Les boucanières de Cap-Pelé
Le littoral acadien du Nouveau-Brunswick présente une variété d’attraits appréciés en été : le parc de Kouchibouguac, les dunes de Bouctouche, le pays de la Sagouine, le parc provincial de la plage Parlee à Shédiac et la plage de l’Aboiteau de Cap-Pelé sont incontournables de l’Acadie touristique. Si Shédiac détient le titre de capitale mondiale du homard, Cap-Pelé revendique le même pour les boucanières.
Adjacent au centre d’information destiné aux visiteurs de Cap-Pelé, le Musée des boucanières explique l’évolution de l’industrie du hareng fumé au fil de l’histoire, avec de photos, de vieux outils, des panneaux d’interprétation et divers équipements Aujourd’hui, 21 boucanières sèchent et fument toujours le hareng, aliment consommé et particulièrement prisé sur les marchés d’exportation d’Haïti et de la République dominicaine.
Au total, la région de Cap-Pelé fournit 95 % de la production canadienne de harengs boucanés. Les retombées économiques de cette industrie traditionnelle sont dignes de mention : deux millions de boîtes de harengs produites par année, pour une valeur estimée à 40 millions de dollars et 900 emplois à temps partiel. Une contribution significative à la vitalité économique de Cap-Pelé et de la communauté rurale de Beau-Bassin-Est, deux villages du coeur de l’Acadie.
Le hareng est généralement trempé dans une saumure durant cinq à six jours. Après quoi il sera dessalé et suspendu sur des cannes pour sécher. Il demeurera ensuite accroché au-dessus des feux dans la boucanière pendant cinq à six semaines. Le poisson fumé sera finalement fileté ou laissé entier, avant d’être empaqueté dans des boîtes de bois ou de carton pour la vente et l’exportation.
Le savoir-faire des Acadiens de la région de Cap-Pelé leur est propre. Toutefois, ce sont des « boucaneux » de l’île de Grand Manam, dans la baie de Fundy et de Shemogue, non loin de Cap-Pelé, qui leur ont enseigné les techniques de production commerciale du fumage du hareng, de 1915 à 1920. Cette méthode traditionnelle était en usage pour préserver la viande et le poisson sur les fermes.
Ces petites boucanières domestiques comblaient les besoins de la famille. La pratique privée finit par se développer dans une activité commerciale importante. La façon de faire des familles acadiennes serait vraisemblablement inspirée des techniques française et amérindienne du fumage des poissons.
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