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    Une femme et son rosé

    Dans un village du Gard provençal, une ancienne infirmière de l’hôpital Sainte-Justine cultive sa passion du vin

    10 novembre 2012 |Carolyne Parent | Voyage
    Carole Leblanc et une cliente, dans son caveau du Domaine des Cabotines, à Collias.
    Photo: Carolyne Parent Carole Leblanc et une cliente, dans son caveau du Domaine des Cabotines, à Collias.

    Elle vit dans un beau coin de pays. Elle a Jean-Louis Trintignant pour voisin — ou presque. Elle concrétise un vieux rêve : élaborer ses propres vins. Décidément, Carole Leblanc a bien de la veine ! Elle n’a surtout pas froid aux yeux : imaginez, exercer le métier de vigneronne chez les Français…


    Depuis 2005, la native de Saint-Eustache et sa complice, Jo Befort, une vétérinaire originaire d’Alsace, exploitent le Domaine des Cabotines à Collias, un petit village gardois situé entre Uzès et le Pont du Gard.


    « C’est un projet qui a mûri doucement, longtemps, et qui a pris forme au tournant de la quarantaine, raconte-t-elle. Je me suis dit que, si tout allait bien, il me restait autant d’années à vivre que j’en avais vécu et qu’il était temps de réaliser mon rêve. »


    Alors installée à Strasbourg, l’infirmière prend une année sabbatique et se met en quête d’une parcelle de terrain à acquérir. « Nous nous sommes vite aperçues qu’un budget de 150 000 euros, en Alsace, c’était rien du tout ! », dit-elle.


    Son projet d’acquisition mis en veilleuse, elle réalise plutôt deux longs stages dans des propriétés viticoles, dont un au château de Nages, ici, dans le Gard. Sur les hauteurs de Collias, elle trouve quatre hectares de vieilles vignes, composés des cépages grenache, syrah et cinsault, qu’un « grand-père » voulait vendre. En face de la mairie, elle déniche ensuite une grange de 200 ans, dotée d’une cave de vinification. Il ne restait plus qu’à déménager, à restaurer le bâtiment et à apprendre à conduire un tracteur !


    « Le Domaine est une affaire de pur plaisir. Comme nous louons le bâtiment, nous n’avons pas la pression d’un poids financier. Si nous ne vendons pas notre vin, ce n’est pas grave, nous le boirons ! », explique la blonde vigneronne, également sommelière.


    Entre deux visites chez ses patients, l’infirmière taille ses vignes bios, veille sur ses cuvées, reçoit les clients dans son caveau et anime des ateliers de dégustation. Son métier premier lui a d’ailleurs permis de bien s’intégrer à la communauté. « En tant qu’infirmière, j’ai tissé des liens avec les villageois, qui nous ont bien accueillies, même si au début ils étaient incrédules par rapport à notre projet. Et puis, le travail de vinification s’apparente à celui d’infirmière. Le matin, je prends la température de mes “ patients ”, mes cuves, et s’il y a un problème, j’appelle le “ docteur ”, un pro ! »


    Carole Leblanc élabore quatre bons vins de pays des Coteaux du Pont du Gard aux noms en forme de clins d’oeil au monde de la santé : un rosé, Si… rose, et trois rouges, dont Les Dames d’Épicure et Liberté de panser, oups, de pensée (tiens, ce pourrait être le vin mascotte du Devoir !). Quant à la signature visuelle du Domaine, en forme de spirale, « elle rappelle la maison de l’escargot parce que… on en bave ».


    Car faire du vin n’est pas de tout repos, on s’en doute. « Ici, le respect vient avec l’effort et le travail. Ce sont les valeurs du monde agricole, super macho. Alors, qu’on commence à parler de moi et de mes vins est une sorte de reconnaissance qui fait plaisir », dit-elle.


    Au fait, vous le croisez parfois, Jean-Louis Trintignant ? « Mais bien sûr : je lui fais ses piqûres et il me donne des bouteilles de son domaine, Rouge garance ! »


    De la veine, disais-je.

     

    Renseignements: domainelescabotines.fr, tourismegard.com.

    ***

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