Pondichéry blues
Photo : Carolyne Parent
Un rickshaw, rue Dumas.
En Inde du Sud, sur la côte de Coromandel, subsiste un petit coin de France dont on s'acharne, contre vents et tsunamis, à préserver l'identité. Voyage au pays de la nostalgie.
Pondichéry — Dans la «ville blanche», tout est calme. Les maisons coloniales sont immaculées. Les rues de la Marine, Romain-Rolland et Dumas sont bellement ombragées. La circulation est ordonnée. Tiens, on joue aux boules au pied d'une statue de Jeanne d'Arc. Curieux... Sommes-nous bien au pays de Gandhi? Parfaitement: à preuve, les gendarmes ont beau porter képi, ils causent tamoul!
La «ville blanche», c'est le quartier français de Pondichéry, Pondi pour les intimes. Elle longe le golfe du Bengale, à l'est d'un canal de récupération des eaux de pluie qui la sépare physiquement de la «ville noire», autre appellation raciste qui désigne la ville indienne et remonte au temps de la colonie.
Puducherry, le «nouveau village», naît en 1673 lorsque la Compagnie française des Indes orientales achète d'un sultan un terrain pour en faire la base de son commerce avec l'Orient. L'ennui, c'est que les Hollandais, puis les Britanniques, déjà installés à Fort Saint George (Chennai), la convoitent aussi. Le comptoir des Établissements français de l'Inde prospérera donc tant bien que mal jusqu'à ce que sa rivale impériale la brûle entièrement, en 1761. Oh! elle renaîtra bel et bien, mais les Britanniques mettront encore le grappin dessus à deux reprises! De nouveau française en 1816, elle le restera jusqu'en 1954, année de la déroute de la mère patrie en Indochine et sept ans après la proclamation de l'indépendance du pays. Indienne depuis, elle n'en affiche pas moins encore son caractère français, qui lui vaut même le surnom de «Riviera française de l'Est»!
Le quartier français, qui occupe environ le tiers de la superficie de Pondi, a bel et bien un cachet vieille «métropole» avec ses noms de rues et de commerces en français, son monument aux Morts, son chapelet d'églises et son drapeau tricolore, qui flotte au sommet du consulat de France. Mais n'espérez pas y entendre le moindre «bonjour»! Des quelque 5000 citoyens français que compte Pondi, une ville de 220 000 habitants, la majorité est franco-tamoule: ce sont les Indiens qui ont pris la nationalité française lorsqu'elle leur fut offerte avant le transfert de jure de Pondi à l'Inde, en 1962. En fait, seules quelque 200 familles, celles des fonctionnaires français qui travaillent dans les institutions demeurées en place, gardent vivante la langue de Molière. Mais qu'à cela ne tienne: l'architecture, elle, ne parle que de France.
Un patrimoine à préserver
Pour Ashok Panda, coordonnateur des activités de la section pondichérienne de l'Indian National Trust for Art and Cultural Heritage (INTACH), un organisme voué à la protection du patrimoine culturel du pays, «la richesse de Pondichéry, c'est sa connexion française et son histoire». Une histoire inscrite à même les quelque 1800 immeubles historiques français, tamouls et franco-tamouls que l'ONG a répertoriés, catégorisés, documentés, et tente de sauver de la démolition.
Prenez le Centre de la broderie des soeurs de Saint-Joseph de Cluny, une superbe villa construite en 1774 pour M. Lagrenée de Mézières, membre du conseil supérieur de la Compagnie des Indes. Prenez, en face, l'Hôtel de l'Orient, l'ancienne maison de l'instruction publique, primé par l'UNESCO pour sa restauration. Puis, l'imposant Hôtel du Gouvernement, qui s'élève dans les parages du fortin érigé aux premiers temps de la colonie et à l'emplacement même de l'Hôtel de la Compagnie. Et encore le consulat, l'Alliance, le Lycée, l'Institut français, qui abrite des manuscrits religieux inscrits au registre de la Mémoire du monde, l'École française d'Extrême-Orient...
Sur une trame urbaine en damier s'alignent, rue après rue, soit des villas et des maisons de type hôtel particulier datant principalement des XVIIIe et XIXe siècles, soit des habitations purement tamoules. Ainsi, dans les deux quartiers, l'ensemble architectural est remarquable.
