Tout-compris, classe incluse
Photo : Clément Allard
À chacun son hamac... Photos: Carolyne Parent
D'ordinaire, les hôtels à formule tout-compris ne pèchent ni par grand charme ni par grande créativité culinaire. Même que la déco y est souvent tout aussi quelconque que les buffets. Or, voilà qu'au Mexique, sur la Riviera Maya, Karisma propose une hôtellerie hybride: des tout-compris tout luxe. Quelle idée!
Riviera Maya — C'est en 2004 que la société de gestion hôtelière Karisma Hotels + Resorts, composée d'un partenaire colombien, d'un partenaire dominicain et d'un troisième d'ex-Yougoslavie, a commencé à implanter lentement mais sûrement son concept Gourmet Inclusive sur la Riviera Maya. Tout-compris et gourmet: ben voyons... Il y avait une sceptique dans l'avion.
Les hôtels sur lesquels veille Karisma s'égrènent entre Cancún et au-delà de Tulum. Le portfolio des propriétés comprend l'El Dorado Royale et l'El Dorado Seaside Suites, pour adultes seulement; le Hidden Beach Resort, destiné aux nudistes (mais pas aux swingers); l'Azul Beach, un hôtel-boutique qui a du panache, et le tout nouveau Azul Blue Hotel + Spa.
«La philosophie Gourmet Inclusive est née d'un amour de la bonne chère et du désir de se démarquer des autres», explique d'entrée de jeu Jeroen Hanlo, vice-président de la restauration pour Karisma et créateur du concept.
«Au début, tout le monde en prédisait l'échec, poursuit-il. On nous disait que ce n'était pas viable, que les clients allaient s'empiffrer. Ils avaient tout faux car les gens qui nous choisissent sont des connaisseurs, ils apprécient même la qualité de nos nappes!»
Pour sûr, ces derniers ne regrettent certainement pas la formule buffet banal... Alors que dans la plupart des tout-compris, le vacancier a généralement droit à un dîner à la carte par semaine, fait remarquer M. Hanlo, dans les établissements portant le sceau Karisma, tous les repas le sont, même le petit-déjeuner.
«Vous savez, il n'y a pas de vacances réussies sans fine cuisine, surtout lorsque de 55 % à 60 % de votre séjour tourne autour de la nourriture», dit M. Hanlo, lui-même chef de profession.
«Au coeur de la philosophie Gourmet est la créativité, fait valoir le sympathique v.-p. Nos chefs ont travaillé à travers le monde, dans des restaurants étoilés Michelin, et ils poursuivent leur formation à l'étranger. Chacun de nos hôtels a ses menus propres, que gèrent différents chefs, mais les standards de qualité sont les mêmes partout. Quant à l'approvisionnement, la viande est américaine, la volaille est soit américaine, soit mexicaine, les fruits et légumes sont d'ici, le fromage est mexicain et importé, la crème et le beurre proviennent de la France.»
Les vins maison, eux, sont argentins. Appellation Gourmet Inclusive oblige, ils se devaient d'être bons, et cela, même au risque que les pinots noirs de la carte se vendent moins bien. Une carte qui, à l'Azul Beach, témoigne d'ailleurs d'une cave enviable, selon mon conseiller de la SAQ!
Pour l'abonné des tout-compris, la diversité culinaire signifie généralement un choix de trois ou quatre restaurants. Pareil pour Karisma. Sauf qu'ici, dans chaque resto, le choix est roi. Aux établissements El Dorado, le menu du restaurant principal change tous les jours, sur une base de deux semaines. Idem à l'hôtel Azul Beach où, en plus, quatre autres menus sont proposés, dont un inspiré de la diète South Beach et un autre offrant une douzaine de plats de homard. Chose certaine, on ne voit pas souvent de mets à base de truffes dans les autres tout-compris...
