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    Des panoramas terre-mer uniques

    2 juin 2012 |Nicole Pons | Voyage
    Le fjord du Saguenay s’étend sur plus de 100 kilomètres de splendides paysages.
    Photo: Nicole Pons Le fjord du Saguenay s’étend sur plus de 100 kilomètres de splendides paysages.
    Du fjord du Saguenay, qui étend ses 106 kilomètres de splendeurs naturelles, au bucolique lac Saint-Jean, grand comme une mer intérieure de 1000 kilomètres carrés, la région offre autant d’immenses espaces que de panoramas uniques. Avec l’omniprésence de l’eau qui a joué un rôle essentiel dans son développement.

    Plongeant ses fondations dans la rivière et bien accroché au rocher, le bâtiment 1912 de La Pulperie de Chicoutimi a résisté aux flots déchaînés du déluge de 1996, qui l’ont laissé très amoché, mais debout. Avec ses complices, les bâtisses 1903, 1913 et 1921, c’est le témoin du riche passé industriel de la ville sur le site de l’ancienne usine de pulpe entièrement restauré et reconverti en lieu historique.


    Le voyage interactif qui commence en 1896 nous emmène, du parcours d’interprétation, dans le parc, à l’exposition permanente La main à la pâte, revivre l’épopée de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi grâce au multimédia, aux photos, objets et films promotionnels d’époque.


    Dans le bâtiment 1921, un ancien atelier de réparation mécanique grand comme une cathédrale, on retrouve le fondateur Joseph-Dominique Guay et son associé Julien-Édouard-Alfred Dubuc. Profitant de l’essor industriel de la fin de XIXe siècle, du besoin croissant de papier journal et d’importantes ressources locales, l’eau et le bois, ils créent un empire qui emploiera jusqu’à 2000 ouvriers. Mais lorsque la conjoncture change, à partir de 1925, la chute sera brutale.


    Un autre espace est consacré à Arthur Villeneuve, figure locale marquante. On y trouve la maison qu’il avait entièrement peinte en 1957-58 de scènes relatant l’histoire de la région et truffées de petits détails parfois insolites. Pour la déménager dans le musée, en 1994, et l’y faire entrer en un morceau, il a fallu démolir un mur en pierre du bâtiment 1921 ! La nouvelle exposition Arthur Villeneuve, loin d’être naïf ! rappelle les événements importants de la vie de cet artiste hors normes à l’imaginaire foisonnant, qui a aussi réalisé 4000 tableaux et 2000 dessins.


    En ce matin ensoleillé, nous embarquons sur le Marjolaine II de la compagnie Les Croisières du Fjord, pour une croisière-excursion. Le quai de Bagotville (La Baie) a été réaménagé en 2009 pour accueillir les grands paquebots internationaux. Le Queen Mary II pourrait y accoster. Le coût des travaux, incluant un pavillon d’accueil, le quai, le village portuaire qui sera terminé en 2013, dépassera 50 millions.


    Cap sur la perle du fjord : Sainte-Rose-du-Nord. Formé dans une faille de l’écorce terrestre, le fjord du Saguenay offre une succession de paysages époustouflants, sauvages comme au premier jour. D’imposantes falaises le bordent par endroits, se prolongeant à la verticale sous l’eau, et des murailles de pierre, comme les caps Éternité (454 mètres) et Trinité (411 mètres).


    Pas de hauts fonds ni de rochers, mais une extraordinaire voie de communication d’une profondeur moyenne de 260 mètres, navigable sur toute sa longueur (106 kilomètres) et sa largeur. Déjà, les Amérindiens l’utilisaient il y a 5000 ans. On a trouvé des traces de bourgades à l’Anse-à-la-Croix.


    Blotti au pied de la montagne, Sainte-Rose-du-Nord (450 habitants), ancien village de bûcherons, est formé de plusieurs anses. Ce petit joyau de 119 kilomètres carrés se découvre dans l’écrin du belvédère que le maire Laurent Thibeault a fait installer sur une colline à 250 mètres d’altitude.


    Comme en avion : 20 kilomètres de fjord à perte d’horizon ! Redescendus sur terre, nous goûtons au bonheur sur le sentier pédestre longeant le fjord et louons les fidèles qui sauvèrent les meubles artisanaux de l’église en feu en 1988. Ils trônent dans la nouvelle église.