Interface entre les résidants et le gouvernement, cette cellule de l'INTACH établit des normes architecturales et supervise la restauration des immeubles pondichériens depuis 1998. Dans le quartier français, tous les bâtiments institutionnels ont été rénovés. «Ce fut une grande réussite, et cela a contribué à un certain éveil des élus», note M. Panda en français. Mais la tâche est plus ardue du côté résidentiel, d'une part parce qu'en ce pays en développement, les propriétaires ont souvent d'autres priorités que la protection de la pierre; d'autre part parce que le rôle de l'organisme est essentiellement consultatif.
«Comme il n'existe pas de lois pour la protection du patrimoine, on ne peut donc que donner notre avis aux propriétaires des bâtiments, qui ne comprennent pas toujours l'importance de la conservation, explique le coordonnateur. Je leur dis alors que l'Hôtel de l'Orient vaut aujourd'hui quatre fois plus qu'auparavant. L'argument économique est le meilleur!»
La promenade des Français
Malgré tous les efforts de l'INTACH-Pondichéry, le capital architectural de la ville est en péril. Selon M. Panda, plus de 600 maisons historiques ont été démolies entre 1995 et 2005, et ça continue. «Surtout dans le quartier tamoul, en grand danger, précise-t-il, et où l'architecture est aussi belle que la française, avec ses vérandas et ses colonnades qui abritent des bancs où s'assoient les femmes.» Ces habitations, caractérisées par leurs appentis, leurs pilastres, leurs corniches et leurs parapets ouvrés, on peut encore les admirer sur les rues Milad, Kazy et Vysial, surnommées les «rues qui parlent» à cause du climat de familiarité qu'elles inspirent. Là, justement, sous les appentis, des hommes repassent, à l'aide de fers alimentés au charbon, les riches saris de leurs clientes.
En travaillant à la revitalisation de Pondi, l'organisme contribue également, en dépit de moyens qu'on devine limités, à sa promotion touristique, qui mise essentiellement sur la richesse de son patrimoine et de son histoire. «Notre identité, c'est notre lien historique avec la France, répète M. Panda. Si on perd ça, ce sera tragique. Or plus personne ou presque ne parle la langue, et les Français, de leur côté, n'investissent pas ici, quoique certains commencent à saisir l'importance de l'Inde sur le plan économique.»
Aussi, pour assurer un certain rayonnement à la ville, l'organisme a préparé une exposition itinérante en français, en collaboration avec l'association parisienne Pondichéry Patrimoine et Conservation, qui raconte l'histoire de l'ancien comptoir. Cet été, elle sera présentée à Avignon, mais «elle pourrait aussi très bien se déplacer jusqu'au Québec!», fait remarquer M. Panda.
Dans le cadre du programme Asia Urbs, une initiative de la Commission européenne, Pondi et les villes associées de Villeneuve-sur-Lot, en France, et d'Urbino, en Italie, travaillent de concert à améliorer la qualité de son environnement. Ce sont donc également les espaces publics, les parcs, la gestion des déchets et jusqu'à la signalétique des immeubles historiques qui sont revus et corrigés, faisant de cette ville un milieu de vie et une destination touristique encore plus désirables.
Un lieu particulièrement agréable de Pondi est sa longue promenade, longtemps exclusivement la «promenade des Français», qui borde le golfe du Bengale. En fin d'après-midi, les Pondichériens s'y rassemblent pour prendre un bol d'air frais. Ils s'installent sur les énormes pierres de la digue qui a sauvé la ville du dernier tsunami tandis que les plus braves vont tremper un orteil dans les eaux traîtres du golfe. Au centre de cette promenade trône une statue de Gandhi, qu'enfants comme adultes n'hésitent pas à escalader; à son extrémité sud s'élève, esseulée, celle de Joseph François Dupleix. C'est sous le mandat de ce gouverneur que Pondi a connu son apogée, au milieu du XVIIIe siècle. Du moins est-ce l'avis des Français. Pour les Indiens, le sentiment est tout autre. «Pour nous, l'âge d'or de Pondichéry, c'est demain», dira M. Panda.
En vrac
- Précisions: Pondichéry est la capitale d'un territoire de l'Union qui comprend trois autres enclaves en Inde du Sud. À la différence des États, les territoires sont gouvernés directement par Delhi. Grâce au Traité de cession qui confère à Pondi un statut administratif spécial, elle peut néanmoins élire une législature. Le français y est langue officielle de jure alors que le tamoul l'est de facto, comme le télougou et le malayalam dans les autres enclaves. L'anglais est également parlé. On évalue à 10 000 le nombre de Français vivant sur ce territoire de 492 kilomètres carrés, soit la superficie de l'île de Montréal. Environ 40 000 Pondichériens vivent à Paris et sa banlieue, estime M. Panda.
