Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Natashquan - L'héritage des pionniers

    6 août 2011 | Nicole Pons | Voyage
    Les Magasins du Galet, à Natashquan<br />
    Photo : Julie Carpentier Les Magasins du Galet, à Natashquan
    Centre d'interprétation Le Bord du Cap , 32, chemin d'En haut, Natashquan. Ouvert jusqu'au 15 septembre, tous les jours. 418 726-3060, 1 866 726-30-54, www.copactenatashquan.net
    Natashquan. En 1872, un certain Alfred Vigneault, originaire des îles de la Madeleine, vient s'installer dans ce village fondé depuis peu, et dont toute l'activité locale est axée sur la pêche à la morue et la chasse au loup marin. Après avoir travaillé pour la compagnie Robin, il ouvre en 1882, avec beaucoup de fierté, le premier magasin général de la place. Il échange du poisson et des fourrures contre de la nourriture ou des biens de première nécessité. En 1935, soit une vie de labeur plus tard, il lègue son commerce à son neveu et fils adoptif, Émilien Landry, qui continue à le faire fructifier. L'affaire restera dans la famille.

    Aujourd'hui, à quelques mètres du commerce qui est devenu un marché d'alimentation et juste en face du site des Galets, haut lieu de la vie des pêcheurs d'antan, le Centre d'interprétation du Bord du Cap a été créé à l'initiative du petit-fils d'Émilien, Bernard Landry, chercheur, collectionneur et passionné de généalogie. Il regroupe trois volets: d'abord, une reconstitution fidèle du magasin général d'origine et de la poste, comprenant des objets d'époque, dont beaucoup ont été offerts par des habitants du village.

    Dès le seuil franchi, histoire de nous mettre dans l'ambiance, Alfred, trônant fièrement derrière sa vieille caisse, nous accueille dans son domaine, d'un regard bienveillant. Dans une salle adjacente est présenté un montage audiovisuel sur l'histoire du magasin général depuis sa création. On y voit Émilien Landry, décédé en 1998, évoquer ses conditions de vie de l'époque. Le parcours de l'enfant le plus célèbre du pays, Gilles Vigneault, petit-fils du cousin germain d'Alfred, est bien sûr évoqué, avec aussi un hommage aux chanteurs et aux boîtes à chansons.

    Enfin, dans la dernière salle, et non des moindres, une collection un peu hétéroclite mais passionnante de photos et d'objets, dont de belles maquettes de bateaux en bois, fait un tour d'horizon complet, en une quarantaine de thèmes, de l'histoire et de l'économie du village ainsi que de la vie de ses habitants: pêche à la morue et au saumon, phare qui s'est écroulé, construction des Galets (cabanes de pêcheurs devenues le symbole de Natashquan), architecture des maisons traditionnelles, sans oublier les métiers (charpentier, tonnelier, barbier, cordonnier), le médecin qui résida sur place de 1948 à 1972, les loisirs, dont le cinéma, ou encore le fonctionnement du conseil municipal. La modernisation, les modes de transport (avion et bateau jusqu'à l'ouverture de la route en 1996), les drames de chasse ou de pêche, mais aussi les plaisirs, les fêtes, comme le centenaire du village en 1955, et, bien sûr, les Montagnais, peuple autochtone établi dans la région depuis des lustres, et leurs traditions, complètent le tableau de cette exposition digne d'un véritable musée ethnographique.

    Alfred peut dormir tranquille: son magasin général poursuit sa vie... à sa manière.

    ***

    Collaboratrice du Devoir
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel