Tel-Aviv - Moderne depuis 1920
Dans un pays où se côtoient des lieux, des sites et des villes imprégnés de milliers d’années d’histoire, n’avoir traversé qu’un peu plus de 100 ans entre la date de sa fondation et aujourd’hui, c’est presque tenir de l’éphémère. Pourtant, nous sommes ici dans la ville la plus dynamique de tout un État. Bienvenue à Tel-Aviv.
Ici, les gratte-ciel poussent, qu’ils soient à vocation résidentielle ou commerciale. Depuis que la Shalom Tower a été inaugurée en 1965, soit à peu près au moment où Montréal s’enorgueillissait de sa nouvelle place Ville-Marie, le boom de la construction n’a pas connu de répit. Encore maintenant, le paysage de la ville est ponctué par une succession de grues.
En fait, que ce soit par la taille (si Tel-Aviv proprement dite compte un peu plus de 400 000 habitants, l’agglomération dépasse les 3 millions) ou la situation immobilière, il y a un certain parallèle à faire avec la métropole québécoise : ici aussi, on craint, vu l’attrait qu’exerce la ville, comme sa proximité (relative) avec l’Europe et le fait d’avoir un site exceptionnel en bord de mer, que les investisseurs débarquent et transforment les nouvelles constructions en simples résidences secondaires.
Ville blanche
Tel-Aviv se dit fière d’être une ville de start-ups, et plus de 700 nouvelles entreprises lui permet- tent de se décrire comme la nouvelle «Silicon Valley». De fait, les prix Nobel qui fréquentent les universités de la région lui per- mettent de s’afficher comme une ville du savoir.
Mais cette ville est toute neuve: ce n’est qu’en 1909 que, par tirage au sort, 66 familles se répartirent les terres qu’on venait d’acheter à l’extérieur des murailles de la millénaire Jaffa et de lancer la construction d’une ville nouvelle.
Depuis, cette nouvelle ville est devenue le principal lieu d’établis- sement pour l’émigration juive, se permettant toujours des audaces. Ainsi, la ville compte toujours sur son territoire la plus grande concentration de résidences et de constructions de style Bauhaus: ces 4000 bâtiments toujours debout, et que l’on rénove à grands frais, expliquent que l’en- semble a été inscrit par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’humanité.
Mais la « ville blanche » n’est pas la seule raison pour laquelle, année après année, trois millions de visiteurs débarquent par mil- lions dans cette ville érigée au bord de la Méditerranée.
Ville de mer
S’il y a ici du San Francisco dans l’air, d’autres parleront d’une Rio, quand on voit comment le centre-ville jouxte une succession de plages : la Clore, l’Aviv, la Ge’ula, la Brogashov, et ainsi de suite, 10 fois, même, si bien qu’en ce jour de janvier, où il faisait un beau 25 degrés, il était possible de voir certes des planchistes, mais aussi des baigneurs se mêlant à la population locale venue pique-niquer sur ces bandes de sable fin.
Partout la mer est à proximité. Qu’on soit, donc, à Neve Tzedek, premier site d’implantation de l’ancienne «nouvelle ville», à Allenby et à Dizengoff, là où se retrouve tout ce qui fait un cen- tre-ville, ou encore, comme il se doit, dans le secteur du vieux port, devenu zone de commerces, de boutiques et de restaurants, partout la mer, par la fraîcheur qu’elle apporte, fait sentir sa présence.
Ville de culture
On comprendra que yuppies et artistes s’y établissent. Et Tel-Aviv est une ville de culture. Des galeries, certes, mais aussi des institutions comme la Bathseva Dance Company ou le Musée d’art de Tel-Aviv. Et dans ces deux cas, on doit admettre que leur notoriété est largement méritée (une seule visite du musée fait ainsi découvrir une collection extraordinaire de l’art occidental de la période moderne, des Picasso, certes, mais beaucoup plus, jusqu’à l’art américain récent. Quant au nouveau pavillon de 20000 mètres carrés en annexe, le Herta et Paul Amer Building, surprend déjà par sa seule construction).
Et on se promène aussi sur le boulevard Rothschild, une rue que certains considèrent comme les Champs-Élysées de Tel-Aviv, d’autres comme des Ramblas à l’orientale. Et l’on visite la vieille gare, qui conserve au milieu d’une sympathique zone commerciale quelques vieux wagons de la ligne qui reliait jadis la côte médi- terranéenne, ou on gagne l’obser- vatoire du centre Azrieli (du nom de son promoteur canadien) pour contempler du 49e étage la ville et la région, le regard portant jusqu’au Liban. Mais de retour sur terre, toujours de nouvelles constructions et un air de mer qui nous accompagnent.
