Voyager
9 juin 2007
Voyage
Paris — J'ai pris un peu d'avance, c'est tout. Vous serez nombreux à partir dans quelques semaines, à utiliser ce temps de liberté pour voyager. La télé, où j'ai travaillé cette année, a ceci de particulier que les saisons sont de plus en plus courtes, les contrats se terminant de plus en plus tôt. On n'a pas prononcé le mot «mai» qu'on est déjà dehors.
Les émissions sur la santé n'ont pas le temps de s'installer que le même sort les attend. Il faut dire ici qu'elles sont conservatrices, dans la forme et sur le fond, et peut-être le public conservateur a-t-il rétréci? On peut rêver, oui? On mangera des brocolis en même temps, allez, et pendant qu'on rêve, voyageons.
Rêver et prendre de la distance: c'est ce que permettent les voyages. À condition d'arriver à destination en santé. La récente alerte à la tuberculose est un rappel du danger qui nous guette à bord des avions. En passant, une étude a montré qu'un supplément de 2,5 mg de vitamine D, en une seule dose, suffit à stimuler le système immunitaire pour lutter contre cette vilaine bactérie. L'effet de protection dure six semaines. Je vous dis ça à tout hasard.
Il y a également sur le marché un nouveau test de dépistage qui prend un jour au lieu de trois. La tuberculose tue tout de même deux millions de personnes chaque année dans le monde, et c'est une maladie en progression. On comprend que les responsables de la santé publique se soient remués, mais les rhumes, les sinusites et les maux de gorge, on n'en parle jamais.
Toutes les personnes qui sont arrivées à Paris en mai — celles que je connais, on n'en fera pas des statistiques — ont été malades pendant une semaine. On est déjà perturbé par le décalage horaire et le premier virus venu se jette voracement sur nous. Une souffrance silencieuse qui n'émeut personne.
Il y a donc toujours quelqu'un de malade dans un avion? Si vous avez la chance d'être assis à côté d'une personne saine, c'est le voisin tout à fait derrière qui vous contaminera, merci à l'air ambiant. On ne désinfecte donc pas l'air avant de le recycler? On ne met pas une capsule antivirale dans le système de ventilation? C'est là, je crois, que j'apprécierais la prophylaxie: me traiter contre les virus avant qu'ils ne m'atteignent.
Ce que j'ai eu mal à la tête, aux sinus, à la gorge! Je revivais exactement la même épreuve par laquelle était passée mon amie, une semaine avant moi. Prenez l'avion et devenez malade, sans effort de votre part! C'est quand même incroyable, pour les compagnies d'aviation, de ne rien faire, à notre savante époque...
Mais nous voilà à destination. Quand on voyage, on marche beaucoup, tout le temps. Même si on a de bons souliers, tout le monde n'en a pas, c'est qu'on ne connaît pas la tendance pieds nus (voir www.swissmasai.ca et www.nikefree.com) ou alors on a des besoins esthétiques que ces chaussures ne comblent pas (et de loin!).
Peu importe: on finira pas souffrir, soit des pieds, soit des jambes. Il y a des pansements, des crèmes et des vaporisateurs pour soulager les douleurs et les lourdeurs, mais il y a de la place pour l'amélioration du côté de l'offre!
Pourquoi n'inventerions-nous pas des pauses santé pour les touristes et tous les autres? De petits commerces qui nous vendraient du bien? On pourrait avoir la pause petit-déjeuner au lieu de tous ces endroits à café-croissant (en Europe); on aurait des jus frais, peut-être même de l'herbe de blé très verte, très tonique, des crèmes Budwig, du pain complet, du muesli aux noix et toutes sortes de bonnes choses qui nous soutiendraient pendant plusieurs heures dans l'effort de marche qu'on s'apprête à faire au lieu de ces chutes d'insuline qu'on fait immanquablement vers 10h30. On se mange un nouveau croissant ou on s'enfile un autre petit café pour tenir jusqu'à midi...
Puis, en se promenant, on découvrirait un petit établissement sans prétention qui proposerait une pause-pieds. «Prenez cinq minutes pour vous délasser», dirait l'affiche. On délacerait ses chaussures, on délasserait ses pieds. Il y aurait des bains de pieds au choix: lavande, sauge, sureau, pin, mauve, laurier, noyer et romarin, des herbes sur mesure pour nos besoins. Puis, on prendrait nos pieds pour les masser. Zones réflexes, durillons: c'est un peu douloureux, mais après, quel soulagement!
On remettrait ses souliers pour repartir comme après une nuit de repos. Tout ça se ferait en cinq minutes, pas de fla-flas, pas de rendez-vous à prendre, une petite file les jours de grand achalandage, mais pendant que vous attendez, vos pieds trempent, pas de souci, comme disent les Français!
