Le canal évasion
Photo : Yves Ouellet
Panama
On a beau aimer l'hiver, il vient un temps où soleil et chaleur peuvent nous manquer. C'est ce moment que des milliers de Québécois choisissent pour se ruer vers le Sud et se planter les orteils dans le sable, comme le chantait Charlebois en 1967. Ça fait plus de 40 ans...
Les Québécois adorent les destinations soleil, c'est bien connu. Ce fut d'abord la Floride avec Miami. Puis le Mexique avec Acapulco. Haïti avant sa dévastation. Et Cuba, dont nous avons contribué à maintenir l'économie au plus fort de l'embargo américain.
Le cercle des destinations fréquentées par les vacanciers du Québec s'est peu agrandi depuis 50 ans et englobe aujourd'hui la République dominicaine et la Riviera Maya sur la côte caribéenne du Mexique; il remonte plus au nord de la péninsule de Floride et s'étend sur toute l'île de Cuba. Quelques aventuriers choisissent la Colombie et Carthagène, ou les îles Turques-et-Caicos, et rares sont ceux qu'on retrouve sur les îles des Antilles. Trop cher!
De toute façon, la plupart des vacanciers, qui recherchent presque exclusivement des formules tout-compris, s'intéressent peu à la destination elle-même et optent plutôt pour le prix. Et c'est sans doute ce qui attire de plus en plus de voyageurs au Panamá. D'autant plus que les prix sont devenus drôlement concurrentiels dans l'industrie du voyage depuis les débuts de la crise économique.
Ce qui a fait que le Panamá, qui est loin d'être une destination économique normalement, peut s'acheter à des prix qui défient toute concurrence. Surtout en tenant compte de la qualité exceptionnelle du produit.
Savoir attendre
Depuis l'ouverture de l'hôtel Royal Decameron, il y a une dizaine d'années, le Panamá me titille. C'est une destination nature prometteuse et le célèbre canal de Panamá y ajoute un intérêt considérable. Nous consultons quotidiennement les sites et les agences pour voir comment se présentent les prix. Alors que le séjour hebdomadaire au Royal Decameron se vend autour de 1700 $ (un prix qui fait normalement fuir les Québécois), on propose le forfait standard à moins de 1000 $ et la chambre sur la mer à un peu plus de 1000 $.
Ce tarif inclut le transport en avion de Montréal sur Air Transat (cinq heures et demie, le transfert à l'hôtel en bus (plus de deux heures de route), tous les repas (neuf restaurants), les consommations au bar et le vin aux repas, les spectacles et les activités non motorisées. À ce prix-là... Ça coûte plus cher de rester à la maison.
On débarque
Plus de cinq heures en avion et de deux heures en bus, c'est long! Surtout lorsqu'on débute les vacances et qu'on a hâte de sauter dans la piscine. C'est principalement le transfert de l'aéroport à l'hôtel qui peut s'avérer pénible, mais tout se passe très bien grâce à une organisation sans faille. D'abord, l'avion arrive pile à l'heure prévue. On passe la douane presque au pas de course et sans le moindre problème. Au sortir des portes, des représentants de Nolitour sont sur place pour nous orienter et nous donner la documentation sur l'hôtel, ainsi que des cartons pour identifier nos bagages qui sont immédiatement chargés dans un camion. Le bus nous attend.
Tout-compris
Je ne suis pas un adepte des vacances tout-compris, une formule qui a souvent son lot d'inconvénients. Mais j'avoue que le Royal Decameron, le plus grand hôtel du Panamá, très fréquenté par les Québécois, m'a presque totalement réconcilié avec les vacances soleil pré-emballées.
Le Royal Decameron est plus un immense complexe hôtelier qu'un hôtel tel qu'on l'entend habituellement avec son bâtiment central et ses satellites. Il s'étend sur une plage du Pacifique longue d'un kilomètre et demi et sur un terrain qui s'élève sur trois paliers. Construit en 2000 et rénové en 2005, il peut accueillir jusqu'à 3000 personnes dans 820 chambres logées dans plusieurs édifices de trois étages. À cela s'ajoutent 260 chambres dans des villas qui sont situées en retrait du complexe, aux abords d'un golf de 18 trous. Un millier d'employés s'activent inlassablement sur la propriété.
