Clin d'oeil - Du whisky aux psychotropes
Visite au Musée de la psychiatrie à Hamilton
Hamilton — On trouve à Hamilton un petit musée de l'histoire de la psychiatrie. Une pièce, c'est tout, dans une aile du Hamilton Psychiatric Hospital. Une pièce riche en enseignements. «Au début du XXe siècle, l'alcool, le whisky en particulier, et les opiacées servaient de tranquillisants. Les principaux sédatifs étaient l'héroïne et la morphine. Comme il manquait souvent de ces sédatifs, les nombreuses salles de réclusion servaient beaucoup», explique la guide, Mary-Ann McNamara.
Mme McNamara, 80 ans, a été infirmière psychiatrique ici de 1944 à 1989. Elle y a été chef de service, notamment à la section gériatrique. Elle a aussi enseigné. «L'administration de drogues psychotropes a commencé dans les années 1950, dit-elle. C'était à l'apogée du Hamilton Psychiatric Hospital, on y comptait alors 1900 patients. Avant les psychotropes, on faisait ici environ deux lobotomies par semaine, qui étaient suivies de programmes intensifs de réhabilitation.»
Les psychotropes ont amélioré la situation des patients, «mais ceux-ci avaient ainsi davantage besoin de notre aide; auparavant, ils restaient dans un coin et ne faisaient rien».
Ce petit musée privé permet de revivre l'histoire aux premières loges: «La Deuxième Guerre mondiale a rendu la situation particulièrement difficile ici: les budgets étaient coupés et une partie du personnel participait à l'effort de guerre. Et ensuite, beaucoup de gens normaux ont développé des problèmes psychiatriques à cause de la guerre.»
La petite exposition est composée de coupures de journaux, d'instruments, de mannequins, de documents et de photos d'archives. On y apprend la perspective visionnaire du Dr R. M. Bucke, le premier directeur général de ce qui s'appelait le Provincial Asylum en 1876.
Le Dr Bucke était un auteur, psychiatre et penseur respecté. Pour lui, le traitement idéal était «un processus d'humanisation du patient par un équilibre apporté par le grand air, de la bonne nourriture, du sommeil et du divertissement». Qu'a-t-on fait de mieux depuis, outre l'usage de traitements médicamenteux de plus en plus coûteux?
On peut visiter gratuitement ce musée de la psychiatrie sur rendez-vous seulement. Il est situé dans le Hamilton Psychiatric Hospital, compris dans le Saint Joseph's Health Care Centre for Mountain Services, au 100 West 5th Street, à quelques kilomètres au sud du centre-ville de Hamilton. Pour prendre rendez-vous, il faut parler à la coordonnatrice des bénévoles au Tél: (905) 522-1155, poste 5561.
Collaborateur du Devoir
Cet article a été rendu possible par Via Rail et Tourism Hamilton.
Mme McNamara, 80 ans, a été infirmière psychiatrique ici de 1944 à 1989. Elle y a été chef de service, notamment à la section gériatrique. Elle a aussi enseigné. «L'administration de drogues psychotropes a commencé dans les années 1950, dit-elle. C'était à l'apogée du Hamilton Psychiatric Hospital, on y comptait alors 1900 patients. Avant les psychotropes, on faisait ici environ deux lobotomies par semaine, qui étaient suivies de programmes intensifs de réhabilitation.»
Les psychotropes ont amélioré la situation des patients, «mais ceux-ci avaient ainsi davantage besoin de notre aide; auparavant, ils restaient dans un coin et ne faisaient rien».
Ce petit musée privé permet de revivre l'histoire aux premières loges: «La Deuxième Guerre mondiale a rendu la situation particulièrement difficile ici: les budgets étaient coupés et une partie du personnel participait à l'effort de guerre. Et ensuite, beaucoup de gens normaux ont développé des problèmes psychiatriques à cause de la guerre.»
La petite exposition est composée de coupures de journaux, d'instruments, de mannequins, de documents et de photos d'archives. On y apprend la perspective visionnaire du Dr R. M. Bucke, le premier directeur général de ce qui s'appelait le Provincial Asylum en 1876.
Le Dr Bucke était un auteur, psychiatre et penseur respecté. Pour lui, le traitement idéal était «un processus d'humanisation du patient par un équilibre apporté par le grand air, de la bonne nourriture, du sommeil et du divertissement». Qu'a-t-on fait de mieux depuis, outre l'usage de traitements médicamenteux de plus en plus coûteux?
On peut visiter gratuitement ce musée de la psychiatrie sur rendez-vous seulement. Il est situé dans le Hamilton Psychiatric Hospital, compris dans le Saint Joseph's Health Care Centre for Mountain Services, au 100 West 5th Street, à quelques kilomètres au sud du centre-ville de Hamilton. Pour prendre rendez-vous, il faut parler à la coordonnatrice des bénévoles au Tél: (905) 522-1155, poste 5561.
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