Ville historique
Qui vient à Tel-Aviv, s’il passe normalement par l’aéroport Ben Gourion, la principale porte d’accès d’Israël qui jouxte la ville, fera aussi tout naturellement un arrêt dans son parcours de visiteur : la millénaire Jaffa.
C’est une vieille ville qui conserve son port, avec ses vendeurs de poissons quasi à la criée, ses vieux entrepôts et magasins. En effet, le programme de rénova- tion s’est à ce jour attardé sur la portion élevée de la ville, remettant presque «à neuf» tout le secteur qui avoisine le parc Yafo et sa catholique cathédrale Saint-Pierre, siège de la légation vaticane. Aussi, au détour, accolé au promontoire qui veille sur le port, on découvre le musée Ilana Goor : cette ancienne auberge de pèlerins fait cohabiter l’artiste (qui y habite toujours) et une belle collection de ses œuvres et d’autres rapportées de ses voyages ou de ses rencontres avec d’autres créateurs. On y fait d’ailleurs ici aussi bou- tique.
Si Tel-Aviv s’affiche comme une ville moderne, Jaffa est résolument pittoresque, marquant une halte dans le temps. Impression démentie en soirée, toutefois, quand les entrepôts du vieux port sont envahis par une faune en quête de fêtes, de bonne bouffe et de laisser-aller.
***
«La ville qui ne dort jamais»
La ville cosmopolite, pour ne pas dire occidentale, se donne volontiers des airs de «ville ouverte». Une jeune population, mixte à plus d’un égard, explique sans doute pourquoi, quel que soit le jour ou l’heure, il y a toujours quelque chose à faire, quelque personne à rencontrer.
Le jour, il y a les boutiques. Et la jeune faune se rend sur la rue Sheinkin. Si cette rue ne paie pas de mine, surtout pour qui y arrive d’une rue comme la Montefiore ou ses voisines, là les maisons rénovées se succèdent au cœur de la « ville blanche ». Elle a toutefois un autre charme: ici se concentrent les locaux où s’af-fiche tout ce qui est à la mode, et à défaut d’acheter, le badaud aura à tout le moins le plaisir de vivre au rythme de la population jeune.
Car Tel-Aviv est doublement une jeune cité. Par sa fondation récente, mais aussi du fait que le tiers de sa population est d’un côté ou l’autre de l’adolescence. Aussi, ça bouge et ça commerce, des yeux du moins.
Et qui fait la rue des boutiques termine sa virée par un arrêt quasi obligé. Au sud de la Sheinkin, il y a le marché du Carmel: on se croirait de retour à Jérusalem avec ses marchés aux saveurs arabes, orientales et aux effluves épicés.
C’est un souk, ce HaCarmel, car son quartier, s’il se veut artistique et branché, abrite aussi la population juive la plus orthodoxe de la ville. À l’exemple du pays entier, la ville ne craint pas les contradictions.
Fierté
La preuve? Tel-Aviv, où l’on se dit véritable citoyen ou vraie citadine à partir du jour où l’on possède un vélo (120 kilomètres de pistes cyclables à disposition), un chien et quelques tatouages et autres piercings à afficher, se déclare avec fierté à tout égard tolérante.
En outre, le soir venu, la ville est de toutes les fêtes. Allez où vous voulez, il y aura toujours un lieu qui vous attend, porte ouverte jouxtant ainsi un autre accès, celui-là sous bonne garde et où il faut montrer patte blanche. Quant à l’heure de fermeture, au moment d’aller au lit, à vous d’en décider! Il n’y a pas d’horaire qui tienne, et si un lieu marque une pause, son voisin vous attendra la porte toujours ouverte, quand, pourtant, le jour se lève sur la ville.
Musique souvent, parfois envahissante, foule, cela semble être la norme, bars (si l’on en déclare 450, la liste n’inclut même pas tous les lieux qui exercent des activités de cet ordre), et ainsi de suite. Pas étonnant, dans ces circonstances, que Tel-Aviv se proclame elle aussi «la ville qui ne dort jamais».
On le voit, même s’il fait ici soleil en abondance (318 jours d’ensoleillement annuel en moyenne), la ville se veut aussi une cité noc- turne. On s’y promène donc, en liberté, et en confiance. Et les 100000 personnes qui travail- lent dans le monde de la restauration (la ville n’ayant rien de moins que 1800 cafés et restau- rants) œuvrent sans craindre le chômage.