Le canal
Les travaux d'élargissement sont en cours. Le canal de Panama a révolutionné le transport maritime dès son ouverture au début du XXe siècle. Ce passage a offert aux navires un raccourci irremplaçable pour la circulation entre les océans Atlantique et Pacifique, permettant un gain de temps significatif en évitant de contourner l'Amérique du Sud et d'affronter les eaux capricieuses du cap Horn.
De la sorte, un navire partant de New York vers San Francisco n'a plus qu'à franchir 9500 kilomètres au lieu des 22 500 qu'exige le passage par le cap Horn.
Alors qu'il est maintenant presque centenaire, le canal de Panama ne correspond plus aux grands navires d'aujourd'hui. Avec une croissance annuelle de 5,6 % des marchandises conteneurisées et de 3 % du volume qui transite, da capacité limite sera atteinte d'ici 2012. Dans le passé, on a dû élaborer des normes maximales quant aux dimensions des bateaux pouvant franchir les écluses du canal. On a ainsi créé la classe Panamax, des navires spécialement conçus pour circuler sur le canal et dont les dimensions ne peuvent excéder 294,1 mètres et 32,3 mètres de largeur. En termes de tonnage, le Panamax standard fait 65 000 tonnes. Le choix des armateurs consistait à limiter la taille de leurs cargos (en particulier leur largeur), pour pouvoir passer par le canal, ou à abandonner l'idée d'exploiter ce raccourci. À moins qu'on élargisse le canal...
Le projet en cours de réalisation prévoit la construction d'une troisième voie de navigation pour permettre à des navires Postpanamax de 386 mètres de long, 49 de large et 15 de tirant d'eau de relier les ports du Pacifique à ceux de l'Atlantique.
Lorsqu'on navigue sur le canal dans le cadre des excursions guidées proposées par les hôtels, on constate que les travaux sont bien amorcés. Les chantiers flottants et riverains se succèdent. On drague le fond, pulvérise les montagnes à la dynamite, aménage les rives escarpées en paliers, défait les courbes qui obligent les navires à avoir recours aux remorqueurs pour tourner. On transporte des masses inconcevables de terre et de roc avec lesquelles on crée de nouvelles collines et des îles qui poussent un peu partout, agrandit même Panama City en lui faisant gagner du terrain sur la mer. De plus, on aménage un nouveau barrage et un troisième jeu d'écluses parallèle aux deux systèmes existants qui demeureront en activité.
Plusieurs excursions s'orientent naturellement vers le canal de Panama. Une des visites conjugue des sites historiques et le magasinage à Panama City avec l'observation des navires qui empruntent les écluses de Miraflores, à partir d'un édifice en hauteur et de ses grands balcons. Nous avons choisi deux autres sorties permettant de lever le voile sur deux dimensions très différentes de cet aménagement titanesque qu'est le canal de Panama.
La première est présentée comme un tour de bateau dans la jungle mais il s'agit surtout d'une navigation sur le grand lac Gatún, le réservoir central et principal du canal. Il s'agit d'un lac artificiel créé en 1907 avec la construction d'un barrage à 10 kilomètres de l'embouchure de la rivière Chagres, sur le versant de la mer des Caraïbes. Il couvre une surface de 425 kilomètres carrés à son niveau normal de 26 mètres au-dessus de la mer. Le lac est également utilisé comme réservoir afin d'opérer les écluses du canal: chaque navire qui passe utilise 202 000 mètres cubes d'eau, et 14 000 navires transitent chaque année.
À bord d'embarcations couvertes et rapides qui contiennent plus d'une vingtaine de personnes, nous admirons d'abord d'immenses porte-containeurs ainsi que les dragueurs qui creusent inlassablement le fond du lac. Les sommets des montagnes d'autrefois sont devenus des îles couvertes d'une végétation tropicale dense. Malgré que nous soyons à la toute fin de la saison sèche, plusieurs grands arbres, dont certains ont perdu leurs feuilles, sont couverts de fleurs mauves ou rouges.
Le Panama compte une faune extrêmement riche et diversifiée avec 900 variétés d'oiseaux, 200 espèces de mammifères et 15 000 sortes de papillons. L'excursion nous permet d'approcher et de nourrir plusieurs groupes de singes, dont de magnifiques petits capucins, des tamarins et de minuscules titis rares et fascinants. Le cri puissant et agressif des singes hurleurs a de quoi vous glacer le sang. Plus distant, nous apercevons ce grand singe noir et asociable au sommet d'un arbre. Plus loin, un paresseux se gratte nonchalamment au haut d'une branche, suspendu la tête en bas. Il ne descend qu'une fois par semaine pour faire ses besoins.