Eh bien, ça existe déjà. En parlant de mon idée avec Isabelle, celle-ci me disait qu'au Vietnam, c'est exactement ce qu'elle a fait en descendant de l'avion. Là-bas, on vous masse les épaules, puis les pieds. Pas besoin d'être dans un hôtel chic, vous trouvez de ces endroits un peu partout. Quel entrepreneur aura l'idée de se lancer dans la santé pour les touristes? Tous les centres-villes du monde pourraient prendre ce virage. Rêvons, rêvons, il en restera peut-être quelque chose.
vallieca@hotmail.com
Les émissions sur la santé n'ont pas le temps de s'installer que le même sort les attend. Il faut dire ici qu'elles sont conservatrices, dans la forme et sur le fond, et peut-être le public conservateur a-t-il rétréci? On peut rêver, oui? On mangera des brocolis en même temps, allez, et pendant qu'on rêve, voyageons.
Rêver et prendre de la distance: c'est ce que permettent les voyages. À condition d'arriver à destination en santé. La récente alerte à la tuberculose est un rappel du danger qui nous guette à bord des avions. En passant, une étude a montré qu'un supplément de 2,5 mg de vitamine D, en une seule dose, suffit à stimuler le système immunitaire pour lutter contre cette vilaine bactérie. L'effet de protection dure six semaines. Je vous dis ça à tout hasard.
Il y a également sur le marché un nouveau test de dépistage qui prend un jour au lieu de trois. La tuberculose tue tout de même deux millions de personnes chaque année dans le monde, et c'est une maladie en progression. On comprend que les responsables de la santé publique se soient remués, mais les rhumes, les sinusites et les maux de gorge, on n'en parle jamais.
Toutes les personnes qui sont arrivées à Paris en mai — celles que je connais, on n'en fera pas des statistiques — ont été malades pendant une semaine. On est déjà perturbé par le décalage horaire et le premier virus venu se jette voracement sur nous. Une souffrance silencieuse qui n'émeut personne.
Il y a donc toujours quelqu'un de malade dans un avion? Si vous avez la chance d'être assis à côté d'une personne saine, c'est le voisin tout à fait derrière qui vous contaminera, merci à l'air ambiant. On ne désinfecte donc pas l'air avant de le recycler? On ne met pas une capsule antivirale dans le système de ventilation? C'est là, je crois, que j'apprécierais la prophylaxie: me traiter contre les virus avant qu'ils ne m'atteignent.
Ce que j'ai eu mal à la tête, aux sinus, à la gorge! Je revivais exactement la même épreuve par laquelle était passée mon amie, une semaine avant moi. Prenez l'avion et devenez malade, sans effort de votre part! C'est quand même incroyable, pour les compagnies d'aviation, de ne rien faire, à notre savante époque...
Mais nous voilà à destination. Quand on voyage, on marche beaucoup, tout le temps. Même si on a de bons souliers, tout le monde n'en a pas, c'est qu'on ne connaît pas la tendance pieds nus (voir www.swissmasai.ca et www.nikefree.com) ou alors on a des besoins esthétiques que ces chaussures ne comblent pas (et de loin!).
Peu importe: on finira pas souffrir, soit des pieds, soit des jambes. Il y a des pansements, des crèmes et des vaporisateurs pour soulager les douleurs et les lourdeurs, mais il y a de la place pour l'amélioration du côté de l'offre!
Pourquoi n'inventerions-nous pas des pauses santé pour les touristes et tous les autres? De petits commerces qui nous vendraient du bien? On pourrait avoir la pause petit-déjeuner au lieu de tous ces endroits à café-croissant (en Europe); on aurait des jus frais, peut-être même de l'herbe de blé très verte, très tonique, des crèmes Budwig, du pain complet, du muesli aux noix et toutes sortes de bonnes choses qui nous soutiendraient pendant plusieurs heures dans l'effort de marche qu'on s'apprête à faire au lieu de ces chutes d'insuline qu'on fait immanquablement vers 10h30. On se mange un nouveau croissant ou on s'enfile un autre petit café pour tenir jusqu'à midi...
Puis, en se promenant, on découvrirait un petit établissement sans prétention qui proposerait une pause-pieds. «Prenez cinq minutes pour vous délasser», dirait l'affiche. On délacerait ses chaussures, on délasserait ses pieds. Il y aurait des bains de pieds au choix: lavande, sauge, sureau, pin, mauve, laurier, noyer et romarin, des herbes sur mesure pour nos besoins. Puis, on prendrait nos pieds pour les masser. Zones réflexes, durillons: c'est un peu douloureux, mais après, quel soulagement!
On remettrait ses souliers pour repartir comme après une nuit de repos. Tout ça se ferait en cinq minutes, pas de fla-flas, pas de rendez-vous à prendre, une petite file les jours de grand achalandage, mais pendant que vous attendez, vos pieds trempent, pas de souci, comme disent les Français!
Eh bien, ça existe déjà. En parlant de mon idée avec Isabelle, celle-ci me disait qu'au Vietnam, c'est exactement ce qu'elle a fait en descendant de l'avion. Là-bas, on vous masse les épaules, puis les pieds. Pas besoin d'être dans un hôtel chic, vous trouvez de ces endroits un peu partout. Quel entrepreneur aura l'idée de se lancer dans la santé pour les touristes? Tous les centres-villes du monde pourraient prendre ce virage. Rêvons, rêvons, il en restera peut-être quelque chose.
vallieca@hotmail.com
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

