Entre vignes, citadelles et foi réinventée
À Acre, la Saint-Jean d’Acre des croisés, c’est une ville aux multiples visages qui se dévoile. Mais ce n’est pas le seul lieu à voir et à visiter au nord de Tel-Aviv: un arrêt s’impose aussi à Haïfa et à Zikhron Ya’akov.
Si cela était possible, on aborderait Akko par la mer, pour voir depuis les flots son imposant port et sa forteresse. On débarquerait ainsi en un lieu aux airs résolument méditerranéens rappelant le village crétois de Chania ou la sicilienne Cefalu.
De là, l’Occidental plongerait dans le souk de la vieille ville, à l’atmosphère orientale, persuadé de se retrouver sur un autre continent, au cœur d’une autre civilisation.
Ville souterraine
Mais ce n’est pour cela qu’on vient à Akko. On s’y arrête pour sa ville souterraine. Ici, au temps des croisades, un autre Occidental, qui plus est un chrétien, a lui aussi construit une forteresse et une place forte. Or, du temps où la ville était musulmane, de tout cela, il ne restait plus de traces.
Aujourd’hui, toutefois, une ville souterraine, l’ancien quartier des Hospitaliers-de-Saint-Jean, renaît non pas de ses cendres, mais de son sable: les Israéliens déga- gent en effet cette ville qu’avait enfouie au XVIIIe siècle un conquérant arabe pour y construire sa propre ville.
On «descend» donc en quelque sorte dans l’ancienne ville des croisés et on est ébloui par une succession de salles, celles des Cérémonies, des Prisonniers, des Cheva- liers. Dans cette dernière, d’immenses piliers circulaires supportent des voûtes majestueuses.
On distinguera là quelques fleurs de lys, qui, dit-on, auraient inspiré aux rois de France le symbole de leur royaume.
Une fois dans la crypte, la visite est loin d’être termi- née: un long boyau, taillé dans le roc, aux plafonds soutenus par des étais, s’étire: c’était là un passage secret pour les défenseurs de la forteresse. Qui l’emprunte atteint ainsi le Hammam El-Basha. En s’y laissant enfermer (contre rétribution), on se fera raconter les bains au temps de l’époque ottomane: la construction de l’édifice remonte en effet au XVIIe siècle, ce que la qualité de la restauration ne laisse pas deviner au premier coup d’œil.
Akko envoûte. Mais cette ville qui conserve l’apparence d’une vieille ville, et où beaucoup de restauration reste à faire, notamment dans l’ancien caravansérail, majestueux destiné à se transformer d’ici peu en hôtel de luxe, n’est pas le seul endroit de la région à visiter.
Cité baha’ie
Ainsi, Haïfa, ville d’abord industrielle, avec son grand port commercial et sa population dense, contient un site unique. À l’est du quartier allemand, quartier construit lors d’un exode des années 1920 et aux maisons fort belles, sur les flancs du mont Carmel, un grand jardin, toujours magnifiquement entretenu, contient sur l’un de ses paliers un temple bahaï: ici est enterré un des deux fondateurs de ce culte. Vu en perspective plongeante, ce site ne détonne pas seulement par son vert et son ocre, des céramiques fine- ment arrondies marquant l’espace, mais aussi par la vue qui donne sur toute la côte méditerranéenne. D’ailleurs, certains poursuivront leur parcours en se promenant dans les hauteurs découvrant à chaque détour un nou- veau panorama: ils s’arrêteront d’ailleurs à l’église et au monastère des Grands Carmes, dont l’implantation remonte au XIIe siècle. Les autres, ceux qui retourneront sur la côte, devront s’attendre, via de beaux quartiers, à une descente impressionnante.
Chez le baron
Quoi qu’il en soit, on trouvera, vers le sud, un petit village qui vaut le détour, à tout le moins le temps d’une halte. Et si ce moment d’arrêt coïncide avec la fin de semaine pour les Israéliens, il y aura foule.
Zikhron Ya’acov a une rue piétonne à saveur fortement touristique: boutiques, restaurants, galeries d’art s’y succèdent, donnant le goût de musarder. Et la relative fraîcheur du lieu — nous sommes à flanc de colline — explique sans doute pourquoi, au milieu du XIXe siècle, le baron Rothschild choisit cet endroit pour y installer vignobles et autres cultures. Son retour en «terre promise» a permis à la Palestine du temps de faire revivre la culture de la vigne, que mille ans de présence arabe avaient mise au ban.
Aussi, après s’être sustenté, on s’arrêtera volontiers dans l’une ou l’autre exploitation vinicole: si la Carmel Vinery y est présente, elle n’est pas la seule. Et, dans tous les cas, quelques grands crus se laissent boire en dégustation: plus d’un visiteur se fera d’ailleurs convaincre de ne pas repartir les mains vides...
