Voyages: À votre santé!
Voyageurs, que craignez-vous le plus, le terrorisme ou la maladie? Reprenons la question: que craindrez-vous bientôt le plus?
À votre avis, qu'est-ce qui, cette année, a fait le plus de tort à l'économie touristique canadienne et à celle de Toronto en particulier? Le SRAS ou la guerre en Irak? Et si on ajoutait au cocktail la maladie de la «vache folle»? Le virus du Nil? Demandez aux ministres du Tourisme des provinces et des territoires qui viennent tout juste de se réunir à Québec. Pourquoi ont-ils décidé d'injecter plusieurs millions de leurs cagnottes dans de vastes campagnes de promotion?
Dans son bulletin Dernières nouvelles du 3 novembre dernier (bulletins@dfait-maeci.gc.ca), le ministère fédéral des Affaires étrangères et du Commerce international informait ses abonnés que, ce jour-là, l'Espagne avait fermé sa frontière avec Gibraltar en raison des centaines de croisiéristes britanniques malades de gastro-entérite «qu'on y avait fait descendre» après une longue errance sur la Méditerranée. Et le ministère précisait, sibyllin: «Les Canadiens qui sont à Gibraltar ou qui s'y rendent devraient déterminer si la situation perturbera leur voyage.»
Voyons les données de l'Organisation mondiale de la santé (www.who.int/ith). Dans un récent communiqué de presse, l'OMS relève qu'«un million de personnes traversent chaque semaine» les frontières entre les pays industrialisés et ceux en développement, «accroissant ainsi le risque de propagation dans le monde entier associée aux voyages».
Vous êtes sceptique? Études à l'appui, l'organisme international soutient que, «malgré les vaccins et autres agents prophylactiques largement accessibles»:
- près de 60 % des voyageurs en partance pour des lieux où sévit l'hépatite A «ne sont pas suffisamment bien protégés» contre cette maladie qui affecte 1,4 million de gens chaque année;
- 1,7 million de Canadiens se rendent durant la même période au Mexique et dans les Antilles, régions que l'OMS considère «à risque élevé» pour l'hépatite A;
- de 1000 à 3000 d'entre eux en sont infectés chaque année;
- l'hépatite B, pour sa part, est une «importante cause de morbidité et de mortalité» car elle affecte deux milliards de personnes sur la planète et fait un million de victimes par an;
- le paludisme (ou malaria) touche quant à lui entre 300 et 500 millions de personnes, causant plus de un million de décès chaque année;
- les cas «graves» de paludisme sont «à la hausse» chez les voyageurs canadiens, selon un taux de cinq à dix fois plus élevé qu'aux États-Unis.
Revenons à l'hépatite A. Le plus souvent contractée par la consommation d'eau ou d'aliments contaminés et même parfois par contact sexuel ou lors de transfusions sanguines, elle ne présente pas «nécessairement de symptômes visibles». Pendant la période d'incubation, qui dure de deux à six semaines, les personnes infectées peuvent ainsi la propager avant d'en présenter les premiers signes. Soulignant qu'il n'existe aucun traitement «spécifiquement ciblé» contre l'hépatite A, l'OMS affirme par contre qu'elle peut être prévenue par un «simple vaccin».
Le hic, c'est que la majorité des voyageurs qui fréquentent des destinations à «risque important pour les maladies infectieuses» ne prennent «aucune mesure» de prévention avant de partir, ni vaccins ni traitements prophylactiques. Voilà du moins ce que révèle un sondage mené dans 14 aéroports d'Europe, d'Asie-Pacifique et des États-Unis auprès de 8000 voyageurs par le Conseil consultatif européen sur la santé des voyageurs, plus connu sous son acronyme anglais ETHAB (European Travel Health Advisory Board).
Mieux vaut prévenir que guérir, dit le proverbe. En conséquence, l'OMS vient de publier un guide, Voyages internationaux et santé, destiné tant aux professionnels de la santé et aux voyageurs qu'au grand public. Disponible aux bureaux de l'OMS ou par l'intermédiaire du site www.who.int/pub/en, il couvre la gamme des risques encourus dans des portions précises du globe et liés à divers types de voyage (agrément, affaires, aventure, etc.).
