jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 23h21
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Oslo - Capitale viking

À Oslo, les jours s'étirent doucement sous le soleil nordique. Sereine, la capitale a su s'imposer comme métropole européenne où il fait bon vivre.

Marie-Morgane Le Moël   23 mai 2009  Voyage
Oslo — Oslo n'a peut-être pas la popularité de ses voisines scandinaves, Stockholm ou Copenhague. Elle n'a pas non plus la même population. Quelque 500 000 habitants seulement se pressent dans les rues colorées de la petite capitale de ce pays de 4,7 millions de personnes. Un vendredi après-midi, à la gare centrale, à l'heure où les gens rejoignent leur maison, une agitation bon-enfant accueille donc les visiteurs.

Oslo a une allure tranquille, un peu trop même aux yeux d'Edvard Munch, le peintre norvégien le plus célèbre, qui la quitta plusieurs années, à la fin du XIXe siècle, préférant Berlin et Paris. Cela a bien changé. Oslo est restée sereine, mais pas endormie.

D'ailleurs, si on y vient pour quelques jours, on y resterait bien quelques années. Pour débuter une visite, rien de mieux que de remonter en marchant la Karl Johans Gate, la principale artère de cette ville née aux alentours de l'an 1000. Ici, les magasins de souvenirs — emplis de mini-trolls aux couleurs norvégiennes — côtoient cafés et échoppes variées.

À quelques pas, la cathédrale de la ville, l'Oslo Domkirke, un édifice de brique noircie achevé en 1697, a vu le mariage du prince héritier Haakon, en 2001, comme ne manquent pas de le rappeler les gens d'Oslo.

Un peu plus à l'ouest, la place du Parlement, le Stortinget, attire une foule bigarrée de motards, cyclistes et citadins élégants.

On y contemple des façades d'hôtels impressionnants, des immeubles élégants. Les jours de fête, c'est ici que les Norvégiens, en costume traditionnel, le bunad, se retrouvent, jusqu'au pied du Palais royal, la résidence du roi Harald V et de la reine Sonja, au bout de l'avenue.

Mais avant tout, Oslo est un port, et cela se sent, en plein coeur de la ville. Au bout des petites rues, depuis le Parlement déjà, on peut presque deviner les bateaux.

Le fjord pénètre dans les terres, va du détroit du Skagerrak jusqu'à la capitale. Long de 100 kilomètres, le fjord d'Oslo est parsemé de centaines d'îlots et de récifs. Face au port, l'imposante mairie, appelée Rådhuset, sert de repère incontournable pour les visiteurs. L'édifice brun, surmonté de deux tours carrées, ne laisse pas indifférent tant on peut trouver son goût discutable.

Mais c'est pourtant ici que chaque 10 décembre, un comité remet le prix Nobel de la paix au lauréat. Le fait que le Suédois Alfred Nobel ait choisi la capitale norvégienne pour accueillir l'événement ne surprend plus personne. «Un jour, au restaurant, j'ai dîné juste à côté d'une prix Nobel», confie ainsi, sans s'émouvoir, Marie, une Française expatriée, ancienne guide touristique à Oslo.

En face de la mairie, quelques bateaux sont amarrés. Sur un petit navire, un pêcheur vend des crevettes par seaux entiers.

Tout près, les restaurants aménagés dans les entrepôts rénovés du quartier de l'Aker Brygge sont un passage obligé pour qui veut tester la gastronomie locale. Le gravlaks et le røket laks, saumon mariné et fumé, éléments essentiels de la cuisine nationale.

Mais aussi d'autres mets aux noms absolument imprononçables. «Kjøttkaker med brun saus og ertestuing, c'est-à-dire boulettes de viande à la sauce brune et purée de pois», suggère Henriette Falck, notre guide improvisée. Le tout est arrosé comme il se doit d'une Aass, l'une des bières locales, tandis que les yeux sur le port on se prend à rêver d'une croisière dans les eaux glacées du nord de la Norvège.

Mais sans pousser jusqu'aux îles Lofoten, on peut s'offrir à Oslo une mini-croisière pour le prix d'un ticket de métro. L'intérieur du fjord a son propre petit archipel, et des ferrys nous mènent à chaque heure d'une île à une autre, permettant aux habitants de rejoindre leurs petites maisons colorées, rouges et jaunes, et d'aller pêcher la truite au passage. Hovedøya est la plus proche, à dix minutes seulement en bateau.

Sur les quais, on croise Jurgen et Julia, deux jeunes Norvégiens rencontrés la veille — Oslo est décidément une petite ville —, et on arrive bientôt dans un théâtre de verdure où des enfants blonds s'amusent dans les ruines d'un monastère fondé par des moines anglais au XIIe siècle. Au bout d'un sentier ombragé, de l'autre côté de l'île, on parvient rapidement sur une petite plage.

Tout autour, des habitants d'Oslo sont venus faire griller quelques saucisses, chacun avec son barbecue portatif sous le bras. «Quand le printemps arrive, les gens ressortent rapidement leurs shorts et tee-shirts pour prendre du soleil. Et on boit une bière dehors même s'il ne fait pas vraiment chaud», explique Henriette.

