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Long-courrier - 31 décembre 2011

Lio Kiefer   31 décembre 2011  Voyage
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«Aïe! Je vais tomber!» C'est ce que me disait mon grand-père maternel quand je lui souhaitais la bonne année. Le passage des années lui faisait peur car, disait-il, il aimait trop vivre. Il pensait que les années ne doivent pas être souhaitées, mais devinées. Comme il était chef tribun syndicaliste d'obédience communiste, il haranguait les foules pour évoquer de meilleurs lendemains. Pour les masses laborieuses, il souhaitait ce que les masses voulaient. Pour lui et ses proches, il se méfiait ou avait carrément peur... Quand il décéda il y a quelques années, j'observai sa mise en terre et lui soufflai ces quelques mots: bonne année pépé!

J'avais envie de rire. Et envie de réfléchir. Est-ce que souhaiter la bonne année ce n'est pas un peu comme aller à un enterrement? On ne le fait pas complètement par obligation, mais par besoin, et par politesse. Voilà, j'ai trouvé: par politesse. Par peur de ne pas être poli.

On nous apprend la politesse, mais laquelle? Je ne sais pas. Je sais seulement que cela change au fil des siècles et selon les cultures.

On craint que l'impolitesse soit synonyme de chienlit, d'anarchie. Je ne le crois pas. Pinochet, Hitler, Mussolini, Napoléon, César, Poutine, Bush, Ben Ali ou Thatcher sont ou étaient des personnes très polies (je ne compare pas les destins, mais la politesse). Alors que mère Teresa, Falardeau, Miron, Sartre, Céline, Marie Curie n'étaient pas d'une politesse légendaire. Au contraire!

Cela me rappelle mon prof de philo, qui un jour m'avait jeté à la tête une copie sur les bienfaits de la philosophie allemande au XIXe siècle en criant: «Ça, c'est vulgaire!» À la fin du cours, je m'étais penché sur son bureau et lui avais dit: «Ce n'est pas vulgaire, M. Lozach, c'est grossier.» La semaine suivante, le sujet du cours de philo avait été: vulgarité ou grossièreté...

Tout cela pour vous dire que la politesse, comme la docilité des moutons suiveurs, est une valeur marketing prisée par les puissants, ou ceux qui veulent le devenir...

«Bonne année!», c'est poli et convenu. «Bonne pioche!», c'est impoli? Alors, bonne pioche tout le monde!

Les bonnes adresses

Tout d'abord, joyeuses Fêtes, M. Kiefer.

En réponse à la question de M. Richard Vanasse la semaine dernière sur les chambres abordables à Avignon, je recommande le petit hôtel Monclar situé à deux pas de la gare d'Avignon centre, qu'on atteint en un peu plus d'une heure par le train en provenance de la gare de Marseille Saint-Charles (un aller: 14 euros en septembre dernier); il y a quelques départs le matin entre 7h et 9h. Cet hébergement est aussi à deux pas du mur de la Cité des papes.

Même si la façade de l'avenue Monclar est un peu drabe, dès qu'on se dirige vers la cour arrière de l'hôtel, on trouve un bâtiment qui a l'air d'un petit hôtel particulier ainsi qu'un joli parc où le petit-déjeuner, compris, nous est servi. Nous avons utilisé aussi cette terrasse pour y pique-niquer avec d'excellents produits achetés dans la ville. Environ 45 euros par personne pour une très grande chambre pour deux personnes avec salle de bain entièrement rénovée. L'hôte nous a recommandé de bons restaurants en ville et de nouveaux petits circuits de marche dans une ville que nous croyions déjà bien connaître. Ne pas oublier de traverser de l'autre côté du Rhône, à Villeneuve-lès-Avignon. On peut prendre le bus à la porte de l'Oulle pour traverser le pont Daladier et se rendre à proximité des lieux d'intérêt. Avignon, ce n'est pas uniquement le palais des Papes!


Micheline Jourdain
Montréal

Nous avons visité la région de Salzkammergut, en Autriche, en septembre dernier. Nous avons adopté comme base le charmant village de St. Wolfgang sur les rives du lac Wolfgangsee, situé à 540 mètres. ("See" veut dire lac et mer en allemand.) L'église de St. Wolfgang contient le célèbre retable de Michael Pachter, fin du XVe siècle. Ne manquez pas d'y faire l'excursion du Schafberg à bord du train à crémaillère. Le sommet, à 1783 mètres, offre une vue époustouflante qui s'étend, selon les guides, sur une dizaine de lacs et plusieurs cimes de près de 3000 mètres. Aussi, il faut emprunter la navette lacustre qui dessert les villages autour du lac St. Gilgen ou faire la randonnée à pied du Falkenstein, pour ensuite se restaurer d'une soupe de poissons du lac sur la terrasse de l'auberge de Fürberg (www.fuerberg.com) et poursuivre en navette.

Le village renferme de nombreux types de logement: hôtels, auberges et appartements. Nous étions au Seevilla, directement sur le Wolfgansee, la baignade dans le lac était magnifique (www.seevilla.co.at). Autre possibilité: l'Appartement Intermezzo et sa plage au bord du lac. La propriétaire parle l'anglais et l'italien (office@badestrand-intermezzo.com et www.badestrand-intermezzo.com). Site touristique de St. Wolfgang (www.stwolfgang.at). Le Café Zauner est un incontournable à Bad Ischl. Il a été fréquenté par François-Joseph (celui de Sissi) et sa compagne Katharina Schratt. On y sert des spécialités autrichiennes et des cafés depuis 1832.

Joyeux Noël.
Charles, d'Ottawa

À lire


Aux éditions de la Martinière, qui ont l'habitude d'éditer de beaux livres, deux récentes sorties: Regard sauvage et Le dernier jour des dinosaures.

Regard sauvage est une brique de 200 pages contenant des photos d'Art Wolf, éminent photographe animalier. Pingouin en goguette, manchot amoureux, pélicans en rangs serrés, ours attaqué par des mouettes font partie des clichés pris par Art Wolf.

En ce qui concerne Le dernier jour des dinosaures, il s'agit d'un voyage dans le temps proposé par les frères Bogdanov, anciennes vedettes du PAF français, spécialisés dans les histoires d'extraterrestres.

Ici, toutefois, il est question de la fin des dinosaures, avec graphismes et photos spectaculaires. En exergue: les dernières découvertes scientifiques qui permettent de reconstituer leur disparition. Et comme dans les films, ceux qu'on croyait méchants s'avèrent de grands sensibles alors que ceux qu'on croyait gentils se révèlent plutôt cruels.

Sachez que, si vous offrez ce livre à un enfant de moins de cinq ans, il faudra l'aider à le porter. Voilà un livre pour lequel la devise de Paris Match est appropriée: le poids des mots, le choc des photos.

***

Questions, bonnes adresses, découvertes, trucs, envies, souvenirs de voyage: lkiefer@ledevoir.com. Pour mon blogue: www.ledevoir.com/liokiefer.
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