Pour ce faire, il aborde, cartes à l'appui, plusieurs sujets tels les principales maladies infectieuses et les risques que celles-ci présentent selon les pays, les «stratégies» à adopter pour éviter d'être malade, les précautions et mesures à prendre (y compris les vaccins et les traitements prophylactiques) ainsi que les coordonnées de centres de santé à l'étranger. Son objectif: «réduire au minimum» ces risques et offrir en prime les conseils d'«éminents experts» en santé.
Un ennui, toutefois: une telle opération coûte des sous. L'OMS s'est donc associée à une puissante entreprise pharmaceutique, grande fabricante de vaccins — que nous ne nommerons pas ici —, dont le nom et les produits reviennent très souvent au fil des pages. Il y a un prix à payer, n'est-ce pas?
Par les temps qui courent, la fièvre du terrorisme a atteint les États, les voyageurs, les citoyens. De coûteux moyens et mesures de contrôle se multiplient. Et pèsent lourd sur la patience de tout un chacun et sur l'économie touristique en général. Avec une efficacité qui laisse plutôt songeur.
Mais les maladies citées ci-dessus, tout comme le sida, la tuberculose (qui refait des siennes), la lèpre et autres, traversent les frontières. Ce n'est pas demain la veille qu'on arrêtera les gens de voyager. Pour se garder globalement en santé, l'humanité aura — dans un futur très proche — tout un défi à relever... qui exigera beaucoup plus que la diffusion de «guides» de prévention.
Décès de Guy Hardy
Son nom n'était guère connu hors du cercle de ses intimes et collègues de travail. Pendant trois décennies, Guy Hardy a oeuvré de près ou de loin en tourisme, tant au gouvernement fédéral qu'à Tourisme Montréal. Comme bien des gens de ce secteur d'activité, il a constamment apporté une contribution discrète mais fort efficace. La mort l'a emporté trop tôt. Nous offrons toutes nos condoléances à sa famille.
À votre avis, qu'est-ce qui, cette année, a fait le plus de tort à l'économie touristique canadienne et à celle de Toronto en particulier? Le SRAS ou la guerre en Irak? Et si on ajoutait au cocktail la maladie de la «vache folle»? Le virus du Nil? Demandez aux ministres du Tourisme des provinces et des territoires qui viennent tout juste de se réunir à Québec. Pourquoi ont-ils décidé d'injecter plusieurs millions de leurs cagnottes dans de vastes campagnes de promotion?
Dans son bulletin Dernières nouvelles du 3 novembre dernier (bulletins@dfait-maeci.gc.ca), le ministère fédéral des Affaires étrangères et du Commerce international informait ses abonnés que, ce jour-là, l'Espagne avait fermé sa frontière avec Gibraltar en raison des centaines de croisiéristes britanniques malades de gastro-entérite «qu'on y avait fait descendre» après une longue errance sur la Méditerranée. Et le ministère précisait, sibyllin: «Les Canadiens qui sont à Gibraltar ou qui s'y rendent devraient déterminer si la situation perturbera leur voyage.»
Voyons les données de l'Organisation mondiale de la santé (www.who.int/ith). Dans un récent communiqué de presse, l'OMS relève qu'«un million de personnes traversent chaque semaine» les frontières entre les pays industrialisés et ceux en développement, «accroissant ainsi le risque de propagation dans le monde entier associée aux voyages».
