Long-courrier - 1er septembre 2012
Berlin en septembre
Nous allons à Berlin en septembre et nous serons à l’hôtel Pullman pour cinq nuits. Nous aimons la bonne bouffe et les bons bistros, le magasinage (ma femme) sur la rue Ku’dam et le domaine artistique (galeries et musées). Bien sûr, nous avons regardé les guides mais nous aimerions avoir vos conseils pour ne rien manquer dans ces domaines.
Pierre Nolin, Montréal
Il n’y a pas ein Berlin, mais des Berlin. Le Berlin de Charlottenburg, qui se stabilise dans sa bourgeoisie tout le long des magasins du Kurfürstendam ainsi que dans la perpendicularité de ses artères. Terrasses italiennes et françaises pour le plaisir du palais, magasins de décoration avec tendances italo-aryiennes, un fameux mélange entre la cafetière Zanussi et le sofa Bauhaus.
Les élégantes courent les cinq à sept, qui sont en fait des deux à neuf, là où on refait le monde ou sa vie devant un cappuccino ou une pâtisserie crémeuse. La bière est plutôt réservée aux étudiants ou aux traîneux des quartiers underground… Maxipintes de bière et saucisses multisaveurs étant au programme des bancs de bois qui découpent la rue…
Berlin change chaque jour depuis que ce fameux mur est tombé… Il a fallu dire à ceux de l’Ouest que le gâteau berlinois devait se partager. Il a fallu expliquer à ceux de l’Est que le mur était vraiment un mauvais souvenir et qu’on pouvait dépenser de l’autre côté de la porte de Brandebourg. Et ce n’est toujours pas évident… Car l’Ouest est resté l’Ouest, avec ses dorures et sa consommation tout-terrain, tandis que l’Est est devenu underground, décalé, branché, excentré… mais en phase avec l’avenir qui se tricote en mailles parfois rebelles.
Comment échapper à L’UFA Circus, dont le directeur s’appelle Youpi, véritable mascotte d’un projet urbano-écologico-théâtral ? Un village de saltimbanques élevés dans le mythe de la luzerne, de Brecht et des enfants. Cela donne une école du cirque juvénile qui prend les dérives du trampoline et de l’après-guerre pour expliquer les modernités ambiantes.
Et puis le Mitte, l’ancien Berlin-Est… Des quartiers encore ravagés par les squatters, les punks avec ou sans pitous, les terrasses à idéologies variables. Pour chaque maison rénovée apparaissent un magasin de design, un magasin de disques et un resto bon chic bon genre. À côté de la synagogue revampée, un restaurant kasher new look est devenu un must nocturne.
En face, une façade encore défoncée par les obus, des graffitis porno-réalistes, le chalumeau d’un sculpteur… Dans cet édifice qui ressemble aux cartes postales de Berlin en 1944, après les bombardements, on retrouve tout ce qui existe en alternatif : un cinéma, un théâtre, quatre ou cinq bars, un coiffeur et une crêperie.
Si vous vous demandez à quoi ressemble une crêperie alternative, c’est une roulotte pendue dans un demi-sous-sol qui fait dans la farine de sarrasin, avec saucisses grillées sur fourneaux sordides. La musique qui s’échappe du four est un hard-techno de la meilleure cave à bière et la fille qui sert a beaucoup plus de boucles d’oreilles sur son visage que tout un stand de bijoux au coin de Peel et Sainte-Catherine.
Pour visiter Berlin, qui s’étend sur de nombreux kilomètres, une carte de touriste permet de prendre le bus, le tramway et le train pendant trois jours. C’est la Welcome Card, qui couvre également la ville de Postdam, avec réductions dans les musées, aux attractions et aux shows présentés dans la ville.
Pour des magazines qui surfent sur la culture locale (shows, expos, underground, musées, etc.), Zitty et Tip sont les mieux conçus… Sergej fait quant à lui dans l’info gay.
Pour la bonne bouffe, je vous guiderai sur le site de Lonely Planet.
Même si vous êtes au Pullman, je conseille un hôtel un peu surréaliste à Berlin, l’Askanisher Hof Berlin, sur le Kurfürstendamm, au n°53, avec quelques chambres d’une grandeur déconcertante dans un ensemble Art Déco du meilleur goût. L’accueil d’Eva ne laisse rien au hasard, les petits-déjeuners sont somptueux sur fond de musique classique et la literie a accueilli Bergman Ingrid, Fellini Federico, Deneuve Catherine et Mastroianni Marcello.
Dans le sud de la France
Je viens de m’abonner au Devoir juste pour votre chronique, que je lisais toutes les semaines. Je me disais que le jour où ce sera mon tour de partir en voyage, je n’aurai qu’à consulter toutes vos chroniques sur l’endroit à visiter et que le tour serait joué. Malheureusement, je n’ai pas vraiment le pouce techno et je suis incapable d’avoir accès aux chroniques passées et à vos conseils concernant le sud de la France, et principalement des villes comme Annecy, Lyon, Montpellier, Aix, Marseille, etc.
Nous avons l’intention de vagabonder dans le sud du pays durant au moins trois semaines en septembre prochain (d’où le départ précipité). Pouvez-vous m’indiquer quelles ont été les chroniques que vous avez écrites sur ces sujets ? En ce moment, je ne peux que défiler l’entièreté des textes du 22 août et avant.