Et dire que tout cela peut se visiter, quand la saison le permet, en faisant à l’occasion une pause pour la baignade: la plage Argaman à Akko s’avère d’ailleurs fort invitante.
Si cela était possible, on aborderait Akko par la mer, pour voir depuis les flots son imposant port et sa forteresse. On débarquerait ainsi en un lieu aux airs résolument méditerranéens rappelant le village crétois de Chania ou la sicilienne Cefalu.
De là, l’Occidental plongerait dans le souk de la vieille ville, à l’atmosphère orientale, persuadé de se retrouver sur un autre continent, au cœur d’une autre civilisation.
Ville souterraine
Mais ce n’est pour cela qu’on vient à Akko. On s’y arrête pour sa ville souterraine. Ici, au temps des croisades, un autre Occidental, qui plus est un chrétien, a lui aussi construit une forteresse et une place forte. Or, du temps où la ville était musulmane, de tout cela, il ne restait plus de traces.
Aujourd’hui, toutefois, une ville souterraine, l’ancien quartier des Hospitaliers-de-Saint-Jean, renaît non pas de ses cendres, mais de son sable: les Israéliens déga- gent en effet cette ville qu’avait enfouie au XVIIIe siècle un conquérant arabe pour y construire sa propre ville.
On «descend» donc en quelque sorte dans l’ancienne ville des croisés et on est ébloui par une succession de salles, celles des Cérémonies, des Prisonniers, des Cheva- liers. Dans cette dernière, d’immenses piliers circulaires supportent des voûtes majestueuses.
On distinguera là quelques fleurs de lys, qui, dit-on, auraient inspiré aux rois de France le symbole de leur royaume.
Une fois dans la crypte, la visite est loin d’être termi- née: un long boyau, taillé dans le roc, aux plafonds soutenus par des étais, s’étire: c’était là un passage secret pour les défenseurs de la forteresse. Qui l’emprunte atteint ainsi le Hammam El-Basha. En s’y laissant enfermer (contre rétribution), on se fera raconter les bains au temps de l’époque ottomane: la construction de l’édifice remonte en effet au XVIIe siècle, ce que la qualité de la restauration ne laisse pas deviner au premier coup d’œil.
Akko envoûte. Mais cette ville qui conserve l’apparence d’une vieille ville, et où beaucoup de restauration reste à faire, notamment dans l’ancien caravansérail, majestueux destiné à se transformer d’ici peu en hôtel de luxe, n’est pas le seul endroit de la région à visiter.
Cité baha’ie
Ainsi, Haïfa, ville d’abord industrielle, avec son grand port commercial et sa population dense, contient un site unique. À l’est du quartier allemand, quartier construit lors d’un exode des années 1920 et aux maisons fort belles, sur les flancs du mont Carmel, un grand jardin, toujours magnifiquement entretenu, contient sur l’un de ses paliers un temple bahaï: ici est enterré un des deux fondateurs de ce culte. Vu en perspective plongeante, ce site ne détonne pas seulement par son vert et son ocre, des céramiques fine- ment arrondies marquant l’espace, mais aussi par la vue qui donne sur toute la côte méditerranéenne. D’ailleurs, certains poursuivront leur parcours en se promenant dans les hauteurs découvrant à chaque détour un nou- veau panorama: ils s’arrêteront d’ailleurs à l’église et au monastère des Grands Carmes, dont l’implantation remonte au XIIe siècle. Les autres, ceux qui retourneront sur la côte, devront s’attendre, via de beaux quartiers, à une descente impressionnante.
Chez le baron
Quoi qu’il en soit, on trouvera, vers le sud, un petit village qui vaut le détour, à tout le moins le temps d’une halte. Et si ce moment d’arrêt coïncide avec la fin de semaine pour les Israéliens, il y aura foule.
Zikhron Ya’acov a une rue piétonne à saveur fortement touristique: boutiques, restaurants, galeries d’art s’y succèdent, donnant le goût de musarder. Et la relative fraîcheur du lieu — nous sommes à flanc de colline — explique sans doute pourquoi, au milieu du XIXe siècle, le baron Rothschild choisit cet endroit pour y installer vignobles et autres cultures. Son retour en «terre promise» a permis à la Palestine du temps de faire revivre la culture de la vigne, que mille ans de présence arabe avaient mise au ban.
Aussi, après s’être sustenté, on s’arrêtera volontiers dans l’une ou l’autre exploitation vinicole: si la Carmel Vinery y est présente, elle n’est pas la seule. Et, dans tous les cas, quelques grands crus se laissent boire en dégustation: plus d’un visiteur se fera d’ailleurs convaincre de ne pas repartir les mains vides...
Et dire que tout cela peut se visiter, quand la saison le permet, en faisant à l’occasion une pause pour la baignade: la plage Argaman à Akko s’avère d’ailleurs fort invitante.







