Tourisme - Le nouveau Maroc se dévoile
Du souk à l'économie de marché
On a du Maroc, comme d'autres pays du Maghreb, une vision idyllique ou des idées négatives préconçues. Côté idyllique, c'est le souk centenaire, les pierres légendaires, les foulards des hommes bleus et les couscous de villages.... Côté négatif préconçu, le voile, tout ce qui a trait à la religion musulmane, le rapport hommes-femmes, la galopante nécessité de tout vendre.... Mais ce qu'est le Maroc? Allons voir.
Le Maroc d'aujourd'hui, c'est tout cela et rien de tout cela. Il faut tout d'abord établir des différences entre les régions. Quant à la religion, j'ai vu moins de femmes voilées dans la rue à Casa qu'à Bruxelles. Car il n'y a pas un Maroc, mais des Maroc...
Il y a le Maroc des villes impériales (Fès, Meknès, Marra-kech). Il y a le Maroc des sables différents (au sud de Marrakech avec Zagora, Ouarzazate, la vallée du Dadès). Le Maroc des montagnes (le Haut-Atlas). Le Maroc maritime (Agadir, Essaouira, Tanger). Le Maroc citadin (Casa, Rabat). Et ce sont toutes des entités qui se réclament à juste titre du Maroc d'aujourd'hui avec les acquis d'hier.
C'est sans doute ce qu'a compris le roi Mohammed VI, fils de la figure emblématique qu'était le roi Hassan II. Quand il eut la charge du pouvoir, en 1999, il commença par alléger le pouvoir royal sur la société civile. Mais il resta tout de même le chef de tout ce qui bouge au Maroc.
Et, récemment, lors du désormais célèbre printemps arabe, il a vu venir le coup... Contrairement à certains voisins.
Actions royales
II a chargé la Commission consultative de la régionalisation (formée en janvier 2010) de préparer, en concertation avec les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile, des propositions d'ici le mois de juin. L'objectif premier de cette grande réforme est de «consolider le processus de régionalisation», c'est-à-dire accorder plus d'indépendance aux régions, notamment en prévoyant «l'élection des conseils régionaux au suffrage universel direct» ou en conférant «aux présidents des conseils régionaux le pouvoir d'exécution des délibérations desdits conseils, en lieu et place des gouverneurs et des walis». Mohammed VI compte aussi «renforcer la participation de la femme à la gestion des affaires régionales et, d'une manière générale, à l'exercice des droits politiques».
Et au Maroc le roi est aimé et respecté. On le critique, mais on ne veut pas sa perte. On en veut plus à ses sbires de palais, à tous ceux qui profitent de la manne royale pour obtenir des avantages que le quidam normal ne peut obtenir. Mais il faut relativiser les avantages. Dans nos sociétés dites équitables, on observe les mêmes largesses, d'un parti politique à l'autre. Ici, c'est royal, un point c'est tout.
Une autre anecdote que me comptait un ami jordanien... Quand un pays occidental vit une manifestation de 220 000 participants, cela reste une manif. Quand un pays arabe voit 100 personnes en colère, les Occidentaux parlent de révolution. Le royaume du Maroc, en rapport avec la personnalité des rois en fonction, ressemble un peu à celui de la Jordanie: des gens mécontents, des étudiants en demande, des islamistes sur le qui-vive et des royautés qui essaient de s'ajuster au monde moderne. On passe en quelques années de l'archaïsme royal et féodal au modernisme royal.
Et le tourisme
Mais le choc est tout de même là... Depuis le printemps arabe et l'attentat de Marrakech, les chiffres d'entrées touristiques sont en baisse. Mais le tout nouveau ministre du Tourisme et de l'Artisanat, Yassir Znagui, inconnu au Maroc et tout droit venu de la finance londonienne, se veut confiant pour 2011. Selon lui, le secteur touristique marocain devrait croître en 2011 davantage qu'en 2010, et ce, malgré l'attentat à la place Djemma-el-Fna, qui a fait 17 morts le 28 avril dernier.