- Y aller: facile avec Air France. Cap sur Paris, puis sur Chennai, ce dernier segment étant d'une durée d'environ 10 heures. Pondi est située à 160 kilomètres au sud de Chennai via l'East Coast Road.
- Quand: idéalement, de décembre à mars.
- Où loger: à l'Hôtel de l'Orient, absolument! Cet édifice du XVIIIe siècle propose 16 chambres au charme suranné et un café installé dans une cour intérieure fleurie. www.neemranahotels.com.
- À faire: les promenades commentées de l'INTACH dans les quartiers français et tamoul. On s'informe des horaires au Centre d'information touristique de l'avenue Goubert.
- À voir: l'ashram Sri Aurobindo. Ce rebelle opposé aux Britanniques se réfugia à Pondi en 1910 et fonda cet ashram dix ans plus tard. Aujourd'hui, le monastère compte 2000 membres, et on y vient en grand nombre se recueillir sur la tombe du gourou. Non loin, le temple Manakula Vinayagar, dédié à Ganesh et à son éléphante, Lakshmi, qui donne sa bénédiction d'un coup de trompe à qui veut bien lui donner quelques roupies, ne sont pas moins populaires! Juste en face de l'entrée du marché Goubert, sur la rue Ananda Ranga Pillai, il y a une maison tamoule du XVIIIe siècle que son gardien fait visiter pour une poignée de roupies lorsque le «chat» n'est pas là. Avec un peu de chance, vous pourriez découvrir un intérieur typique de cette époque, aux riches boiseries de teck sculpté. Y vécut l'interprète de Dupleix.
- Ceux qui ont lu L'Histoire de Pi, de Yann Martel, voudront sûrement aller jeter un coup d'oeil au Jardin botanique de même qu'à l'Indian Coffee House (125, rue Nehru), dont l'INTACH supervisera bientôt la restauration.
- À lire: Pondichéry, des comptoirs français à l'Inde d'aujourd'hui, de Georgette David. À acheter sur place, à la belle librairie Kailash.
- Renseignements: www.intachpondicherry.org, www.pondicherypatrimoine.org, www.tourism.pon.nic.in (en anglais... ) et www.incredibleindia.org.
Carolyne Parent était l'invitée d'India Tourism.
Collaboratrice du Devoir
Pondichéry — Dans la «ville blanche», tout est calme. Les maisons coloniales sont immaculées. Les rues de la Marine, Romain-Rolland et Dumas sont bellement ombragées. La circulation est ordonnée. Tiens, on joue aux boules au pied d'une statue de Jeanne d'Arc. Curieux... Sommes-nous bien au pays de Gandhi? Parfaitement: à preuve, les gendarmes ont beau porter képi, ils causent tamoul!
La «ville blanche», c'est le quartier français de Pondichéry, Pondi pour les intimes. Elle longe le golfe du Bengale, à l'est d'un canal de récupération des eaux de pluie qui la sépare physiquement de la «ville noire», autre appellation raciste qui désigne la ville indienne et remonte au temps de la colonie.
Puducherry, le «nouveau village», naît en 1673 lorsque la Compagnie française des Indes orientales achète d'un sultan un terrain pour en faire la base de son commerce avec l'Orient. L'ennui, c'est que les Hollandais, puis les Britanniques, déjà installés à Fort Saint George (Chennai), la convoitent aussi. Le comptoir des Établissements français de l'Inde prospérera donc tant bien que mal jusqu'à ce que sa rivale impériale la brûle entièrement, en 1761. Oh! elle renaîtra bel et bien, mais les Britanniques mettront encore le grappin dessus à deux reprises! De nouveau française en 1816, elle le restera jusqu'en 1954, année de la déroute de la mère patrie en Indochine et sept ans après la proclamation de l'indépendance du pays. Indienne depuis, elle n'en affiche pas moins encore son caractère français, qui lui vaut même le surnom de «Riviera française de l'Est»!
Le quartier français, qui occupe environ le tiers de la superficie de Pondi, a bel et bien un cachet vieille «métropole» avec ses noms de rues et de commerces en français, son monument aux Morts, son chapelet d'églises et son drapeau tricolore, qui flotte au sommet du consulat de France. Mais n'espérez pas y entendre le moindre «bonjour»! Des quelque 5000 citoyens français que compte Pondi, une ville de 220 000 habitants, la majorité est franco-tamoule: ce sont les Indiens qui ont pris la nationalité française lorsqu'elle leur fut offerte avant le transfert de jure de Pondi à l'Inde, en 1962. En fait, seules quelque 200 familles, celles des fonctionnaires français qui travaillent dans les institutions demeurées en place, gardent vivante la langue de Molière. Mais qu'à cela ne tienne: l'architecture, elle, ne parle que de France.
