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    Anticosti : le dépaysement à notre porte

    11 juin 2011 | Nicole Pons | Voyage
    La chute Vauréal dégringole de 76 mètres dans le canyon depuis le plateau coiffé de sa toison d’épinettes.<br />
    Photo : Nicole Pons La chute Vauréal dégringole de 76 mètres dans le canyon depuis le plateau coiffé de sa toison d’épinettes.
    Y a-t-il un territoire plus sauvage, plus mystérieux et plus proche de nous que l'île d'Anticosti? Un petit tour en avion et à nous le monde des grands canyons, des immenses plages désertes et du très familier cerf de Virginie.

    Port-Menier — L'histoire commence par un caprice de riche. En 1895, Henri Menier, puissant chocolatier français, cherche une île pour s'adonner à sa passion de la chasse et de la pêche. Il achète une terre calcaire de 222 kilomètres de long aux paysages époustouflants, plantée dans le golfe du Saint-Laurent entre la Minganie et la Gaspésie: l'île d'Anticosti. Sauvage et austère, l'endroit compte quelques phares et de rares habitants, les essais de développement précédents ayant échoué.

    Menier investit des sommes colossales pour rendre l'île autosuffisante. Pourtant, il n'y séjournera que six fois. Sur la pointe ouest, il crée le village de Baie-Sainte-Claire, qui comptera jusqu'à 60 maisons dont il ne reste que des ruines. Il commence l'exploitation forestière, fait construire un chemin de fer pour promener sa famille et transporter du bois, développe l'élevage et l'agriculture.

    Il se fait bâtir une somptueuse villa de 30 pièces qui sera volontairement incendiée en 1953 par la compagnie forestière, alors propriétaire de l'île. En 1910, il déménage la population vers la baie Gamache et fonde Port-Menier, seul village actuel où vivent les 261 habitants permanents (données de mars 2011).

    Une faune en héritage

    Pour son plaisir de chasseur, Henri Menier introduit diverses espèces animales, dont 220 cerfs de Virginie qu'il fait venir de Cap-Chat et L'Islet.

    Avec la végétation d'épinettes noires et de sapins baumiers dont il se délecte des jeunes pousses basses à sa portée, le cerf trouve ici son paradis. Il réussit à éliminer son seul prédateur, une population indigène d'ours noirs qui mangent la même baie que lui et qui finit par mourir de faim.

    Aujourd'hui, malgré la chasse, environ 166 000 individus peuplent Anticosti, du fond des bois aux abords des auberges où le sympathique animal vient se faire nourrir dans notre main. Il est devenu l'emblème de l'île, sa principale richesse avec le tourisme.

    Mais avec une moyenne de 21 bêtes au kilomètre carré, il affecte tout l'équilibre écologique de la forêt mixte. L'épinette noire, le bouleau papier, le mélèze laricin et surtout le sapin baumier sont remplacés par l'épinette blanche, qui n'est pas sa tasse de thé.

    Des scientifiques tentent de faire repousser la forêt d'origine en aménageant des terrains clôturés appelés «exclos» sur des sites de coupes forestières. Le contraste avec l'extérieur est saisissant. Une nature dense et variée reprend ses droits. Les exclos seront déclôturés quand les branches d'arbre seront hors de portée du cervidé.

    Mille merveilles


    Les routes en gravier qui s'enfoncent à partir de Port-Menier au coeur d'une forêt mystérieuse sont autant de fils d'Ariane menant à des merveilles bien cachées. Propriété du gouvernement du Québec depuis 1976, l'île est gérée en grande partie par SEPAQ Anticosti, qui possède le statut de pourvoirie à droits exclusifs.

    À l'intérieur se trouve le parc national d'Anticosti qui couvre 9 % du territoire. Trois pourvoiries privées sont aussi établies sur l'île.

    Les paysages offrent une succession de phénomènes spectaculaires. Des livres ouverts sur une histoire géologique vieille de 455 millions d'années: canyons vertigineux, grottes comme celle de la Patate qui fait 625 mètres de long, rivières Jupiter et Chicotte, lacs cristallins.

    Composée de roches calcaires, Anticosti est un millefeuille de sept couches sédimentaires successives, très riches en fossiles. Au kilomètre 152, la chute Vauréal, site le plus célèbre, dégringole dans le canyon depuis le plateau coiffé de sa toison d'épinettes. La paroi de 90 mètres de haut, qui semble coupée au couteau, présente diverses strates. Autre miracle de la nature: le grandiose canyon de la rivière Observation longé par un sentier aérien de deux kilomètres.

    Après s'être étourdi d'air pur, de paysages vierges, d'immenses plages désertes parsemées de bois flottés aux allures de sculptures, comme on en trouve devant l'auberge McDonald dans un lieu de paix absolue, la journée pourra se terminer autour d'un souper gastronomique à l'auberge Port-Menier.

    Ce soir-là, le chef Denis Poirier avait mitonné du homard d'Anticosti acheté du seul pêcheur de l'île, du saumon glacé à la chicoutai, des cuisses de pintade confites glacées à l'érable. Oui, un paradis, et pas seulement pour les cerfs de Virginie!

    Renseignements: SEPAQ Anticosti. Forfaits de trois, quatre ou sept nuits du 24 juin au 22 août, incluant l'avion aller-retour de Montréal, Québec ou Mont-Joli, les lundis et vendredis. Certains forfaits incluent la location d'un camion avec émetteur-récepteur, les repas et collations. Activités guidées, causeries, 45 kilomètres de sentiers de randonnée, équitation, camping, location de chalets, chasse, pêche. 1 800 463-0863, www.sepaq.com/anticosti.

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