrie québécoise du disque s'est établie au début des années 1970. «C'était des petites étiquettes qui ne gagnaient pas beaucoup d'argent. Mais ce qui me fascine, quand on regarde sur les 45 tours de l'époque, c'est qu'on voit des noms que l'on retrouve aujourd'hui et qui sont connus, comme René Angélil». Les grandes compagnies américaines ont certes voulu prendre leur part du gâteau, mais elles sont arrivées trop tard et les compagnies québécoises étaient bien implantées.

M. Straw mentionne toutefois que les compagnies de disques devraient davantage se préoccuper «de la demande des jeunes pour des musiques plus variées ou spécialisées comme le techno ou le punk. Pour l'avenir, ça pourrait être un risque. Les jeunes vont aller acheter de la musique américaine, britannique ou allemande» et ils pourraient garder cette habitude de consommation en vieillissant.

Il souligne également que «les prix des disques compacts sont beaucoup trop élevés. Les coûts de la production et de la promotion ont baissé, alors que les prix des CD sont restés les mêmes». Il ajoute «qu'il y a de plus en plus de choses intéressantes que les jeunes peuvent acheter et que la musique n'est pas au centre de la jeunesse comme elle l'était auparavant».






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