On peut aussi voir des tortues et des crocodiles, des iguanes et une multitude d'oiseaux plus colorés les uns que les autres.
La seconde excursion nous fait naviguer durant quatre à cinq heures sur le canal en traversant les écluses de Miraflores. Nommée «Transit partiel sur le canal», cette excursion part de la proximité de Panama City dont on peut admirer toutes les tours de verre lorsque le smog n'est pas trop épais.
On passe ensuite sous le fameux pont des Amériques. Construit par les Américains entre 1959 et 1962, cet impressionnant ouvrage en arc, d'une longueur de 1654 mètres, a remplacé les traversiers qui constituaient le lien principal entre les deux rives du canal de Panama et, conséquemment, entre les Amériques. Il est demeuré le seul pont en opération jusqu'en 2004, alors qu'a été inauguré le pont Centenaire sous lequel le bateau d'excursion passe à la fin de la navigation. Situé près des écluses Pedro Miguel, à 15 kilomètres au nord du pont des Amériques, ce pont suspendu de 1052 mètres étonne par son dénuement et la légèreté de son architecture, même si son tablier compte six voies de largeur, au pied de deux tours de 184 mètres et de leurs pyramides de câbles d'acier.
Quant aux écluses, c'est une expérience marquante de s'y engager afin de s'élever de 27 mètres jusqu'au Pacifique. Toute l'opération s'effectue en une quinzaine de minutes par écluse. Sur le cours du canal, on croise plusieurs grands navires en transit et on peut aussi constater l'ampleur des travaux d'élargissement qui se déroulent sur le canal. Voilà donc un parfait ajout «éducatif» à des vacances soleil au Panama.
En vrac
- Le complexe du Royal Decameron compte trois lobbys, sept piscines magnifiques, une dizaine de restaurants, cinq bars de plage plus deux bars de piscine et les bars des lobbys, un spa avec salles de massage et jacuzzi, en plus d'un petit centre de massage sur la plage, un centre d'entraînement très bien équipé et superbement installé près des piscines et de la plage, un grand amphithéâtre extérieur où l'on présente chaque soir un divertissement pour les enfants suivi d'un spectacle pour les adultes, puis un centre aquatique où l'on peut disposer gratuitement de kayaks, pédalos et petits voiliers, ou louer des motomarines.
- Tous ces aménagements sont éparpillés sur un vaste terrain qu'on peut presque décrire comme un jardin tant la végétation y est abondante, diversifiée et représentative de la flore tropicale. On observe en particulier de nombreux arbres fruitiers, dont des bananiers chargés, des cocotiers, naturellement, et plusieurs anacardiers qui portent des pommes de cajou colorées, rouges ou jaunes, un fruit exotique singulier qui donne les délicieuses noix de cajou. On y admire aussi des feuillus géants impressionnants.
Le principal inconvénient du site réside dans la dénivellation prononcée du terrain qui oblige la clientèle à emprunter constamment de longs escaliers. Les personnes qui éprouvent des difficultés à se déplacer peuvent utiliser de petits véhicules qui circulent régulièrement sur le terrain. On peut leur recommander de choisir une chambre au niveau de la mer (vue sur mer) où les déplacements en hauteur sont réduits.
- Le Royal Decameron propose donc 260 chambres en villa et 820 qui se trouvent dans 24 bâtiments rouges et jaunes. Chacun de ces édifices comporte 21 chambres sur trois étages. Toutes ses chambres sont très standardisées et se démarquent plus par leur localisation que par leur aménagement. Il y a deux catégories de prix: l'une, plus chère, pour les chambres avec vue sur la mer et l'autre pour celles qui sont plus en retrait et en hauteur.
- Les réservations obligatoires dans les restaurants spécialisés demeurent très problématiques. Idéalement, il faut se rendre au comptoir du lobby 2 avant 7h le matin pour avoir un bon choix et on ne peut réserver que trois soirs à la fois. C'est un peu harassant quand on est en vacances... Cependant, dans la plupart des cas, un petit 5 $ glissé dans la main du placier vaut autant qu'une réservation.