«La résistance du secteur sera mise à l'épreuve cette année», reconnaît le ministre du Tourisme, qui se montre néanmoins très optimiste pour une activité qui emploie directement 450 000 personnes et représente 10 % du produit intérieur brut. «Les données dont nous disposons jusqu'ici et la réponse que nous avons élaborée nous rendent confiants quant aux perspectives du secteur [...]. Une croissance de 8 % des recettes est possible en 2011, sur la base de ce que nous observons aujourd'hui», explique-t-il.
À la fin d'avril, la fréquentation était en hausse de 10 % par rapport à l'année précédente. Mercredi, 15 000 vacanciers, soit seulement 3 % du total, avaient annulé leur séjour en raison de l'attentat du 28 avril, comme l'a précisé Yassir Znagui à Reuters.
Aller plus loin
On mise donc de plus en plus sur de nouvelles structures d'accueil dans de nouvelles stations balnéaires, selon le programme Azur, avec des aménagements du côté d'Essaouira, de Taghazout, Larache-Lixus, Mazagan-el-Haouz, Saidia. On évoque aussi le tourisme rural, comme dans l'Atlas, autour de Marrakech et de Taroudant, la protection de l'environnement et l'aménagement des sites touristiques de Chefchaouen, Ida Outane, Ifrane, Azilal. Et tout ça avec un objectif précis: la réduction de la pauvreté conjuguée à une amélioration des infrastructures de base (routes, assainissement).
Et le tourisme de niche n'est pas en reste, avec des sports de glisse développés à Dakhla, grâce à la mise en place d'une base nautique, le surf qui vague à Safi, avec l'installation d'une base nautique internationale, d'un club et d'une plateforme pour l'organisation de compétitions, ou le parachutisme qui s'envole à Beni Mellal, l'aérodrome de l'Air Club Maroc étant mis à disposition. Et ainsi de suite: surf aussi à Mirleft, chasse touristique à Arboua, sports nautiques à Laayoune, pêche touristique à Bin el-Ouidane-Azilal, meilleur golf à Casablanca.
Voilà ce qui figure déjà dans ce plan touristique 2020, qui comprend également une forte augmentation des vols intérieurs.
On serait donc passé sans trop d'encombres du marché des souks à celui de l'économie de marché...
***
Collaborateur du Devoir
***
Pour s'informer
www.visitmorocco.com/index.php/fre
www.fnt.ma/vision/vision_2020.php
Office du tourisme marocain à Montréal: (514) 842 8112; onmt@qc.aira.com
Le Maroc d'aujourd'hui, c'est tout cela et rien de tout cela. Il faut tout d'abord établir des différences entre les régions. Quant à la religion, j'ai vu moins de femmes voilées dans la rue à Casa qu'à Bruxelles. Car il n'y a pas un Maroc, mais des Maroc...
Il y a le Maroc des villes impériales (Fès, Meknès, Marra-kech). Il y a le Maroc des sables différents (au sud de Marrakech avec Zagora, Ouarzazate, la vallée du Dadès). Le Maroc des montagnes (le Haut-Atlas). Le Maroc maritime (Agadir, Essaouira, Tanger). Le Maroc citadin (Casa, Rabat). Et ce sont toutes des entités qui se réclament à juste titre du Maroc d'aujourd'hui avec les acquis d'hier.
C'est sans doute ce qu'a compris le roi Mohammed VI, fils de la figure emblématique qu'était le roi Hassan II. Quand il eut la charge du pouvoir, en 1999, il commença par alléger le pouvoir royal sur la société civile. Mais il resta tout de même le chef de tout ce qui bouge au Maroc.
Et, récemment, lors du désormais célèbre printemps arabe, il a vu venir le coup... Contrairement à certains voisins.
Actions royales
II a chargé la Commission consultative de la régionalisation (formée en janvier 2010) de préparer, en concertation avec les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile, des propositions d'ici le mois de juin. L'objectif premier de cette grande réforme est de «consolider le processus de régionalisation», c'est-à-dire accorder plus d'indépendance aux régions, notamment en prévoyant «l'élection des conseils régionaux au suffrage universel direct» ou en conférant «aux présidents des conseils régionaux le pouvoir d'exécution des délibérations desdits conseils, en lieu et place des gouverneurs et des walis». Mohammed VI compte aussi «renforcer la participation de la femme à la gestion des affaires régionales et, d'une manière générale, à l'exercice des droits politiques».