L'Azul Beach, établissement de 96 chambres situé à une vingtaine de kilomètres de l'aéroport de Cancún, est particulièrement invitant avec ses sculptures en surplomb de la plage, ses forêts de photophores, ses gros lambis décoratifs, posés ça et là tels les cailloux du Petit Poucet. En fait, le souci du détail y est tel qu'un bâton d'encens brûle dans votre chambre lors de votre arrivée, une chambre au style bien contemporain avec son mobilier de bois foncé et ses accents décoratifs bleus.
«Azul Beach, c'est un hôtel-boutique très zen, où l'animation est soft, explique Pierre López, directeur de l'exploitation chez Karisma. Il attire une clientèle qui a entre 30 et 50 ans, qui recherche un petit hôtel tranquille et qui aime bien boire et bien manger.» De fait, côté animation, on donne davantage dans le yoga que dans la soirée Toga. Côté soif, le sommelier Ludovic Anacleto, qui a fait ses classes entre autres chez Lucas Carton, à Paris, propose quelque 120 vins et 40 tequilas pour bien l'étancher.
On voyage avec Junior? Une poussette attend les parents dans la chambre de même qu'un lit d'enfant et tout le bataclan, jusqu'au stérilisateur de biberons et aux petits pots Gourmet... Gerber!
En présentant les valets de plage de l'hôtel, Sabrina Filatow, directrice des ventes, précise: «Nous combinons les services d'un hôtel-boutique à plan européen [hébergement sans repas] à ceux d'un tout-compris pour créer un nouveau type d'hôtellerie.» Et les valets de préparer à votre intention les lits de plage à baldaquin, de vous proposer bouquins et magazines, de vous offrir produits solaires et gueuletons, de vous rafraîchir d'une brume d'eau Évian.
Dans ces lits ou cabañas, autour desquels dansent des voilages blancs, on peut rêvasser, se faire masser comme s'allonger en toute intimité pour regarder les étoiles la nuit venue.
Combien, tout ça?, vous demandez-vous. «De 30 % à 40 % de plus qu'un tout-compris ordinaire», répond M. López. Mais, comme le disait si bien l'autre, c'est plus que du bonbon...
***
En vrac
- Y aller: avec Mexicana, via Mexico. Notre escapade peut ainsi durer le nombre de jours qu'on désire. En passant, Mexicana, qui fête ses 85 ans d'existence cette année, se targue de posséder la flotte d'appareils la plus jeune au monde: ses avions ont en moyenne 6,3 ans. Et puis, sachez que le prix de votre billet comprend écouteurs, couverture et repas chaud, même en classe économique. www.mexicana.com.
- Des forfaits «Mariage à destination», «Lune de miel» et «Renouvellement de voeux» sont offerts. Tous les types de célébration sont possibles, de la plus simple à la plus sophistiquée.
- En 2005, le Mexique était huitième au monde pour son nombre de visiteurs internationaux. Il en a accueilli près de 22 millions, qui lui ont permis d'engranger des revenus de 11,8 milliards $US. Le tourisme a aussi créé 1,9 million d'emplois directs l'an dernier.
- En 1996, j'écrivais dans ce journal que le corridor Cancún-Tulum n'attendait que les bulldozers pour connaître son heure de «gloire» touristique. C'est chose faite et la Riviera Maya s'avère un véritable eldorado pour les Mexicains en quête d'emplois. Ainsi, la population de Playa del Carmen, encore un village de pêcheurs il y a 15 ans, a bondi de 25 % en 2004 et de 26 % en 2005, m'expliquait en juillet dernier un directeur d'hôtel, pour atteindre quelque 150 000 habitants. On y trouve un Wal-Mart, un Office Depot, 13 développements résidentiels à la douzaine... Au fait, c'est par où, la playa?!
- Cancún s'est bien remis de l'ouragan Wilma qui l'a frappé durement en octobre 2005. En fait, la destination a officiellement «rouvert ses portes» à la mi-juin, ses 15 kilomètres de plages abîmées ayant été réaménagés (au coût de quelque 20,33 millions $US). Quant à dame Nature, elle reprend ses droits: en juillet dernier, on voyait poindre de nouvelles feuilles dans le fatras d'arbres donnés pour morts.
