Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

France - Vienne le jour, jazz le soir

Tout près de Lyon se tient depuis plus de trente ans un festival musical majeur

11 mai 2013 | Philippe Papineau | Voyage
Le théâtre antique de Vienne, d’une capacité de 8000 personnes, offre une vue magnifique sur la ville.
Photo : Philippe Papineau Le théâtre antique de Vienne, d’une capacité de 8000 personnes, offre une vue magnifique sur la ville.
Renseignements sur le tourisme à Vienne
Partir de Montréal et faire 6000 kilomètres pour aller écouter du jazz peut paraître une idée un peu saugrenue quand, à quelques minutes de marche du boulot, se tient chaque été un des plus grands festivals du genre. Mais il suffit de peu de temps passé à Vienne, à deux pas de Lyon, dans la région française Rhône-Alpes, pour réaliser que toutes les places des Festivals ne présentent pas les mêmes charmes qu’un amphithéâtre romain construit il y a 2000 ans.

Il ne faut pas se tromper de Vienne. La nôtre n’est pas autrichienne, mais française. La petite ville située dans un virage du Rhône, à une trentaine de kilomètres au sud de Lyon, n’a pas la réputation de son homonyme mais n’est pas du tout dénuée de charme et d’histoire. Et chaque été, elle attire des centaines de touristes mélomanes venus écouter la note bleue au festival Jazz à Vienne.


On s’en rend compte rapidement à la sortie de la gare de Vienne, il y a de l’histoire avec un grand H dans cette ville gallo-romaine. Rues pavées qui ne se croisent pas vraiment à angle droit, maisons en pierre, temple romain, vestiges… Vienne n’est pas née de la dernière pluie. Et le grand coup, c’est son immense théâtre antique de 8000 places qui semble creusé dans la colline de Pipet, un des cinq « sommets » encadrant la ville.


C’est entre autres dans cet amphithéâtre construit aux environs de l’an 40 après Jésus-Christ que se tient chaque année depuis 1981 le festival Jazz à Vienne, un événement musical majeur même s’il a lieu dans cette ville méconnue où vivent environ 30 000 habitants. Sur trois différentes scènes officielles (une extérieure et deux salles) défilent les grands noms du jazz, du blues, de la musique du monde, du rock… Ici aussi, le jazz a le dos large, même si la signature est plus recentrée qu’au Festival de jazz de Montréal.


Par exemple, lors de notre visite à Vienne en 2012, on y a vu le vétéran Manu Dibango, Béla Flek et le virtuose de la guitare Biréli Lagrène. Pour l’édition 2013, qui a lieu du 28 juin au 13 juillet, les festivaliers pourront entre autres voir Chick Korea, Goran Bregovic, Ben Harper avec Charlie Musselwhite, Sonny Rollins, Santana, Erik Truffaz, George Benson ainsi que le chanteur Rodriguez, dont l’histoire fascinante a été immortalisée dans le documentaire Searching for Sugarmen, récompensé d’un Oscar il y a quelques mois.


Les gros noms de l’événement sont la plupart du temps sur la scène du théâtre antique, que l’on atteint après une montée de quelques minutes de marche à partir des Jardins de Cybèle, un autre lieu historique qui accueille aussi des spectacles entre ses murailles romaines - c’est quand même un peu plus charmant que le complexe Desjardins. De là, on voit défiler les mélomanes, généralement avec leur coussin à la main.


Leur coussin ? C’est que, aussi magnifique soit l’endroit, les installations du grand théâtre antique restent minimales en terme de confort. On s’use le postérieur sur la même pierre posée là par un travailleur romain il y a des lunes ! Alors, les habitués trimballent avec eux leur carré coussiné, mais il est possible de s’en procurer sur place. Aussi, les marches des gradins sont plutôt à-pic et les allées pas trop larges. Mais les Romains savaient y faire, et malgré les petits défauts de l’endroit, la qualité globale de l’amphithéâtre est remarquable et la circulation s’y fait de manière très fluide. Pour ceux qui s’inquiéteraient au sujet des installations techniques du site, disons que la qualité du son est franchement impressionnante, autant en avant-scène que dans les hauteurs. Pas d’effet d’échos ni de feedback.

 

Mais là où l’expérience dépasse, et de loin, ce qu’on peut vivre à Montréal sur la Place des festivals, c’est la vue, tout simplement à couper le souffle, surtout si on s’installe dans l’une des zones les plus élevées de l’amphithéâtre. D’un coup d’oeil on peut voir toute la foule (quel sentiment de communion !), la scène (avec un peu d’aide d’écrans géants) et le paysage derrière. C’est que la scène fait dos à la ville, à ses toits en bardeaux orangés, aux collines environnantes ; et quand le soleil se couche, l’ensemble est tout simplement inoubliable.


Aux abords de la scène, le mélomane affamé pourra trouver quelques tentes où acheter des victuailles et un petit verre pour les accompagner. Mais il faut voir à l’oeuvre les vendeurs de bière ambulants. Au lieu de transporter périlleusement des verres dans un grand support, des employés parcourent les gradins avec un baril de bière en format sac à dos, remplissant au fur et à mesure les verres à l’aide d’une espèce de tuyau-robinet. Ingénieux.

 

Entre quatre murs


Pour s’éloigner des grandes foules, on peut se rabattre en fin de soirée sur les deux salles du festival, soit le Club de Minuit et le JazzMix, qui, à l’inverse du théâtre antique, sont en formule « entrée libre ».


Le JazzMix, c’est le volet plus jeune et éclectique de Jazz à Vienne. Sur le bord du Rhône est installée une salle temporaire qui prend un peu plus des allures de boîte de nuit. Sauf erreur, le Festival de jazz de Montréal avait déjà installé une salle similaire à l’angle du boulevard de Maisonneuve et de la rue de Bleury. Au JazzMix, c’est donc davantage la fête avec des groupes plus électriques. On peut même prendre un verre dehors, sur une esplanade qui donne sur de grands arbres éclairés.


