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    Escapade en terre inuite

    Un territoire du Grand Nord où vivent 30 000 personnes et plus d'un million de caribous

    10 septembre 2011 | Gwenaëlle Reyt | Voyage
    Les vieilles cabanes de la compagnie de la Baie d’Hudson sont toujours présentes à Pangnirtung.<br />
    Photo : Simon Couturie Les vieilles cabanes de la compagnie de la Baie d’Hudson sont toujours présentes à Pangnirtung.
    Souvent confondu avec le Nunavik, le Nunavut est pratiquement inconnu des touristes. Située à près de trois heures de vol de Montréal, cette destination vit au rythme de la nature. Grands espaces, pêche, randonnée et apprentissage des traditions inuites en terre arctique...

    Iqaluit — Nunavut signifie «notre terre» en inuktitut, la langue inuite. En hiver, c'est une terre aride et blanche à perte de vue. Aucun arbre n'y pousse. Même la mer a fait place à une étendue de glace. Pourtant, au loin, un point jaune soleil détonne dans le paysage. Le petit aéroport d'Iqaluit rayonne dans cette immensité froide. C'est le lieu d'arrivée pour visiter le Nunavut, territoire du Grand Nord où vivent 30 000 personnes et plus d'un million de caribous.

    Situé sur l'île de Baffin, Iqaluit vit en fonction de la météo: blizzards, neige, vents et thermomètre y battent des records de froid extrême durant l'hiver — jusqu'à moins 50 degrés. Pourtant, à peine le pied posé sur le tarmac, c'est une impression de chaleur qui se dégage grâce à l'intensité si particulière de la lumière du Grand Nord.

    Avec près de 7000 habitants, la capitale se vit comme un village insulaire. Tout le monde se connaît. Tout le monde se parle. Et cela commence dans les taxis qui font office de transport public sur les 25 kilomètres de routes qui parcourent la ville. Pour un tarif unique de 6 $, ils transportent les écoliers, les travailleurs et les touristes.

    Notre conductrice, exilée du Québec, en profite pour raconter un bout de sa vie. Comme la plupart des expatriés là-bas, elle n'est jamais repartie: «J'étais en peine d'amour. Je voulais changer de décor. Je suis venue pour six mois, mais ça fait quatre ans que je suis là.»

    Iqaluit possède en effet quelque chose d'hypnotisant, qui donne envie de rester. Sa baie avec ses îles prisonnières de la glace. Ses petites maisons qui semblent être en carton. Ou encore son vieux cimetière, lieu des premières habitations de la ville dans les années 1950.

    Depuis, Iqaluit a connu une forte expansion et le mode de vie traditionnel des Inuits tend à disparaître, faute d'intérêt de la part des plus jeunes. Il faut se rendre dans les autres communautés pour découvrir ces traditions.

    Chasse et pêche à Kimmirut

    Tous sont assis en rond sur le sol de la cuisine. On mange le phoque chassé par les hommes de la famille. Des petits morceaux de l'animal sont délicatement découpés à l'aide d'un ulu, le couteau traditionnel à lame ronde. Les visiteurs sont invités à déguster ce mets qu'aucun restaurant ne sert dans la région.

    À Kimmirut, petit village de 450 habitants situé à 30 minutes d'avion au sud d'Iqaluit, les traditions survivent grâce aux quelques aînés qui ont connu la vie nomade dans la toundra avant que le gouvernement canadien n'impose le regroupement des communautés pour occuper le territoire, dans les années 1950. Depuis, les Inuits ont été rassemblés en 28 communautés, sur un territoire de deux millions de kilomètres carrés.

    À Kimmirut, plusieurs familles accueillent chez eux des touristes et des travailleurs de passage. Une occasion de vivre au rythme inuit et de découvrir la pêche et la chasse faisant partie des activités quotidiennes, comme le nettoyage des peaux par les femmes qui pratiquent encore cet art.

    Chez les Inuits, rien ne se perd: la viande est partagée entre les personnes de la communauté et les peaux sont utilisées pour la confection de vêtements chauds. En se promenant dans le village, il n'est pas rare de voir sécher une peau de phoque ou d'ours polaire. Il est aussi possible de croiser des sculpteurs de pierre à savon en plein travail. Quelques pièces sont visibles au petit musée du village.