    Le Musée du Fjord, en pleine restructuration à La Baie, propose une approche scientifique du patrimoine naturel et historique. L’aquarium géant de 10 mètres de long contient 53 500 litres d’eau salée où vivent 18 espèces marines de fond et des invertébrés dans les conditions du fjord : même température, même salinité. Raie épineuse, morue franche, plie canadienne, plie rouge…


    À ce laboratoire vivant s’ajoute un bassin de manipulation avec 11 espèces telles que les oursins verts et les anémones plumeuses. L’écosystème du fjord du Saguenay est exceptionnel. L’eau douce arrivant du lac Saint-Jean via la rivière Saguenay circule en surface ; dans l’autre sens, au fond, l’eau salée venant du Saint-Laurent occupe 97 % du volume.

     

    Plus de 60 espèces de poissons d’eau douce et salée y vivent, chacune dans son milieu.


    Dès le 23 juin, un spectacle multimédia unique au monde en Free D, cette nouvelle technologie immersive, prendra l’affiche : Voyage au coeur du fjord du Saguenay. Aussi, une nouvelle exposition présente l’histoire régionale, de la colonisation à la génétique des populations, sous l’éclairage scientifique du fichier Balsac, une banque de données informatisées constituée par l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) d’après les actes de l’État civil du Québec.

     

    Paradis sur fjord


    Perché sur un banc du parc, Sortilège, le grand duc d’Amérique mascotte du Centre d’interprétation des battures et de réhabilitation des oiseaux de Saint-Fulgence (CIBRO), nous épie d’un regard perçant. Recueilli après la destruction de son nid et ne pouvant être relâché car imprégné par l’humain, il a trouvé son paradis sur le Cap des Roches dominant la batture. À la limite entre la rivière Saguenay et le début du fjord, dans un paysage à faire rêver plus d’un oiseau, le CIBRO a été fondé en 1991 grâce au vétérinaire Yves Dubord et à la municipalité. Sa mission : mise en valeur, préservation, interprétation, sauvegarde de la diversité biologique de l’habitat faunique de la batture et réhabilitation des oiseaux sauvages blessés, malades ou orphelins.


    Amenés d’un peu partout, ces derniers sont soignés, puis relâchés si possible. Dans les 11 volières en forêt, plus de 100 pensionnaires, dont beaucoup d’oiseaux de proie, se replument à leur rythme : Toutou, femelle grand duc peureuse et agressive ; Éridou, crécerelle d’Amérique qui attrape des proies vivantes ; Woody, pic chevelu qui espère le retour à la vie sauvage… Parfois, même une fois relâchés, certains reviennent quémander leur nourriture, comme le corbeau Myrtille !


    La batture, longée par un sentier d’observation, compte 175 espèces de plantes et quelque 265 espèces d’oiseaux la fréquentent, dont le râle jaune et le bruant de Le Conte, rare au Québec.

     

    La vie dans les années 1920


    Imaginons un site en forêt proche du lac Saint-Jean, une rivière se précipitant de la montagne en une chute plus haute que celles du Niagara, l’essor industriel du début du XXe siècle. Le décor est planté. Pour les acteurs, prenons un visionnaire, Damasse Jalbert, qui se lance dès 1901 dans la construction d’une pulperie au pied de la chute Ouitachouan et d’un village pour loger les ouvriers et leurs familles, mais qui meurt en 1904, laissant son village-usine orphelin. Entre en scène, en 1907, le roi de la pulpe, Joseph-Édouard-Alfred Dubuc. Les ingrédients de la réussite sont réunis ; on exporte vers les États-Unis et la France.


    Val-Jalbert, qui comptera jusqu’à 950 habitants, se développe avec un plan d’urbanisme. Église, presbytère, mairie, couvent-école, poste, magasin général, boucherie, hôtel… Les rues ont des lampadaires et des trottoirs en bois. On fabrique sur place de l’électricité qui alimente les maisons (43 ans avant la nationalisation de l’électricité au Québec !), dotées aussi d’eau courante. Dans les années 1920, les ouvriers travaillent dur mais sont bien payés et jouissent d’un confort ultramoderne chez eux. Puis, les affaires vont mal et tout se fige en 1927.