Un patrimoine à préserver
Pour Ashok Panda, coordonnateur des activités de la section pondichérienne de l'Indian National Trust for Art and Cultural Heritage (INTACH), un organisme voué à la protection du patrimoine culturel du pays, «la richesse de Pondichéry, c'est sa connexion française et son histoire». Une histoire inscrite à même les quelque 1800 immeubles historiques français, tamouls et franco-tamouls que l'ONG a répertoriés, catégorisés, documentés, et tente de sauver de la démolition.
Prenez le Centre de la broderie des soeurs de Saint-Joseph de Cluny, une superbe villa construite en 1774 pour M. Lagrenée de Mézières, membre du conseil supérieur de la Compagnie des Indes. Prenez, en face, l'Hôtel de l'Orient, l'ancienne maison de l'instruction publique, primé par l'UNESCO pour sa restauration. Puis, l'imposant Hôtel du Gouvernement, qui s'élève dans les parages du fortin érigé aux premiers temps de la colonie et à l'emplacement même de l'Hôtel de la Compagnie. Et encore le consulat, l'Alliance, le Lycée, l'Institut français, qui abrite des manuscrits religieux inscrits au registre de la Mémoire du monde, l'École française d'Extrême-Orient...
Sur une trame urbaine en damier s'alignent, rue après rue, soit des villas et des maisons de type hôtel particulier datant principalement des XVIIIe et XIXe siècles, soit des habitations purement tamoules. Ainsi, dans les deux quartiers, l'ensemble architectural est remarquable.
Interface entre les résidants et le gouvernement, cette cellule de l'INTACH établit des normes architecturales et supervise la restauration des immeubles pondichériens depuis 1998. Dans le quartier français, tous les bâtiments institutionnels ont été rénovés. «Ce fut une grande réussite, et cela a contribué à un certain éveil des élus», note M. Panda en français. Mais la tâche est plus ardue du côté résidentiel, d'une part parce qu'en ce pays en développement, les propriétaires ont souvent d'autres priorités que la protection de la pierre; d'autre part parce que le rôle de l'organisme est essentiellement consultatif.
«Comme il n'existe pas de lois pour la protection du patrimoine, on ne peut donc que donner notre avis aux propriétaires des bâtiments, qui ne comprennent pas toujours l'importance de la conservation, explique le coordonnateur. Je leur dis alors que l'Hôtel de l'Orient vaut aujourd'hui quatre fois plus qu'auparavant. L'argument économique est le meilleur!»
La promenade des Français
Malgré tous les efforts de l'INTACH-Pondichéry, le capital architectural de la ville est en péril. Selon M. Panda, plus de 600 maisons historiques ont été démolies entre 1995 et 2005, et ça continue. «Surtout dans le quartier tamoul, en grand danger, précise-t-il, et où l'architecture est aussi belle que la française, avec ses vérandas et ses colonnades qui abritent des bancs où s'assoient les femmes.» Ces habitations, caractérisées par leurs appentis, leurs pilastres, leurs corniches et leurs parapets ouvrés, on peut encore les admirer sur les rues Milad, Kazy et Vysial, surnommées les «rues qui parlent» à cause du climat de familiarité qu'elles inspirent. Là, justement, sous les appentis, des hommes repassent, à l'aide de fers alimentés au charbon, les riches saris de leurs clientes.
En travaillant à la revitalisation de Pondi, l'organisme contribue également, en dépit de moyens qu'on devine limités, à sa promotion touristique, qui mise essentiellement sur la richesse de son patrimoine et de son histoire. «Notre identité, c'est notre lien historique avec la France, répète M. Panda. Si on perd ça, ce sera tragique. Or plus personne ou presque ne parle la langue, et les Français, de leur côté, n'investissent pas ici, quoique certains commencent à saisir l'importance de l'Inde sur le plan économique.»
Aussi, pour assurer un certain rayonnement à la ville, l'organisme a préparé une exposition itinérante en français, en collaboration avec l'association parisienne Pondichéry Patrimoine et Conservation, qui raconte l'histoire de l'ancien comptoir. Cet été, elle sera présentée à Avignon, mais «elle pourrait aussi très bien se déplacer jusqu'au Québec!», fait remarquer M. Panda.