- Renseignements: www.karismahotels.com. Vacances Tours Mont-Royal, (www.toursmont-royal.com) et Vacances Air Transat (www.airtransat.com) sont au nombre des voyagistes proposant l'une ou l'autre des propriétés Karisma.
Collaboratrice du Devoir
Riviera Maya — C'est en 2004 que la société de gestion hôtelière Karisma Hotels + Resorts, composée d'un partenaire colombien, d'un partenaire dominicain et d'un troisième d'ex-Yougoslavie, a commencé à implanter lentement mais sûrement son concept Gourmet Inclusive sur la Riviera Maya. Tout-compris et gourmet: ben voyons... Il y avait une sceptique dans l'avion.
Les hôtels sur lesquels veille Karisma s'égrènent entre Cancún et au-delà de Tulum. Le portfolio des propriétés comprend l'El Dorado Royale et l'El Dorado Seaside Suites, pour adultes seulement; le Hidden Beach Resort, destiné aux nudistes (mais pas aux swingers); l'Azul Beach, un hôtel-boutique qui a du panache, et le tout nouveau Azul Blue Hotel + Spa.
«La philosophie Gourmet Inclusive est née d'un amour de la bonne chère et du désir de se démarquer des autres», explique d'entrée de jeu Jeroen Hanlo, vice-président de la restauration pour Karisma et créateur du concept.
«Au début, tout le monde en prédisait l'échec, poursuit-il. On nous disait que ce n'était pas viable, que les clients allaient s'empiffrer. Ils avaient tout faux car les gens qui nous choisissent sont des connaisseurs, ils apprécient même la qualité de nos nappes!»
Pour sûr, ces derniers ne regrettent certainement pas la formule buffet banal... Alors que dans la plupart des tout-compris, le vacancier a généralement droit à un dîner à la carte par semaine, fait remarquer M. Hanlo, dans les établissements portant le sceau Karisma, tous les repas le sont, même le petit-déjeuner.
«Vous savez, il n'y a pas de vacances réussies sans fine cuisine, surtout lorsque de 55 % à 60 % de votre séjour tourne autour de la nourriture», dit M. Hanlo, lui-même chef de profession.
«Au coeur de la philosophie Gourmet est la créativité, fait valoir le sympathique v.-p. Nos chefs ont travaillé à travers le monde, dans des restaurants étoilés Michelin, et ils poursuivent leur formation à l'étranger. Chacun de nos hôtels a ses menus propres, que gèrent différents chefs, mais les standards de qualité sont les mêmes partout. Quant à l'approvisionnement, la viande est américaine, la volaille est soit américaine, soit mexicaine, les fruits et légumes sont d'ici, le fromage est mexicain et importé, la crème et le beurre proviennent de la France.»
Les vins maison, eux, sont argentins. Appellation Gourmet Inclusive oblige, ils se devaient d'être bons, et cela, même au risque que les pinots noirs de la carte se vendent moins bien. Une carte qui, à l'Azul Beach, témoigne d'ailleurs d'une cave enviable, selon mon conseiller de la SAQ!
Pour l'abonné des tout-compris, la diversité culinaire signifie généralement un choix de trois ou quatre restaurants. Pareil pour Karisma. Sauf qu'ici, dans chaque resto, le choix est roi. Aux établissements El Dorado, le menu du restaurant principal change tous les jours, sur une base de deux semaines. Idem à l'hôtel Azul Beach où, en plus, quatre autres menus sont proposés, dont un inspiré de la diète South Beach et un autre offrant une douzaine de plats de homard. Chose certaine, on ne voit pas souvent de mets à base de truffes dans les autres tout-compris...
L'Azul Beach, établissement de 96 chambres situé à une vingtaine de kilomètres de l'aéroport de Cancún, est particulièrement invitant avec ses sculptures en surplomb de la plage, ses forêts de photophores, ses gros lambis décoratifs, posés ça et là tels les cailloux du Petit Poucet. En fait, le souci du détail y est tel qu'un bâton d'encens brûle dans votre chambre lors de votre arrivée, une chambre au style bien contemporain avec son mobilier de bois foncé et ses accents décoratifs bleus.