Vous êtes sceptique? Études à l'appui, l'organisme international soutient que, «malgré les vaccins et autres agents prophylactiques largement accessibles»:
- près de 60 % des voyageurs en partance pour des lieux où sévit l'hépatite A «ne sont pas suffisamment bien protégés» contre cette maladie qui affecte 1,4 million de gens chaque année;
- 1,7 million de Canadiens se rendent durant la même période au Mexique et dans les Antilles, régions que l'OMS considère «à risque élevé» pour l'hépatite A;
- de 1000 à 3000 d'entre eux en sont infectés chaque année;
- l'hépatite B, pour sa part, est une «importante cause de morbidité et de mortalité» car elle affecte deux milliards de personnes sur la planète et fait un million de victimes par an;
- le paludisme (ou malaria) touche quant à lui entre 300 et 500 millions de personnes, causant plus de un million de décès chaque année;
- les cas «graves» de paludisme sont «à la hausse» chez les voyageurs canadiens, selon un taux de cinq à dix fois plus élevé qu'aux États-Unis.
Revenons à l'hépatite A. Le plus souvent contractée par la consommation d'eau ou d'aliments contaminés et même parfois par contact sexuel ou lors de transfusions sanguines, elle ne présente pas «nécessairement de symptômes visibles». Pendant la période d'incubation, qui dure de deux à six semaines, les personnes infectées peuvent ainsi la propager avant d'en présenter les premiers signes. Soulignant qu'il n'existe aucun traitement «spécifiquement ciblé» contre l'hépatite A, l'OMS affirme par contre qu'elle peut être prévenue par un «simple vaccin».
Le hic, c'est que la majorité des voyageurs qui fréquentent des destinations à «risque important pour les maladies infectieuses» ne prennent «aucune mesure» de prévention avant de partir, ni vaccins ni traitements prophylactiques. Voilà du moins ce que révèle un sondage mené dans 14 aéroports d'Europe, d'Asie-Pacifique et des États-Unis auprès de 8000 voyageurs par le Conseil consultatif européen sur la santé des voyageurs, plus connu sous son acronyme anglais ETHAB (European Travel Health Advisory Board).
Mieux vaut prévenir que guérir, dit le proverbe. En conséquence, l'OMS vient de publier un guide, Voyages internationaux et santé, destiné tant aux professionnels de la santé et aux voyageurs qu'au grand public. Disponible aux bureaux de l'OMS ou par l'intermédiaire du site www.who.int/pub/en, il couvre la gamme des risques encourus dans des portions précises du globe et liés à divers types de voyage (agrément, affaires, aventure, etc.).
Pour ce faire, il aborde, cartes à l'appui, plusieurs sujets tels les principales maladies infectieuses et les risques que celles-ci présentent selon les pays, les «stratégies» à adopter pour éviter d'être malade, les précautions et mesures à prendre (y compris les vaccins et les traitements prophylactiques) ainsi que les coordonnées de centres de santé à l'étranger. Son objectif: «réduire au minimum» ces risques et offrir en prime les conseils d'«éminents experts» en santé.
Un ennui, toutefois: une telle opération coûte des sous. L'OMS s'est donc associée à une puissante entreprise pharmaceutique, grande fabricante de vaccins — que nous ne nommerons pas ici —, dont le nom et les produits reviennent très souvent au fil des pages. Il y a un prix à payer, n'est-ce pas?
Par les temps qui courent, la fièvre du terrorisme a atteint les États, les voyageurs, les citoyens. De coûteux moyens et mesures de contrôle se multiplient. Et pèsent lourd sur la patience de tout un chacun et sur l'économie touristique en général. Avec une efficacité qui laisse plutôt songeur.
Mais les maladies citées ci-dessus, tout comme le sida, la tuberculose (qui refait des siennes), la lèpre et autres, traversent les frontières. Ce n'est pas demain la veille qu'on arrêtera les gens de voyager. Pour se garder globalement en santé, l'humanité aura — dans un futur très proche — tout un défi à relever... qui exigera beaucoup plus que la diffusion de «guides» de prévention.
Décès de Guy Hardy
Son nom n'était guère connu hors du cercle de ses intimes et collègues de travail. Pendant trois décennies, Guy Hardy a oeuvré de près ou de loin en tourisme, tant au gouvernement fédéral qu'à Tourisme Montréal. Comme bien des gens de ce secteur d'activité, il a constamment apporté une contribution discrète mais fort efficace. La mort l'a emporté trop tôt. Nous offrons toutes nos condoléances à sa famille.
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