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Long Courrier

La Grèce sans réservations

Lio Kiefer   24 novembre 2007  Voyage
Le temple d’Héra, sur le site archéologique d’Olympie, au sud-ouest d’Athènes, en Grèce.
Photo : Agence Reuters
Le temple d’Héra, sur le site archéologique d’Olympie, au sud-ouest d’Athènes, en Grèce.
«Ma conjointe et moi projetons d'aller dans les îles grecques de la mer Égée en 2008. Nous voulons réserver deux nuits d'hôtel à Athènes pour notre arrivée et faire le reste du voyage de 18 ou 19 jours sans réservations. Est-il facile d'aller d'une île à l'autre et de trouver à coucher sans réservations? Ma conjointe a moins voyagé que moi et est un peu inquiète à l'idée de ne pas avoir de réservations dans les îles. Que pensez-vous de l'hébergement dans les chambres d'hôtes offert par les habitants à la descente des traversiers? Merci pour toutes vos intéressantes chroniques.» - Claude G., Montréal

Tout dépend du moment de l'année où vous voulez partir et des îles que vous voulez visiter. Si vous optez pour les Cyclades aux mois de juillet et août, mieux vaut réserver le plus tôt possible; malgré tout, vous serez collés, collés! Si vous choisissez Mykonos, Santorin, Ios, Anafi, Delos ou Antiparos, vous serez certains de trouver des places en février, mars, avril et fin septembre et octobre juste en téléphonant. Pour les autres îles comme Amorgos, Giaros, Tinos, Kea, Kitnos ou Kimolos, vos chances seront meilleures à la période estivale.

Les communications entre îles se font assez bien mais les horaires peuvent changer du jour au lendemain, sans préavis. Quant aux rabatteurs qui proposent des chambres à la descente des bateaux, il y en a pour tous les goûts. Certaines d'entre eux sont commissionnés pour des appartements convenables, d'autres pour des pièges à touristes avec des douches anémiques et une électricité caractérielle.

Et ne payez jamais d'avance même s'ils portent vos bagages et s'avèrent très drôles. Normalement, ils imitent très bien le cri du mulet en plein effort... Vous pouvez obtenir de bonnes adresses dans les Guides du routard, Ulysse et Lonely Planet.

Vous pouvez également demander aux gens, dans la maison où vous séjournez sur une île qui vous convient, s'ils connaissent une adresse sympa à la prochaine destination prévue. Ça peut être de la famille ou des amis.

Essayez également les dépanneurs et les agences de voyages de la rue du Parc et des rues adjacentes à Montréal. Ils ont souvent des trucs helléniques en matière d'hébergement. Fouillez enfin du côté de la mer Ionienne: les îles de Céphalonie et Ithaque ainsi que Corfou (hors saison) ont un autre charme.

Dernier conseil: évitez les bateaux de pêcheurs (vrais et faux) qui se proposent de faire des traversées entre les îles avec leurs chaloupes. Quand la mer est calme, ça peut aller. Quand elle est agitée, c'est l'enfer. Pour ce genre de voyage avec cinq ou six îles au programme, privilégiez les sacs à dos confortables plutôt que les valises.

En Autriche l'été

«Nous lisons religieusement votre chronique qui fait rêver à défaut de pouvoir nous envoler vers toutes les destinations que vous proposez. Mais cette fois, c'est vrai. Nous avons décidé d'accepter l'invitation de la famille d'un adolescent autrichien que nous avons accueilli chez nous, en Acadie, afin qu'il puisse améliorer son français, et nous irons les visiter. Notre principale décision consistera donc en l'achat des billets d'avion pour notre fils de sept ans et nous-mêmes puisque nos amis autrichiens nous hébergeront et nous feront découvrir leur pays en juillet prochain.

«Quand devrions-nous acheter les billets? Est-ce déjà le temps ou faudrait-il attendre un peu pour profiter des meilleures économies? Air Canada est-elle la meilleure option pour les réservations (même si le vol principal sera vraisemblablement sur Austrian Airlines)? Est-il beaucoup plus économique de faire en auto (ou en train) les sept ou huit heures de route qui nous séparent de Montréal ou conseilleriez-vous un vol à plusieurs escales à partir de notre petit aéroport de Bathurst?»

Nathalie et Larry Balmoral, Nouveau-Brunswick

Merci pour votre question, mais faites abstraction du mot «religieusement», ça me fait peur! C'est comme si je faisais un sermon chaque samedi sur les voyages, et cela me rappelle une phrase terrible de Verlaine: «Comme pour mettre fin à la contingence, trouver un terme exact à l'errance fondamentale, le voyageur s'engage sur une route qui monte vers cet espoir peut-être fallacieux de quelque chose aboutissant quelque part ou nulle part.» Et si, justement, nous allions tous nulle part?

Pour votre prochaine autricherie estivale, il n'est pas nécessaire de réserver vos billets d'avion sur Vienne pour le moment. Par contre, je vous conseille de visiter les sites Internet d'Austrian Airlines (www.austrian.com) et d'Air Canada (www.aircanada.ca), qui proposent des vols à codes partagés, ainsi que celui d'Air Transat (www.airtransat.com), qui offrait Vienne l'été dernier. Si vous pouviez partir fin juin plutôt qu'en plein mois de juillet, vous pourriez économisez environ 200 $, le billet étant en général coté aux environs de 1200 $, toutes compagnies confondues.