Nous sommes un couple dans la mi-soixantaine et mon mari fait du parapente. Nous souhaitons d’ailleurs séjourner à Annecy principalement pour cette raison. Un petit appartement pas cher à Annecy serait le bienvenu.
Ginette, Québec
À Annecy, vous trouverez de petits appartements à votre goût sur ce site. Plus vous êtes sur les canaux, plus c’est cher. Plus vous êtes vers les pentes de parapente, plus c’est abordable. Un bon club, les Passagers du Vent, sur les sites de Talloires et La Forclaz.
Pour ce qui est des chroniques passées sur Aix, Marseille, Lyon et Montpellier, consultez mon blogue.
À suivre
La promotion d’Air France offre jusqu’au 18 septembre des voyages à partir de 799 $ pour un départ entre le 11 septembre 2012 et le 18 juin 2013. En classe Voyageur (économique), la France, l’Espagne, la Turquie, la Tunisie, le Portugal et la Russie sont proposés à compter de 799 $. Parmi les autres destinations offertes figurent le Liban et Israël à 999 $, ainsi que l’île Maurice à 1299 $. En classe Premium Voyageur, qui propose 40 % plus d’espace que la classe économique et une franchise de deux bagages de 23 kilos, les mêmes billets sont offerts avec un supplément de 225 $ par portion aller ou retour.
Les réservations peuvent être effectuées sur le site Internet du transporteur (air france.ca), par l’intermédiaire de son centre de réservations (1 800 667 2747) ou dans les agences de voyages. Ces tarifs sont valables pour les départs de Montréal, Toronto et Ottawa. Ils sont également disponibles pour les vols en Airbus A380 de Montréal les lundis, mercredis, samedis et dimanches jusqu’au 27 octobre 2012. À bord, le repas, le petit-déjeuner ou la collation ainsi que les boissons avec ou sans alcool sont gratuits dans toutes les classes de voyage.
Bonnes adresses
Je suis une fidèle lectrice du Devoir et je ne rate pas vos chroniques hebdomadaires. J’ai donc le goût de vous faire part de mon récent coup de coeur, mon séjour en Toscane en mai dernier, plus spécifiquement à Montalcino, au sud de Sienne, et ce, en compagnie d’un ami amoureux de l’Italie. La réalisation d’un vieux rêve, un séjour campagnard en Toscane. Nous avons opté pour un pied-à-terre, donc la location d’un appartement et d’une voiture pour rayonner.
Le critère de choix du logement a été un village de moins de 5000 habitants. Nos recherches sur Internet nous ont conduits à l’Agritorismo La Casella. Ce qui est indiqué sur le site est tout à fait conforme à la réalité. Un endroit paradisiaque réunissant la splendeur de la campagne toscane — un vignoble à notre droite, au pied du village et surplombant la vallée sur notre gauche.
La propriétaire, Marcella, est aux petits soins avec ses locataires (trois appartements disponibles) tout en étant respectueuse de notre vie au quotidien. Le soir, on retrouve dans notre logement un panier d’osier avec le petit-déjeuner du lendemain, incluant des oeufs frais des poules à proximité. Ce lieu est à 500 mètres du village. À pied, nous y accédons par un sentier aménagé.
Le village est des plus sympathiques, comme plusieurs de ceux-ci en Toscane. Le Fiaschetteria caffe 1888 est un incontournable de ce lieu. Nous y avons été tout de suite bien accueillis, de sorte que ce café est devenu notre point de chute quotidien. Il y a un restaurant offrant une vue imprenable sur la vallée, L’Osticcio, et un autre, plus modeste, dans un sous-sol, mais dont la table est fréquentée par des habitués, L’Osteria di Porta Al Cassero. Inspirés par un article de Nicole Pons paru dans Le Devoir du 10 mars 2012, nous sommes allés dîner à La Taverna di San Giuseppe, à Sienne. J’ai mangé là un carpaccio de vitello qui me fait encore saliver tellement il fondait dans la bouche.
En terminant, un mot sur la conduite automobile en Toscane. C’est certain qu’il faut être un tantinet rapide sur la gâchette et ne pas craindre la conduite manuelle dans les côtes de la région, ainsi que les virages accentués. Mais une fois ces éléments apprivoisés, c’est un délice que de découvrir cette partie magique de la Toscane qu’est le val d’Orcia. Et si vous constatez des égratignures de chaque côté de la voiture, inutile d’aller faire un constat d’assurances chez les carabiniere : on vous dira que c’est la normalité des choses en Italie.
Marie Josée Champagne, Trois-Rivières
Des dates précises?
Certaines de vos questions précisent des dates de départ et de retour. Dorénavant, je ne citerai que votre prénom et votre ville pour ce genre de demandes. Des lecteurs me faisaient remarquer que les voleurs ont tout le temps pour chercher où aller dérober votre géranium ou votre télé le temps d’un séjour…
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Pour vos questions, bonnes adresses, découvertes, trucs, envies, bons et mauvais souvenirs de voyage: lkiefer@ledevoir.com. Pour mon blogue: ledevoir.com/liokiefer.