    Mais le spectacle le plus enchanteur se passe durant les nuits froides, quand les aurores boréales dansent dans le ciel étoilé. La légende raconte qu'il faut siffler pour les faire danser. Mais si elles viennent trop près, une tête de morse roulant risque de couper les têtes des spectateurs avec ses défenses. Pour que s'éloigne la tête faucheuse, l'histoire suggère de se frotter les ongles des deux mains, les uns contre les autres.

    Pangnirtung, paradis des randonneurs


    Pangnirtung, «l'endroit du caribou mâle». Malgré son nom, les caribous ont déserté cette petite ville située à une heure d'avion au nord d'Iqaluit. Restent tout de même des ours polaires, des renards et des loups dans le parc adjacent, Auyuittuq, mais il est préférable de ne pas croiser leur chemin.

    Ce parc national, qui ne reçoit que quelques centaines de visiteurs par année, abrite de nombreux glaciers et offre aux randonneurs et aux skieurs un paysage sauvage préservé. L'excursion du col Akshayuk, longue de 97 kilomètres, traverse le cercle arctique entre les 65e et 70e parallèles et permet de rejoindre le village de Qikiqtarjuaq. Une très bonne préparation est requise pour ce genre d'expédition à programmer au printemps ou en été.

    Hormis le parc, le villlage de Pang, comme l'appellent les Nunavois, possède une autre point d'intéret: le centre d'art Uqqurmiut, l'un des quatre centres au monde qui confectionnent des tapisseries murales. Les femmes tissent, alors que les hommes produisent des gravures et des lithographies dont le succès dépasse largement les frontières du pays.

    Avant de regagner le Sud, une dernière escale à Iqaluit s'impose pour le temps d'un thé accompagné d'un morceau de banick et de quelques contes anciens.

    En vrac

    Découverte de la culture inuite. En contact avec plusieurs intervenants dans les différentes communautés, Carrefour Nunavut aide à organiser des séjours chez l'habitant. Cet organisme francophone conseille et propose des forfaits touristiques et des séjours à la carte. Il organise aussi des écotours à Iqaluit. www.carrefournunavut.ca.

    Budget. Tout, ou presque, doit être importé au Nunavut, d'où les tarifs exorbitants de certains services et biens de consommation. Prévoir 5000 $ par personne pour une semaine, avec des excursions à l'extérieur d'Iqaluit.

    Saison. Avril est le meilleur mois de l'année pour y aller. Le thermomètre remonte autour de -10 °C et les jours s'allongent, permettant ainsi des activités extérieures prolongées comme le ski nordique, le traîneau à chiens et les sorties en motoneige. L'été est aussi très agréable, mais reste frais, avec une température qui monte rarement au-dessus de 10 °C.

    Vêtements.
    Il n'est pas rare de voir la neige tomber en été et le thermomètre descendre à -50 °C en hiver. Des vêtements adaptés sont indispensables.

    Alcool
    . L'alcool est réglementé, voire interdit dans plusieurs communautés dites «dry», comme Kimmirut et Pangnirtung.

    Déplacements
    . À cause de l'absence de route, l'avion est le seul moyen de se déplacer entre les différents villages.

    Recommandation. Réserver un hébergement avant d'arriver au Nunavut. L'offre hôtelière est très restreinte et souvent monopolisée par le tourisme d'affaires. La météo et le rythme de vie local exigent également de la flexibilité.

    Ce reportage a pu être réalisé grâce au soutien de l'organisme Carrefour Nunavut et de la compagnie First Air.

    ***

    Collaboration spéciale
    Les vieilles cabanes de la compagnie de la Baie d’Hudson sont toujours présentes à Pangnirtung.<br />
Compagnons de chasse et de pêche, les chiens de traîneau ont une grande valeur pour les Inuits.<br />
Malgré la glace et le froid, les poissons ne sont pas rares. Avec de la chance, et surtout les connaissances d’un pêcheur averti, la pêche peut être très fructueuse.<br />
Le centre d’art Uqqurmiut est l’un des quatre endroits au monde qui confectionnent des tapisseries murales. Les femmes tissent alors que les hommes produisent des gravures et des lithographies.<br />
Un ours polaire s’est trop approché du village. Il a été abattu pour assurer la sécurité des villageois. Sa peau va servir à confectionner des vêtements.<br />
     
     
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