«Azul Beach, c'est un hôtel-boutique très zen, où l'animation est soft, explique Pierre López, directeur de l'exploitation chez Karisma. Il attire une clientèle qui a entre 30 et 50 ans, qui recherche un petit hôtel tranquille et qui aime bien boire et bien manger.» De fait, côté animation, on donne davantage dans le yoga que dans la soirée Toga. Côté soif, le sommelier Ludovic Anacleto, qui a fait ses classes entre autres chez Lucas Carton, à Paris, propose quelque 120 vins et 40 tequilas pour bien l'étancher.
On voyage avec Junior? Une poussette attend les parents dans la chambre de même qu'un lit d'enfant et tout le bataclan, jusqu'au stérilisateur de biberons et aux petits pots Gourmet... Gerber!
En présentant les valets de plage de l'hôtel, Sabrina Filatow, directrice des ventes, précise: «Nous combinons les services d'un hôtel-boutique à plan européen [hébergement sans repas] à ceux d'un tout-compris pour créer un nouveau type d'hôtellerie.» Et les valets de préparer à votre intention les lits de plage à baldaquin, de vous proposer bouquins et magazines, de vous offrir produits solaires et gueuletons, de vous rafraîchir d'une brume d'eau Évian.
Dans ces lits ou cabañas, autour desquels dansent des voilages blancs, on peut rêvasser, se faire masser comme s'allonger en toute intimité pour regarder les étoiles la nuit venue.
Combien, tout ça?, vous demandez-vous. «De 30 % à 40 % de plus qu'un tout-compris ordinaire», répond M. López. Mais, comme le disait si bien l'autre, c'est plus que du bonbon...
***
En vrac
- Y aller: avec Mexicana, via Mexico. Notre escapade peut ainsi durer le nombre de jours qu'on désire. En passant, Mexicana, qui fête ses 85 ans d'existence cette année, se targue de posséder la flotte d'appareils la plus jeune au monde: ses avions ont en moyenne 6,3 ans. Et puis, sachez que le prix de votre billet comprend écouteurs, couverture et repas chaud, même en classe économique. www.mexicana.com.
- Des forfaits «Mariage à destination», «Lune de miel» et «Renouvellement de voeux» sont offerts. Tous les types de célébration sont possibles, de la plus simple à la plus sophistiquée.
- En 2005, le Mexique était huitième au monde pour son nombre de visiteurs internationaux. Il en a accueilli près de 22 millions, qui lui ont permis d'engranger des revenus de 11,8 milliards $US. Le tourisme a aussi créé 1,9 million d'emplois directs l'an dernier.
- En 1996, j'écrivais dans ce journal que le corridor Cancún-Tulum n'attendait que les bulldozers pour connaître son heure de «gloire» touristique. C'est chose faite et la Riviera Maya s'avère un véritable eldorado pour les Mexicains en quête d'emplois. Ainsi, la population de Playa del Carmen, encore un village de pêcheurs il y a 15 ans, a bondi de 25 % en 2004 et de 26 % en 2005, m'expliquait en juillet dernier un directeur d'hôtel, pour atteindre quelque 150 000 habitants. On y trouve un Wal-Mart, un Office Depot, 13 développements résidentiels à la douzaine... Au fait, c'est par où, la playa?!
- Cancún s'est bien remis de l'ouragan Wilma qui l'a frappé durement en octobre 2005. En fait, la destination a officiellement «rouvert ses portes» à la mi-juin, ses 15 kilomètres de plages abîmées ayant été réaménagés (au coût de quelque 20,33 millions $US). Quant à dame Nature, elle reprend ses droits: en juillet dernier, on voyait poindre de nouvelles feuilles dans le fatras d'arbres donnés pour morts.
- Renseignements: www.karismahotels.com. Vacances Tours Mont-Royal, (www.toursmont-royal.com) et Vacances Air Transat (www.airtransat.com) sont au nombre des voyagistes proposant l'une ou l'autre des propriétés Karisma.
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