    Aujourd’hui, Val-Jalbert est en effervescence. Malgré des restaurations après les années 60, il lui fallait un plan de revitalisation complet pour retrouver sa notoriété. Infrastructure, interprétation, offre touristique… Le coût de la renaissance s’élève à 19,7 millions. Nous y vivrons pendant 24 heures une expérience de la vie en 1920 (avec l’apport des technologies actuelles), car nous avons choisi de manger et dormir sur place.


    Après avoir arpenté les rues à pied et en trolleybus, grimpé sur la colline, vu les maisons, le magasin général, l’école et le vieux moulin entièrement restauré, rencontré moult personnages d’époque hauts en couleur et après nous être fait arroser sur la spectaculaire plateforme en verre s’avançant dans la chute maintenant illuminée le soir, au Restaurant du Moulin, le chef Carl Murray nous régale d’un souper à base de produits des fermes locales.


    Le dodo sera douillet dans une chambre aménagée avec raffinement à l’une des maisons d’époque transformées en hébergement, au style contemporain de standard international avec une touche des années 20. On fait de beaux rêves au pays des bleuets.

     

    En vrac


    La Pulperie de Chicoutimi, musée régional du Saguenay - Lac-Saint-Jean. Ouvert à l’année. 1 877 998-3100, pulperie.com.


    Musée du Fjord à La Baie. Ouvert à l’année. 1 866 697-5077, museedufjord.com.


    Croisières du Fjord. Jusqu’au 8 octobre. Départs de La Baie, Sainte-Rose-du-Nord, L’Anse-Saint-Jean, Rivière-Éternité et Tadoussac. 1 800 363-7248, croisieresdufjord.com.


    Centre d’interprétation des battures et de réhabilitation des oiseaux de Saint-Fulgence (CIBRO) à Saint-Fulgence. Ouvert tous les jours du 30 juin au 26 août ; le week-end jusqu’au 29 juin et du 27 août au 8 octobre. 418 674-2425, cibro.ca.


    Village historique de Val-jalbert. Ouvert jusqu’au 8 octobre. Forfaits incluant hébergement, souper et déjeuner. 1 888 675-3132, valjalbert.com.


    Bistro La Vieille Garde. Merlin Lambert, chef exécutif et propriétaire du premier bar à vin de Chicoutimi, marie les meilleurs produits frais, chanterelles sauvages, gourganes et agneau, à des nectars d’importation privée. Bonne idée : les demi-verres de vin. Ouvert à l’année. 418 602-1225, bistrolavieillegarde.com.


    Auberge de la Rivière Saguenay à La Baie. À flanc de rocher dominant le fjord, ce havre de paix offre un panorama grandiose. Pauline Gagnon et Léon Girard accueillent leurs hôtes en amis. Très impliqués dans le développement des entreprises locales et en écologie, ils nous régalent au souper et au déjeuner de délicieux produits des fermes environnantes. Ouvert à l’année. 1 866 697-0222, aubergesaguenay.com.


    Auberge des 21 à La Baie. Marcel Bouchard, chef d’orchestre de ce relais gourmand, fait valser produits maraîchers, herbes sauvages, gibiers et poissons boucanés dans une aventure gastronomique s’inspirant des traditions régionales et autochtones. Ouvert à l’année. 1 800 363-7298, aubergedes21.com.


    Resto-gîte Au Presbytère, à Sainte-Rose-du-Nord. Ouvert jusqu’au 8 octobre. Le chef français Sébastien Granet prépare de savoureuses spécialités le soir : tourtière saguenéenne, koulibiac de truite et oseille, mijoté d’agneau ; et poissons, pâtes, terrines le midi. 1 888 675-36-75, aupresbytere.com.


    Renseignements : Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, 1 877 253-8387, saguenaylacsaintjean.ca.


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    Collaboration spéciale

    Le fjord du Saguenay s’étend sur plus de 100 kilomètres de splendides paysages. <div>
	Le site Nouvelle-France à Saint-Félix-d’Otis.</div>
À La Baie, les devantures des boutiques sont fleuries par une artiste locale.
     
     
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