Vue de Toronto - Une séparatiste... canadienne!
Si Madeleine Parent est bien connue au Québec pour son militantisme en faveur des ouvriers et des femmes, elle a autant œuvré, sinon même davantage, pour libérer les syndicats canadiens du joug américain.
Une militante - «La douceur aura été l'une de ses forces»
Dès son plus jeune âge, Madeleine Parent quitte le couvent qu'elle fréquente, parce qu'elle n'arrive pas à supporter les traitements réservés aux plus pauvres par les bonnes sœurs. Étudiante à McGill, elle milite en faveur de l'accès à l'université pour les enfants des familles démunies. Plus tard, elle joint les rangs du mouvement syndical, au sein duquel elle mène des luttes épiques en faveur de la justice sociale. Et, plus tard encore, elle n'a de cesse, au terme de sa carrière de syndicaliste, de défendre inlassablement plusieurs causes, dont bon nombre portent sur la condition féminine.
Les syndicats et la lutte anticommuniste - «Rouge», elle le fut
Louis Fournier - Journaliste et syndicaliste à la retraite, il a écrit plusieurs ouvrages sur l'histoire du mouvement ouvrier au Québec.
Le décès récent de Madeleine Parent, une femme exceptionnelle et courageuse qui milita avec beaucoup de combativité dans le mouvement syndical et le mouvement féministe, nous a rappelé qu'elle fut longtemps une marginale dans le Québec d'une autre époque, une militante de gauche et même d'extrême gauche qui fut la compagne de route du Parti communiste au début de la guerre froide.
Pour la cause des femmes - Elle a été de tous les combats
Figure quasi mythique du mouvement syndical au Québec, Madeleine Parent s'est lancée dans la cause des femmes avec la même passion qui l'avait amenée, jeune diplômée de McGill issue de la classe moyenne, à se lancer dans l'organisation syndicale. Après sept décennies de lutte pour la justice sociale, elle a non seulement changé le cours de l'histoire syndicale au Québec, mais elle a aussi joué un rôle capital dans l'orientation du mouvement des femmes au Canada.
Témoignage - Une grande amie
Michèle Rouleau, présidente de Femmes autochtones du Québec de 1987 à 1992
Avec le décès de Madeleine Parent, les femmes autochtones ont perdu une grande amieJ'ai fait la connaissance de Madeleine Parent au milieu des années 80, lors d'une assemblée générale de Femmes autochtones du Québec. Elle y était venue à titre de représentante du Comité canadien d'action sur le statut de la femme, et j'avais été surprise d'entendre cette femme à l'allure frêle s'emporter, dans un discours sur le droit à l'égalité pour les femmes autochtones, avec autant de détermination.
Migwetch - merci, Madeleine
Alliée, mentor, inspiration, compagne de toutes les manifestations, disent d'elle les femmes autochtones et immigrantes qui ont côtoyé Madeleine Parent. Mais surtout une amie, au-delà des différences et des générations.
Une femme douce...
Quand Madeleine Parent épousait une cause, «on avait l'impression que c'était à jamais. Elle était tenace, combattante, loyale, fidèle», confie Lorraine Pagé dans nos pages célébrant la mémoire de cette grande dame qui s'est éteinte le 12 mars dernier à l'âge de 93 ans.
Un legs - Son engagement force l'admiration
Syndicaliste et féministe, Madeleine Parent a prêté sa voix de militante à de nombreuses causes tout au long de sa vie. L'héritage qu'elle laisse à la société québécoise et canadienne est multiple et considérable. Survol en compagnie d'Andrée Lévesque, qui a dirigé sa biographie, dont le titre, Madeleine Parent, militante, résume bien la carrière de cette femme hors du commun.