Dans le cadre du programme Asia Urbs, une initiative de la Commission européenne, Pondi et les villes associées de Villeneuve-sur-Lot, en France, et d'Urbino, en Italie, travaillent de concert à améliorer la qualité de son environnement. Ce sont donc également les espaces publics, les parcs, la gestion des déchets et jusqu'à la signalétique des immeubles historiques qui sont revus et corrigés, faisant de cette ville un milieu de vie et une destination touristique encore plus désirables.
Un lieu particulièrement agréable de Pondi est sa longue promenade, longtemps exclusivement la «promenade des Français», qui borde le golfe du Bengale. En fin d'après-midi, les Pondichériens s'y rassemblent pour prendre un bol d'air frais. Ils s'installent sur les énormes pierres de la digue qui a sauvé la ville du dernier tsunami tandis que les plus braves vont tremper un orteil dans les eaux traîtres du golfe. Au centre de cette promenade trône une statue de Gandhi, qu'enfants comme adultes n'hésitent pas à escalader; à son extrémité sud s'élève, esseulée, celle de Joseph François Dupleix. C'est sous le mandat de ce gouverneur que Pondi a connu son apogée, au milieu du XVIIIe siècle. Du moins est-ce l'avis des Français. Pour les Indiens, le sentiment est tout autre. «Pour nous, l'âge d'or de Pondichéry, c'est demain», dira M. Panda.
En vrac
- Précisions: Pondichéry est la capitale d'un territoire de l'Union qui comprend trois autres enclaves en Inde du Sud. À la différence des États, les territoires sont gouvernés directement par Delhi. Grâce au Traité de cession qui confère à Pondi un statut administratif spécial, elle peut néanmoins élire une législature. Le français y est langue officielle de jure alors que le tamoul l'est de facto, comme le télougou et le malayalam dans les autres enclaves. L'anglais est également parlé. On évalue à 10 000 le nombre de Français vivant sur ce territoire de 492 kilomètres carrés, soit la superficie de l'île de Montréal. Environ 40 000 Pondichériens vivent à Paris et sa banlieue, estime M. Panda.
- Y aller: facile avec Air France. Cap sur Paris, puis sur Chennai, ce dernier segment étant d'une durée d'environ 10 heures. Pondi est située à 160 kilomètres au sud de Chennai via l'East Coast Road.
- Quand: idéalement, de décembre à mars.
- Où loger: à l'Hôtel de l'Orient, absolument! Cet édifice du XVIIIe siècle propose 16 chambres au charme suranné et un café installé dans une cour intérieure fleurie. www.neemranahotels.com.
- À faire: les promenades commentées de l'INTACH dans les quartiers français et tamoul. On s'informe des horaires au Centre d'information touristique de l'avenue Goubert.
- À voir: l'ashram Sri Aurobindo. Ce rebelle opposé aux Britanniques se réfugia à Pondi en 1910 et fonda cet ashram dix ans plus tard. Aujourd'hui, le monastère compte 2000 membres, et on y vient en grand nombre se recueillir sur la tombe du gourou. Non loin, le temple Manakula Vinayagar, dédié à Ganesh et à son éléphante, Lakshmi, qui donne sa bénédiction d'un coup de trompe à qui veut bien lui donner quelques roupies, ne sont pas moins populaires! Juste en face de l'entrée du marché Goubert, sur la rue Ananda Ranga Pillai, il y a une maison tamoule du XVIIIe siècle que son gardien fait visiter pour une poignée de roupies lorsque le «chat» n'est pas là. Avec un peu de chance, vous pourriez découvrir un intérieur typique de cette époque, aux riches boiseries de teck sculpté. Y vécut l'interprète de Dupleix.
- Ceux qui ont lu L'Histoire de Pi, de Yann Martel, voudront sûrement aller jeter un coup d'oeil au Jardin botanique de même qu'à l'Indian Coffee House (125, rue Nehru), dont l'INTACH supervisera bientôt la restauration.
- À lire: Pondichéry, des comptoirs français à l'Inde d'aujourd'hui, de Georgette David. À acheter sur place, à la belle librairie Kailash.
- Renseignements: www.intachpondicherry.org, www.pondicherypatrimoine.org, www.tourism.pon.nic.in (en anglais... ) et www.incredibleindia.org.
Carolyne Parent était l'invitée d'India Tourism.
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