- Air Transat: www.airtransat.ca. Vacances Nolitours: www.nolitours.com. Guide de voyage Ulysse, Panama, nouvelle édition: 32,95 $.
***
Collaboration spéciale
Les Québécois adorent les destinations soleil, c'est bien connu. Ce fut d'abord la Floride avec Miami. Puis le Mexique avec Acapulco. Haïti avant sa dévastation. Et Cuba, dont nous avons contribué à maintenir l'économie au plus fort de l'embargo américain.
Le cercle des destinations fréquentées par les vacanciers du Québec s'est peu agrandi depuis 50 ans et englobe aujourd'hui la République dominicaine et la Riviera Maya sur la côte caribéenne du Mexique; il remonte plus au nord de la péninsule de Floride et s'étend sur toute l'île de Cuba. Quelques aventuriers choisissent la Colombie et Carthagène, ou les îles Turques-et-Caicos, et rares sont ceux qu'on retrouve sur les îles des Antilles. Trop cher!
De toute façon, la plupart des vacanciers, qui recherchent presque exclusivement des formules tout-compris, s'intéressent peu à la destination elle-même et optent plutôt pour le prix. Et c'est sans doute ce qui attire de plus en plus de voyageurs au Panamá. D'autant plus que les prix sont devenus drôlement concurrentiels dans l'industrie du voyage depuis les débuts de la crise économique.
Ce qui a fait que le Panamá, qui est loin d'être une destination économique normalement, peut s'acheter à des prix qui défient toute concurrence. Surtout en tenant compte de la qualité exceptionnelle du produit.
Savoir attendre
Depuis l'ouverture de l'hôtel Royal Decameron, il y a une dizaine d'années, le Panamá me titille. C'est une destination nature prometteuse et le célèbre canal de Panamá y ajoute un intérêt considérable. Nous consultons quotidiennement les sites et les agences pour voir comment se présentent les prix. Alors que le séjour hebdomadaire au Royal Decameron se vend autour de 1700 $ (un prix qui fait normalement fuir les Québécois), on propose le forfait standard à moins de 1000 $ et la chambre sur la mer à un peu plus de 1000 $.
Ce tarif inclut le transport en avion de Montréal sur Air Transat (cinq heures et demie, le transfert à l'hôtel en bus (plus de deux heures de route), tous les repas (neuf restaurants), les consommations au bar et le vin aux repas, les spectacles et les activités non motorisées. À ce prix-là... Ça coûte plus cher de rester à la maison.
On débarque
Plus de cinq heures en avion et de deux heures en bus, c'est long! Surtout lorsqu'on débute les vacances et qu'on a hâte de sauter dans la piscine. C'est principalement le transfert de l'aéroport à l'hôtel qui peut s'avérer pénible, mais tout se passe très bien grâce à une organisation sans faille. D'abord, l'avion arrive pile à l'heure prévue. On passe la douane presque au pas de course et sans le moindre problème. Au sortir des portes, des représentants de Nolitour sont sur place pour nous orienter et nous donner la documentation sur l'hôtel, ainsi que des cartons pour identifier nos bagages qui sont immédiatement chargés dans un camion. Le bus nous attend.
Tout-compris
Je ne suis pas un adepte des vacances tout-compris, une formule qui a souvent son lot d'inconvénients. Mais j'avoue que le Royal Decameron, le plus grand hôtel du Panamá, très fréquenté par les Québécois, m'a presque totalement réconcilié avec les vacances soleil pré-emballées.
Le Royal Decameron est plus un immense complexe hôtelier qu'un hôtel tel qu'on l'entend habituellement avec son bâtiment central et ses satellites. Il s'étend sur une plage du Pacifique longue d'un kilomètre et demi et sur un terrain qui s'élève sur trois paliers. Construit en 2000 et rénové en 2005, il peut accueillir jusqu'à 3000 personnes dans 820 chambres logées dans plusieurs édifices de trois étages. À cela s'ajoutent 260 chambres dans des villas qui sont situées en retrait du complexe, aux abords d'un golf de 18 trous. Un millier d'employés s'activent inlassablement sur la propriété.
Le canal
Les travaux d'élargissement sont en cours. Le canal de Panama a révolutionné le transport maritime dès son ouverture au début du XXe siècle. Ce passage a offert aux navires un raccourci irremplaçable pour la circulation entre les océans Atlantique et Pacifique, permettant un gain de temps significatif en évitant de contourner l'Amérique du Sud et d'affronter les eaux capricieuses du cap Horn.