Plus feutré, le Club de Minuit est une charmante salle à l’italienne. Avec son parterre et ses deux balcons, on y est toujours proche de la scène. C’est l’endroit où l’on va à tout hasard, pour découvrir de nouveaux noms ou simplement profiter d’un peu de calme après une journée remplie.

 

La journée à Vienne


Le jour, Vienne n’est pas une ville morte, même si elle ne peut rivaliser avec sa grande voisine, Lyon, une chic cité où on peut s’amuser, bouger, se cultiver et manger fort bien. Mais la proximité géographique des deux municipalités est tout à l’avantage du voyageur, qui peut aisément faire de Lyon son point d’ancrage puis rayonner autour en voiture ou en train.


Selon la période de l’année, il faut vérifier les bulletins de circulation car, de Lyon à Vienne, on doit prendre l’autoroute A7 - « L’autoroute des vacances » - et il y a parfois des bouchons monstres. Le train est donc à tout coup l’option la plus simple et la moins coûteuse (voir plus bas).


Pour les lève-tôt ou les gourmands (et pourquoi pas les deux à la fois !), un vaste marché public anime le centre-ville le samedi matin. Sur la place Miremont, les kiosques sont réservés aux producteurs. Fruits, légumes, viande, lait : tout y est. Un vieil homme voit que l’on s’attarde devant les pêches : « Elles sont pas mûres », glisse-t-il, complice. Plus loin, un autre tend l’oreille à une cliente. « La roquette ? Ah ! Pour la roquette, c’est fini ! Faut revenir en septembre ! » Plus loin, c’est le marché des barquettes, où les contenants de plastique bleu contiennent surtout des fruits et des légumes à moindre prix.


Si, après le marché, nous prend l’envie d’un petit café, direction Place Charles-de-Gaulle où trône le magnifique Temple d’Auguste et de Livie, encore en bonne condition, mais que le public ne peut voir que de l’extérieur. Quelques petits cafés et terrasses entourent le temple, et si ce n’est pas l’expresso le moins cher en ville, ce sera sûrement celui dégusté avec la plus belle vue.


C’est que l’amateur d’histoire et de patrimoine est bien servi à Vienne, qui sait mettre en valeur son passé. La ville compte un musée archéologique, un musée gallo-romain, un étrange monument en forme pyramidale et des églises, dont l’impressionnante cathédrale Saint-Maurice.


Et plus on en apprend sur Vienne le jour, plus l’expérience musicale du soir est renforcée. Le théâtre antique, la vue du Rhône, les bardeaux orangés prennent encore plus de valeur. On se sent alors encore plus choyé d’être au spectacle dans ces vestiges qui, le temps du festival, n’ont absolument rien de poussiéreux.


***
 

En vrac


Le train Lyon-Vienne coûte environ sept euros pour un aller simple et le trajet d’une trentaine de kilomètres s’effectue en un peu moins de 20 minutes. Attention, la plupart des départs de Lyon ne se font pas de la grande gare Part-Dieu, mais de Lyon Jean Mace. La gare de Vienne est en plein coeur de la ville : parfait pour les piétons. Pendant le festival Jazz à Vienne, on trouve aisément les horaires du soir pour ne pas manquer le dernier train.


Le prix des billets pour le théâtre antique de Jazz à Vienne oscille entre 35 et 46 euros (entre 48 et 61 $CAN), selon l’artiste qui y joue. Il existe des prix étudiants, mais il faut probablement une carte internationale - pas sûr que le caissier saisira exactement ce qu’est l’UQAM ! Les enfants entre 12 et 16 ans ont également droit à un tarif réduit, tandis que l’accès est gratuit pour les enfants de moins de 12 ans. Chic !


Les férus de vélo (il est possible d’en louer à l’Office de tourisme) peuvent, à partir de Vienne, prendre la Viarhôna, une route cyclable qui traverse une bonne partie de la France et qui se termine en Camargue. Aux alentours de Vienne, il est parfois un peu difficile de suivre le tracé, mais après quelques kilomètres, on arrive aux bords des vignobles de côte-rôtie, un cépage célèbre dont les vignes poussent dans des dénivellations pouvant atteindre 70 degrés.


Pour ceux qui passent quelques jours à Lyon : considérez la Lyon City Card, qui donne l’accès gratuit à 18 musées et permet d’effectuer sans frais différentes visites de cette très belle ville. Aussi, avec cette carte, le transport en commun est gratuit. http://lyon-france.com/Lyon-City-Card.


Si le soleil est de la partie à Lyon, on peut profiter des Vélo’v (lire : « vé-love »), les bicyclettes en libre-service de type Bixi, pour se promener dans la ville (en évitant le charmant quartier de la Croix-Rousse, très pentu !). Il suffit d’une carte de crédit et le tour est joué. Une destination sympa : le Parc de la tête d’or, où l’on peut se rendre aisément en suivant une jolie piste cyclable qui borde le Rhône.
 


Notre journaliste s’est rendu à Vienne et à Lyon à l’invitation d’Atout France, Rhône-Alpes Tourisme et Air France.

Le théâtre antique de Vienne, d’une capacité de 8000 personnes, offre une vue magnifique sur la ville. En plein cœur de Vienne, le temple d’Auguste et de Livie. Des maisons et de petits commerces ont trouvé leur place tout autour du monument. Le samedi matin, place Miremont, des producteurs viennent vendre leurs produits au marché. <div>
	Vienne est une ville riche en histoire. Un moment d’ombre et de tranquillité dans le cloître de l’église Saint-André-le-Bas.</div>
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel