Inde du sud: Auroville, terre des hommes
Photo : Carolyne Parent
La sphère monumentale sert de hall de méditation aux Aurovilliens.
En Inde du Sud, à une dizaine de kilomètres au nord de Pondichéry, existe un monde où l'argent n'est pas la valeur suprême et où le travail doit servir à l'épanouissement de soi et, par ricochet, au bien-être de la collectivité. Ce monde, c'est Auroville, une sorte d'Utopie à la Thomas Moore, sauce tamoule.
Créée dans les années 60 par Mirra Alfassa, surnommée «La Mère», une Française à qui le rebelle Sri Aurobindo avait confié, à la fin de sa vie, la responsabilité de son ashram, la ville doit son nom à ce yogi et poète vénéré au pays.
La «cité de l'aurore d'une ère nouvelle» se veut un milieu de vie communautaire universel où tous sont bienvenus pourvu qu'ils laissent leurs croyances religieuses au vestiaire. Lors de son inauguration, en 1968, des citoyens de 124 nations ont déposé quelques pincées de terre de leur contrée d'origine dans une urne en signe d'unité. Aujourd'hui y vivent 2000 hommes, femmes et enfants. La moitié d'entre eux sont des étrangers provenant d'une trentaine de pays. On les appelle les Aurovilliens.
Auroville s'est développée sur un plateau jadis désertique que les résidants ont reboisé. Elle se divise en plusieurs secteurs, dont une zone résidentielle où les maisons, la plupart en terre crue, matériau de construction non polluant, ont été bâties par leurs occupants ou sous leur supervision, une zone verte, où on cultive bio, et une zone «industrielle», où sont concentrés des centres d'artisanat et de recherche de technologies nouvelles, notamment dans les domaines agricole et énergétique. Coeur de la ville, la zone de la paix est toutefois la seule accessible aux curieux qui, avant de s'y rendre, doivent d'abord visionner une vidéo documentaire présentée au centre d'information.
Comme les voitures ne sont pas autorisées à Auroville, on y va donc à pied, une petite demi-heure de marche. «Mais il n'y a rien à voir!», bougonne ma guide. Et voilà qu'en plein champ apparaît enfin le Matrimandir, l'Oratoire de la Mère. Il s'agit d'une sphère monumentale qui sert de hall de méditation aux Aurovilliens. Devant, sur un monticule, trône la fameuse urne.
L'ensemble surprend, avouons-le. Dites, ils arriveront par où, les petits bonshommes verts? Mais bon, si le mode de vie qui a donné naissance à cette chose étrange perdure depuis 40 ans, c'est tout de même signe qu'il fonctionne, non? «Oui et non, répond la bougonne. Le projet n'est pas terminé, il y a des disputes depuis la mort de la Mère, en 1973, des soucis d'argent... » Ah, l'hommerie... Méditons là-dessus.
- Infos: www.auroville.org.
Créée dans les années 60 par Mirra Alfassa, surnommée «La Mère», une Française à qui le rebelle Sri Aurobindo avait confié, à la fin de sa vie, la responsabilité de son ashram, la ville doit son nom à ce yogi et poète vénéré au pays.
La «cité de l'aurore d'une ère nouvelle» se veut un milieu de vie communautaire universel où tous sont bienvenus pourvu qu'ils laissent leurs croyances religieuses au vestiaire. Lors de son inauguration, en 1968, des citoyens de 124 nations ont déposé quelques pincées de terre de leur contrée d'origine dans une urne en signe d'unité. Aujourd'hui y vivent 2000 hommes, femmes et enfants. La moitié d'entre eux sont des étrangers provenant d'une trentaine de pays. On les appelle les Aurovilliens.
Auroville s'est développée sur un plateau jadis désertique que les résidants ont reboisé. Elle se divise en plusieurs secteurs, dont une zone résidentielle où les maisons, la plupart en terre crue, matériau de construction non polluant, ont été bâties par leurs occupants ou sous leur supervision, une zone verte, où on cultive bio, et une zone «industrielle», où sont concentrés des centres d'artisanat et de recherche de technologies nouvelles, notamment dans les domaines agricole et énergétique. Coeur de la ville, la zone de la paix est toutefois la seule accessible aux curieux qui, avant de s'y rendre, doivent d'abord visionner une vidéo documentaire présentée au centre d'information.
Comme les voitures ne sont pas autorisées à Auroville, on y va donc à pied, une petite demi-heure de marche. «Mais il n'y a rien à voir!», bougonne ma guide. Et voilà qu'en plein champ apparaît enfin le Matrimandir, l'Oratoire de la Mère. Il s'agit d'une sphère monumentale qui sert de hall de méditation aux Aurovilliens. Devant, sur un monticule, trône la fameuse urne.
L'ensemble surprend, avouons-le. Dites, ils arriveront par où, les petits bonshommes verts? Mais bon, si le mode de vie qui a donné naissance à cette chose étrange perdure depuis 40 ans, c'est tout de même signe qu'il fonctionne, non? «Oui et non, répond la bougonne. Le projet n'est pas terminé, il y a des disputes depuis la mort de la Mère, en 1973, des soucis d'argent... » Ah, l'hommerie... Méditons là-dessus.
- Infos: www.auroville.org.
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