De la sorte, un navire partant de New York vers San Francisco n'a plus qu'à franchir 9500 kilomètres au lieu des 22 500 qu'exige le passage par le cap Horn.
Alors qu'il est maintenant presque centenaire, le canal de Panama ne correspond plus aux grands navires d'aujourd'hui. Avec une croissance annuelle de 5,6 % des marchandises conteneurisées et de 3 % du volume qui transite, da capacité limite sera atteinte d'ici 2012. Dans le passé, on a dû élaborer des normes maximales quant aux dimensions des bateaux pouvant franchir les écluses du canal. On a ainsi créé la classe Panamax, des navires spécialement conçus pour circuler sur le canal et dont les dimensions ne peuvent excéder 294,1 mètres et 32,3 mètres de largeur. En termes de tonnage, le Panamax standard fait 65 000 tonnes. Le choix des armateurs consistait à limiter la taille de leurs cargos (en particulier leur largeur), pour pouvoir passer par le canal, ou à abandonner l'idée d'exploiter ce raccourci. À moins qu'on élargisse le canal...
Le projet en cours de réalisation prévoit la construction d'une troisième voie de navigation pour permettre à des navires Postpanamax de 386 mètres de long, 49 de large et 15 de tirant d'eau de relier les ports du Pacifique à ceux de l'Atlantique.
Lorsqu'on navigue sur le canal dans le cadre des excursions guidées proposées par les hôtels, on constate que les travaux sont bien amorcés. Les chantiers flottants et riverains se succèdent. On drague le fond, pulvérise les montagnes à la dynamite, aménage les rives escarpées en paliers, défait les courbes qui obligent les navires à avoir recours aux remorqueurs pour tourner. On transporte des masses inconcevables de terre et de roc avec lesquelles on crée de nouvelles collines et des îles qui poussent un peu partout, agrandit même Panama City en lui faisant gagner du terrain sur la mer. De plus, on aménage un nouveau barrage et un troisième jeu d'écluses parallèle aux deux systèmes existants qui demeureront en activité.
Plusieurs excursions s'orientent naturellement vers le canal de Panama. Une des visites conjugue des sites historiques et le magasinage à Panama City avec l'observation des navires qui empruntent les écluses de Miraflores, à partir d'un édifice en hauteur et de ses grands balcons. Nous avons choisi deux autres sorties permettant de lever le voile sur deux dimensions très différentes de cet aménagement titanesque qu'est le canal de Panama.
La première est présentée comme un tour de bateau dans la jungle mais il s'agit surtout d'une navigation sur le grand lac Gatún, le réservoir central et principal du canal. Il s'agit d'un lac artificiel créé en 1907 avec la construction d'un barrage à 10 kilomètres de l'embouchure de la rivière Chagres, sur le versant de la mer des Caraïbes. Il couvre une surface de 425 kilomètres carrés à son niveau normal de 26 mètres au-dessus de la mer. Le lac est également utilisé comme réservoir afin d'opérer les écluses du canal: chaque navire qui passe utilise 202 000 mètres cubes d'eau, et 14 000 navires transitent chaque année.
À bord d'embarcations couvertes et rapides qui contiennent plus d'une vingtaine de personnes, nous admirons d'abord d'immenses porte-containeurs ainsi que les dragueurs qui creusent inlassablement le fond du lac. Les sommets des montagnes d'autrefois sont devenus des îles couvertes d'une végétation tropicale dense. Malgré que nous soyons à la toute fin de la saison sèche, plusieurs grands arbres, dont certains ont perdu leurs feuilles, sont couverts de fleurs mauves ou rouges.
Le Panama compte une faune extrêmement riche et diversifiée avec 900 variétés d'oiseaux, 200 espèces de mammifères et 15 000 sortes de papillons. L'excursion nous permet d'approcher et de nourrir plusieurs groupes de singes, dont de magnifiques petits capucins, des tamarins et de minuscules titis rares et fascinants. Le cri puissant et agressif des singes hurleurs a de quoi vous glacer le sang. Plus distant, nous apercevons ce grand singe noir et asociable au sommet d'un arbre. Plus loin, un paresseux se gratte nonchalamment au haut d'une branche, suspendu la tête en bas. Il ne descend qu'une fois par semaine pour faire ses besoins.
