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Au coeur de la ville trois fois millénaire

23 mars 2013 | Normand Thériault | Voyage
L'entrée de la ville par la porte de Jaffa<br />
Photo : L'entrée de la ville par la porte de Jaffa
Ce texte fait partie d'un cahier spécial en tourisme.
C’est l’une des plus vieilles villes du monde. Elle raconte à elle seule l’histoire du monde chrétien. Et si elle est du Moyen Âge, elle est aussi du temps d’Hadrien, l’empereur romain. Mais elle est aussi pour toute une nation LA ville, celle de ses rois, de ses prophètes et de ses temples. Bienvenue à Jérusalem, d’où Mahomet s’envola pour son dernier séjour, éternel celui-là.


Nous sommes sur une grande place à l’espace ouvert. Devant nous défilent des groupes dansant et chantant au son des tambours. À notre question, il nous est répondu qu’en ce jour radieux, et ce, même si on n’est point au temps des vacances scolaires, se déroulent pas moins de quarante (!) bar-mitsva, cette cérémonie par laquelle les juifs soulignent le passage de l’adolescent à l’âge adulte. Et ces groupes endimanchés, dont les femmes portent de longues robes et les hommes arborent chemise blanche et costume noir, plus d’un, la quasi-majorité en fait, sont venus des États-Unis, rien de moins. (Il fallait voir, ce matin-là, des familles entières attablées à l’hôtel David Citadel, de la grand-mère au petit dernier: quand on sait le tarif demandé pour une chambre, on se dit que l’investissement pour une telle fête doit valoir un tour du monde en croisière.)

Bienvenue au centre religieux du monde juif. Nous sommes en face du mur des Lamentations, ultime relique de l’antique esplanade que fit construire Hérode le Grand pour y ériger le Temple, sur le site où Dieu aurait fait alliance avec Abraham, là où Salomon avait déjà construit un lieu de culte.

Par la grande porte

La Vieille Ville de Jérusalem a des limites bien précises, car elle est ceinte de murailles. Et si, dès la première porte franchie, normalement celle de Jaffa, on débouche déjà sur une petite place, il faut la visiter quartier par quartier.

L’arménien d’abord, résidentiel, à droite de notre porte, derniers vestiges de la première communauté, pour ne pas dire nation, à s’être convertie au christianisme (c’était en 300). Puis, à gauche, déjà des dédales, s’étend le quartier chrétien, de foi orthodoxe. Lorsqu’on arrive dans le coin le plus oriental de la Vieille Ville, nous sommes dans le quartier arabe, dont les rues sont de véritables souks aux espaces couverts: c’est aussi ici que défileront les chrétiens de toutes obédiences lors des célébrations de Pâques. Enfin, un dernier quartier, qui détonne par sa «nouveauté» : le quartier juif, maintenant    reconstruit, après que la légion arabe l’eut rasé durant la guerre de 1948.

Dans l’histoire

Ici, les monuments défilent: l’église du Saint-Sépulcre, la tour de David, les quatre synagogues séfarades, le mur lui-même et la grande mosquée au dôme doré, le fameux Dôme du Rocher.

Et aussi, pour ne pas dire surtout, l’esplanade du Temple et ses fondations. Y pénétrer, c’est découvrir une ville souterraine, faite d’anciennes citernes et de lieux multiples, là où on longe l’ancien mur aux pierres de taille, datant d’Hérode le Grand, dont une ligne droite, souterraine, fait pas moins de 480 mètres.

Et c’est là que sera racontée au visiteur une autre histoire de Jérusalem, d’où il ressortira que la ville, au temps où Jésus y séjournait, se retrouvait 7 mètres plus bas
qu’aujourd’hui. Il pourra voir les strates d’accumulation qui témoignent qu’ici, il y eut des croisés, des Ottomans, des chrétiens, des Arabes et des Juifs. Et des Romains: les dernières fouilles et travaux archéologiques ont ainsi fait surgir du sol la zone du Cardo, cette ancienne voie romaine qu’Hadrien avait fait paver, colonnades, marchés et habitations s’y succédant, pour traverser la ville de la porte de Jaffa à celle de Damas.

S’y retrouver

Ville de dédales, de lieux chargés d’histoire, la Vieille Jérusalem ne se laisse pas découvrir sans peine, car il est facile de s’y égarer, de tourner vers l’ouest quand on vou- drait aller vers l’est. Ou on s’y perd, pour le plaisir d’y errer, ou on prend guide, pour y faire une visite rationnelle. Dans tous les cas, dans la zone arabe, il sera difficile d’éviter de s’arrêter, soit devant une boutique, quitte à y pénétrer, soit pour s’attabler, le temps de boire un jus de grenade fraîchement pressé.

Pour se retrouver face au mur, il faudra se tourner vers l’est. Sur place, on pourra profiter des connaissances d’un expert sur ce lieu, comprendre que ce n’est pas sans raison qu’un des derniers lieux d’habitation actuellement en cours de réalisation a été commandé par une personnalité bien connue à Montréal: Moishe Safdie se fait construire une résidence dont la baie vitrée permettra de jeter un regard sur cet ensemble, cette ville multimillé- naire, sainte pour les trois grandes religions que le Moyen-Orient a données au monde.
 
 
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