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Inde du sud: Auroville, terre des hommes

Carolyne Parent   7 juillet 2007  Voyage
La sphère monumentale sert de hall de méditation aux Aurovilliens.
Photo : Carolyne Parent
La sphère monumentale sert de hall de méditation aux Aurovilliens.
En Inde du Sud, à une dizaine de kilomètres au nord de Pondichéry, existe un monde où l'argent n'est pas la valeur suprême et où le travail doit servir à l'épanouissement de soi et, par ricochet, au bien-être de la collectivité. Ce monde, c'est Auroville, une sorte d'Utopie à la Thomas Moore, sauce tamoule.

Créée dans les années 60 par Mirra Alfassa, surnommée «La Mère», une Française à qui le rebelle Sri Aurobindo avait confié, à la fin de sa vie, la responsabilité de son ashram, la ville doit son nom à ce yogi et poète vénéré au pays.

La «cité de l'aurore d'une ère nouvelle» se veut un milieu de vie communautaire universel où tous sont bienvenus pourvu qu'ils laissent leurs croyances religieuses au vestiaire. Lors de son inauguration, en 1968, des citoyens de 124 nations ont déposé quelques pincées de terre de leur contrée d'origine dans une urne en signe d'unité. Aujourd'hui y vivent 2000 hommes, femmes et enfants. La moitié d'entre eux sont des étrangers provenant d'une trentaine de pays. On les appelle les Aurovilliens.

Auroville s'est développée sur un plateau jadis désertique que les résidants ont reboisé. Elle se divise en plusieurs secteurs, dont une zone résidentielle où les maisons, la plupart en terre crue, matériau de construction non polluant, ont été bâties par leurs occupants ou sous leur supervision, une zone verte, où on cultive bio, et une zone «industrielle», où sont concentrés des centres d'artisanat et de recherche de technologies nouvelles, notamment dans les domaines agricole et énergétique. Coeur de la ville, la zone de la paix est toutefois la seule accessible aux curieux qui, avant de s'y rendre, doivent d'abord visionner une vidéo documentaire présentée au centre d'information.

Comme les voitures ne sont pas autorisées à Auroville, on y va donc à pied, une petite demi-heure de marche. «Mais il n'y a rien à voir!», bougonne ma guide. Et voilà qu'en plein champ apparaît enfin le Matrimandir, l'Oratoire de la Mère. Il s'agit d'une sphère monumentale qui sert de hall de méditation aux Aurovilliens. Devant, sur un monticule, trône la fameuse urne.

L'ensemble surprend, avouons-le. Dites, ils arriveront par où, les petits bonshommes verts? Mais bon, si le mode de vie qui a donné naissance à cette chose étrange perdure depuis 40 ans, c'est tout de même signe qu'il fonctionne, non? «Oui et non, répond la bougonne. Le projet n'est pas terminé, il y a des disputes depuis la mort de la Mère, en 1973, des soucis d'argent... » Ah, l'hommerie... Méditons là-dessus.

- Infos: www.auroville.org.
 
 
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  • Ghislaine Godart
    Inscrite
    dimanche 8 juillet 2007 03h57
    Une secte, ni plus ni moins.
    Des problèmes financiers ? Allons donc !
    Un monde où l'argent n'a pas la valeur suprême ? Alors là, je m'esclaffe !

    Pour votre gouverne, sachez qu'une grande partie de la ville blanche de Pondicherry appartient à l'ashram ! Que chaque ashramite doit faire don de tous ses biens à son entrée !

    Une ambiance de franche camaraderie entre citoyens du monde ? Ces personnes vivent en vase clos et méprisent les autochtones ! Un comble ! Les Tamouls sont ' utilisés ' aux basses besognes, sont appelés ' chien ' ( Naye en Tamoul ) et traités comme tel !

    Savez-vous qu'un ashramite est tenu au célibat, et bien sûr à l'abstinence... ? ! Qu'il est tenu à des règles très strictes ? Beaucoup d'interdictions, beaucoup de devoirs !
    Comment appellerons-nous cela ? SECTE est tout à fait appropriée !

    Je viens de vivre 14 ans à Pondicherry, c'est pourquoi je me permets de mettre mon grain de sel, je connais bon nombre d'ashramites et pense connaître assez bien le sujet. Il y aurait encore beaucoup à dire...

    Oh ! Pour votre prochain séjour à Auroville... Sachez qu'il existe un parking à proximité de la sphère.

  • Christian Feuillette
    Abonné
    dimanche 22 juillet 2007 18h44
    UNE MISE AU POINT
    J'ai trouvé les articles de Carolyne Parent au sujet d'Auroville et Pondichéry, parus dans l'édition du 7 juillet 2007 du journal Le Devoir, très intéressants et honnêtes, mais le commentaire de Madame Ghislaine Godart, complètement déplacé et biaisé. Cette personne dit avoir passé 14 ans à Pondichéry, mais elle n'a visiblement pas observé ni compris grand chose durant son séjour. Qu'il est facile de parler de secte à propos de n'importe quoi! Même s'ils sont tous deux inspirés par la philosophie de Sri Aurobindo, l'ashram de Pondichéry et Auroville sont deux entités sensiblement différentes. L'ashram est une communauté spirituelle rassemblant des personnes entièrement consacrées à leur spiritualité, tandis qu'Auroville, laboratoire visant à réaliser l'unité humaine, est davantage constituée de personnes comme vous et moi cherchant tant bien que mal, avec bonne volonté mais aussi au prix de nombreuses difficultés, à travailler ensemble. Mais ni l'ashram ni Auroville ne peuvent raisonnablement être assimilés à une secte. On n'y retrouve ni le rejet du monde extérieur, ni le recours à un recrutement agressif, ni la détresse psychologique ou la culture d'un sentiment de persécution chez les membres, ni aucun autre trait définissant une secte.

    Et que dire de cette accusation de racisme à l'égard des autochtones tamouls? J'ai effectué depuis 1970 une demi-douzaine de séjours à Pondichéry et Auroville et je n'ai jamais entendu cette expression de "chien" à l'égard des résidents tamouls. Au contraire, La Mère, qui a dirigé l'ashram et a inspiré la création d'Auroville avait un immense respect pour les villageois tamouls, leur reconnaissant même une suprématie spirituelle naturelle. De nombreux villageois sont aujourd'hui parfaitement intégrés à la vie d'Auroville; plusieurs y ont reçu une éducation de grande qualité et détiennent des postes de décision. Auroville offre pour eux des perspectives de travail, de santé et de développement qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans la région. Du reste, certains d'entre eux seront à Montréal dans deux mois à l'occasion de la rencontre annuelle des associations Auroville International du monde entier, qui se tient pour la première fois au Canada. Il y aura une assemblée publique (entrée libre) à l'auditorium Calixa-Lavallée du Parc-Lafontaine le samedi 22 septembre à 19h00 et les gens intéressés seront libres d'exercer leur jugement.

    Christian Feuillette
    Président d'Auroville International Canada

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