Le virage numérique - «Qu'est-ce que ça veut dire?»
On se rappelle la maison qui rend fou dans le dessin animé Les 12 travaux d'Astérix. Les deux célèbres Gaulois y perdaient la tête, coincés dans une incompréhensible bureaucratie qui les renvoyait d'un guichet à un autre pour l'obtention d'un simple laissez-passer. Si elle était remise au goût du jour, cette scène s'ouvrirait probablement avec la rengaine «Allez sur notre site Web». Or, pour les analphabètes, ce recours systématique à Internet peut avoir de graves conséquences, particulièrement lors de demandes d'informations ou de services auprès du gouvernement.
L'analphabétisme à l'école - «Les gens veulent apprendre, mais ils manquent de ressources»
On imagine sans peine que les problèmes d'alphabétisation préoccupent les enseignants du secondaire, particulièrement ceux qui œuvrent dans les grands centres urbains. C'est ce que confirme Pierre Saint-Germain, président de la Fédération autonome de l'enseignement. Toutefois, fait-il remarquer, ces problèmes affectent plus particulièrement des clientèles auxquelles on ne pense pas toujours.
Fédération des travailleurs du Québec - « Il faut maintenant être en formation continue »
La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) prône une démarche pédagogique en vertu de laquelle les membres de ses syndicats reçoivent diverses formations transmises par leurs pairs. Au-delà des connaissances de base, les membres de la centrale acquièrent des notions qui les aident à mieux comprendre le fonctionnement des entreprises et d'autres enjeux économiques.
Aux Habitations Jeanne-Mance - La littératie est inscrite au coeur de l'action communautaire
Fondé en 1899, Collège Frontière est le premier organisme d'alphabétisation au pays. Au tournant du siècle, l'organisme recrutait des étudiants universitaires pour en faire des ouvriers-enseignants qui allaient vivre, travailler et enseigner aux «frontières» du pays, explique Mélanie Valcin, gestionnaire du Québec. L'objectif ultime? Élever le niveau d'alphabétisme des Canadiens, où qu'ils soient, et promouvoir l'apprentissage.
Confédération des syndicats nationaux - «L'alphabétisation est une responsabilité collective»
Savoir lire une consigne, un message d'erreur, un avis émis par l'employeur: voilà des compétences de base sans lesquelles il est difficile de se sentir à l'aise dans son emploi ou d'accéder à un meilleur poste. Malheureusement, l'analphabétisme est une réalité qui touche durement le Québec: de nombreux travailleurs éprouvent des difficultés de lecture, d'écriture et de calcul, un problème qui concerne aussi bien les travailleurs âgés que les plus jeunes.
L'analphabétisme au Québec - Un fléau pour toute la société
Ce sont 49 % des Québécois qui ont des difficultés de lecture, qui cherchent à éviter les situations où ils ont à lire et, lorsqu'ils parviennent à décoder une phrase, qui n'en saisissent pas forcément le sens. Or, si l'on pouvait s'arranger de la situation à une époque où la majorité des emplois se situaient dans le secteur manufacturier, il n'en va pas de même aujourd'hui, alors que la plupart des postes à pourvoir résident dans le tertiaire. «Le monde a changé, les stratégies doivent changer», clame Maryse Perreault, p.-d.g. de la Fondation pour l'alphabétisation... sans être réellement entendue.
La fabrique des exclus
À quoi sert la création d'emplois? À donner du travail aux gens ou à permettre aux nantis d'augmenter leur richesse? Et pour combien de temps encore vouerons-nous au chômage, à moins de les condamner à n'avoir accès qu'à des emplois sous-payés, ces 800 000 Québécoises et Québécois pour qui la lecture d'un texte simple demeure impossible? Bienvenue dans un État où l'analphabétisme est en 2011 toujours un fléau.