Pour votre trajet Bathurst-Montréal, il y a des vols directs avec Air Canada Jazz (environ 358 $ par personne dans le meilleur des airs) ou le train avec Via Rail (environ 256 $ par personne dans le meilleur des rails). C'est donc la voiture qui reste la plus économique, malheureusement. Toutefois, commencer un voyage en train pour aller de l'autre côté de l'Atlantique est une bonne idée, d'après moi, pour prendre le temps de savourer les distances.

À propos de train et d'Autriche, demandez à vos hôtes d'aller faire un tour avec vous du côté des mines de sel d'Hallein, là où un vieux train à vapeur fait encore la route. On traverse le lac en radeau pour atteindre le village. On est aussi très près du Salzkammergut, aux alentours de Bad Ischl, qui a été pendant de longues années le terrain de jeu des fantaisies — amoureuses et de chasse — de l'impératrice Sissi. En ce temps-là, tous les chevreuils et les gardes-chasses se tenaient les fesses serrées à l'annonce de l'arrivée impériale.

Bonnes adresses

«J'ai beaucoup apprécié l'article [d'Hélène Clément] sur le Burkina Faso, publié il y a quelques semaines, et ce, parce que j'ai pu découvrir ce pays en 2003 en tant que touriste solidaire. J'ai en effet voyagé avec l'association Tourisme et développement solidaires (www.tourisme-dev-solidaires.org), qui m'a permis de vivre au coeur d'un village de brousse une expérience authentique et très enrichissante. Cette association a développé des séjours d'accueil dans quatre villages du Burkina en vue de les aider dans leur développement.

«Cela me permet de vous faire part de l'existence de cette association qui fait depuis sept ans un travail formidable avec un modèle de tourisme durable intéressant et abouti.»

Frédérique Guéguen, Montréal

Échos utiles

«Voici un renseignement que je trouve utile de partager. Mon compagnon et moi étions à Vienne au début d'octobre 2007. Il nous a été impossible d'y faire des retraits aux guichets automatiques avec nos cartes de débit Desjardins. D'autres Québécois rencontrés avaient le même problème. Heureusement, j'ai pu utiliser sans problème ma carte de débit de la Banque Laurentienne. À Prague, par contre, la carte Desjardins fonctionnait. Merci pour vos chroniques.»

Michel Godin, Montréal

Nous avions traité l'année dernière du même problème avec Desjardins dans certaines capitales et villes européennes. Ce qui est sûr, c'est que les codes à cinq chiffres ne passent pas. Pourquoi Prague et pas Vienne? La réponse est dans la question.

À suivre

- Les réductions de 5 à 7 % qu'offre le voyagiste Vacances en Province pour la location de pénichettes sur les canaux européens si les réservations sont faites avant le 31 décembre prochain. Compte tenu du nombre de compagnies représentées, on propose une armada de solutions nautiques de toute taille afin de faire profiter les voyageurs de l'accès à différents canaux selon ce mode de tourisme qui permet de visiter une région au fil de l'eau. Des tarifs sont aussi établis pour une location de plus de deux semaines. Les agents de voyages ont facilement accès à ce voyagiste. www.vacances-en-province.com.

Clin d'oeil

Les passagers qui comptaient sur les lits doubles des nouvelles suites de première classe offertes à bord des A380 de Singapore Airlines pour devenir membres du Mile-High Club vont faire la baboune. Le transporteur demande expressément à ses clients de s'abstenir d'avoir des activités amoureuses en première.

Cette exigence, précise Singapore, est en vigueur pour les passagers de toutes les classes de service de ses appareils, depuis les toilettes jusque sous les couvertures. En cas de flagrant délit amoureux, on ne connaît pas le montant de l'amende ni les représailles possibles à l'arrivée.

À lire, voir, écouter

- Deux carnets de voyages cette semaine. Le premier est le récit d'un jeune Québécois, Billy Rioux, intitulé En route vers l'Alaska, publié aux Éditions Bertrand Dumont. Un livre attachant, des profils pour frôler la vie, la mort, l'amour. Des incertitudes, une fierté à suivre ses instincts... On trouve tout cela dans ce road movie qui offre plusieurs rythmes au fil de la lecture.

On sent l'auteur un peu poète par moments et attiré aussi bien par les gens que par la nature dans ses solitudes les plus diverses et les plus nébuleuses. On retiendra sa Déesse des mers qui est son canot et sa manière de crier ses envies au monde entier pour la réalisation des rêves de chacun. On aurait peut-être aimé encore plus de photos au milieu du livre et moins de retenue dans les états d'âme. À lire même si on n'ira jamais en Alaska.

L'autre recueil parle d'un tout autre trajet puisqu'il s'agit d'un carnet de voyage de 42 jours sur le chemin de Compostelle, au départ du Pays basque français. C'est écrit simplement par Simone Bettinger et publié aux Éditions Carte blanche sous le titre L'Escargot du chemin.

Là aussi, l'auteur évoque certaines rencontres, indique des paysages qui la bouleversent, des fatigues qui la transcendent. On est sur un chemin spirituel et dans un monde de questionnements. Il y a aussi une question que beaucoup doivent se poser sur ce chemin: mais que fais-je ici? À la fin du recueil, on trouve quelques conseils et trucs pour réussir un bon pèlerinage ou simplement une bonne randonnée. Ce n'est pas de la grande littérature, mais ça se lit bien.

La phrase de la semaine

«Moi, le seul voyage qui m'intéresse, c'est la mort. Parce qu'on ne rapporte pas de diapos.» - Wolinski

***

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