On peut aussi voir des tortues et des crocodiles, des iguanes et une multitude d'oiseaux plus colorés les uns que les autres.
La seconde excursion nous fait naviguer durant quatre à cinq heures sur le canal en traversant les écluses de Miraflores. Nommée «Transit partiel sur le canal», cette excursion part de la proximité de Panama City dont on peut admirer toutes les tours de verre lorsque le smog n'est pas trop épais.
On passe ensuite sous le fameux pont des Amériques. Construit par les Américains entre 1959 et 1962, cet impressionnant ouvrage en arc, d'une longueur de 1654 mètres, a remplacé les traversiers qui constituaient le lien principal entre les deux rives du canal de Panama et, conséquemment, entre les Amériques. Il est demeuré le seul pont en opération jusqu'en 2004, alors qu'a été inauguré le pont Centenaire sous lequel le bateau d'excursion passe à la fin de la navigation. Situé près des écluses Pedro Miguel, à 15 kilomètres au nord du pont des Amériques, ce pont suspendu de 1052 mètres étonne par son dénuement et la légèreté de son architecture, même si son tablier compte six voies de largeur, au pied de deux tours de 184 mètres et de leurs pyramides de câbles d'acier.
Quant aux écluses, c'est une expérience marquante de s'y engager afin de s'élever de 27 mètres jusqu'au Pacifique. Toute l'opération s'effectue en une quinzaine de minutes par écluse. Sur le cours du canal, on croise plusieurs grands navires en transit et on peut aussi constater l'ampleur des travaux d'élargissement qui se déroulent sur le canal. Voilà donc un parfait ajout «éducatif» à des vacances soleil au Panama.
En vrac
- Le complexe du Royal Decameron compte trois lobbys, sept piscines magnifiques, une dizaine de restaurants, cinq bars de plage plus deux bars de piscine et les bars des lobbys, un spa avec salles de massage et jacuzzi, en plus d'un petit centre de massage sur la plage, un centre d'entraînement très bien équipé et superbement installé près des piscines et de la plage, un grand amphithéâtre extérieur où l'on présente chaque soir un divertissement pour les enfants suivi d'un spectacle pour les adultes, puis un centre aquatique où l'on peut disposer gratuitement de kayaks, pédalos et petits voiliers, ou louer des motomarines.
- Tous ces aménagements sont éparpillés sur un vaste terrain qu'on peut presque décrire comme un jardin tant la végétation y est abondante, diversifiée et représentative de la flore tropicale. On observe en particulier de nombreux arbres fruitiers, dont des bananiers chargés, des cocotiers, naturellement, et plusieurs anacardiers qui portent des pommes de cajou colorées, rouges ou jaunes, un fruit exotique singulier qui donne les délicieuses noix de cajou. On y admire aussi des feuillus géants impressionnants.
Le principal inconvénient du site réside dans la dénivellation prononcée du terrain qui oblige la clientèle à emprunter constamment de longs escaliers. Les personnes qui éprouvent des difficultés à se déplacer peuvent utiliser de petits véhicules qui circulent régulièrement sur le terrain. On peut leur recommander de choisir une chambre au niveau de la mer (vue sur mer) où les déplacements en hauteur sont réduits.
- Le Royal Decameron propose donc 260 chambres en villa et 820 qui se trouvent dans 24 bâtiments rouges et jaunes. Chacun de ces édifices comporte 21 chambres sur trois étages. Toutes ses chambres sont très standardisées et se démarquent plus par leur localisation que par leur aménagement. Il y a deux catégories de prix: l'une, plus chère, pour les chambres avec vue sur la mer et l'autre pour celles qui sont plus en retrait et en hauteur.
- Les réservations obligatoires dans les restaurants spécialisés demeurent très problématiques. Idéalement, il faut se rendre au comptoir du lobby 2 avant 7h le matin pour avoir un bon choix et on ne peut réserver que trois soirs à la fois. C'est un peu harassant quand on est en vacances... Cependant, dans la plupart des cas, un petit 5 $ glissé dans la main du placier vaut autant qu'une réservation.
- Air Transat: www.airtransat.ca. Vacances Nolitours: www.nolitours.com. Guide de voyage Ulysse, Panama, nouvelle édition: 32,95 $.
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