Et au Maroc le roi est aimé et respecté. On le critique, mais on ne veut pas sa perte. On en veut plus à ses sbires de palais, à tous ceux qui profitent de la manne royale pour obtenir des avantages que le quidam normal ne peut obtenir. Mais il faut relativiser les avantages. Dans nos sociétés dites équitables, on observe les mêmes largesses, d'un parti politique à l'autre. Ici, c'est royal, un point c'est tout.
Une autre anecdote que me comptait un ami jordanien... Quand un pays occidental vit une manifestation de 220 000 participants, cela reste une manif. Quand un pays arabe voit 100 personnes en colère, les Occidentaux parlent de révolution. Le royaume du Maroc, en rapport avec la personnalité des rois en fonction, ressemble un peu à celui de la Jordanie: des gens mécontents, des étudiants en demande, des islamistes sur le qui-vive et des royautés qui essaient de s'ajuster au monde moderne. On passe en quelques années de l'archaïsme royal et féodal au modernisme royal.
Et le tourisme
Mais le choc est tout de même là... Depuis le printemps arabe et l'attentat de Marrakech, les chiffres d'entrées touristiques sont en baisse. Mais le tout nouveau ministre du Tourisme et de l'Artisanat, Yassir Znagui, inconnu au Maroc et tout droit venu de la finance londonienne, se veut confiant pour 2011. Selon lui, le secteur touristique marocain devrait croître en 2011 davantage qu'en 2010, et ce, malgré l'attentat à la place Djemma-el-Fna, qui a fait 17 morts le 28 avril dernier.
«La résistance du secteur sera mise à l'épreuve cette année», reconnaît le ministre du Tourisme, qui se montre néanmoins très optimiste pour une activité qui emploie directement 450 000 personnes et représente 10 % du produit intérieur brut. «Les données dont nous disposons jusqu'ici et la réponse que nous avons élaborée nous rendent confiants quant aux perspectives du secteur [...]. Une croissance de 8 % des recettes est possible en 2011, sur la base de ce que nous observons aujourd'hui», explique-t-il.
À la fin d'avril, la fréquentation était en hausse de 10 % par rapport à l'année précédente. Mercredi, 15 000 vacanciers, soit seulement 3 % du total, avaient annulé leur séjour en raison de l'attentat du 28 avril, comme l'a précisé Yassir Znagui à Reuters.
Aller plus loin
On mise donc de plus en plus sur de nouvelles structures d'accueil dans de nouvelles stations balnéaires, selon le programme Azur, avec des aménagements du côté d'Essaouira, de Taghazout, Larache-Lixus, Mazagan-el-Haouz, Saidia. On évoque aussi le tourisme rural, comme dans l'Atlas, autour de Marrakech et de Taroudant, la protection de l'environnement et l'aménagement des sites touristiques de Chefchaouen, Ida Outane, Ifrane, Azilal. Et tout ça avec un objectif précis: la réduction de la pauvreté conjuguée à une amélioration des infrastructures de base (routes, assainissement).
Et le tourisme de niche n'est pas en reste, avec des sports de glisse développés à Dakhla, grâce à la mise en place d'une base nautique, le surf qui vague à Safi, avec l'installation d'une base nautique internationale, d'un club et d'une plateforme pour l'organisation de compétitions, ou le parachutisme qui s'envole à Beni Mellal, l'aérodrome de l'Air Club Maroc étant mis à disposition. Et ainsi de suite: surf aussi à Mirleft, chasse touristique à Arboua, sports nautiques à Laayoune, pêche touristique à Bin el-Ouidane-Azilal, meilleur golf à Casablanca.
Voilà ce qui figure déjà dans ce plan touristique 2020, qui comprend également une forte augmentation des vols intérieurs.
On serait donc passé sans trop d'encombres du marché des souks à celui de l'économie de marché...
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Collaborateur du Devoir
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Pour s'informer
www.visitmorocco.com/index.php/fre
www.fnt.ma/vision/vision_2020.php
Office du tourisme marocain à Montréal: (514) 842 8112; onmt@qc.aira.com