De toute façon, comme tout le monde le sait, après toute virée nocturne, au matin venu, il y a toujours tout près, pour se rafraîchir, la plage. Ah ! la dolce vita !
Ici, les gratte-ciel poussent, qu’ils soient à vocation résidentielle ou commerciale. Depuis que la Shalom Tower a été inaugurée en 1965, soit à peu près au moment où Montréal s’enorgueillissait de sa nouvelle place Ville-Marie, le boom de la construction n’a pas connu de répit. Encore maintenant, le paysage de la ville est ponctué par une succession de grues.
En fait, que ce soit par la taille (si Tel-Aviv proprement dite compte un peu plus de 400 000 habitants, l’agglomération dépasse les 3 millions) ou la situation immobilière, il y a un certain parallèle à faire avec la métropole québécoise : ici aussi, on craint, vu l’attrait qu’exerce la ville, comme sa proximité (relative) avec l’Europe et le fait d’avoir un site exceptionnel en bord de mer, que les investisseurs débarquent et transforment les nouvelles constructions en simples résidences secondaires.
Ville blanche
Tel-Aviv se dit fière d’être une ville de start-ups, et plus de 700 nouvelles entreprises lui permet- tent de se décrire comme la nouvelle «Silicon Valley». De fait, les prix Nobel qui fréquentent les universités de la région lui per- mettent de s’afficher comme une ville du savoir.
Mais cette ville est toute neuve: ce n’est qu’en 1909 que, par tirage au sort, 66 familles se répartirent les terres qu’on venait d’acheter à l’extérieur des murailles de la millénaire Jaffa et de lancer la construction d’une ville nouvelle.
Depuis, cette nouvelle ville est devenue le principal lieu d’établis- sement pour l’émigration juive, se permettant toujours des audaces. Ainsi, la ville compte toujours sur son territoire la plus grande concentration de résidences et de constructions de style Bauhaus: ces 4000 bâtiments toujours debout, et que l’on rénove à grands frais, expliquent que l’en- semble a été inscrit par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’humanité.
Mais la « ville blanche » n’est pas la seule raison pour laquelle, année après année, trois millions de visiteurs débarquent par mil- lions dans cette ville érigée au bord de la Méditerranée.
Ville de mer
S’il y a ici du San Francisco dans l’air, d’autres parleront d’une Rio, quand on voit comment le centre-ville jouxte une succession de plages : la Clore, l’Aviv, la Ge’ula, la Brogashov, et ainsi de suite, 10 fois, même, si bien qu’en ce jour de janvier, où il faisait un beau 25 degrés, il était possible de voir certes des planchistes, mais aussi des baigneurs se mêlant à la population locale venue pique-niquer sur ces bandes de sable fin.
Partout la mer est à proximité. Qu’on soit, donc, à Neve Tzedek, premier site d’implantation de l’ancienne «nouvelle ville», à Allenby et à Dizengoff, là où se retrouve tout ce qui fait un cen- tre-ville, ou encore, comme il se doit, dans le secteur du vieux port, devenu zone de commerces, de boutiques et de restaurants, partout la mer, par la fraîcheur qu’elle apporte, fait sentir sa présence.
Ville de culture
On comprendra que yuppies et artistes s’y établissent. Et Tel-Aviv est une ville de culture. Des galeries, certes, mais aussi des institutions comme la Bathseva Dance Company ou le Musée d’art de Tel-Aviv. Et dans ces deux cas, on doit admettre que leur notoriété est largement méritée (une seule visite du musée fait ainsi découvrir une collection extraordinaire de l’art occidental de la période moderne, des Picasso, certes, mais beaucoup plus, jusqu’à l’art américain récent. Quant au nouveau pavillon de 20000 mètres carrés en annexe, le Herta et Paul Amer Building, surprend déjà par sa seule construction).
Et on se promène aussi sur le boulevard Rothschild, une rue que certains considèrent comme les Champs-Élysées de Tel-Aviv, d’autres comme des Ramblas à l’orientale. Et l’on visite la vieille gare, qui conserve au milieu d’une sympathique zone commerciale quelques vieux wagons de la ligne qui reliait jadis la côte médi- terranéenne, ou on gagne l’obser- vatoire du centre Azrieli (du nom de son promoteur canadien) pour contempler du 49e étage la ville et la région, le regard portant jusqu’au Liban. Mais de retour sur terre, toujours de nouvelles constructions et un air de mer qui nous accompagnent.
Ville historique
Qui vient à Tel-Aviv, s’il passe normalement par l’aéroport Ben Gourion, la principale porte d’accès d’Israël qui jouxte la ville, fera aussi tout naturellement un arrêt dans son parcours de visiteur : la millénaire Jaffa.
C’est une vieille ville qui conserve son port, avec ses vendeurs de poissons quasi à la criée, ses vieux entrepôts et magasins. En effet, le programme de rénova- tion s’est à ce jour attardé sur la portion élevée de la ville, remettant presque «à neuf» tout le secteur qui avoisine le parc Yafo et sa catholique cathédrale Saint-Pierre, siège de la légation vaticane. Aussi, au détour, accolé au promontoire qui veille sur le port, on découvre le musée Ilana Goor : cette ancienne auberge de pèlerins fait cohabiter l’artiste (qui y habite toujours) et une belle collection de ses œuvres et d’autres rapportées de ses voyages ou de ses rencontres avec d’autres créateurs. On y fait d’ailleurs ici aussi bou- tique.
Si Tel-Aviv s’affiche comme une ville moderne, Jaffa est résolument pittoresque, marquant une halte dans le temps. Impression démentie en soirée, toutefois, quand les entrepôts du vieux port sont envahis par une faune en quête de fêtes, de bonne bouffe et de laisser-aller.
***
«La ville qui ne dort jamais»
La ville cosmopolite, pour ne pas dire occidentale, se donne volontiers des airs de «ville ouverte». Une jeune population, mixte à plus d’un égard, explique sans doute pourquoi, quel que soit le jour ou l’heure, il y a toujours quelque chose à faire, quelque personne à rencontrer.
Le jour, il y a les boutiques. Et la jeune faune se rend sur la rue Sheinkin. Si cette rue ne paie pas de mine, surtout pour qui y arrive d’une rue comme la Montefiore ou ses voisines, là les maisons rénovées se succèdent au cœur de la « ville blanche ». Elle a toutefois un autre charme: ici se concentrent les locaux où s’af-fiche tout ce qui est à la mode, et à défaut d’acheter, le badaud aura à tout le moins le plaisir de vivre au rythme de la population jeune.
Car Tel-Aviv est doublement une jeune cité. Par sa fondation récente, mais aussi du fait que le tiers de sa population est d’un côté ou l’autre de l’adolescence. Aussi, ça bouge et ça commerce, des yeux du moins.
Et qui fait la rue des boutiques termine sa virée par un arrêt quasi obligé. Au sud de la Sheinkin, il y a le marché du Carmel: on se croirait de retour à Jérusalem avec ses marchés aux saveurs arabes, orientales et aux effluves épicés.
C’est un souk, ce HaCarmel, car son quartier, s’il se veut artistique et branché, abrite aussi la population juive la plus orthodoxe de la ville. À l’exemple du pays entier, la ville ne craint pas les contradictions.
Fierté
La preuve? Tel-Aviv, où l’on se dit véritable citoyen ou vraie citadine à partir du jour où l’on possède un vélo (120 kilomètres de pistes cyclables à disposition), un chien et quelques tatouages et autres piercings à afficher, se déclare avec fierté à tout égard tolérante.
En outre, le soir venu, la ville est de toutes les fêtes. Allez où vous voulez, il y aura toujours un lieu qui vous attend, porte ouverte jouxtant ainsi un autre accès, celui-là sous bonne garde et où il faut montrer patte blanche. Quant à l’heure de fermeture, au moment d’aller au lit, à vous d’en décider! Il n’y a pas d’horaire qui tienne, et si un lieu marque une pause, son voisin vous attendra la porte toujours ouverte, quand, pourtant, le jour se lève sur la ville.
Musique souvent, parfois envahissante, foule, cela semble être la norme, bars (si l’on en déclare 450, la liste n’inclut même pas tous les lieux qui exercent des activités de cet ordre), et ainsi de suite. Pas étonnant, dans ces circonstances, que Tel-Aviv se proclame elle aussi «la ville qui ne dort jamais».
On le voit, même s’il fait ici soleil en abondance (318 jours d’ensoleillement annuel en moyenne), la ville se veut aussi une cité noc- turne. On s’y promène donc, en liberté, et en confiance. Et les 100000 personnes qui travail- lent dans le monde de la restauration (la ville n’ayant rien de moins que 1800 cafés et restau- rants) œuvrent sans craindre le chômage.
De toute façon, comme tout le monde le sait, après toute virée nocturne, au matin venu, il y a toujours tout près, pour se rafraîchir, la plage. Ah ! la dolce vita !