Après ces longues journées d'hiver passées presque sans soleil, on ne peut que les comprendre, et on se met, nous aussi, à profiter des premiers rayons de ce printemps un brin frisquet.

En revenant vers le port, on peut apercevoir, surplombant la ville, la citadelle construite au XIVe siècle. Durant la Seconde Guerre mondiale, les envahisseurs nazis y ont assassiné des résistants. Aujourd'hui, on y vient pour observer le fjord à la nuit tombée.

Une balade agréable, comme Oslo ne cesse d'en proposer. Car la capitale est indiscutablement une ville où il fait bon se promener.

L'une des marches nous conduit vers l'ouest, au célèbre parc de Vigeland, aussi appelé Frognerparken. Etape obligée des touristes, celui-ci attire un million de visiteurs par an.

Deux cents sculptures en bronze, granit et fer forgé du grand sculpteur norvégien Gustav Vigeland (mort en 1943) y sont exposées au milieu des arbres. On déambule entre des colonnes, des statues d'hommes et d'enfants, dont le fameux Sinnataggen, représentant un petit garçon en colère. Au centre, un monolithe de 17 mètres de haut se dresse, entouré de 36 groupes de statues. On n'en revient pas forcément conquis, mais étonné par ce tour de force.

Plus à l'est, le musée Edvard Munch — il faut prononcer «Munk» — est lui aussi incontournable. À sa mort, le peintre expressionniste a légué à la ville 1100 peintures, 3000 dessins et 18 000 gravures. Entre les diverses versions du Cri ou de la Madone, des autoportraits de l'artiste de sa jeunesse à ses derniers jours, les férus de peinture ne peuvent qu'apprécier le parcours entre ces toiles célèbres.

Pour les amateurs de bateaux, la presqu'île de Bygdøy est une étape essentielle. On attrape un ferry en face de la mairie pour débarquer dans ce quartier chic empli de résidences consulaires. Au musée des bateaux vikings, trois bateaux retrouvés sur des sites mortuaires sont exposés. À l'ère Viking, de 800 à 1050 après Jésus-Christ, les Scandinaves avaient développé ces grands navires en bois, rapides et aisément manoeuvrables, qui leur permirent de traverser les mers jusqu'en Irlande ou à Byzance. Les bateaux exposés, découverts dans des tertres funéraires près du fjord d'Oslo, ont été ensevelis il y a plus de 1100 ans, autant de sépultures pour des hommes et des femmes importants.

À quelques centaines de mètres, on trouve le musée du Fram, qui raconte l'histoire du célèbre bateau polaire. À trois reprises, le navire fut utilisé lors d'expéditions risquées dans les régions polaires; La Norvège est indiscutablement une patrie de grands marins. Mais pas seulement. Les habitants d'Oslo sont aussi de très bons skieurs, les forêts proches permettant de grandes randonnées à ski en hiver. «L'avantage, à Oslo, c'est qu'on a la nature et la ville en même temps», commente Henriette, notre guide.

À bord d'un petit train rouge, on monte donc jusqu'à la station de Frognerseteren, pour se balader dans les bois du Nordmarka. Les dernières neiges fondent et la marche creuse l'appétit. Alors on s'arrête, comme tout le monde, au magnifique chalet en bois, en contrebas de la station de train, pour déguster une tourte aux pommes et crème chantilly à se damner. Oslo n'est peut-être pas une grande capitale, mais c'est en tout cas une capitale diablement heureuse.

En vrac

- Les vols aller-retour Montréal-Oslo débutent à environ 780 $CAN. Compter environ 12 heures de vol avec une escale. Un train mène de l'aéroport d'Oslo à la station centrale en 20 minutes.

- Formalités les ressortissants canadiens n'ont pas besoin de visa pour entrer en Norvège. Ils peuvent rester 90 jours à condition de disposer d'un passeport valide pendant trois mois après leur entrée dans le pays. Ils doivent également disposer de 500 couronnes norvégiennes par jour. Voir le site norvégien de l'immigration: http://www.udi.no/templates/Tema.aspx?id=7403.

- Devise: 1 NOK= 0,18 $CAN.

- La vie à Oslo est chère. Investir dans un Oslo pass s'avère donc une bonne idée. Le pass donne l'accès gratuit à 35 musées, au transport ainsi qu'à de nombreuses réductions sur diverses activités. 410 NOK (74 $CAN) pour trois jours.

-Oslo dispose de nombreux restaurants, pour toutes les bourses. On peut se contenter d'une saucisse dans une échoppe ou d'une pizza pour un prix modéré. Noter cependant que le prix du vin fera grimper l'addition.

- Renseignements sur le site très bien fait de l'Office du tourisme de la ville d'Oslo: http://www.visitoslo.com. Également le site officiel de la Norvège pour le Canada: http://www.amb-norvege.ca.

***

Collaboration spéciale
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012